Franchet. -— Nom d'une ancienne famille de l'évêché
de Rennes, qui comparut aux réformations du XV e siècle à Mordelles et en Le Rheu, qui portait « d'azur au lion d'or lampassé de gueules » et qui fut maintenue de noblesse d'ancienne extraction par arrêt des commissaires de la grande réformation en date du 20 mai 1669 [Courcy, 1. 408, et pi. CXXVIII, n°3; Briant. p. 10i\DuPerré, p.i9: Beauregard, p. 149 ; Du Plessis, p. 56 ; Saint-Luc, III, 100 et pi. F, n°48 ; Gitérin, I, 183 et pi. 45 coloriée, F, n° 56 , Arm. gén. ms. d'Hozier, Bret., I, 690 ; II, 593 ; Dossiers mss. au Cabinet des Titres) ; — dont une branche dite de V Aumosne, se fondit en 1610 dans Uguet ; et dont je rencontre ensuite Anne F. de Launay, fils de Gilles, épou-
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FRANCHhTEAU 379
sant on 1656 à St-Brice-en-Cogles', Charlotte de la Villette, eiJean F. des Buots, épousant en 1666, à St-Ideuc, Charlotte Baudouin, en présence de Mathurin F., son frère (Pâris-JaJlobert, /)o/.p.55 \Sai?d-Brice, p. 7-; Saint- Ideuc, p. 7 ; Mœurs et Goût, bret., I, 59 à 64).
907. — Francheteau. — Nom de famille de la Basse-Loire, dont je rencontre des membres de la confrairie du Saint- Esprit de Machecoul en 1735 {Confrairie, p. 40) ; — Julien F., marchand de blé au Port Saint-Père, condamné à mort par le tribunal criminel delà Loire-Inférieure le 2 juin 1793, à la suite des émeutes d'avril et de mars (Lallié, La Justice révoL, p. 41); — et les administrateurs qui suivent :
Jacques-Alexis Francheteau de la Grlostière, né à Légé le 10 juin 1731, second fils de ' N. Francheteau de l'Ecotais, en Vieillëvigne (l'aîné Pierre-Clair F., né en 1728, qui suit, fut sénéchal de Légé), avocat au Parlement, fut élu député du Tiers Etat aux Etats généraux de 17S9 pour les Marches communes de Bretagne et de Poitou. Son rôle y fut fort effacé : il se contenta d'y voter avec la majorité. Elu membre du directoire du département delà Loire-Inférieure en décembre 1792, il y siégea à côté de son frère aîné, fut chargé du triage des archives du château de Nantes destinées à faire des gargousses ou à être brûlées, et réussit à sauver les plus précieuses, qui font aujourd'hui l'ornement et la richesse des archives départementales de la Loire-Inférieure. Président du comité de salut public à Nantes en août 1793, il fut trouvé trop modéré et incarcéré jusqu'au départ de Carrier. Réélu administrateur du département en 1795 et président du conseil, il créa les Ecoles primaires et installa l'Ecole centrale en 1796, rentra dans la vie civile en 1797, fut nommé juge au tribunal civil de Nantes en l'an VIII, et mourut à Nantes le 25 septembre 1815. —
— On a de lui .
1. — Discours à la fête de la jeunesse, le 10 germinal an IV, (30 mars 1796, lendemain de l'exécution de Gharette) ; à la fête de la Reconnaissance, le 10 prairial (29 mai) ; — analysés dans Mellinet, Commune et Milice.
2. — Discours à l'installation de l'école centrale du département de la Loire-Inférieure, le 1 er messidor an IV (19 juin 1796) ;
— dans la brochure intitulée : Installation des professeurs à l'école centrale de la Loire- Inférieure, Nantes, Malassis, an IV, in-8°, 69 p.
Sur J.-Â. Francheteau, voy. le Journal de Na?ites du 1 er octobre 1815 ; Mellinet, Commune et Milice, t. VI à XII; VHist de Na?ites, par Guépin ; une notice par À. Guéraud, à l&Biog. bret. de Levot, I, p. 727 à 729; le Dict. des pari. fr. III, 51 ; le Dict. biog. de la RévoL, 1, 826 ; et l'opuscule suivant :
Notice sur Francheteau. — Rennes, Marteville, 1851, in-8°, 14 p.
Pierre-Clair Francheteau, frère aîné du précédent, né à Légé, le 3 décembre 1728, avocat au Parlement, sénéchal du prieuré
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380 FHANGHtSTIÈRE (DE La)
comté de La Roche-Servière et.de Legé, élu membre de l'administration départementale de la Loire-Inférieure en 1790, prit grande part aux mesures de coercition contre les prêtres o'rthodoxes, devint président du Directoire départemental en 1792 et rédigea une adresse à la Convention le 24 septembre pour la féliciter de la proclamation de la République. Lors des émeutes in~ surrectionnelles de Légé en mars 1793, il reçut un coup de hache sur la tête, et fut ensuite massacré cîàns un champ de genêts où il s'était réfugié. Il laissait 4 enfants, deux fils qui suivent, et 2 filles, M»e» Gouin et Guéraui. (Voy. sur lui Mellinet, Commune et Milice, VI, 167 ; et la Biog bret. à l'article de son frère, ci-dessus cité).
Francheteau aîné, fils du précédent ; notaire royal à Nantes en 1818, a publié une lettre au Journal de Nantes, datée du 28 août 1818, pour déclarer qu'il ne participait pas à la rédaction des Lettres bretonnes. Cette lettre fut reproduite dans la XI* livraison des Lettres bretonnes, I, p. 175, 176, avec un article et une épigramme en vers sur lui.
Joseph-Aug'ustin Francheteau, dit Francheteau jeune,
frère du précédent, né à Légé le 5 juillet 1784, volontaire en 1805, sous-lieutenant dans le régiment de la Tour-d'Auvergne §n 1806, fit la campagne des Calabres, et fut décoré de l'ordre des Deux- Siciles, sur le champ de bataille en 1809. Capitaine et & en 1813, . il fut blessé et obligé de prendre sa retraite en 18U. Nommé chef d'escadron parle général Travot en 1815 pour la campagne de * Vendée, il protégea les habitants contre le pillage et comparut comme témoin à décharge dans le procès du général Travot. Rentré dans la vie privée, il se retira à sa campagne de L'Aubrière, près Ancenis, et fonda à Nantes une maison de santé qui existe encore, ce qui l'a fait qualifier de médecin parle Livre Doré, à l'occasion des élections municipales de Nantes en 1831, 1834 et 1837. Membre de la Société académique de Nantes en 1838, et de la Société d'horticulture nantaise, il est mort à Nantes le 31 juillet 1856. — On a de lui :
1- — Plusieurs articles dans le Dictionnaire de la conwrsalion.
Voy. sur lui, le Phare de la Loire et le Courrier de Nantes du 2 août 1856, le Livre doré, II, 92, 96 -, et une notice par A. Guéraud, à la Revue des provinces de V Ouest, IV, p. 61, 62.
Gustave Francheteau, né à Nantes en 1822, négociant, juge au tribunal de Commerce de Nantes en 1865, 1872 et 1878, président du tribunal en 1880, fut élu conseiller municipal en 1870 et 1871 (Livredoré, II, 126, 127,129. 132, 133, 138; 111,50,10, 14), devint juge de paix à Nantes (Dict. biog. de la L.-Inf.), et démissionna à l'occasion des congrégations en mai 1903.
* — Fratichetière (De la). — Nom additionnel emprunté à une ancienne terre d'Erbray, et porté par les Guibourg et les Luette.
908. — Francheville (De). — Nom d'une famille originaire d'Ecosse dont un rameau s'implanta en Bretagne àTruscat, par Pierre de F., échanson d'Isabeau d'Ecosse qu'il
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FRANCHEVILLE (DEj 381
accompagna lors de son mariage avec le duc François I er . Le duc François II lui accorda des lettres de naturalisation en 1477, et ses descendants ont été maintenus de noblesse d'extraction par arrêt des commissaires de la grande réformation en date du 20 août 1669. — Les deux branches cadettes dites de Québriac et de La Rivière se sont éteintes vers la fin du XVII e siècle, et la branche aînée dite de Truscat et du Pellinec, habite encore depuis plus de 400 ans le pays de Sarzeau. — Cette famille a produit des avocats généraux à la Chambre des Comptes et au Parlement, des présidents à mortier, un évêque de Périgueux, la fondatrice de la Retraite, et de nos jours un député du Morbihan et des poètes de tarent. — Le nom a été porté aussi en additionnel par des Bernard, des Dubois, des Du Fresne et des LeMeigtien
Notices aux Nob. et Ami. de Courcy, I, 408, qui les dit seigneurs de la Chapelle-Launay (en Nantes), mais je crois qu il faut lire La Chapelle aux Fils Méens (en Rennes); -- Briant, p. 101 ; — Du Ferré, p. 19 ; — Beauregard, p. 150 ; — Saint-Luc,, III, 101 ; Guérin, I, 183 ; — Dossiers mss. au Cabinet des Titres.
Généalogie au Nob. univ. de Saint- Allais, II, p. 408 à 412.
Armoiries : « d'argent au chevron d'azur, chargé de 6 billettes percées d'or ». — Blason gravé dar.s Saint-Luc, F, n° 49 ; Guérin, pi. 45 coloriée, F, n« 67 ; Courcy, pi CX.X.VM, n° 4. — Et voy. Arm. gen, ms. Bret. d'Hozier; Lrel. I, 16, 165, 782.
Pierre de F., échanson lie la duchesse Ysabeau d'Ecosse, fat fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin du Cormier livrée, par le duc François II contre les Français en 1488, dut payer pour sa délivrance une très forte rançon et avait épousé Marguerite de Trélan, fille du grand veneur de Bretagne et gouverneur de Rhuys, iiont il eut deux enfants : Jean F., s T de Truscat, gouverneur de Rhuys et de Suscinio, mort sans postérité en 1502, et Etienne qui mit (Biog. bret., I, 729).
Etienne de F., s* de Truscat, fils ti-\ précédent, épousa Catherine Sebillc, fille du capitaine du chAr.au de l'Hermine à Vannes et eut 3 fils, d'où sortirent les 3 brioches de Truscat, de Québriac et de La Rivière, dont la première a fleuri jusqu'à nos jours.
A. — Branche de Trjiscat et du Pellinec-
René de F. de Truscat, fils (ÏElienne qui précède, épousa Isabeau Chohan, dont Sylvestre qui suit ; puis «Jeanne Brouillard, dont Jean de F. de la Motte- Rivault, mari de Suzanne de Kermenê et père de Marie, Suzanne et René, nés en 1595, 1598 et 1600, sans postérité. Après la mort de sa seconde femme, il entra dans les ordres, devint recteur de Plescop en 1548, et mourut en 1569 ayant résilié son bénéfice à un de ses neveux Pierre de F. en 1565 fPouiilé de Vannes, p. 491 ; Arch. de la L.-Inf., B, 1297 ; A?*ch. du Morb. } E, suppl., 803, 1387).
Sylvestre de F. de Truscat, fils de René qui précède, épousa Suzanne de Châleautro,' dont il eut plusieurs enfants baptisés à Sarzeau de 1583 à 1587, en particulier Gillette, née en 1583, qui
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382 FHANGHEVILL15 (DB'ï
épousa Olivier du Leu, s x de Coetihuel, et Daniel, qui suit (Ârch. du-Morb., E, supp., 1387, 88).
Daniel de F. de Truscat, fils du précédent, baptisé à Sarzeau en 1584, procureur du roi au siège de Bhuys, épousa Julienne Cillarl, mourut en 1656 et fut inhumé aux Carmes déchaussés de Vannes, ayant eu de nombreux enfants baptisés à Vannes et a Sarzeau de 1611 à 1620, en particulier Catherine qui suit, Claude qui suivra et Thomas de F. de la Molte-Rivault, marié en 1654 à Jacquine Le Gouvello, dont Daniel (1655-1670), Claude, né en 1658, Catherine, née en 1660, etc. (Arch. du Morb., E, suppl., 1387, 88, 89, 91, 93, 1530, 32, 33, 34 ; Arch. de la L.-Inf., B, 521, 525, 1364 ; Bulletin de la Soc. polyyn. du Morb. t 1895, p. 143).
Catherine de Francheville, fille du précédent, née au château de Truscat en Sarzeau, le 21 septembre 1620, montra dès ses pre-
' mières années un grand attrait pour la vertu. Après la mort de son
père et de sa mère, elle se retira à Vannes chez son frère aîaé Claude, et y demeura quatre ans. Souvent sollicitée de se marier, elle s'y refusa généreusement, et quand enfin elle accepta et se rendit à Rennes pour la cérémonie, la première chose qu'elle y rencontra fut le convoi de son fiancé. Frappée de ce coup imprévu, elle le regarda comme un avertissement du ciel, et dès ce moment elle renonça à tout établissement dans le monde. De retour à Vannes, elle se livra aux exercices de piété et à la visite des pauvres, des malades et des prisonniers. Pour éviter les compagnies qui auraient pu la distraire, elle quitta son frère et loua une maison en ville.
-v ' Elle renonça courageusement aux vanités du monde, coupa sa che-
velure, et distribua ses bijoux aux églises pour l'ornement des autels. Elle consacra au soulagement des pauvres et à diverses bonnes œuvres son revenu annuel, qui montait à 4.000 livres, sans toucher au capital, qu'elle se fit un devoir de conserver à ses héritiers. On lui doit la construction de la chapelle du Collège de Vannes (1661), sur le fronton de laquelle elle voulut qu'on gravât l'inscription : Fundavil eam altissimus qui existe encore. Mais sa principale œuvre fut celle de la fondation des retraites -. Retraites des hommes d'abord (1664), puis Retraites des femmes (1674-1679), sous la direction d'une congrégation spéciale, dite des Filles de la Vierge. dont elle fut la première supérieure. Des merveilles de piété s'opérèrent sous son influence et le bruit s'en répandit au loin. Cédant aux vœux de plusieurs diocèses, elle parcourut la Bretagne, et, considérée comme une femme inspiiée de Dieu, elle vit la foule se presser à sa suite, au point, dit dom Lobineau, que^beaucoup de personnes cherchaient en vain un logement dans les villes où elle passait. Elle vit six maisons de retraite se fonder et prospérer sous sa direction. M m « Buies de Guébriant en établit une à Rennes, et M me de Pontchartrain en fonda une autre à Paris, de concert avec U ac de Miramion, sur dt s règlements provisoires donnés par la fondatrice. Le nombre de ces saintes maisons s'accrut beaucoup après sa mort, qui eut lieu à Vannes, le 2a mars 1689. « Les maisons de retraite fon- « dées a* XVII* siècle, a dit un historien, lurent comme autant de « citadelles de la foi bretonne qui repoussèrent les attaques de l'im- « piété française au siècle suivant. » Les Jésuites que, pendant trente ans, elle avait honorés de sa confiance, demandèrent et obtinrent son cœur. Quant à son corps, renfermé dans un cercueil de plomb, il fut déposé dans un caveau voûté, sous la chapelle de la retraite. Il en a été retiré en 1865 et transporté dans l'église de Notre-Dame du Mené, propriété actuelle des Dames de la Retraite
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FKANCHBV1LLE (DE> 383
à Vannes. Son cœur a suivi ie même chemin en 1898, en échange d'une statue de la Vierge. — La cause de sa béatification a été introduite en cour de Rome en 1899.
Sur Catherine de Francheville, voyez :
t 1. — LesÂrch. du Morb., E, suppi. 1388, 89; 1585.
2. — Vies des saints fondateurs des maisons de retraite, M. de Kerlivio, Vincent Huby et M ll# de Francheville, par le P. Champion.
— Nantes, 1698, in-12.
3. — Vie de Cath. de Francheville, fondatrice des maisons du retraite.— Troyes, 1727, in-12.
4. — Notice dans les Vies des SS. de Bret., par dom Lobineau.
5. — Notice par J. Daniélo, dans làBiog. bret. de Levot, II, 729, 730.
5. — Notice avec portrait, — dans Le Mené, Hist. du dioc.de Vannes, II, p. 106, 143; — et Sem. rel. de Vannes, 1873, p. 625, etc. ; 1897, p. 335, etc. ; 1899, p. 87, etc.; 671, etc. — Bulletin delà Soc. polym. du Morb., 1898, p. 105, 117, etc.
7. — Vie du père Vincent Huby, de la C» 6 de Jésus, de M Uq de Francheville, de M. de Kerlivio, grand Yicaire de Vannes, par le P. Champion, s. j., rééditée par le R. P. Watrigant. — Lille, Desclée, 1S86, in-8° et portraits.
8. — Procès-verbaux des fouilles faites dans les chapelles de la Retraite et du collège; — dans VArvor du 14 août 1898 d'après la Sem. rel. de Vannes.
9. — M lle Catherine de Francheville, fondatrice de la Retraite de Vannes, d'après l'histoire de Dom Lobineau ; — 6 feuilletons de VArvor, du 22 octobre au 3 novembre 1899.
10. — Catherine de Francheville. La retraite de Vannes. Les filles de la Vierge. — Vannes, Lafolye, 1900,* in-8°, de eiij, 439, avec portraits et planches, et préface de l'abbé Buléon. On trouve dans ce volume l'historique exact de la reconstitution de Tordre des Dames de la Retraite après la Révolution.
11. — Institution du tribunal ecclésiastique pour la cause de sa béatification, — dans la Sem. rel. de Vannes, de 1899, p. 671, 672.
— Et voy. Pouillé de Rennes, III, 524, 654.
12. — Cause de béatification et de canonisation de M lles Catherine de Francheville. Articles proposées par le R. P. Nicoier, postulateur. — Ploërmel, impr. Saint- Yves, 1899, in-12, 66 p.
13. — Ms. du P. de la Pihière, S. J. , conservé à la Bibl. Mazarxne à Paris n° 1752, et intitulé : Histoire de la première de toutes les maisons publiques de retraites, fondée en l'année 1660, dans la ville de Vannes, par M. Louis Eudo de Kerlivio. »
Iconographie. — Je connais au moins trois portraits gravés de Cath. de Francheville; l'un d'après un dessin à la plume de Lafolye.. dans YHist. du dioc. de Vannes, par l'abbé Le Mené; les deux autres en photogravures dans les n os 7 et 10 ci-dessus, d'après un portrait à l'huile conservé au collège Saint-François-Xa^jer à Vannes.
Claude de F '.deTruscat,irhre de la précédente^sénéchal de Vannes, épousa Perrine Huart, présenta requête en 1670 pour enregistrement des lettres d'anoblissement des terres de Truscat et de la
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Mothe-Rivault en Sarz>au,- mourut en 1682, et fut inhumé aux Carmes déchai^sés de Vannes, ayant eu un grand nombre d'enfants baptisés à Vannes ou à Sarzeau de 1648 à 1668, en particulier Daniel qui suit ; — Gervais qui suivra ; — René, chanoine de Vannes et de Rennes, mort à Paris en 1672 (Pouillé de Vannes p. 66; Pouillé de Rennes, I,2u9) ; — et Pierre-Marie de F. de la Mothe-Rivault, à qui son frère Daniel résigna sa charge d'avocat général au Parlement de Bretagne pour entrer dans les ordres et qui suivra (Àrch. du Morb., E, suppl. 1389, 90, 91, 96; 1419 1532, 33,33 bis, 62; Arch. d'I.-et-V./C, 3494 ; Arch. de là L.-Inf. t B, 89, 784, 982, 1511, 1623 ; Bulletin de la Soc. polym. duMorb., 1895, p. 143). — Et voy. les vies de sa sœur Catherine de F., qui précède.
Daniel de Francheville, fils du précédent, né à Vannes (et non à Nantes comme le dit Tresvaux) le 21 juin f648, fut d'abord conseiller puis premier avocat général au Parlement de Bretagne. Il sauva Belle-Isle de la disette, fit l'acquisition de la maison des Pénitentes de Vannes et restaura l'Hôtel-Dieu ; enfin touché complètement par la grâce, il se démit de ses fonctions en faveur de son frère Pierre, entra au séminaire, et fut ordonné prêtre. En 1693 il fut nommé évêque de Périgueux. Son sacre eut lieu à Paris le 17 janvier 1694. Il se fit surtout remarquer par ses abondantes aumônes, qui lui méritèrent le glorieux surnom de père des pauvres. Quand le clergé d'Irlande fut banni par Guillaume d'Orange, révoque de Périgueux offrit l'hospitalité à six évoques à la fois, et après leur départ il accueillit de nombreux ecclésiastiques, exilés de leur patrie. Louis XV connaissait son inépuisable charité,etun jour il dit, après lui avoir donné en 1699, l'abbaye de Tréport en commende : « Je viens de donner une abbaye aux pauvres du Périgord. » Le patriotisme chez lui marchait de pair avec la charité. A une époque où le Roi voyait ses finances épuisées par la guerre, Daniel de Francheville, qui jouissait d'une grande fortune, comme aîné d'une famille opulente et comme possesseur de plusieurs bénéfices, offrit au monarque la moitié de ses revenus, pour contribuer aux frais de la guerre. Le prince admira cette générosité, mais il ne voulut point diminuer la part des pauvres. Il donnaà la ville de Périgueux le terrain nécessaire pour une place et un cours qui portent encore le nom des Francheville. — Ce généreux prélat mourut le 26 mai 1702. Son corps fut inhumé sans pompe, comme il l'avait ordonné, dans la chppelle de la Visitation, avec cette simple épitaphe ; « Cigît Daniel, évoque de Périgueux, dans l'attente de la résurrection Hic Jacet Daniel, episcopus Petrocoricensis, in resurrectionis expeclatione. »
On a sur lui des notices dont VHist. des évêques de Périgueux, mss. de la bibliothèque de cette ville ; — dans la Gallia Christiana, II, 1487 ; — par l'abbé Audo,àiMrc?z des C.-du-N. de 1877, p. 75 ;
— par J. Daniélo.à la JBiog. bret. de Levot, I, 730 à732 ; — par Le Mené, à VHist: du dioc. de Vannes, II, 138, 155, etc. — Et voy. Arch. du Chapitre de Périgueux : — Arch. de la L.-lnf. f B, 972, 2692, 2857 ;—Arch.duMorb. E, suppL 1395, 1532, 33 bis, 83, 84;
— Ogèe-Marteville, II, 887; — la£em. rel. de Saiîit-Brieuc 9 oct. 1890, et la Sem. rel. de Vannes, l8â&, p. 690, pour des avantages accordés en faveur de N.-D. du Gu-éodet en Lanrivain ; et voy. Ibid , 1897, p. 359, etc. — La Gazelle de France, 12 sept. 1693, le Mercure de septembre 1693 ; de janvier 1698, de septembre 1700, etc. ; — Richard et Giraud, Biblioth. sacrée, XXIX, 57 ; — J. du Lac, Bergerac et son arrondissement, p. 144; — Y Echo de
franchëville (de)" 385
Vésone du 26 mars 1846 ; — le Chroniqueur du Périgord et du Limousin, avril 1854, p. 48 ; — la Sem. rel. de Périgueux du 26 sept. 1872, p. 708, et du 2 nov. 1872; p. 877 ; — le n° 10 des vies de Calh. de F., ci-dessus citées, p. 159 à 162 ; — et les deux opuscules suivants :
1. — Oraison funèbre etc., prononcée à l'hôpital des Pauvres, le 18 juillet 1702, par le R. P. Dubois, s. j. — Périgueux, P. Dalvy, in-4°, 40 p.
2. — Essai historique sur Hz* Daniel de Francheville, surnommé le père des pauvres, évèque -le Périgueux (1693-1702) d'après des documents inédits, par A. Dujarric-Descombes, licencié en droit, membre de l'Académie des poètes. Nouvelle édition revue et augmentée. — Périgueux, Dupont, 1874, in-8°, 45 p.
Le même auteur a publié en 1892 le prospectus d'une Vie du comte de Francheville, etc., avec portrait, qui n'a pas encore paru faute d'un nombre suffisant de souscripteurs.
On a de lui :
1- — Lettre pastorale aux archiprètres, curés et autres chargés de la conduite des fidèles de son diocèse, — en tète du 1 er vol. des Discours et méditations composés par ordre de Mg r l'évèque de Périgueux, pour l'usage des retraites de son diocèse. — Paris, Guénn, 1699, 2 vol. in- 12.
2. — Lettre pastorale en latin, datée du 2 sept. 1694, eu tète de la 3° édit. de la Theologia moralis, rédigée sous son prédécesseur, à l'usage du séminaire. — Paris, Guérin, 1721, in-12.
3. — Ordonnance du 12 juillet 1700, approuvant la congrégation des filles de Sainte-Marthe ; — aux mss. de la Bibi. de Périgueux.
4. — Maiidements divers que jen'ai pu retrouver, les archives de l'évcché de Périgueux ayant été dispersées en 1793 et n'en possédant plus un seul.
Pierre-Marie de F , s r de la Motte-Rivault, frère du précédent, baptisé à Sarzeau le 29 sept. 1668, avocat général au Parlement de Bretagne, par résignation de son frère Daniel en 1690, fut parrain de la cloche du « petit, dôme » de Sarzeau en 1701, assista aux Etats de Dinan en 1711, et fut exilé à Narbonne après ceux de 1718, pour avoir pris part aux protestations contre les atteintes aux libertés de la Bretagne, fonda l'hôpital de Sarzeau en 1723 et résigna sa charge en faveur de son neveu Jean-Baptiste-Joseph qui suivra. (Arch. duMorb., E, suppl. 1392,97,99; 1534, 85, Arch. d'L-et- F., O, 2665, 2802, 2806, 2998 ; Arch. de la L.-lnf., B, 2934 ; P/\ de la Génëal. de Talhoiïèt, p, 297 ; Le Mené, Les Paroisses du Dioc. de Vannes, Sarzeau, etc.).
Gervais de F., s r du PelUnec, frère du précédent, baptisé à Sarzeau en 1649, fut lieutenant des maréchaux de France, épousa en 1687, dans l'église des Gordeliers de Vannes, Marie- Aimée Du Breil qui ne mourut qu'en 1755, et eut un grand nombre d'enfants baptisés à Vannes ou à Sarzeau, de 1689 à 1697, en particulier ; — Jean-Baptiste- Joseph et Toussaint, qui suivent ; — Charles- Jacques de F. de Trèlan (1692-1731) inhumé aux Récollets de Bernon, qui épousa en 1727 Jeanne-Marguerite du Bois de la Salle dont Jean- Baptiste- Joseph-François de F, de 1\ } capitaine au
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régiment de Penthièvre (1730-1779), inhumé aux Récollets de Bernon, mari en 1760 de Charlotte Le Trèuze et père de plusieurs enfants; — Jean-Baptiste-François de la Molte-Francheville (1695- 1735), aussi inhumé aux Récollets de Bernon, lieutenant du roi à Vannes, mari en 1728 de Vincent© Marvin, dont Vincent- Mathurin de F ., lieutenant en Penthièvre qui épousa Louise-Marie d'Aux- ■— Anne-Gervais de F. de Plélin (1697-1746), mari en 1736 dà Thérèse de Lantivy ; —et Louis-Jules- Hercule de F. d* Bois ru f fiermari de N. Charpentier, membre de la confrairie de Saint-Nicolas de Guérande en 1716 {Arch. du Morb. E, suppl , 413 1390 96, 99; 1400, 01, 02, 06,08,09,10; 1534, 35, 38, 39; Arch. delà L.-M/\ ; B,1394; Arch. d'I.-et-V., G, 2141, 2258 ; Mss. Jégou, etc).
Jean-Bapliste-Joseph de F. de Truscal et de la Motte-Olivet, fils du précédent, baptisé à la cathédrale de Vannes le 16 janvier 1689, fut avocat général au Parlement de Bretagne après son oncle Pierre qui précède, fut nommé président à mortier en 1738 et mourut en 1755, s'étant marié 3 fois : à Marie Bonnier de la Coquerie (1726), à Marie du Faou de Keraly dont la fille Catherine de F. du Bois-Rufté épousa en 1755 Jean de Trécesson, et à Bonne Gentil qui fut marraine de la grosse cloche de Sarzeau en 1742 {Arch. •d'I.-et-V., C, 1330, 3018; Arch. de la L.-Inf., B, 1782, 2692; Arch. du Morb., E, suppl. 1240, 1358, 77 ; 1403, 05 ; 1354 ; Fouillé de Rennes, VJ, 204, 205).
Toussaint F. du Pellinec, frère du précédent, épousa le 31 jan- *. vier 1734, à la cathédrale de Vannes, Yvonne Kermasson de Bour-
gerel, et mourut à Vannes en 1745, ayant eu plusieurs enfants, parmi lesquels Toussaint-Guillaume de F. du P. qui suit ; Louis- Gervais, baptisé à Bourg-Paul-Muzillac en 1738, et Vincente qui épousa en 1758 Charles-Nicolas Huchet de la Bédoyère (Arch. du Morb. E, suppl. 1233, 34, 36 ; 1406, 1536, 38).
Toussaint-Guillaume de F., s r du Pellinec, né au château de Kervezo en Bourg-Paul-Muzillac, le 21 novembre t736, servit d'abord dans la marine, se retira blessé, épousa en 1770, à Pénestin, Gabrielle de Trévélec, demoiselle de Saffré. et s'occupa d'agriculture, ce qui lui fit acquérir beaucoup d'influence sur le pays environnant : aussi devint-il en 1793 le chef des mouvements insurrectionnels sur Sarzeau, Rochefort, la Roche-Bernard. Sa tête fut mise à prix et il réussit à trouver un refuge dans une maison isolée do Pénestin, mais sur une dénonciation la maison fut cernée : il réussit à s'échapper avec son hôte dont la femme, traduite à Paris devant le tribunal révolutionnaire, fut guillotinée. Il commanda ensuite, sous Scépeaux, les divisions de Guérande et de Savenay, et fut tué en l'an IV, dans une rencontre en Marsan, comme il se rendait près de Gadoudal pour assister à un conseil de chouans du Morbihan (Arch. du Morb. E, suppl. 1308, 1406 ; Notice psr J. Danielo, à la Biog. bret. deLevot, 1,732). Et voy. Revue liist. de VO., 1901, p. 298 ; Le Mené, Hisl. dudioc. de Vannes, II, 261 ; Comté nantais, p. 348, etc.
G-atoriel-yincent-Toussaint, oomte de Franoheville, fils du précédent, né à Guérande le 14 octobre 1778, servit pendant la Révolution dans l'armée vendéenne, se battit encore à Auray en 1815, puis passa officier dans la garde royale après la seconde Restauration et fut nommé colonel au 3 e léger en 1824. Elu député du . Morbihan le 23 juin 1830, il prêta serment au gouvernement de Louis-Philippe dans la séance du 27 août, ne fut pas réélu en 1831, et se retira dans ses propriétés du Morbihan où il introduisit la
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culture du mûrier, et fut membre de VAssoc. bret., de la Soc. Séricole de Paris et de la Soc dagric. du Morbihan . Retraité comme colonel d'infanterie en 1.838, *& et >J<, conseiller général du Morbihan, -^mourut à Vannes le 19 avril 1849, laissant 2 fils à' Anne Bouczo de Rangouët : le comte Amédée, et le vicomte Jules, qui suivent.
— On a de lui :
1. — Discours prononcé par M. le colonel de Franchevillc, président du collège électoral de l'arrondissement de Vannes, le 23 juin 1830 ; — s. I. n. d. (Vannes, Galles, 1830), in-8°, 6 p.
2. — De la soie et de la culture du mûrier en Bretagne, nouveaux essais tentés dans le Morbihan. — Vannes, De Lamarzelle, 1843, in-8°; = reproduit dans le Quimpérois de 1844.