‹ Répertoire encyclopédique du pianiste (volume 2)Chapitre 6 sur 335 · VI. — CONCLUSION · texte numérisé non relu

VI. — CONCLUSION

Les remarques d ordre général qui précèdent, jointes aux renseignements techniques contenus dans l’analyse qui accompagne chaque titre, permettront au jeune professeur éloigné d’un centre musical, non seulement d’approprier judicieusement le choix de telle œuvre a tel élève, mais encore d’indiquer, au besoin, un morceau

sans le connaître.

Ce Répertoire contient relativement peu de fantaisies sur des thèmes d’opéras. C’est là une des formes qui vieillissent le plus vite et il est toujours loisible, lorsqu’on cherche un morceau de ce genre, d’aller chez l’éditeur qui a publié l’opéra et de choisir soi-même parmi les divers arrangements qui en ont été faits ( t ).

Enfin, sont exclues à dessein de ce Répertoire, toutes les simplifications qui, sous prétexte de faciliter l'exécution des Œuvres des Grands Maîtres, les dénaturent à plaisir en les mutilant ( 1 2 ).

(1) Toutes les transcriptions et arrangements d'une œuvre sont forcément publiés chez l'éditeur propriétaire de celte œuvre.

(2) On appelle simplification l'arrangement, en vue d’en faciliter l’exécution, d une œuvre que l’on maintient néanmoins dans la forme que lui a donnée l’auteur.

C’est dans les morceaux à deux mains surtout que l’on introduit ainsi les plus étranges modifications : les basses sont rapprochées pour être moins difficiles de justesse; les accords sont allégés pour être plus à portée des petites mains: les traits sont changés pour être moins scabreux, etc. On voit combien un pareil procédé est anti-artistique. — Le public non averti peut se tromper de bonne foi et prendre une édition simplifiée pour une édition originale. C’est une erreur que j'ai vue maintes fois se produire.

En fait de simplifications, on ne peut admettre que celles que l’auteur juge à propos de faire lui-même. Pour plusieurs morceaux modernes il a été publié deux éditions, l’une de concert, l’autre de salon. Dans ce cas, fauteur modifie et simplifie à son gré, sans dénaturer et trahir sa propre pensée.

Il n’y a aucun rapport entre les simplifications et les transcriptions. Transcrire c’est traduire pour le piano les œuvres qui n’ont pas été écrites pour cet instrument.

Sans la transcription, forme très artistique si le transcripteur a du talent, le pianiste serait privé de jouer une foule de chefs-d'œuvre ; et ce genre de composition est, en outre, d’une utilité incontestable pour développer l’intelligence musicale des élèves.

L’étude des transcriptions orchestrales produit le parfait ensemble des mains, la précision de l'attaque, et enseigne à traduire les différents timbres des instruments de l’orchestre au moyen de procédés divers dans l’attaque de la touche.

L’étude des transcriptions vocales développe la souplesse indispensable pour faire saillir la partie chantante qui passe généralement d’une main à l’autre ; fait acquérir la complète indépendance de sonorité aux deux mains, et donne l’habitude de maintenir la perspective voulue entre les différents plans musicaux.

L’élève qui, dans son enfance, a eu le malheur d’étudier les simplifications des chefs-d’œuvre classiques au lieu d’étudier les morceaux originaux qui sont à sa portée, croit naïvement avoir joué ces chefs-d’œuvre s, et, parvenu à l’âge où il pourrait les comprendre et les interpréter, il ne ressent plus, â leur égard, qu’une impression de lassitude et de dédain.

La bibliothèque classique est assez riche en compositions de tout genre et de tout degré de difficulté, pour que le jeune élève y trouve ample pâture et puisse attendre d’avoir acquis assez de mécanisme et de style pour jouer V Invitation à la Valse de Weber, ou la Marche funèbre de Chopin, telles que l’auteur

les a écrites.

Je ne veux pas terminer cette Introduction sans adresser un sincère remerciement a tous ceux qui, directement ou indirectement, m’ont été de secours dans ce long travail ; et, notamment, aux éditeurs qui ont bien voulu mettre à ma disposition les trésors de leurs collections précieuses dont j’ai essayé d’extraire le plus pur miel.

Hortense Parent.

N. B. — Je serai très reconnaissante à mes lecteurs, artistes ou amateurs, français ou étrangers, de vouloir bien me signaler les erreurs qu’ils pourraient découvrir dans cet ouvrage.

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