‹ Répertoire encyclopédique du pianisteChapitre 3 sur 278 · E. Littré. Comment j’ai fait mon Dictionnaire · texte numérisé non relu

E. Littré. Comment j’ai fait mon Dictionnaire

N. B. — J'ai raconté, dans la préface de mon Répertoire Classique, comment mon enfance et ma jeunesse ont eu l’honneur d’être témoins de ce gigantesque travail.

pas moins représenté un moment glorieux dans l’histoire du piano et cela suffit.

Qu’importe que les manifestations de l’Art se transforment selon l’époque? Tous ceux qui ont apporté une pierre à l’édifice, si petite qu’elle soit, ont droit à la reconnaissance des descendants.

Si, comme l’a dit Joubert, « la multitude des affections élargit le cœur, » ne pourrait-on ajouter que la multitude des admirations élargit l’esprit?

Le sens critique se développe de lui-même plus tard par le savoir et l’expérience; en lui donnant carrière trop tôt, craignons de produire l’esprit de dénigrement.

Il faut avoir, au début de la vie, un trop-plein d’enthousiasme pour qu’il en reste quelques parcelles dans la maturité de l’âge. Trop souvent, au cours de la route, nos admirations pâlissent, nos illusions s’effeuillent, notre idéal s’obscurcit; mais les sentiments que nous avons éprouvés pendant la jeunesse, par leur chaleur et leur désintéressement, illuminent notre âme pour le chemin qui reste à parcourir.

Je voudrais inspirer aux jeunes musiciens qui liront ce livre, le respect de l’art et de la beauté morale, la vénération pour leurs aînés, l’admiration pour leur génie, la sympathie pour leur caractère, la compassion pour leurs souffrances; car tous ont travaillé, tous ont lutté, tous ont souffert et parfois cruellement. N’est-ce point assez pour leur pardonner leurs faiblesses qui furent humaines et admirer leurs dons qui étaient divins?

Les jeunes artistes verront aussi par de nombreux exemples que le succès arrive rarement au début de la carrière, qu’il faut travailler sans relâche et sans découragement. Et enfin si le succès fait faillite, si 1 injustice nous poursuit, travaillons par devoir, par conscience, par amour de notre art, travaillons toujours et quand même!...

Je ne veux pas clore cette trop longue introduction sans adresser un cordial remerciement aux artistes, aux écrivains, aux éditeurs et aux amateurs qui, par leur confraternelle obligeance, ont bien voulu m’aider â surmonter les difficultés de ma tâche.

Les uns m’ont apporté le secours de leurs notes bibliographiques pour mes recherches documentaires, les autres ont mis leur bibliothèque musicale à ma disposition; tous m’ont encouragée dans mon labeur. Puisse ce travail ne pas leur sembler au-dessous de ce qu’ils en attendaient1!

Hortense Parent.

1 Je tiens à remercier nominalement MM. Michel Brenet et A. Pougin, qui ont bien voulu me communiquer leurs fiches musicographiques; M. I. Philipp, qui m’a fait connaître d intéressantes œuvres étrangères; M— Netzel-Lago, mieux placée que personne pour donner des informations sur la musique Scandinave; MM. del Valle de Paz et Mugellini, auxquels j ai dù de précieux renseignements sur les compositeurs italiens; MM. Fuller Maitland et Edwin Evans, dont l'intervention m’a été très utile en ce qui concerne l'Angleterre; MM. Eugène Gigout et P. Sanchez Gavagnach pour l’Espagne, et M. llmari Krohn pour la Finlande; enfin MM. les éditeurs français et étrangers qui ont bien voulu otTrir à la bibliothèque de mon Ecole de professeurs la musique qu ils m’avaient envoyée en communication pour ce répertoire.

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