‹ Répertoire encyclopédique de photographieChapitre 29 sur 219 · LUMIÈRE ARTIFICIELLE POUR. A0RA1VDI88EHE1IT · texte numérisé non relu

LUMIÈRE ARTIFICIELLE POUR. A0RA1VDI88EHE1IT

(A. IIarman, 1865). (Chim,). Voir 899 bis. 900. -. â27, 223, 306, V.

§ 1 . Si la popularité des portraits de grandeur naturelle croît, comme il faut Tespérer, la difficulté que Ton éprouvera à les obtenir dans les pays où le ciel a peu de lumière doit engager tous les photographes à diriger leurs efforts vers la production d'une lumière artificielle appropriée à leurs besoins.

L'une des plus convenables est, sans contredit, la lumière du gaz oxyhydrogène (340, V), mais on s'aperçoit bientôt que la production de Toxygène (i033^) n'est point un jeu d'enfant, comme nous le disent les marchands de produits chimiques. Je me suis servi d'abord, pour cela, d'une cornue de Jones faite en fer tourné, avec un couvercle la fermant d'une manière analogue au bouchon de nos flacons à collodion.

§ 2. Cette fermeture a pour but de prévenir la possibilité d'une explosion ; mais le plus curieux, c'est que la cornue semble parfaitement faite en vue de produire l'accident que la pesanteur doit empêcher. Avant tout, elle est si épaisse qu'il faut un temps très-considérable pour qu'elle devienne assez chaude pour opérer la décomposition du gaz. Souvent il nous fallait attendre plus d'un quart d'heure (je parle pour les gens prudents et qui n'emploient qu'un petit fourneau à gaz), et quand le dégagement commençait, on ne pouvait en contrôler la force, ne connaissant pas la quantité cx)nsidérab]e de chaleur que retenait la cornue elle-même.

Lorsque je m'en servais, j'éteignais la flamme du gaz à peu près au mopfient où l'oxygène commençait à passer, et la cornue avait acquis et retenu assez de chaleur pour achever seule toute l'opération.

§ 3. Le gaz est engendré avec une telle rapidité dans cette cornue, à cause de la masse de fer tournée dont elle est faite, qu'il ébranlait la chambre, et que très-souvent les tuyaux n'étant pas assez larges pour l'amener suffisamment vite dans le réservoir, il soulevait le couvercle, entraînant avec lui les bouteilles, ainsi se perdait l'oxygène.

§ 4. J'ai, aujourd'hui, abandonné l'usage de cette cornue et en ai adopté une faite de fer en feuille (tôle), qui est beaucoup meilleure, car elle est exempte de la plupart des défauts de celle de Jones, mais n'est pas encoie parfaite, parce que, dans toutes celles que l'on trouve à acheter, les conduits sont trop petits. D'autant plus que si quelque partie de manganèse (914) ou de chlorate s'y introduisait, on aurait à craindre non un arrêt de dégagement, mais une explosion.

§ 5. L'appareil que j'ai fait construire (fig. 454) se compose donc d'une cornue A en tôle de fer, à peu près de la forme d'une cafetière, afin que le mélange qui produit le gaz soit moins susceptible àe s'introduire dans

U'HlËnR ARTIFICIELLE POnn àGIUI<DrsSE■E^T. 55

ie tuyau. Sur le dessus est une soupape de sûreté, de sorte que si, par quelque cause, un arrêt se produit, elle peut s'ouvrir, et permet au gaz de s'échapper sans danger.

Fig. m.

g 6. Aiitsi qu'on peut le voir par la fig. 451, mon appareil se compose dedeui Bacons en verre C, G; j'ai trouvé le second néœssaire, parce que son eau s'imprègne toujours plus ou moins de manganèse qui, sans cela, passerait dans le récipient. J'ai expérimenté aussi qu'il était nécessaire de dessécher le gaz sur du chlorure de calcium D. comme la figure le montre.

I>e tujau qui pari de la cornue a environ deui: fois la grosseur de celui que l'on emploie ordinairement; mais après le premier flacon-laveur, il n'y a plus de nécessité d'employer un tube aussi gros, parce que le gaz est déjà comparativement pur ; la cause des arrêts étant seulement le manganèse entraîné par le gaz lui-même, el la plus grande partie en demeurant dans le premier flacon.

Il y a un petit ballon B Oié entre la cornue et le premier flacon, qui a pour but d'empêcher toute eau de remonter dans ta cornue, dans le cas d'absorption, où l'on serait obligé d'arrêter le dég^igement du gaz.

§7. L'hydrogène carburé (552, V) ordinaire, ou gaz d'éclairage des compagnies, est très-bon pour ce qu'on en exige, quoique la lumière fournie par l'hydrogène pur soit préférable, mais il a l'avanl^e de diminuer le tracas et la main-d'œuvre.

Le brûleur qu'il faut choisir est un de ceux qui permettent auideui: gaz de se nkèler juste au moment de la combustion.

§ 8. La lanterne dont je me sors est llxée sur une table, à la hauteur convenable, et poi'lc sur le cdtè mi morceau du verre jaune pour pouvoir suneilter l'arrangement de la lumière. Elle porte sur le dessus une cheminée semblable à celte des lanternes magiques pour permettre à l'air chaud de s'échapper. Les robinets sont placés au-dessous de la table.

Le temps d'exposilion varie suivant lavaleui' de l'agrandissement nécessaire et la densité du négalil : il peut flotter entre 3' et 50' avec un poids de 5(1 kilogr. sur chaque réservoir. Si l'on se sert de poids plus lourds, on pourra employer un temps plus court ; aussi je pense que celui adopté de iJO kil<^. sur chaque soufflet ne doit pas être dépassé pour agir sans imprudence. On peut faire ainsi son agrandissement direct sur papier.

Au sujet du temps d'exposition. H. Taylor m'informe qu'en introduisant iDut simplement une lentille épaisse ménisque (135, V) «ntre la lumière el le condenseur, on peut gitgiier 50ponr tOtl d'Mat.

56 HICHOeiUPHIE PHOTOGRAPHIQUE.

g 9- L'emploi de la lumière du m^ésium (533-905-30, IV) ne me semble pas répondre à ce que l'on en aUend, et son prix d'ailleurs est encore beaucoup trop élevé pour s'en servir, par eieinple, datis un but professionnel. Son grand avantage, c'est que le métal est là, toujours prêt à servir, sans aucune préparation accessoire.

Il ne faut pas oublier de dire, pourceux qui voudront faire usage de cette lumière, que la lanterne doit être munie d'une très-bonne cheminée pour enlever rapidement la fumée très-épaisse qui se forme et qui obscurrit beaucoup, sinon totalement, l'éclat de lalumière. Quant à cette lumière je la trouve dix fois plus aciinique quecelle de la chaux (S48).

40. — HlCKOORAPHn PHOTOQUAPBIQIIB. {X. BonCALU). (Phol. Voir 953-105. Ul-il4, IV.

g 1 . On peut arriver, d'une manière asseï simple, à produire de cette façon des épreuves d'un très-grand intérêt. Tout l'appareil, qui ne comporte pas plus de CSO de long, se compose d'un microscope d'Harlnack K, grand modèle, d'une chambre obscure AB à portraits, et d'une manche d'éloiïe impénétrable à la lumière, servant à unir les deux pièces ensemble. On cammeoce par placer, sous le microscope, l'objet à copier, dans la position que l'on désire en l'observant à la manière ordinaire ; puis on le liie solidement. Ceci fait, on enlève la moitié supérieure du tube du microscope avec la lentille oculaire, et on place la moitié restante dans la position horizontale en faisant tourner tout l'appareil autour de l'axe horizonlat dont il doit être muni. On le place alors sur une table de lontnieur snfli-

sante et, au moyen de la manche de drap noir, on le réunit avec une chambre obscure, en réglant les hauteurs réciproques de telle sorte que l'aie optique du microscope tombe sur le centre de Is chambre et lui soit exactement perpendiculaire. La chambre comme la manche de drap peuvent être de longueur variable, mais la somme de leurs deuï longueurs ne peut dépasser certaines limites. Plus la distance entre l'idijectif G

MICBOGRAPHIE PHOTOGRàPHIQDE. 57

du microscope et le verre dépoli A est grande, plus Tagrandissement est considérable ; mais, dans le même temps, la netteté du dessin diminue. Si donc on veut obtenir une plus forte amplification, il vaut mieux se senir d*un objectif plus convergent que d'exagérer la longueur de la chambre ; quand tout est en place, il faut, pour mettre au point, et ceci s'obtient en râlant la distance de l'objectif à l'objet au moyen du bouton à vis du microscope, que la main de l'observateur puisse l'atteindre, car il lui est presque impossible de se servir pour cela de la main d'une autre personne. Par ces deux raisons, il vaut mieux limiter la distance entre l'objectif et le verre dépoli à 60 ou 70 centimètres, ce qui n'empêche pas d'obtenir l'agrandissement de 400 fois en diamètre, soit 16 millions de fois en surface.

§ 2. La table, avec fappareilen position, doit se placer au soleil de teHe sorte que la lumière polaire puisse être reflétée par le miroir dans la direction de l'axe optique de l'instrument : avec un peu de pratique et quelques tâtonnements, on obtient cela facilement, grâce aux divers mouvements dont le miroir est doué. On sera exactement arrivé à cette position quand, sur le verre dépoli, on verra un beau cercle complet et également illuminé. 11 ne reste plus alors qu'à mettre au point et à tirer l'épreuve par les moyens ordinaires, avec quelques petites modifications. § 5. Gomme il a été dit, la mise au point s'obtient en approchant ou éloignant d'une très-petite quantité l'objectif de Tobjet à reproduire ; pour cela on fait mouvoir la vis d'appel du petit microscope jusqu'à ce que le dessin sur le verre dépoli ait acquis le plus de netteté possible dans toutes ses parties, ce que Ton ne pourra obtenir parfaitement si l'objet n'est pas réduit à un plan presque mathématique, à cause de la grande influence qu'ont les moindres différences de distance.

§ 4. Sur la netteté du dessin peut encore influencer le mode d'éclairage, et, avant tout, il faut que le cône des rayons solaires, avant de joindre Tobjet, traverse un diaphragme assez étroit, d'autant plus que la convergence de l'objectif employé est plus grande. Le diamètre de ce diaphragme peut varier selon les circonstances, se réduisant enfin à un demi-millimètre pour les plus grandes amplifications. Quelques personnes prétendent qu'une espèce d'objectif achromatique interposé entre le miroir et l'objet pourrait augmenter la netteté du dessin.

§ 5. On peut faire deux suppositions. L'une que l'objet à copier soit assez petit pour pouvoir être éclairé tout entier par le miroir sphérique qui concentre les rayons lumineux sur un espace très-restreint ; l'autre que le corps lui-même soit transparent. Si donc l'objet à copier dépasse les limites du petit cercle lumineux, on n'aura que de petits agrandissements (20, 30 diamètres). Alors, on abandonnera le miroir concave et on emploiera le plan, qui, s'il ne donne pas une aussi grande netteté dans les contours que le miroir sphérique, s'il ne concentre pas comme lui la lumière et oblige à une pose plus longue, permet de produire un champ noir plus vaste, qui peut réunir jusqu'à 6 ou 7 millimètres. Quant aux objets opaques, je n'en puis rien dire, m'étant occupé seulement jusqu'à ce jour d'objets transparents : mais je crois qu'il faudra se limiter à des agrandissements assez petits (8 à 10 diamètres au plus), car la lumière

Îi8 NATURE DOUBLE DR l/lMAGE LATENTE NÉGATIVE SUR COLLODION.

réfléchie par des corps non lumineux est toujours assez faible et la lumière diffuse sur une surface assez grande devient bien vite inacfive. Jusqu'à présent» je n'ai tenté qu'un agrandissement de 4 diamètres en me servant d'un objectif à portraits ordinaires, l'ai obtenu un résultat assez heureux.

§ 6. Quand tout est disposé comme il a été dit, on lève le verre dépoli A, on liïi substitue le châssis avec la glace sensible, on couvre le miroir, on lève la planchette du châssis, on découvre le miroir, et l'on pose de 4* à 20", suivant Tintensilé du soleil, l'agrandissement, le diaphragme employé, l'opacité de l'objet, la sensibilité du collodion, etc., etc., choses qui ne peuvent se déterminer que par l'expérience . Le sulfate (1570), quel qu'il soit, est préférable à Tacide pyrogallique (1239), sous l'action duquel les détails dans les lumières sont d'une opacité absolue, et dont les noirs ne se montrent pas par manque d'impression, ce qui donne des contours très-fermes et rien de plus.

§ 7. Quelques moditications introduites dans le bain au chlorure de sor dium (277) ont permis :

1" De supprimer TébuUition, opération toujours très-incommode avec les petites épreuves, et presque impossible avec les grandes;

2** D'obtenir des teintes moins rousses. Pour préparer ce bain modifié, on commence par saturer une certaine quantité d'eau commune, et, la solution bien reposée, la décanter dans une autre bouteille, contenant une forte quantité de chlorhydrate d'ammoniaque (255), dont un excès doit rester non dissous. Cette solution ainsi saturée des deux chlorures est prête pour fixer.

§ 8. L'épreuve, lavée d'abord, puis renforcée comme b l'ordinaire, et de nouveau lavée, est trempée dans ce bain fixateur, où elle reste pendant 5 heures (un temps plus petit ne suffit pas, un temps plus long peut peutêtre nuire), et on la tourne de temps en temps. Finalement, un petit lavage suffit à débarrasser la carte de la plus grande partie du sel fixateur, dont la présence, en petite quantité, ne porte aucun préjudice à la photographie.

§ 9. Ce système, qui a sur tous les autres l'avantage de ne pas sulturer l'épreuve, qui promet, au moins, de donner des épreuves plus durables que celles traitées à Fhyposulfite de soude (795) ou au sulfocyanure d'ammonium (185, III — 57, ÏV), a cependant des inconvénients que Ton pourra surmonter lorsque l'inaltérabilité des épreuves que Ton obtient sera assurée, circonstance, dont le temps, seul, peut être un juge compétent.

41. —• NATURB DOUBLE DB L'IHAOB LATBNTB NAOATnTB SDB GOUODION. (Phot.), Voir 58, VI, et 14.

NITRATE b'aRGGKT SOl.UBLB DANS i/aLCOOL. 59

42. — MrniATB D' ARGENT 80LUBLB DANS L* ALCOOL : (E.Brbs- LER, 4865). (Chim.). Voir 1335.

§ 1. La vogue qui s'est attachée, dans ces derniei^ temps» à l'emploi de collodion au chlorure d'argent (199, V) et à Turane (20, V), qui contiennent aussi du nitrate d'argent (983), a engagé Tauteur à faire une série de recherches propres à résoudre la question très-intéressante de la solubilité de ce dernier sel dans Talcool (68).

Deux flacons, noircis, hermétiquement bouchés, remplis chacun de la sorte d'alcool que Ton se proposait d'essayer, auquel on avait ajouté un excès de nitrate d'argent, lurent abandonnés à eux-mêmes, pendant huit jours, dans une température constante de 15 1/2" c, en ayant soin de les remuer fréquemment.

§ 2. L'auteur, après avoir retiré de chaque flacon, avec la pipette (1170), une certaine quantité d'nlcool, la dilua copieusement dans de Teau distillée, et détermina chaque fois la quantité d'argent contenue dans le liquide, au moyen de l'argentimètre du docteur Vogel. Gomme il y avait deux essais pour chaque flacon, chaque espèce d'alcool était soumise à quatre analyses. Les résultats obtenus coïncidaient entre eux, aussi rigoureusement que possible, dans l'état actuel de la chimie. Il faut remarquer que chaque échantillon avait d'abord été filtré avec toutes les précautions requises (avec le moins d'asbeste possible), pour éviter que les particules de sel d'argent qui auraient pu voltiger en Tair vinssent fausser, par leur présence, les données du problème. Voici les résultats obtenus.

§ 5. 1* Alcool absolu [ poids spécifique 807 (95*") ], provenant de chez £. Scheving.

Nitrate d'argent fondu : 5 c. c. D'une solution saturée (poids spécif, 838).

Contenant 0'',1836 nitrate d'argent.

— 4,19 — contiennent, par conséquent,

— 4,0064 ~ 4,96 c. c. d'alcool.

4,96 c. c. d'alcool absolu dissolvent 0,1856" de nitrate d argent. 1000 c. c. d'alcool absolu dissolvent 36", 72 de nitrate d'argent.

§ 4. 2* Esprit-de-vin de Kahlbaum de Berlin, sensiblement exempt de toute odeur, mauvais goût (poids spécifique 850).

Nitrate d'argent, comme ci-dessus, 5 c. c. D'une solution saturée (poids spécif. 890).

(88«) Contenant 0,2329" de nitrate.

2", 07 contiennent donc : 2,4571 = 2 c. c, 93 d'alcool.

2 c. c, 93 d'alcool, à 88% dissolvent 0",2529 de nitrate d'argent. 1000 c. c. d'alcxK)!, à -h 88*, dissolvent 79",4 de nitrate d'argent.

Page 1