‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonne (volume 2)Chapitre 403 sur 439 · Etudes diverses dans la Gazette des tribunaux · texte numérisé non relu

Etudes diverses dans la Gazette des tribunaux

4. — Etudes diverses dans la Revue cathol. des institutions et du droit.

5. — Jeu et pari, en matière civile, criminelle et réglementaire. — Paris, 1895, in~8° (couronné par l'Académie de législation).

Notice au Dict. biog. de la Loire* Inférieure.

r 4. — Fréron.— Nomd'unefamilleoriginairederAgenais, citée dans {^France Protestante pour les XVI e et XVII e siècles, dont un rameau s'établit à Quimper à la fin du XVII e siècle par le mariage de Daniel F., orfèvre, qui faisait son tour de France, avec Françoise Fennteun, veuve de son patron Guillerm, en 1696. Ce Daniel F. eut à Quimper 3 enfants de sa première femme, parmi lesquels une fille Louise, née en 1699, mariée en 1727 au général et d'armes Henri Guyomar de Kerviniott, dont la fille Thérèse épousa plus tard son oncle le critique (voy. ci-dessous) ; puis il épousa, encore à Quimper, en 1702, Marie-Anne Perudel qui lui donna 9 enfants dont une fille Marie, citée plus tard par Voltaire, et mourut en 1714. Enfin, le 25 février 1715, Daniel F. épousa à Pont-L'abbé, en troisième mariage, Marie-Anne Le Campion, dont la mère était fille d'Etienne Malherbe de Dourguen, marchand de draps de soie, qui s'apparentait à la famille du grand Malherbe. Il en eut 4 enfants parmi lesquels E lie -Catherine, le célèbre critique qui suit, Marie- Corentine et Marie-Louise, dont l'une des deux épousa un sieur Dréché , maître de musique à Paris. Daniel F. soutint un procès à Quimper en 1737. (Arch. da Fï?i., B, 119), et mourut au faubourg deLocmariaà Quimper le25 décembre 1758, à84ans. Voltaire, voulant outrager son fils le critique, l'a indignemen l calomnié en disant qu'il fut obligé de quitter sa profes-

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FREaON .

sion pour « avoir mis de l'alliage plus que de raison dans l'or et l'argent » (Ayiecdotes sur Fréron), puisqu'il flguro avec le titre d'orfèvre" sur le rôle de la capitation de 1750 et dans un acte de baptême de 1753 (Trévedy, Fréron et sa famille). De ses seize enfants, il ne resta guère, comme on va le voir, de postérité.

Elie-Catherine Fréron (et non pas Jean , ni Catherin, comme plusieurs l'ont écrit après Voltaire),filsde Daniel qui précède et de Marie-Anne Le Campion, né à Quimper, non pas en 1719 (comme le répètent après les Mémoires littéraires de Palissot, tous les dictionnaires biographiques, môme la Biog. bret. de Levot), mais le 18 janvier 1718, (ainsi que le prouve' l'acte de baptême publié pour la première fois en 1867 par Jal dans son Dict. crit. de biog. et d'histoire), — filleul d'Elie Marias, marchand de Bordeaux, et de Catherine Le Roy, dame Le Déan, une des aïeules maternelles de ma femme, — prit très jeune le goût de la poésie dans les œuvres de Malherbe, son grand oncle, fit de bonnes études au collège des jésuites de Quimper sous le P. Bougeant, puis se fit jésuite lui-même, et enseigna pendant quelques années au collège Louis-le-Grand, mais il quitta vers 1739 la Compagnie, avant d'avoir reçu les ordres, parce qu'il ne goûta pas les observations que lui avait faites le Supérieur, un jour que, piqué par la curiosité littéraire, il était allé entendre une tragédie au Théâtre Français. C'est ainsi qu'il faut interpréter les fredaines dont l'accusa plus tard Voltaire. Devenu Y abbé Fréron, il collabora avec l'abbé Desfontaines aux Observations sur les écrits modernes et s'y exerça à la critique, puis il se fit connaître directement au public en 1744 par deux odes sur les conquêtes et la convalescence du roi, qui eurent un grand succès. Puis il vola de ses propres ailes en donnant les Lettres de la Comtesse de ** ¥ sur quelques écrits de ce temps, qui lui valurent six semaines de détention à Vincennes en 174G et furent supprimées. En 1751, il épousa à Paris, après deux ans de cohabitation avec elle, sa nièce Thérèse Guyomar qui lui donna six enfants légitimes dont je veux relater les illustres parrainnages. Anne, en 1753, fut filleule du chevalier de Saint-Michel, Morand, chirurgien major des Invalides et membre de l'Académie des Sciences ; — Stanislas qui suit, en 1754, fut filleul du roi de Pologne ; — François- Charles, en 1756, fut filleuldu marquis de Stainville, ministre plénipotentiaire de l'Empereur près la cour de France ; — Louise-Philippine en 1757 fut la filleule du duc d'Orléans ; — Christian-Maurice, en 1760, fut le filleul du duc de Bavière ; — et Thérèse-Jeanne, en 1761, fut la filleule du général des finances Delà Borde. Thérèse Guyomar mourut en 1762. Ceci suffit pour montrer quelles bienveillances avait su conquérir Fréron, depuis la fondation de Y Année littéraire en 1754. En revanche il s'était acquis la haine' des Encyclopédistes et en particulier celte de Voltaire qui le traîna dans la boue de la façon la plus cynique, comme nous le verrons plus bas à propos da V Ecossaise et autres pièces. Fréron dédaigna ces attaques et continua son œuvre. Il avait eu des précurseurs dans la critique littéraire, mais nul ne l'avait maniée avantlui avec tant d'aisance et d'habileté, et l'on peut dire qu'il a été le père de la critique dramatique. La Harpe lui a fait, sans le dire, de nombreux emprunts, et les grands critiques du début du XIX e siècle avaient été ses élèves. Il fut trop ami de la bonne chère, c'est vrai ! mais il y a loin de là à toutes les infamies que lui a prêtées Voltaire, et qu'ont endossées les auteurs de l'édition du Centenaire en les réimprimant sans notes

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rectificatives. Il mourut à Paris le 10 mars 1776, ayant épousé; en secondes noces, en 1766, à Loctudy, près Pont-Labbé, Anne- Françoise Royou de Penanrun qui ne lui donna pas d'enfants : il l'appelle Annetic, c'est-à-dire petite Anne., dans ses lettres de 1766, et Levot y a lu Amélie ! . . . — On a de lui •.

1. — AdBellonam. Ode, auctore Eliâ Freron, s. j. — Caen, Poisson, 1737, in-4°.

2. — Ad famam in divum J. Fr. Regisium, Sanctorum numéro solemniter adscriptum. Ode. — Paris, s. d. in-4°.

3. — Collaboration avec l'abbé Desfontaines, de 1740 à 1743, pour sa revue littéraire intitulée : Observations sur les écrits modernes, (Paris, 1735 à 1745, 34 vol. in-12) ; — et de 1745 à 1746 pour les Jugements sur quelques ouvrages nouveaux {Paris, \\ vol. in-12).

4. — (Avec l'abbé de Marsy). L'histoire de Marie Stuart, reine d'Ecosse et de France. — Londres (Paris), 1742, 2 vol. in-12.

5. — La renommée, ode, par l'abbé Fréron. — Paris, Prault fils, 1744, in-4°, 10 p.

Elle a été reproduite en partie dans les Jugements sur quelques ouvrages nouveaux, t. IV, p. 292 et suiv. où on la met sur le même pied que celle de Voltaire. En voici le début :

L'Astre qui ranime le monde Voit souvent du Trône des airs A sa lumière vagabonde Succéder les pâles éclairs, Il voile sa marche brillante.

Et de sa robe étincelante Les feux semblent annéaatis :

Il s'étoit levé sans nuages ; Il se couche avec les orages Dans les abîmes de Thélis.

C'est ainsi que Pindare, remarquent les Jugements, commence plusieurs de ses Olympies «t de ses Pythies, en exposant en termes pompeux un effet naturel, ou un principe moral, qui a rapport à ce qu'il doit célébrer dans le cours de la pièce.

France, de quels rayons de gloire Se couronna ton front serein, Quand sur l'aile de la victoire Tu vis voler ton Souverain ?

De ce Roi, que ton cœur adore, La Renommée, à chaque aurore, Célébroit les nombreux exploits :

Pour de si rapides merveilles Tu n'avois point assez d'oreilles, Ni la Déesse assez de voix.

Mais quelle éclipse de son ombre Soudain offusque ces clartés ?

Quel phantùme dans la nuit sombre Vient troubler nos sens agités ?

C'est la Renommée elle-même :

Attachés sur un Diadème Ses yeux baigaent de pleurs sss pas.

Entouré de flambeaux funèbres ^ Son char, à travers les ténèbres, Conduit l'image du trépas.

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Approche, Déïlé légère :

Quels sont ces tragiques aprêls ?

Parle, sinistre Messagère, Pourquoi ces lugubres Cyprès ?

Du Sort la faveur inconstante A-t-elle trompé notre attente ?

Mars a-t-il osé nous trahir ?

Et de sas Légions altières L'ennemi couvrant nos frontières Est-il prêt de les envahir ?

Il en parut une critique sous le titre :

La correction provinciale, ou l'ode de l'abbé Fréron, corrigée et remise en ode par un américain. — S. I. 1744, in-8°. y

4. — Les conquêtes du roy, ode par l'abbé Fréron. — Metz veuve Collignon, s. d. (1744), in-4°, 8 p. == Metz, impr. de J. Antoine, s. d. (1744), in-4°, 8 p. =■ Paris, Prault fils, 1744, in-4°, 15 p. ; = Nantes, N. Verger, 1744, petit in-8°, 15 p.

Ces nombreuses éditions prouvent le succès qu'obtint la pièce de Fréron. Elle. subit plusieurs critiques et Ton cite en particulier, en dehors des deux opuscules analysés dans les Jugements sur quelques ouvrages nouveaux, t. III, p, 331, etc., la pièce suivante :

Lettre d'un Grivois du régiment de Champagne à M. l'abbé Fréron, sur son ode intitulée : Les Conquêtes du roy. — A la Kenoque, chez l'imprimeur des Hullars du prince Eugène, rue du Cœur, a l'enseigne du Passage du Rhin, s. d. (Nantes, chez Nie. Verger 1744), pet. in-8°, 8 pp.

Cette lettre, qui est en prose, est signée du pseudonyme P. Tullon. (Bibl. de Nantes, n° 26724).

La même lettre. — A Fumes, chez Baltazard La Chamade, imprimeur du Grand Duc, rue de l'Embarras, au Roi de France, 1744 in-4°, 8 pp. *

Fréron répondit aux critiques par :

5. — Lettre de l'auteur de Y ode sur les conquêtes du roy à un ami (L'abbé Desfontaines). — S. I. n. d. 1745, in-4°, 15 p.

L'auteur y déclare (la lettre est prose et vers) que les vers de Malherbe sont les premiers qu'il- ait appris par cœur, et qu'il y « suça dès son enfance le lait de la poésie ». Puis il ajoute :

Apollon m'a soumis à sa bizare loi ;

C'est de lui que jo tiens le goût de l'harmonie,

Et cet avare Dieu voulut bien mettre en moi

Une étincelle de génie.

Toutefois aux Lauriers préférant les Pavots, Je combattis longtemps le pouvoir de ses charme*, Et mon cœur balançmt à lui rendre les armes, J'osai lui confier ma* douleur en ces mois :

— D'un mortel q ie le sort a jette daDS ce monde, Sans dignité, fans nom, des humains ignoré, Pourquoi viens-tu' troubler la retraite profonde, Dans un siècle, où ton art est plus craint qu'honoré ? A quoi peut me servir une verve importune?

Sur le Pinde jamais n'habita la Fortune.' Pour t'avoir consacré son esprit vigoureux, L'Auteur de Rtdamiste en est-il plus heureux ?

— Qu'entends-je, dit ce Dieu ? Dédaigne la richesse. Elle est le fruit honteux de l'avide bassesse.

Tous ces vils Ecrivains, aux affronts endurcis,

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Que ta vois près des Grands servilement assis, Ne seroient point montés à ces honneurs frivoles, Si ma main eût daigné leur prodiguer mes dons.

Devant de superbes idoles Je les ai vu ramper, comme dans mes vallons.

Un génie élevé se soutient de lui-même.

Ce n'est point la grandeur, c'est son talent qu'il aime ; Les biens sont des tyraus sous ses pieds abattus

En même temps un poète lui adressait ces vers que publièrent les Jugements sur les ouvrages nouveaux :

Epigramme.

Avoir vaincu cent grimauds du Parnasse,

C'est pou pour toi, jeune et docle Freron.

C'esl un peu plus, quand ta muse surpasse -- -

Nos vieux Snpôls du moderne Hélicon,

D.... et Rousseau, L. G... et Piion.

Mais si lu veux atteindre au rang suprême,

Et l'assurer un immortel renom :

Surpasse encore ou Voltaire, ou toi-même.

Par M. Bublûn de la Busbaquerie.

6. — Ode sur* la bataille de Fonteiioy. — Paris, 1745, in-4° (plusieurs critiques l'ont déclarée supérieure à celle de Voltaire sur le même sujet).

7. — Lettres de M me la comtesse de *** sur quelques écrits modernes. — Genève, (Paris), 1746, in-12.

C'est un ouvrage périodique qui fut supprimé à cause de l'acuité de ses critiques. Il a été réimprimé dans le second volume des Opuscules, cités ci- dessous.

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