FIGURES PHOTOGRAPHIÉES MOUVANTES
rillusion de personnes dans le mouvement de la vie. Dés lors, la possibilité de la solution d'un problème aussi intéressant ne pouvait manquer d'exdter réraulalion et Tambition.
§ 5. Parmi ceux qui entreprirent celte tâche, M. Duboscq fut celui qui obtint le plus grand succès. Il fixa les deux séries de photographies binoculaires sur le disque tournant du phénakisticope Tune au-dessus de Tautre, et au moyen de deux petits miroirs placés respectivement à une inclinaison capable de réfléchir les deux zones sur la même ligne horizontale d'où les images pouvaient séparément rencontrer les axes de chacune des lentilles prismatiques du stéréoscope (1549), il obtint la coïncidence des images semblables des deux séries, lie cette manière, pendant la révolution du disque, chaque œil avait séparément la perception de lune des séries de photographies dont la perspective lui appartenait, et la coïncidence des images produisait la sensation de figures mouvantes avec tout le relief du stéréoscope.
§ 4. M. Duboscq modifia le phénakisticope. Au lieu du disque vertical de Plateau, il employa un cylindre susceptible de tourner sur un axe vertical et fixa, sur deux zones, dans l'intérieur du cylindre, les deux séries d'images photographiques, l'une au-dessus et l'autre au-dessous de la zone des fentes destinées à l'observation des figures ; et, au moyen de deux miroirs, comme dans le premier appareil, chaque série était réfléchie ii travers les fentes du cylindre sur la lentille destinée à chaque œil. De cette manière Teffet stéréoscopique était produit en même temps que le mouvement du phénakisticope.
§ 5. Ces deux essais n'étaient pas exempts d'imperfections. Dans le disque tournant, les deux séries ne se meuvent pas avec la même vitesse en raison de ce qu'elles sont placées sur des zones d'inégales périphéries, et cette irrégularité de vélocité jointe à la marche curviligne d'images parallèles de même grandeur, produit une espèce de confusion et d'irrégularité dans la représentation de l'objet pendant la révolution du disque. Le même défaut existe dans le phénakisticope de Plateau, parce que le haut et le bas des figures de l'unique série se mouvant avec des vitesses différentes, ne laissent pas, sur la rétine, une impression égale et régulière, et il en est de même pour les espaces vides entre les images qui sont plus grandes par le haut que par le bas, ce qui produit des durées de sensations différentes des diverses parties de l'image. Dans le cylindre tournant verticalement, ce défaut n'existe pas, puisque les deux séries se meuvent parallèlement avec la même rapidité. Mais la courbure du cylindre, qui doit nécessairement être communiquée aux images, n'est pas une disposition favorable pour les examiner à la vue simple, et à plus forte raison avec le stéréoscope (1349). 11 n'est pas possible d'éviter cette courbure des images, car si elles étaient planes et fixées sur les faces d'un polygone tournant sur un axe, les diverses parties de l'image, parcourant des périphéries inégales, n'auraient pas le même foyer, et pendant la révolutirn du polygone leurs surfaces se présenteraient sous difi'érents angles avec axes visuels.
§ 6. ^ peu près à la même époque, l'auteur s'était occupé de ce sujet,
FIGUUFS PnOTOCnAPHlLES MOL'VANTrS. 87
mais il rencontra de grandes difficultés pour obtenir en même temps Telfet du stéréoscope et celui du phénakisticope, en évitant les imperfections qu'il vient de signaler; cependant, il est loin de désespérer d'arriver à de meilleurs résultats.
Dans rinstrument actuel.il est très-facile d obtenir le mouvement des ligures, mais sans effet stéréoscopique. Le premier objet de l'auteur ayant été d'essayer le principe , il a construit Tinstrument dans la forme la plus simple, capable de produire ce mouvement, et il a trouvé que deux figures de positions différentes sufllsent pour montrer le phénomène , quoique l'illusion de réalité souffre du passage abrupt, lun à l'autre, de deux mouvements exlrèmes et du manque de phases intermédiaires. .
§ 7. Mais il est très-facile d'employer un plus grand nombre de ûgures présentant autant de phases différentes de l'action, et huit différentes po> sitions sont tout à fait suffisantes pour former un effet complet. Ayant placé dans un stéréoscope ordinaire deux cadres cubiques tournant indépendamment sur le même axe , il ne s'agit que de fixer sur leurs quatre côtés à angle droit deux séries de quatre figures , et ces huit figurés , par im mouvement séparé imprimé aux cadres, viennent passer, les unes après les autres, dans leur ordre d'action, devant les lentilles de l'instru* ment , et pendant ce mouvement la figure se présente sous huit ditfé* rentes phases de son action entière. On fait tourner les cadres sur leur axe par le mouvement même d'une plaque libre , qui , comme il va être expliqué, est destinée à transférer la vision alteniativem.ent d'un œil à l'autre. L'instrument, dans la simple forme que l'auteur présente, suffira h montrer le principe et en même temps permettra d'élucider quelques phénomènes curieux de la perception de vision.
§ 8. On sait que la rétine a le pouvoir de conserver pendant un court espace de temps l'impression ou la sensation de l'image qu'elle a reçue* En utilisant cette propriété , l'auteur a construit un instrument de telle manière qu'en faisant mouvoir rapidement , dans une position horizontale et réciproque , une plaque mince percée d'un trou , tenue dans une coulisse au-dessous des lentilles , on ferme l'ouverture de l'une d'elles en laissant l'autre ouverte au moyen du trou et en continuant ce mouvement de vaet-vient , il s'en suit que pendant qu'un œil voit à travers le trou de la plaque mobile une des deux figures, la seconde est cachée à r<)utro œil.
§ 9. Alors si, avant que la sensation d'un œil ne soit épuisée, la plaque lerme l'ouverture de la lentille et ouvre l'autre , une nouvelle impression est produite sur l'autre rétine, et nous avons une sensation non interrompue de vision d'un objet qui semble avoir été remué devant nous. Or, si un nombre suffisant de figures nous a montré successivement l'objet dans les diverses positions qu'il a prises pendant son mouvement , nous éprouvons la même sensation que nous avons lorsque nous voyons l'objet lui-même pendant qu'il est en mouvement, car il faut observer que quoique les images dans leur nombre limité ne montrent pas et ne puissent pas montrer les positions intermédiaires de l'action entière , néanmoins l'entendement a le pouvoir de compléter ce qui manque. Et n'en est-il pas ainsi lorsque
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nous clignons les yeux pendant que nous regardons un objet en mouveloent , ou qu'un obstacle \ient à passer devant nous ? Quoique , durant ce court intervalle, nous ayons perdu la perception de Tobjet pendant une certaine phase de Faction , notre entendement a pour ainsi dire deviné, continué , ou s'est représenté ce qui a dû avoir lieu pendant le clignolement des yeux ou pendant Tinterposition passagère de Tobstacle, et, par ce pouvoir mental, nous n'avons éprouvé aucune interruption dans notre sensation.
§ iO. Ce phénomène est rendu manifeste de la manière la plus remarquable lorsque nous n'avons que deux images à regarder alternativement, l'une avec l'œil droit et l'autre avec l'œil gauche , comme cela a lieu avec l'instrument que l'auteur a construit pour une expérience. Une des images représente le commencement et l'autre la fin de la même action. Pendant que l'on fait glisser la plaque mobile , il se trouve un moment où l'œil droit peut, à travers le trou, voir l'image représentant la figure dans une position et que l'autre image est cachée à l'œil gauche. Hais aussitôt que l'on fait mouvoir la plaque dans l'autre sens , le trou se présente devant l'œil gauche, et l'on voit la seconde image pendant que la première est invisible à l'œil droit. Pendant cette opération nous n'avons vu la ligure que dans deux positions extrêmes du mouvement, Tune montrant le commencement et l'autre la fin de l'action ; malgré cela , nous avons eu , jusqu'à un certain point l'illusion d^avoir vu les positions intermédiaires.
§ 11. Cet effet est très-apparent dans le changement des deux images des boxeurs. Dans l'une, les bras et les poings d'un des deux lutteurs sont prés de son corps , dans l'attitude qui indique qu'il se prépare à frapper son adversaire, et, dans l'autre image, ses bras et ses poings sont étendus dans la position où il porte le coup. Nous n'avons pas vu les positions intermédiaires que le boxeur a dû prendre graduellement pendant la lutte entière, mais nous savons qu'elles ont dû avoir lieu , et notre jugement a complété l'action. Cette perception mentale est le résultat de la sensation que, par expérience, notre jugement nousiait attendre, et nous l'éprouvons comme si elle avait été réalisée en effet.
§ 12. Il se manifeste un autre phénomène curieux pendant que la vision est transférée d'un œil à l'autre par l'effet de la plaque mobile. Nous voyuns l'objet de la même manière et sans interruption ; que ce soit avec un œil ou avec l'autre , la sensation définitive est la même , quel que soit l'objet qui l'ait portée au soisorium de vision : le résultat est identique, et nous ne pouvons même pas distinguer quel est l'œil qui a servi à la perception. Une observation facile à faire peut nous donner la preuve qu'il en est ainsi dans la vision naturelle. En effet, lorsque les deux yeux sont ouverts, si un objet opaque passe devant nous, ou bien, si nous faisons mouvoir la main de manière qu'elle puisse cacher la vision alternativement , d'abord à un œil et ensuite à l'autre, nous ne pouvons pas nous apercevoir que la vision ait passé de l'un à l'autre , ni même nous rendre compte du fait, en apparence très-simple, à savoir : quel est l'œil qui, à chaque moment, a eu la perception de l'objet.
IMAGE LATEME.
§ 13. G*est ce qui explique pourquoi dansTinstrumeni construit, qui alternativement montre une figure dans une position à un œil, et une seconde figure dans une position différente à Tautre œil, nous avons une perception unique de Tobjet en mouvement, sans nous être aperçus que ces deux actions ont été séparément et consécutivement représentées sur un seul œil à la fois, d'abord par Tun et ensuite par Tautre. Le résultat a été une perception non interrompue et identique d'un objet en mouvement. Mais cela se conçoit quand on considère que la vision ne se manifeste pas dans Tœil lui-même ; en efiet cet organe ne fait que remplir les fonctions d'un miroir d'où l'image qu'il a reçue est portée par le nerf optique au sensorium de vision : là les deux sensations se confondent en une seule, à tel point que si d'un œil nous regardons à travers un verre bleu et de l'autre avec un verre jaune, les deux couleurs se combinent en une seule, et leur réunion produit une teinte grise.
§ 14. I^ous avons un autre exemple d'un fait physiologique analogue dans le sens de Touie. Quoique nous recevions les sons au moyen de deux organes séparés placés bien loin Fun de l'autre, nous n'éprouvons qu'une seule sensation définitive ; comme dans la vision , les deux perceptions, telles que deux gouttes d'eau de couleurs différentes qui se rencontrent, se réunissent en une seule d'une teinte mélangée. De même que pour la vision, nous ne pouvons plus distinguer de quel côté nous vient la perception, ni alternativement un des organes est rendu insensible par l'interposition d'un obstacle.
67. — lONDAMT pour épreuves photographiques vitrifiées. {Tech,) Voir 50, VI, § 6.
. — nrONITRIUX (Acide). m\ (Chim.) Voir 27, VI, § iO. Ce corps n'a pas été obtenu isolé.
— niAOS LAraflTI (Expériences sur sa nature). (Caret Lra.) (Chim.) Voir 805, - 58, Vf. (-2' article).