IMAGE LATENTE
•§ 9. Nous pensons que î*explication de ce phénomène peut être présentée ainsi. L'image latente est double dans sa nature. Lorsque la plaque collodionnée est plongée dans la solution d'argent, il est probable qu'en remuant riodure et le bromure d'argent, il se forme là un composé d'argent au moyen de quelque constituant du coUodion, lequel composé argentique est sensible à la lumière, quoiqu'à un moindre degré que les sels haloïdes d'argent (36, VI). Ce composé organique d'argent parait être insoluble dans Phyposulfite de soude, ainsi que dans la solution mercurielle, c'est pourquoi, tandis que l'iodure et le bromure se dissolvent, ce composé organique persiste.
L'image latente imprimée sur l'iodure et le bromure est donc emportée en même temps que ces sels. La plus faible image imprimée sur le composé organique, laquelle, dans le développement ordinaire est probablement de peu d'importance, devient dans ces expériences la seule base du développement. £t ce même développement prend exactement l'aspect (}u'il doit avoir si cette explication est exacte. Il est fortement inférieur en force à l'image régulière, demande beaucoup de ménagements, une action prolongée du fer et de l'argent, et, seulement dans des cas exceptionnels et par un heureux hasard, peut être amené à l'intensité ordinaire de nos négatifs.
§ 10. Mais ici se présente une autre considération importante. En parlant de l'image latente, les expérimentateurs ont amené une certaine incertitude, en omettant de toujours spécifier s'ils parlaient des couches ordinaires mélangées d'iodure et de bromure, ou d'une couche de pur iodure d'argent. L'image latente, par excellence, est celle qui se produit sur l'iodure privé de bromure, et comme toutes les expériences précédentes avaient été faites au moyen de couches de coUodion ordinaire, il était intéressant de répéter les plus importantes d'entre elles sur les couches (l'iodure pur, afin que les remarquables résultats obtenus ne pussent point être]^reportés, à faux, au bromure d'argent en présence.
§ il. Puisqu'il a été dernièrement affirmé que la plupart des iodures du commerce contiennent une quantité considérable de bromure, je me suis fait de l'iodure ordinaire au moyen du meilleur iode que j'ai pu me procurer. Un demi -gramme de cet iodure fut ajouté à 30 grammes de coUodion simple, et servit quelques jours après le mélange. L'iodure de sodium (29 in) ne se trouvant en présence d'aucun excès d'alcali, colora légèrement le collodion à la couleur du pâle Xérès.
Une plaque couverte de ce collodion fut sensibilisée dans un bain neuf pour obvier à la possibilité que du bromure lui ait été communiqué, par un bain dans lequel on aurait fait passer du collodion ordinaire. Ce bain neuf contenait non de l'acide nitrique, mais une très-faible proportion d'acide acétique.
Cette plaque, ainsi sensibilisée, fut exposée et plongée dans la solution mercurielle jusqu'à ce qu'elle devînt parfaitement transparente, puis lavée pendant une demi-heure. Du développement au fer, additionné suivant le besoin de nitrate d'argent, fit sortir une image distincte. Il résulte clairement de là qu'une couche d'iodurô d'argent pur se comporte absolument