CANTABILE - ÉTUDE (M
CAPRICES (6), op. 4 (M et AD— 17) .
DÉROBÉE (LA), Fant. sur un air breton (M— 3).
. . . Choudens
. . . COSTALLAT . H EU GEL
(1) Alb. Lavignac, La Musique et les Musicien».
(2; A. Thomas fut remplacé à l’Institut et au Conservatoire par M. Th. Dubois. Celui-ci ayant donné sa démission de Directeur du Conservatoire en 1905, M. Gabriel Fauré fut appelé à lui succéder.
(3) Alfred Bruneau (ancien élève du maître).
(4) Cet acte, donné à l’un des festivals dtfTOpéra, en 1896, valut à l’auteur une magnifique ovation, particulièrement touchante en sa spontanéité. L’émotion qu’il en éprouva hâta, dit-on, sa fin.
(5) L’évolution wagnérienne.
(6) Alf. Bruneau, Le Figaro, 13 fév. 1896.
(T) Arthur Pougin, Ménettrel, 16 fév. 1896.
TiiO»n€t8 ( OEuv . orig.) — 2SÉ
VALSE DE SALON (AD-9) » . ! 2 501 . . . .Sulzbach
La même, arr. à 4 ms pr Ta van (M) - - I 3 »| — —
TRANSCRIPTIONS
MIGNON (opéra). Ouverture (AD— 10) .
La même , à 4 ms et à 8 ms . Ch. 2 50 et
Adieu Mignon, tr. pr Bizet (M— 4) .
Entr’acte-Gavotte , tr. pr Bazille (M— 4) * .
La même , à 4 ms par le même (M) .
La même , à 6 ms par Anschütz (M) .
Danse Bohémienne, pr Bizet (M— 5) .
Duo des Hirondelles, pr Bizet (M — 4) .
Fantaisie -Transe., pr Krüger (GM — 10) * .
— pr Neustedt (M — 7) .
Polonaise de Philine , pr Bizet (M — 7) .
Romance de Mignon, pr Bizet (M— 5) .
Suites (2), à 4 ms pr P. Bernard (GM — ch. 9) .
. Ch. S.
— — pr Bummel (M— ch. 6) . Ch.
Valses, à 2 ms et à 4 ms pr Burgmüller (M— 10) .
. Ch. 2 et
Heu gel
N.- B.— Nombreuses transcriptions sur les opéras : Le Caïd, Françoise de Rimini, llamlet , Psyché, Raymond, Le Songe d’une Nuit d’été, La Tempête (ballet), La Tonelli , etc . (Y- chez l’éditeur) .
H EU GEL
TH TTli IVFTTT^ (THÉODORE). Né à PfafTenheim (Alsace) en 1840, JL J 1 U JL\1 1 JLjJLV mort à Marseille en 1893. — Issu d’une famille d’artistes, Th. Thurner vint à Paris à l’âge de 13 ans, et entra au Conservatoire dans les classes de Zimmermann et de Bazin. Il y eut pour condisciples Bizet, Planté, Joseph Wieniawski et lvelterer. Thurner reçut aussi les conseils de Ch. V. Alkan qui lui donna le goût des œuvres de Bach.
De 1850 à 1859, Thurner vécut à Toulon , y remplit les fonctions d’organiste et s’y fit remarquer comme improvisateur. Il se fixa ensuite à Marseille, et devint, en 18G4, professeur de piano au Conservatoire de cette ville, fonda des séances de musique de chambre, et se vit très recherché, tant comme professeur que comme virtuose. « Comme exécutant, Th. Thurner a ce je ne sais quoi, difficile à définir, qui constitue un talent personnel, disait M. Alexis Rostand .
A cette époque se développe chez lui une prédilection marquée pour les dernières œuvres de Beethoven et les productions allemandes contemporaines qu’il a plusieurs fois fait entendre à Marseille. Cette influence lui a élé salutaire. Son jeu y a acquis quelque chose de plus viril, et son talent de compositeur s’est élevé et s'est coloré, sans rien perdre de la clarté qui semble être une obligation naturelle de la pensée pour les artistes de notre pays. Ses dernières œuvres témoignent d’un véritable tempérament musical, et accusent un progrès marqué sur la forme élégante, brillante, mais sans portée, de ses premières compositions. On peut citer surtout la Polonaise en ré j?, le Trio en ré maj. et le Concerto en sol min., qu’il a produit en 1872 dans un grand festival au profit de l’œuvre d'Alsace- Lorraine1. »»
- ŒUVRES ORIGINALES - —
BARCAROLLE, op. 7 (GM-9) . I 2 501 . Lemoine
BARCAROLLE 4e) (AD— 6) . I 1 70| . . .Costallat
(1) Alexis Rostand, Supplément de la Biographie Universelle des Musiciens.
282 — 'Ê'hUÈ'ètet' ( OEuv . orig.)
CHANSON DES MATELOTS, op. 15 (AD-9) .
ÉTUDE-TOCCATA (TD-8) * .
FANTAISIE en si, op. 25 (TD-15) .
POLONAISE (2) n° 2 en ré b (TD-16) .
SARAH LA BAIGNEUSE, Berceuse, op. 6 (M— 6) ...
SCHERZO en si b min., op. 20 (TD— 21) » .
TARENTELLE, la b, op. 11 (D-10) .
. . .COSTALLAT . ..COSTALLAT . . .COSTALLAT . ..COSTALLAT
. Lemoine
. . .COSTALLAT . Lemoine
TILMAN
(ALFRED). Né à Bruxelles en 1848, mort à Schaerbeck- Bruxelles en 1895. — Élève du Conservatoire de sa ville natale, Tilman fut un artiste « de haute valeur connu par ses belles compositions d’église ( Requiem , Te Deum, etc.), par ses Cantates et par son Recueil de 24 Fugues à 2 et à 3 voix 1 ». On trouve (chez Katto) une petite Berceuse en la b pour le piano (M — 5).
(1) A. Soubies, la Musique en Belgique.
TOM A (JOIIANN - WENZEL). Né à Skutsch
A VAlîAi A k. y V^I-J J jAY. (Bohème) en 1774, mort à Prague en 1850. — Pianiste, organiste, professeur célèbre et compositeur, Tomaschek eut dans son pays une très grande réputation. Il a écrit dans tous les genres : un opéra, une messe, des symphonies, des cantates, des lieder (en langues tchèque et allemande), de la musique de chambre et de piano : 5 sonates, 37 églogues, 12 rhapsodies, 3 allégros -caprices, etc. On trouve dans les compositions de cet artiste « une originalité incontestable d’invention, unie à la sûreté du goût et à l’étendue du savoir. Ses symphonies, ses pièces di Caméra, sont riches en pages intéressantes. Sa musique religieuse est souvent imposante et colorée 1 ».
Parmi les élèves de Tomaschek qui sont arrivés à la célébrité, il faut citer A. Dreyschock et J. SchulhofF.
(1) A. Soubies, La Musique en Bohême.
TSCHAIKOWSKÏ
J (PETER -1LJITSCH). Né dans l’usine de Wotkinsk (gouvernement de Wiaetka, Russie) en 1840, mort à Saint-Pétersbourg en 1893. — Par sa mère, née d’Assier, Tschaïkowsky descendait d'une famille française réfugiée en Russie sous Louis XIV, lors de la révocation de l’Édit de Nantes. Son père était ingénieur des mines. Dès sa plus tendre enfance, Tschaïkowsky manifesta un goût prononcé pour la musique. Sa sensibilité était pénétrante et ses qualités affectives singulièrement développées. Il aimait passionnément sa mère, et à l'âge de sept ans il écrivit un poème (daté et signé) portant ce titre : Prière d’une petite file tout à fait orpheline L Celte nature si impressionnable le prédestinait évidemment à être artiste, mais sa famille en avait décidé autrement et, dès l’âge de dix ans, l’enfant entrait à l’École de droit de Saint-Pétersbourg dont il suivit les cours pendant neuf années. Ce n’est qu’à la fin de celte période qu’il prit des leçons d’un excellent pianiste, Rodolphe Fündiger. Les progrès qu'il fit avec cet artiste lui révélèrent sa vocation pour la musique. Néanmoins, après avoir terminé ses éludes de droit, il entra au ministère de la Justice où il resta pendant
(1) Sa première gouvernante, M11» Fanny DUrbach, qui donne ce* détail* (et qui vivait encore en 1901), ajoutait : m Pierre diffère de ses frères et sœur* non pa* en une chose spécialement, mai* en tout. » Tschaïkowsky conserva toute sa vie, pour cette institutrice de ses jeunes ans, de l’affection et du respect. Ses qualités de cœur paraissent avoir été très remarquables.
THvhaiiiOMrsttff ( Notice ) — 283
trois années. Enfin, en 1861, Zaremba ayant ouvert des cours de théorie musicale
et de composition, Tschaïkowsky s’empressa de les suivre, et prit la résolution de renoncer à ses fonctions pour se vouer exclusivement à 1 art qui le passionnait.
En 1862 le Conservatoire de Saint-Pétersbourg ayant été fondé par Antoine Rubinstein Tschaïkowsky s'y fit admettre, continua à travailler la composition avec Zaremba et devint élève de Rubinstein lui -même pour l'orchestration. Les élèves de cette dernière classe étaient tenus de jouer de plusieurs instruments, de sorte que Tschaïkowsky joignit l’étude de l’orgue et de la flûte à celle du piano.
Un séjour en Allemagne compléta son éducation musicale, et le génie de Schumann ne fut pas sans exercer une influence sur son esprit. La première grande composition de Tschaïkowsky fut une Cantate sur I ode de Schiller : A la joie K Le succès de celte œuvre, qui fut exécutée au palais de la grartde-duchesse Hélène, protectrice du Conservatoire, amena aussitôt 1 engagement du jeune artiste par Nicolas Rubinstein comme professeur de composition au Conservatoire
de Moscou. , , . ..
Tschaïkowsky conquit promptement une grande autorité et une réputation universelle. Cet avenir glorieux lui avait été prédit par Hermann Laroche, 1 éminent critique musical, professeur d'Histoire de la musique au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. De môme que, bien avant la lettre, Schumann avait pressenti Brahms et que Liszt avait révélé Wagner, Hermann Laroche, ancien condisciple de Tschaïkowsky au Conservatoire, avait deviné, dans les travaux d école de son jeune camarade, les prémisses du grand talent qui devait éclore plus tard. Des l’année 1866, il saluait le jeune maître de cette enthousiaste prédiction : « \ os créations décisives ne se produiront peut-être pas avant cinq ans dici, mais ces œuvres de votre maturité dépasseront tout ce que nous avons eu depuis Glinka. A partir de 1877, Tschaïkowsky, muni d’un traitement d’honneur de l’empereur, put renoncet à l’enseignement pour se vouer exclusivement à la composition. En 1881 , à la mort de Nicolas Rubinstein , Tschaïkowsky lui succéda comme directeur du Conservatoire de Moscou, mais ces fonctions n'entravèrent nullement ses travaux personnels. Nommé docteur en musique à l'Université de Cambridge le 13 juin 181)3, en même temps que Camille Saint-Saëns et Boïto , Tschaïkowsky mourut subitement du choléra le 4 novembre de la même année, à Saint-Péteisbourg. Il s'était rendu dans cette ville pour la première audition de sa derniere œuvre, la Symphonie pathétique , cette œuvre dont il racontait ainsi la genèse : « Pendant un voyage, l'idée me vint d'écrire une symphonie sur un programme qui resterait pour tout le monde une énigme. En la composant dans mon imagination, j'ai beaucoup pleuré... Le plan en sera entièrement nouveau, et au lieu de terminer par un allegro con brio , je terminerai par un lugubre adagio... Je ne m'étonnerais pas si cette symphonie était insultée et peu estimée. Positivement, je la regarde comme la meilleure et la plus sincère de toutes mes compositions. Je l’aime comme je n’ai jamais aimé aucune de mes autres œuvres. »
Ce fut son testament musical.
Le caractère de Tschaïkowsky était éminemment sympathique : modeste, sincère, enthousiaste et affectueux. Ses lettres le peignent. De sa petite résidence, près de Moscou, il écrivait le 10 février 1887 à un ami de Paris : « Ne vous ai-je pas écrit que mon opéra, Le Caprice d'Oksâne , vient d’être représenté trois fois de suite sous ma direction? On prétend que je ne manque pas de talent comme chef d’orchestre, et si vous saviez comme cela me réjouit!... On m'a fait de nombreuses ovations, et ma maisonnette est toute pleine des couronnes que Ion m’a offertes... Le 5/17 mars je conduirai l'orchestre à un concert consacré entièrement à ma musique à Saint-Pétersbourg; il est plus que probable que, de là, je prendrai mon vol vers Paris. Ce cher Paris!... » Et plus tard, bien peu de temps avant sa mort : « Tu ne peux te représenter quelle félicité j’éprouve en
(1) La môme qui inspira à Beethoven la 9« Symphonie avec chœurs.
284 — T8Cft€iïhou'8hy (Notice
voyant que tout n'est pas encore fini pour moi et que je peux encore travailler 1 ! »> Et enfin, dans une lettre à Mme von Meck : « Il ne m'appartient pas d’apprécier moi -même la valeur de mes compositions; mais je puis vous dire, la main sur mon cœur, que chacune de mes œuvres (sauf de bien rares exceptions) a été conçue et méditée profondément. Elles émanent directement de mon âme2. »
« Symphoniste de premier ordre, plein de grandeur, de nerf et de couleur, sachant manier et combiner les éléments de l’orchestre avec une habileté merveilleuse 3, » Tschaïkowsky donna cependant prise à la critique, à cause même d’un de ses dons naturels : une prodigieuse fécondité. En effet, à l’âge de quarante-sept ans, Tschaïkowsky avait déjà à son actif un bagage musical qui eût suffi à défrayer plusieurs carrières de compositeurs. « Son aisance d’écriture est considérable et s'accommode de toutes les formes, » dit M. A. Soubies. Mais, d’autre part, « il semble que le besoin de composer, de dire en musique tout ce qu’il ressentait, l'ait entraîné au delà des règles. Dans plus d’une de ses œuvres, il n’a pas su élaguer ce qu’il y avait de surabondant; il a oublié que le complément de toute œuvre d’art doit être un retour scrupuleux de V artiste sur lui -même. Aucun compositeur n’a donné un exemple plus frappant de la valeur de ce principe que le plus grand artiste du monde, l’universel Beethoven. Jamais satisfait de luimême, il remania sans cesse les plus belles de ses conceptions, celles qui paraissent sorties avec le plus de facilité de son cerveau4. » Mais si, en effet, on peut reprocher à Tschaïkowsky d’avoir, dans ses œuvres de longue haleine, parfois manqué de concision, de cohésion, n’y en a-t-il pas un grand nombre qui échappent à ce reproche, dont les proportions sont harmonieuses et le souffle puissant? Et dans ses œuvres de moindre dimension comme les lieder, les pièces de piano , les morceaux pour instruments à cordes , la note individuelle de Tschaïkowsky n'est-elle pas exquise, toute pénétrée de poésie et de sentiment? Tous les critiques sont d'accord pour le constater. « Où Tschaïkowsky est vraiment personnel, dit A. Pougin, c’est dans ses pièces intimes pour piano, dont plusieurs sont exquises, et encore dans ses délicieuses mélodies vocales, qui sont empreintes d'un sentiment profond, d’une poésie pénétrante, et parfois d’un caractère mélancolique d’une telle intensité, qu’il confine au drame 5. »
« Les lieder (op. 6, nos 1, 2, 6), dit Hugues Imbert, sont des pages exquises de sentiment, imprégnées d’une mélancolie pénétrante. Ce sont là des œuvres originales qui, bien qu'inspirées par l’École allemande, dénotent une individualité. Il faut en dire autant des pièces pour piano6. » Tschaïkowsky, comme Rubinstein, fut ardemment combattu par les « Cinq » et par leurs successeurs. La jeune école russe le traite de compositeur allemand, alors qu’en Allemagne on le tient pour foncièrement russe, témoin cette appréciation d’un critique allemand des plus autorisés : « Tschaïkowsky était une nature essentiellement musicale, portée au lyrisme; il était, en outre, d'un tempérament très russe; aussi trouve- t-on dans son œuvre, à côté de passages d'une tendresse et d'une sensibilité presque féminines, de trouvailles délicates, d’autres passages d’une rudesse et d’une brutalité encore à demi asiatiques7. »
L’œuvre de Tschaïkowsky est considérable et embrasse tous les genres. — Musique dramatique : Le Yoyevod (Moscou, 1809); Snegourotschka ou La Fille de Neige (Moscou); VOpritchnik (Moscou, 1874), Vakoul le Forgeron (Saint-Pétersbourg, 1876); Eugène Onéguine (Moscou, 1879); La Pucelle d'Orléans (Saint-Péterbourg, 1881); ces deux opéras sont considérés comme de premier
(1) Dans la correspondance de l’artiste, publiée récemment par son frère M. Modeste Tschaïkowsky, on trouve des jugements très sympathiques sur nos musiciens français.
(î) Cité par Ellen von Tideboehl, dans la revue anglaise Monthly Musical Record (1903).
(3) Hugues Imbert , Profil* de musicien».
(4) Hugues Imbert, Profil» de mu»icien».
(5) A. Pougin, La Musique en Russie.
(6) Hngues Imbert, Profil» de musiciens.
(7) Hugo Biemann , Dictionnaire de musique . (Trad. de O. Humbert.)
'F h v h a t fi /•* #/ Notice) — 28S
ordre et ont obtenu un succès éclatant. Mazeppa (Moscou, 1882); Tschravitschki (La Petite Pantoufle , 1886); Le Caprice d'Oksâne (refonte de la partition de Vakoula le Forgeron, Moscou, 1887); La Magicienne (1887); La Dame de Pique (Saint-Pétersbourg, 1890), restée au répertoire, et représentée pour la première fois à Milan, en 1906; Yolande (1892), reprise à Francfort-sur-Mein en 1901. — Musique de ballet : Le Lac des Cygnes , op. 20 (Moscou); La Belle au bois dormant (Saint-Pétersbourg, 1890), succès triomphal; Le Casse-Noisette , op. 71 (1892).— Musique d’orchestre : six Symphonies et quatre Suites d’orchestre, considérées par* H. Riemann, avec la Sérénade, op. 48, comme les meilleurs titres de l’auteur à l’immortalité. Poèmes symphoniques ou Fantaisies orchestrales : La Tempête, op. 18; Francesca da Rimini, op. 32; Manfred , op. 58; Roméo et Juliette; Hamlet , op. 67; Ouverture triomphale sur l'hymne national danois, op. 15; Ouverture solennelle : 1812, op. 49; Marche slave , op. 31; Marche du Couronnement; Cantate du Couronnement (soli, chœurs et orchestre). — Musique de chambre : Sérénade pour cordes, op. 48 (célèbre); un sextuor pour cordes : Souvenirs de Florence, op. 70; trois quatuors pour cordes, op. 11, 22 et 30; un trio, op. 50, dédié à la mémoire d’un grand artiste (Nicolas Rubinstein) et considéré comme un chef-d'œuvre; duos pour piano et violon, pour piano et violoncelle.— Musique instrumentale : deux concertos pour piano et orchestre, un pour violon et un capriccio pour violoncelle; Sérénade mélancolique pour violon, op. 26, que Sarasate fit applaudir dans toute l’Europe. — Musique vocale : Chœurs, duos, mélodies russes (op. 6, 16, 25, 27, 38, 47, 57, 63, 65). — Enfin un œuvre considérable pour piano seul (Voir ci-dessous). Tschaïkowsky a écrit, en outre, un Traité d'harmonie et a traduit en russe le Tî'aité d'instrumentation de Gevaert. M. Alexandre Tanéiew, un des élèves les plus célèbres de Tschaïkowsky, a orchestré le dernier concerto du maître et transcrit pour le piano plusieurs de ses œuvres symphoniques.
La Russie tout entière est restée fidèle à l’un des plus illustres de ses enfants; les nombreux concerts organisés en l'honneur de Tschaïkowsky témoignent de cette constante fidélité. LWllemagne, par l’entremise de son kapellmeister Nikisch et de l’orchestre philharmonique de Berlin, a célébré le dixième anniversaire de la mort du maître, à Saint-Pétersbourg, à Moscou, à Varsovie, à Kiew, à Kharkow et à Odessa. Enfin, dans un discours fort applaudi à l’inauguration du Festival -Tschaïkowsky donné h. Pyrmont (juin 1902), le Dr Hugo Riemann, après avoir rendu hommage à la maîtrise du compositeur dans son admirable musique de ballet, ses délicieuses petites pièces de piano et de chant, ses symphonies, sa sérénade pour cordes et ses quatre suites d'orchestre, termine par ces paroles : « Tschaïkowsky fut un artiste absolument génial, qui, avec une ferme conviction, s’efforça de réaliser son idéal, et écrivit ses ouvrages avec tout le sang de son cœur K »
(1) Cité dan» le Monlhly Musical Record, août 1902 (Londres).
JT. B. — Une étude Bur Tschaïkowsky, par Ellen von Tideboehl, parue dans ce même journal anglais The Monthly Musical Record (avril et mai 1905), jette un jour curieux sur certaines particularités de la vie sentimentale du célèbre artiste. m
La femme ange-gardien et la femme fatale jouèrent toutes deux un rôle dans cette existence. A la première, Tschaïkowsky dut treise années du bonheur que peut donner un échange de pure affection et d'absolue confiance. La seconde lui valut les souffrances morales les plus étrauges et faillit lui coûter la vie.
von Meck , l’incomparable amie de Tschaïkowsky , était fille d’un gentilhomme russe et femme d’un ingénieur distingué qu’elle avait épousé en 1848. Restée veuve avec cinq enfanta, elle mena, quoique fort riche, l'existence la plus retirée. La lecture et la musique occupaient ses loisirs. Les compositions de Tschaïkowaky trouvèrent en elle une admiratrice passionnée ; elle s'intéressa à tout ce qui touchait l’artiste, apprit îles difficultés matérielles de sa vie, résolut de lui venir en aide, et, dans ce but , lui demanda des transcriptions de ses œuvres, afin d’avoir l'occasion de rémunérer ce travail avec autant de délicatesse que de magnificence.
« Je trouve inutile de vous dire l'enthousiasme que vos œuvres m'inspirent, lui écrit-elle (première lettre datée du 18 décembre 1576). L'admiration d’une créature aussi insignifiante que je le suis dans le domaine musical vous semblera peut-être risible, mais mon enchantement m’est si précieux que je ne veux pas qu'on en rie; je vous dirai donc seulement qu'avec votre musique, la vie devient plus facile. »
Une correspondance régulière s’établit entre eux, et chacun y répandit son âme. « Quel ravissement et
280 — Tsetutthowsky OEuv. orig.)
__ - - — ŒUVRES 0 RI GIS A LE S
ŒUVRES COMPLÈTES pour piano seul, nouv.
revue et corrigée par l’auteur, en 7 vol.
édit.
Vol. IV. — op. 39 et 40.
Vol. V. — op. 51, 59 et 75 nos 1 et 2.
Vol. VI. — op. 72, n03 3 à 1( Vol. VII. — op. 72, n°* 1 à 18 . Chaque vol
. ..JURGENSON
Vol. I. — op. 1, 2, 4, 5,
Vol. II. — op. 19 nos 1 à 6; op. 37.
Vol. III. — op. 37 bis : Les Saisons.
auelle angoisse donne votre musique ! Mais ou ne souhaite pas de s’affranchir de cette souffrance dans laquelle on trouve des espoirs et des bonheurs que la vie n’accorde jamais. Il fut un temps où je souhaitais vous connaître personnellement ; mais à présent plus je vous admire, plus je crains de vous rencontrer ; je préfère penser à vous dans mon lointain, écouter votre musique et partager ainsi vos propres sentiments. »
Et Tschaïkowsky de répondre î « Je ne suis pas étonné que vous ne vouliez pas connaître personnellement le musicien dont vous aime* la musique. Vous craigne* de ne pas rencontrer en lui les traits que votre imagination , le voyant à travers une lumière idéale, lui a attribués. Si vous pouvie* seulement savoir quel ravissement apporte à un musicien la certitude qu’il y a une âme sur la terre qui sent avec intensité et profondeur tout ce qu’il a lui-même pensé et senti en écrivant sa musique ! a ...... . .
Et ils ne se virent jamais. Et pendant treize ans, M«>e von Meck ne cessa d’être pour 1 artiste une admiratrice enthousiaste, une amie dévouée, une fée bienfaisante qui devinait tous ses désirs, aplanissait toutes ses difficultés, adoucissait toutes ses souffrances.
En 1877 se plaça le sombre et mystérieux épisode du mariage de Tschaïkowsky. <c J ai à vous annoncer que je suis fiancé (écrit-il à Mme von Meck en juillet 1877, trois jours avant la date fixée pour son mariage). Ce fut à la fin de mai et d’une manière tout imprévue. Quelques jours auparavant j’avais reçu une lettre d une dame que j’avais rencontrée occasionnellement. Par cette lettre j’appris que, depuis longtemps, elle m’honorait de son amour. La sincérité et la chaleur de cette lettre m’incitèrent à y répondre. Je n’entrerai pas dans les détails de cette correspondance dont le résultat fut que je fis un jour visite à cette dame ; je lui expliquai que la sympathie et la reconnaissance étaient mes seuls sentiments à son égard. Néanmoins , après l’avoir quittée, je commençai à réfléchir sur la légèreté de ma conduite. Si je ne pouvais l’aimer, si je ne voulais pas encourager son amour, uourquoi aller vers elle? J’en vin*, influencé par une nouvelle lettre, à me convaincre qu'en me retirant, je la vouerais au malheur et l’amènerais à une fin tragique. Je lui redis donc franchement que je n’avais aucun amour pour elle, je lui donnai tous les détails sur mon caractère et mon tempérament mal équilibré, enfin sur ma situation matérielle, lui demandant si , dans ces conditions, elle persistait à vouloir être ma femme. La réponse fut affirmative. Les mots me manquent pour vous décrire les horribles impressions par lesquelles je passai pendant les jours qui suivirent ! Son nom est Antonina Iwanowna Milinkowa. Elle a vingt -huit ans ; elle est
plutôt jolie et a une bonne réputation. » . „ ,
Le mariage eut lieu à Moscou, et les époux partirent le meme jour pour un court voyage de noces. Quelque tempe après, Tschaïkowsky écrit à von Meck : « Je ne saurais dire si je suis heureux ou non. Je sais seulement une chose : c'est que je ne pui» pa$ travailler du tout. C’est là le symptôme d’un état d esprit et d âme très irrité et qui m’inquiète. Adieu, ma bonne, ma très chère amie, quoi qu’il m’arrive, votre pensée m encouragera et m’apaisera. Votre amitié sera toujours la joie de ma vie. » Bref, trois mois après, Tschaïkowsky tomba si gravement malade, que les médecins diagnostiquèrent qu’il fallait changer du tout au tout les conditions d existence de l’artiste. Dès la convalescence , Tschaïkowsky, accompagné de son frère, quitta la Russie et alla s installer à Clarens. en Suisse. Mais les ressources manquaient pour cette vie inoccupée et dispendieuse. La fee bienfaisante intervint encore et, grâce à elle, Tschaïskowsky vit ses forces renaître et se remit avec ardeur au travail
Ce fut la période la plus heureuse de sa vie. Sa correspondance avec M»e von Meck satisfaisait tous les besoins de sou cœur et de son esprit. Ils s’entretenaient des plus hautes questions : art , philosophie, religion. Lorsque l’artiste fut las de voÿager.elle l’invita à occuper, dans le sud de la Russie, un magnifique domaine qui lui appartenait. «C’est un rêve, lui écrit Tschaïkowsky; combien je vous suis reconnaissant pour tout mon bonheur ! A chaque délicieuse impression ressentie , je me souviens à qui elle est due. » Plus tard , il éprouva le désir d’avoir une demeure fixe, un petit home à lui. La fée bienfaisante lui découvrit un cottage à une heure de
Moscou. Il y resta jusqu’à sa mort. , ,r r , ,
Après treize ans d’une affection sans nuage, les relations de Tschaïkowsky et de Mme von Meck furent rompues soudainement d’une façou aussi éirange que pénible, ün jour, en 1890 , elle annonça à son am, qu elle était ruinée et que, désormais, elle ne pourrait plus lui être d’aucun secours ; la lettre finissait ainsi : « Ne m oubliez pas, pense* quelquefois à moi. » Tschaïkowsky, en lui témoignant toute U part qu’il prenait à cette «preuve, protesta contre ses derniers mots. « J’espère que vous ne les avez pas réellement pensés , écrit-il. Croyez-vous que je sois seulement l’ami des jours prospères? Vous m’avez littéralement sauvé; soyez sûre que e me souviens de tout et que je m’en souviendrai jusqu’à mon dernier soupir. » Mais à cette lettre et à celles qu il continua décrire dans le même ton que par le passé, il ne reçut plus jamais aucune réponse. C’était l’adieu et la rupture. Il finit par en être cruellement froissé et se demanda si tant de témoignages d’affection n’avaient été qu une fantaisie.de femme riche et capricieuse. Eu quoi il se trompait. Il ne savait pas que la pauvre femme se trouvait alors dans un misérable état d’esprit, s’affaiblissant do jour en jour, presque aveugle, accablée des plus cruelles souffrances. Ayant toujours fait mystère de sa liaison épistolaire avec Tschaïkowsky. peut-être ne put -elle se resigner à dicter des lettres aussi intimes, à lui envoyer des lignes que sa pauvre main paralysée ne pouvait plus tracer...
Tschaïkowsky , à sa dernière heure , presque inconscient déjà , invoquait encore sa fie bienfaisante en un suprême appel : « Nadieschda !... Nadieselida !... » M«<= von Meck mourut quelques semaines après lui, le 19 janvier 1894.
Tst'Jt aï k o irsfi y ( GEuv . orig.) — 2 $7
Avis important. — Le lecteur qui cherche un titre de morceau et ne le trouve pas à sa lettre alphabétique, devra se reporter aux Collections de morceaux (Y. à M). Il trouvera là, réunis dans un même n« d’œuvre et sous le titre générique de 8 morceaux , 6 morceaux , 12 morceaux , etc. , des groupes de morceaux portant chacun un titre particulier. — Présenter chacun de ces morceaux isolément à sa lettre alphabétique, c’eût été rompre le lien du n® d’œuvre qui les a unis dans la pensée du compositeur, et priver le lecteur d’une vue d’ensemble de oes diverses collections. Les faire figurer deux fois, isolément et en groupe , était impraticable , faute de place , et d'ailleurs ce double emploi eût apporté une certaine confusion dans l’esprit du lecteur en lui donnant la sensation du a déjà ru » lorsque les mômes titres se reproduiraient à ses yeux.
ALBUM D’ENFANTS, 24 petites Pièces, op. 39. (F et PM— 26^», (sans oct.)