IMAGE LATENTE. (M
de la même manière que celle. qui est composée d'iodurc et de bromure mélangés. -
§ 12. Pour isoler, s'il est possible, l'action du composé organique d'argent dont nous supposons Texistence et former une image développable sous l'action de la lumière, nous fîmes les expériences suivantes :
Une plaque fut couverte de collodion iodo-bromuré, d'une vieillesse moyenne, et fut lavée avec soin pour enlever toute trace de l'iodure et du bromure alcalins, puis plongée au bain d'argent. Ici il faut remarquer deux choses : la première, qu'il était nécessaire d'employer du collodion iodo-bromuré et de le laver, au lieu de se servir du collodion simple, parce que le collodion qui a été exposé a l'action des iodures et des bromures contient des substances organiques d'une nature très-différente du collodion simple. Secondement, cette expérience serait évidemment sans conclusion si elle avait un résultat négalif, parce que les substances organiques que nous supposons capables de former le composé sensible peuvent être tout à fait solubles dans l'eau. Dans ce cas, elles seraient enlevées par le lavage, tandis que les iodures et les bromures persisteraient et sous rinfluence des circonstances ordinaires, il peut se former un composé insoluble avec l'argent, lequel restera dans la couche.
Cette plaque, après avoir passé au bain d'argent, fut exposée, mais aucune image ne put y être développée. Ce fait, comme nous l'expliquions tout à l'heure, doit être regardé comme non confirmatif et non comme prouvant que, dans le traitement ordinaire, il ne se forme pas de composé organique d'arçent.
§ 15. S'il existe, dans le collodion, une . substance organique capable de former un composé d'argent insoluble, non- seulement dans l'eau, mais encore dans un dissolvant comme le nitrate acide de mercure , alors, en plongeant une plaque sensibilisée dans la solution déjà mentionnée, avant P exposition fe\\e devra, retenir une portion de sa sensibilité. Or l'expérience montre que ce cas se présente.
Une plaque iodo-bromurée, sensibilisée dans un bain négatif ordinaire, lavée, immergée dans une solution de nitrate acide de mercure, puis, lavée à fond et couverte d'une solution d'argnnt, a été soumise à une longue exposition à la chambre noire. Un développement prolongé au collo-développateur en a fait sortir une image faible, mais parfaitement distincte.
§ 44. Cette dernière expérience corrobore très-fortement la supposition émise plus haut que l'image sensible est de nature double; la lumière impressionnant tout à la fois l'iodure et le bromure, puis aussi quelque composé organique formé aux dépens du collodion lui-même ou plutôt produit par sa décomposition. C'est le cas de se rappeler l'expérience récente de van Monckhoven, qui a remarqué que de vieux collodions donnent, avec une solution d'argent, un précipité plus considérable que celui que pourraient produire l'iodure et le bromure qu'ils contiennent.
Ce photographe était disposé à attribuer le précipité additionnel à la présence du nitro-glucose ; mais, dans ce cas, on pourrait croire que la capacité d'acquérir de la sensibilité pourrait ne pas être enlevée en lavant après le collodionnement et avant l'immersion au bain d argent.
gl5. Pour terminer, il faut remarquer que dans la couche sensible Ju rollodion ordinaire, il y a une autre substance sensible présente, outre l'iodure et le bronaure d'argent, laquelle, de toutes manières, augmente fortement la diRïculté de décider eiactement quelle est la nature de l'image latente. D'un autre cdté, la reconnaissance de ce fait préciendra l'appari- 'tion de coDclusionsincorrectes tirées d'expériences diiigées vers le but qui nous occupe.