‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonne (volume 2)Chapitre 374 sur 439 · FR AN CHEVILLE (DE) 38Ô · texte numérisé non relu

FR AN CHEVILLE (DE) 38Ô

Breiz ; — Quimper, E. Blot, 1858, in-8°, 8 p. = reproduit dans la Revue de Brel. et de Vendée, 1860, II, p. 44 à 47.

5. — Hommage à Chateaubriand ; — dans le recueil intitulé Le Grand Bey (1864, in-3°), p. 218 à 222. ^

En voici quelques strophes :

^La liberté qu'on aime et l'honneur qu'on renomme Faisaient battre le cœur du tribun gentilhomme ; Il allait au forum, sans voiler son blason, Portant des lys sans fin, sur un é^u sans tache, Chevalier populaire, il accomplit sa tâche, Sans en elï^uiller un fleuron.

Chez lui le dévouement ne fut jamais servile, Et, dans la paix du trône ou la guerre civile, Il résistait aux rois ou bravait l'empareur ; Puis de cei rois jetas sur la rive étrangère Il immortalisa la grandeur passagère

Et fut courtisan du malheur. *

Il meurt, comme Numa, dans les flancs d'un orage ; Quand le vent social ébranle dans sa rage, Le champ, la liberté, la famille et l'autel ; Mais soyez sans friyeur pour le3 destins du monde ; Car, au sein du chaos, on aperoit sur l'onde Flotter son génie immortel'

S'il est, dans ce génie, une telle puissance Qu'il semble à l'avenir prépara sa naissance Et garder ses destins, à l'ombre d'un tombeau, C'est que Chateaubriand, c'est ce siècle fait homme, Dans tout ce qui fut grand, dans tout ce qu'on renomme De céleste, de vfai, de beau.

Sur le vicomte J. de Francheville, voy. des notices par de la Villemarqué dans le Monde, et par C, du Ghalard dans la Revue de Bret. et de Vendée, 1866, II, p. 318 à 324.

Sa femme est morte à Vannes le 15 octobre 1894. — Voy. le Morbihannais ; et Y Espérance du peuple du 24 octobre.

B. — Branche de Québriac remontant à Guillaume, second fils de Pierre de F, et de Catherine Sèbille au XVI e siècle.

Guillaume de F., reçu auditeur en la Chambre des comptes de Bretagne en 1551, y devint procureur général en 1557 (et non pas en 1597, par lettres du roi Henri IV, comme le dit le Biog. bret., I, 729), et eut deux enfants, une fille, Françoise, qui épousa Philippe de Montigny et fut la grand'mère de Jean de Montigny, Tcvèque de St-Pol-de-Léon, membre de l'Académie française (voy. René Kerviler, la Bretagne à l'Acad. fr au XVII 9 siècle), et un (ils Jean de F., à qui il résigna sa charge de procureur général à la chambre des -comptes en 1575, pour prendre celle d'avocat général (Fourmont, HisL de la Chambre des comptes, p. 303, 304, 305, 316 ; Siuvageau sur du Fait, p. 229 ; Aroh. des C.-du-N., E, 36 fArch. du Morb , E, supp». 1387).

Jean de F., lils du précédent, procureur général de la Chambre des comptes après son père en 1575, eut deux fils, Jean II qui suit, et Pierre de F., abbé de Saint- Jacut, député des Etats en Cour en 1630, recteur de la Chapelle aux Fils-Méen en 1636, mort en 1669 (Irc/t. d'I.-et-V.> C, 2767, 2938, 39, 55 ; Etrennes dinannaises de

Hostedby G00gle

390 ' PRANCHBVILLB (de)

1851, p. 19, 20 ; Tresvaux, Egl. de Bret., p. 405 ; Pâris-Jallobert, La Chapelle, p. 4, 6 ; Pouillé de Rennes, IV, 322 ; VI, 591).

Jean 11 de F. de Québriac, fils du précédent, écuyer de la grande écurie, fut maître d'hôtel ordinaire du roi Louis XIII et chevalier de ses ordres en 1630 et fonda la. chapelle Sainte-Anne aux Minimes de Rennes en 1632. Il épousa Charlotte duHan, dont il eut 3 enfants : Louis-Hercule qui suit, Giletle, qui épousa le conseiller au Parlement Gabriel Freslon de la Touche-Trébry , et fut bienfaitrice des dames Hospitalières de Saint- Yves de Rennes, et Eustache de F. de Q., capitaine de cavalerie, qui fut tué pendant la Fronde, à l'attaque de ^aris, par Turenne, en 1652 (Arch. iïl.-et-V., C, 3479 ; de Carné, Les chev. bret. de St-Michel, p. 135 ; Pâris-Jallobert, La Chapelle aux Fils-Méen, p. 3, 4 ; Pouillé de Rennes, II, 669 ; III, 162 ; de Bellevue, Hôpital Saint-Yves, p. 18).

Louis-Hercule de Franckeville de la Chapelle et de Québriae, fils du précédent, dont j'avais en vain cherché les lieu et date dj naissance et de mort lorsque je composai pour la Société des Biblioph. bretons la notice qui sera citée ci-dessous, naquit, me l'apprend un des fascicules de l'abbé Pùris-Jallobert, à la Chapelle aux Fils-Méen, où il fut baptisé le 13 novembre 1635 et nommé par Louis-Hercule de Coëtquen, comte de Combourg. Il prit le petit collet et succéda à son oncle Pierre qui précède, comme abbé commandataire de St-Jacut, mais ne reçut pas les ordre?, comme lui. Très versé dans la Société littéraire de son temps, il fit paraître de nombreuses pièces de poésies dans le célèbre Recueil de Sercy en compagnie de son cousin l'abbé de Montigny, qui en publiait sous le nom renversé d'abbé d'Ingitniont, fut en correspondance, de 1660 à 1669, avec Chapelain à qui il envoyait des odes, puis avec M m0 de Sévigné, et finit par épouser en 1687 une de ses cousines par alliance, Jeanne-Françoise de Marbœuf % veuve du conseiller du Han, dont il eut une fille qui mourut la même année que lui à la Chapelle où il fut inhumé le 7 août 1702. — On a de lui :

1. — Nombreuses pièces devers, madrigaux, épigrammes etc., dans le Recueil de Sercy, en 1G57.

En voici quelques spécimens.

O Dieux ! Uranie, est-ce vous,

Maigro, défaite, inanimée?

Le ciel, qui vous a tant aimée, A-t-îl si tôt changé £ea grâces en courroux ? Vous étiez autrefois des belle?, des mieux faites ;

Ah ! que n'en estes-vous toujours ;

Ou pour le repos de nos jours, Que n'avez-vous toujours esté ce que vous êtes 1

Il avait du brio, cet abbé de Francheville ; il dit crûment ce qu'il pense, et ses petites pièces mériteraient une étude particulière. On dirait d'un jeun© cavalier qui manie fort agréablement la cravache :

Eh ! bien, je vous ay dit que vous estiez un sot ;

Oue voulez-vous que je vous dise?

En cela vous devez estimer ma franchise ; Un chacun le sçait bien et ne vous en dit mot.

En voici une passablement réaliste : mais c'est dans l'esprit du temps, et Racine a employé le môme mot :

Hostedby G00gle

Page 1