‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonne (volume 2)Chapitre 119 sur 439 · STRASBOURG · texte numérisé non relu

STRASBOURG

Strasbourg 1 11 s'est éteint ton beau nimbe de flamme! Mais il a rayonné jusqu'au fond de noire àrr.e, Nous te couronnerons reine de nos cités ; Guillaume peut, au vent, jeter ta noble cendre, L'avenir nous verra debout pour te reprendre, Pour cette œuvre déjà nos fils se sont comptés.

Depuis longtemps, hélas I pour d'invisibles causes, La France s'endormait sur si couche de roses, Des esclaves veillaient sur son triste sommeH; Dieu, dont on usurpait la légitime place.

Nous voilait lentement les splendeurs de sa face, S'il ne détournait pis encore son soleil.

Les e-claves riaient, s'enivraient, et la France

En indignes langueurs énervait sa puissance;

On lui bandait le3 yeux pour mieux la dépouiller ;

Son or, comme un torrent roulait, et sur des fanges

Etendait un tapis aux magnifiques franges,

Sur lequel un pied litre eût craiut de se louiller.

Un jour, dans un accès de fierté dériso're, On la drapa soudain dans son antique gloire, Faible et nue, on la m"t sous l'œil de l'étranger ; On la berçait encre de ruses politiques; Elle dormait toujours à leurs chants magnétiques Quand le loup allemmd bondit pour regorger.

La Franc3 s'éveilla : sur les moDts, dans loi plaines,

Coulait à larges flots le sang pur de ses veineî ;

Les fleuves charriaient les corps de Ses enfants,

ArrachaDt de son front le fatal diadème,

Elle se redressi par un effort suprême,

Et vers le ciel d'airain leva ses yeux sanglants.

Elle vint dans Paris, folle et superbe vile; Paris n'enceme plus ses dieux d'or et d'argile, Pour se3 reins affaiblis Paris forge du fer ; Paris met une agrafe à son épaisse armure.

Dans Paris, qu'aujourd'hui le danger transfigure, Le théâtre est fermé, lo tcrap'e s'est rouvert.

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