BORDIER
(JULES). Né à Angers (Maine-et-Loire) en 1846, mort à Paris en 1896. — Chef d'orchestre et compositeur, Bordier fonda dans sa ville natale une Association artistique dont le but était de former un orchestre capable d’exécuter les grandes œuvres symphoniques et de donner des concerts populaires et périodiques pour l’audition de ces œuvres. Cette association , dont Bordier fut le directeur éminent et dévoué et M. Gustave Lelong le chef d’orchestre, fonctionna avec grand succès pendant seize ans et rendit de réels services à l’art musical1. Travailleur infatigable, Bordier a
O) Après un premier concert populaire donné le 21 octobre 1877, l’inauguration solennelle eut lieu le 4 novembre de la môme année par un concert consacré aux œuvres modernes. Joocières y dirigea des fragments de sa Symphonie romantique , Massenet ses Erynnie s et Guiraud son Carnaval. Pour ne citer que des œuvres de compositeurs français morts, on entendit en première exécution. à Angers et presque toujours sous la direction des autours: Lutèce ( Holmèe), la Symphonie gothique et Kermesse (Godard), Sourenir* de Hongrie (Duprato), Suite ( Boëllmann), Suite Pastorale (Chabrier), Les Nubiennes ( Joncières), Lassan en fris s (Louis Lacombe , œuv. posth.), Marche religieuse (Gounod), Danse Tcherkesse (Th. Ritter), Fantaisie dramatique pour alto (O. Fouque), etc.
C’est à M. Max d’Ollone qu’a été confiée la direction de ces concerta pour la saison 1907 - 190S.
Jforrtter ( Notice ) — 37
beaucoup écrit; son instrumentation <« est intéressante par les nombreux et délicats détails qu’elle renferme. De ce côté, M. Bordier, qui est un chercheur, sait parfois trouver des effets originaux et charmants et manie l’orchestre avec une habileté de main tout à fait indiscutable * 1 2 ». Citons parmi ses œuvres : Chatterton (d’après A. de Vigny), suite de 6 morceaux; David , scène biblique; Divertissement macabre , suite d’orchestre extraite d’un Ballet-Pantomime; Nadia, ouverture; Suite Serbe, Danses hongroises et une Méditation sur le 7e Prélude de Bach, etc.
- - ŒUVRES ORIGINALES - -
réd. pr 2e pianol 5 »| . Heugel
SCHERZO ORIENTAL, av. orch.
d’acc. pr faut. (D — 17 en part.) *....
TRANSCRIPTIONS
ADIEU SUPRÊME, Poème symph ., (orch.) op. 34 tr. 2
pr l’aut. (AD— 6) .
Le même, à 4 ms (M — 4)
. PONSCARME
. . (Baudoux)
(2) Louis de Romain, Estais de critique musicale, 1890.
P / vil / \ I \ I ATT? (ALEXANDRE ). Né à Saint-Pétersbourg en 1834, Jj IV*/ JL/ Il 1 .LJ mort à Saint-Pétersbourg en 1887. — Cet artiste fut l’un des chefs de la jeune École russe, l’un des «Cinq». On appelait ainsi, il y a une vingtaine d'années, le groupe des jeunes compositeurs qui imprimèrent à l’art russe ses tendances actuelles: Borodine, Moussorgsky, Balakirew, César Cui et Rimsky-Korsakow L Ce groupe rencontra chez l’éditeur Belaieir2 un dévouement à toute épreuve, qui aida puissamment les jeunes novateurs à faire triompher leurs idées. Les survivants de ce groupe demeurent actuellement, avec Glazounow, à la tête de la nouvelle École russe.
En même temps que grand musicien, Borodine fut conseiller d Etat impérial, médecin distingué et chimiste de haute valeur 3 4. « Partisan de 1 accession des femmes à l'enseignement supérieur, il fonda , avec le professeur Rudniew et Mme Tarnowsky, l’école de médecine pour femmes de Saint-Pétersbourg où il enseigna la chimie à partir de 1872 *. »
Comme compositeur, « Borodine a peu écrit, mais toutes ses œuvres portent l'empreinte d’une originalité vraie et d’un sentiment profond 5 ».
« Ses quatuors, ses belles pièces vocales, ses fermes symphonies, sa ravissante esquisse : Dans les steppes de P Asie centrale, sont dignes de l’auteur, poète tantôt délicat, tantôt viril, du Prince Igor6.»
ŒUVRES ORIGINALES
4 ni
. Belaieff
PARAPHRASES: 24 Var. et 15 Petites Pièces sur
un kinderlied favori : « Fa sol, mi la, ré si, do do, » par Borodine, Cui, Liadow, Rimsky-Korsakow, Liszt et Stcherbatcheff (M à D— 45)*; le thème est écrit en 3e portée pour être joué « par les petits pianistes avec un doigt de chaque main >» . Complet.
Les Var. seules, lm20; . Ch. pièce 0,40 à
Morceau très curieux.
(1) Les trois derniers sont vivants.
(2) Belaieff est mort en 1904, âgé de 68 ans. C’est lui qui fit les frais deB concerts russes, donnés en 1889 dans la salle du Trocadéro. Les « Cinq » avaient aussi un ardeut défenseur en W. Stassoff, le célèbre critique musical russe (1824-1906).
(3) Borodine avait été professeur de chimie à la Faculté de médecine de Saint-Pétersbourg et écrirait dans plusieurs revues scientifiques.
(4) Albert Soubies (La musique en Itussie).
(5) Jean d'Udine.
(6) Alfred Bruneau ( Revue de Paris , 15 septembre 1902).
38 — Woi’orliiif» (OEuv. orig.)
PETITE SUITE, op. 1, S Pièces (AD-27)*, (interp.). .