Poésies publiées dans VAlmanach des Muses, de
A. — A. M. Morand, chirurgien major des Invalides, membre de l'Académie des sciences ; — 1772, p. 125, 126.
B — Imitation d'un morceau du second livre de Lucrèce, — 1773, p. 99 ; = reproduite dans La Muse bretonne de 1810, p. 46.
C. — Couplets, sur l'air de Joconde, à l'occasion d'une fête donnée au château de Vanves; — 1773, p. 39, 40.
D. — Elégie imitée librement de l'Italien, —1773, p. 101 à 103.
E. — Sur une boëte d'or donnée à l'auteur par le roi Stanislas de Pologne ; — 1774 p. 146.
F. — Vers sur Esope et La Fontaine, — 1774, p. 185 ; => reproduits dans La Muse bretonne de 1810 ; p. 147.
24. — Commentaire sur la Henriade, par De La Baumelle, revu et corrigé par M. F***, et précédé d'une vie de Fauteur. — Berlin et Paris, Le Jay, 1775, in-4°, et 2 vol. in-12.
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Cet ouvrage qui était en partie composé dès 1742, est un résumé de celui du P. Barre. Les Annales littéraires de Gœttingue'y ont relevé plusieurs méprises.
25. —- Les Deux Matrones, ou les Infidélités dramatiques démasquées. Ouvrage posthume de M. Fréron, enrichi de notes curieuses et intéressantes, avec figures. — Paris, au Temple delà Vérité, 1776, 2 parties in-8°.
La première partie offre une traduction de la Matrone d'Ephèse, épisode du roman de Pétrone, sans texte ; la seconde, la traduction d'un conte chinois, tirée de la traduction de l'empire de la Chine par le P. du Halde, tom. III, p. 324 et suiv.
26. — Apologie de l'art, épître (en vers) adressée le premier jour de Pan à un amateur de la belle nature, en lui envoyant des magots, des papiers de la Chine et d'autres colifichets ; — dans La Muse bretonne de 1810, p. 20 à 22.
27. — Cinq lettres publiées par M.. du Chatellier, à la suite de son étude sur les Fréron et Royou, dans *l'6ten de Brest, et dans le Collectionneur breton en 18tf3.
28. — Lettre à Beaumarchais (7 février 1707) ; — publiée par L. de Lpmënie dans Beaumarchais et bon temps, 1, 218, et reproduite par Monselet dans V Illustre critique, p. 84.
29. — Fragments, dans : Les confessions de Fréron, publiées par Ch. Barthélémy. — Paris, Charpentier, 1886, in-18, de xvi-375 p. avec portrait.
Le titre de ce livre est impropre. C'est un recueil d'articles et de pensées détachées de Fréron, mais il n'y a là rien qui puisse s'appeler Confessions . Voy. ci-dessous aux ouvrages sur Fréron.
30. — Lettres diverses citées en fragments ou analysées dans les recueils isographiques et de ventes d'autographes.
A. — Lettre à M. de la Fontaine à Foix, datée de Paris le 15 juillet 1749 ; — dans le Gâtai. Charavay, de 1865, n° 492.
Lettre remplie de nouvelles littéraires et de méchancetés contre divers auteurs. « Le pauvre Bret n'est point encore sorti de la Bastille. Que dites-vous de cette chenille de Maisrobert, qui s'est avisé aussi de se mettre à la Bastille ces jours passés? — Voltaire par ses menées est venu à bout de procurer à sa mauvaise pièce de Nanine 12 représentations. — Marmontel fait une poétique pour mettre à la tête de sa tragédie $ Aristomène . Il travaille actuellement à une tragédie dont le sujet est Cléopatre, sujet maigre, comme vous savez ! Comment en effet pouvoir nous intéresser pour un lâche comme Antoine et une câlin comme Cléopatre ?... »
B. — Lettre à M m0 de Graffîgny, de Paris, 1753 (j'ai égaré la source de la coupure) :
Illa remercie de l'avoir recommandé au roi de Pologne, Stanislas, qui pourra écrire, en faveur de V Année littéraire, au Dauphin et à Marie Leczinska. Pour amuser M m * de Graffigny, il lui transcrit les nouvelles de Gythère qui circulent à Paris sous le manteau : « La petite duchesse de Bouiilers a eu dispute avec La Cerda, le 5 après midi, parce qu'elle lui a reproché d'être encore amoureux de la flasque l'Hôpital. On croit que cela n'aura pas de suite. Le glacé
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d'Ogny a enfin les faveurs de la Beaumenard qu'il entretient depuis six mois, sans l'avoir touchée du bougt du doigt... »
C. — Lettre à Palissot, du 8 janvier 1758, 5 p. in-4° [Calai. Charavay du 17 mars 1881, n° 155, art. 6 ; et Revue des autog., mars 1888, n° 76).
Il lui mande que sa femme est grosse et qu'il voudrait avoir pour parrain de son enfant le roi de France et la reine de Hongrie. Il demande l'appui de Palissot, car quel triomphe ce serait pour lui et quelle désolation pour leurs ennemis. « Sçais-tu que ce vil troupeau d'encyclopédistes est à la veille d'être exterminé? Le résident de Genève s'est plaint amèrement de l'article Genève dans leur dernier volume ; on fait des caftons en conséquence ; d'un autre côté l'Encyclopédie entière est dénoncée au Parlement qui va la faire examiner très sévèrement. , . Une nouvelle très sûre et sur laquelle tu peux compter, c'est que d'Alembert a quitté absolument l'Encyclopédie... Avoue, mon cher Palissot, qu'il est bien singulier que Madame de Pompadour, qui aime le bien public, dont les intentions sont les plus droites et les plus pures, protège hautement ces genslà... » Dans un post-scriptum, non moins curieux que le reste de la lettre, il demande qu'on parle en sa faveur à Mme de Pompadour et à l'abbé de Bernis :
t Ce fut ce coquin de poète Roi, que j'avois chargé de revoir mes épreuves pendant que j'étois à la campagne, qui trouvant deux pages blanches, parce que je n'avois pas laissé assez de copie, les remplit de cette horreur. Je fus mis à Vincennes et exilé. » Il attend que Roi soit mort pour se justifier. « A l'égard de M œe de Pompadour, tu peux dire qu'il est bien étonnant que de tous les gens de lettres, je sois presque le seul qui ne se lessente point de ses bontés, moi qui ai été pendant quatre ans le régent de son frère aux jésuites, moi qui ai mangé plusieurs fois avec elle chez son père, moi qui ai saisi toutes les occasions de rendre dans mes feuilles un hommage public à ses talents, à son amour pour les arts, à son attention à faire récompenser les gens de lettres. »
D. — Lettre à l'abbé Gossart, Paris, 4 février 1762. {Calai. Dubrunfaut, mai 1889, n° 69).
On y lit : « . . . On va nous donner encore une rapsodie tragique de Voltaire, intitulée Olympie; et tout le monde lui applique son titre : t l'impie! . . . »
E. — Lettre à Legouvé, avocat, datée de Fantaisie, le 20 janvier 1776, (de la collection de Chàteaugiron), reproduite en facsimilé dans Ylsogiwphie française.
31. — Deux lettres â~Malesherbes, sur Diderot et les encyclopédistes, — publiées dans l'ouvrage t Diderot et Fréron » (Paris, 1875, in-8°), cité ci-dessous.
32. — Une lettre publiée dans V Union monarchique de Quimper, du 28 novembre 1883.
33. — Une lettre publiée dans les Mélanges hist. de la Société des Bibliophiles bi*eto?is, II, (1883), p. 165.
Sur Fréron, voy. tous les dictionnaires biographiques reproduisant à l'envi, depuis les Mémoires litt, de Palissot en 1773, la fausse date de naissance de 1719, malgré la vraie date du 20 janvier 1718 que Jal a donné le premier dans son Dict. critique en 1867, et plus spécialement les articles et ouvrages suivant
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1. — La correspondance générale de Voltaire depuis 1740. — Il ne faut la lire qu'avec précaution, surtout en ce qui concerne Fréron, car c'est bien le monnaient d'outrecuidance et de mensonge le plus complet qui ait été élevé sur l'horizon littéraire. Tout ce qui n'adore pas le soleil Voltaire est bon à être jeté dans un cul de basse-fosse à la Bastille.
2. — Lettre d'un médecin de Montpellier (Antoine Petit) au sujet de l'examen public que le sieur Louis a subi à Saint-Come en 1749, pour servir d'éclaircissement à ce qu'en a dit M. Fréron. — Paris, 1749, in-4°.
3. — Le contrepoison des feuilles, ou lettres sur Fréron (par la Morlière). — Paris, 1754, in-12.
4. — Lettre d'un Visigoth à M. Fréron sur sa dispute harmonique avec Rousseau. — Septimianopolis, 1754, in-8°, 20 p. (par l'abbé de Gaveirac),
5. — La revue des feuilles de M. Fréron, des Académies d'Angers, de Montauban et de Nancy. — Londres, 1756, in-12, 405 p. (par Le Prévôt d'Exmes). — La Harpe a attribué cet ouvrage à l'abbé de la Porte, et Grimm, dans sa Correspondance, II, 93, à de Leyre.
6. — Le pauvre Diable, ouvrage en vers aisés de feu M. Vadé, mis en lumière par Catherine Vadé, sa cousine (Voltaire). — Paris, 1758, in-8°; = autre édition suivie de la Vanité, Paris, 1760, in-8°. = Et voy. les Œuvres de Voltaire.
Fréron n'avait en somme usé contre Voltaire que de la critique de bon ton et de bon goût. Pouvait-il, par exemple, dire du bien de l'indécente comédie intitulée : La femme ijui a raison? . .". Voici comment Voltaire s'en venge dans le Pauvre Diable. Je demande pardon au lecteur delà crudité de certaines expressions -, mais c'est du Voltaire, j'allais dire de derrière les fagots.
... Enfin, un jour qu'an surtout emprunté Vêtit a cru ma trjste nudité, Après midi, clans l'antre de Procope (C'était le jour où l'on donnait Mérope), Seul en un coin, pensif et consterné, Rimant une ode et n'ayant point dîné, Je m'accoatai d'un homme à lourde mine, Qui sur sa plume à fondé sa cuisine, Grand écumeur dos bourbiers d'Hélieon, De Lpyola chassé pour ses fredaines, Vermisseau né du cul de Desfontaines, Digne en tous sens de son extraction :
Cet animal se nommait Jean Fréron J'étais tout neuf, j'étais jeune, sincère, Et j'ignorais son naturel félon ; ~~ Je m'engageai, sous l'espoir d'un salaire,
A travailler à son hebdomadaire Qu'aucuns nommaient alors patibulaire.
Il m'enseigna comment ou dépeçait Un livre entier, comme on lo recousait, Comme on jugeait du tout par la préface, Comme on louait un sot auteur ea place, Comme on fondait avec lourde rondeur *
Sur l'écrivain pauvre et sans protecteur.
Je m'enrôlai, je servis le corsaire; Je critiquai., sans esprit et sans choix, Impudemment, le théâtre, la chaire, Et je mentis pour dix écus par mois.
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Quel fut le prix de ma plaie manie ?
Je fus connu, mais par mou infamie, Gomme un gredin que la miin dd Thèmis A diapré de nobles fleurs de lys, Par un fer chaud gravé sur l'omoplate.
Triste et hooteux, je quittai mon pirate, Qui me vola, pour prix de mon labeur, Mon honoraire en me parlant d'honneur.
C'est assez virulent comme on voit. Monselet trouvait ces vers dictés par le génie de l'atrocité. Cependant ce n'est rien à côté de la pièce qui suit :
7. — Le Gaffé ou l'Ecossaise, comédie par M. Hume, traduite de l'anglais (lisez : composée par Voltaire). —Londres,* 760, in-12, de xij-204 p, ; = et Amsterdam (Paris), iri-12, de xij-108 p. et l fig. satirque.
Voltaire avait fait graver pour cette comédie, comme frontispice, par Moreau le Jeune, une figure satirique contre Friron représentant un àne regardant une lyre suspendue â un arbre avec ces vers :
Que veut dire
Celte lyre ?
C'est Melpoooène ou Clairon, Kt ce monsieur qui soupire
Et fait rire, N'est-ce pas Martin F*** ?
Mais Fréron, ayant entendu parler de cette estampe, annonça malicieusement, dans un des numéros de V Année littéraire, que M. de Voltaire allait publier une comédie ornée du portrait de l'auteur. Voltaire supprima l'estampe qui est devenue très rare et qu'il fit reproduire plus tard en tète de Tancrède. Cette fameuse pièce du CafTé est présentée comme traduite de l'anglais de Hume, ministre anglican (frère de David Hume l'historien), par Jérôme Carré. Voltaire la composa pour se venger de Fr'éron qui depuis la publication du Pauvre Diable, ne se lassait pas de le harceler. Il mit dans le livre le personnage de Fréron sous le nom de Frelon, puis à la scène sous le nom de Wasp qui en anglais signifie guêpe, car la pièce avait été publiée deux mois avant la représentation ; et le public fut averti du changement de nom par uns « Requête de Jérôme Carré aux Parisiens » distribuée la veille et qui fut réimprimée dans les autres éditions de la pièce en 1761, etc. (voy. la France lut. de Quérard, à l'article Voltaire) .
La première représentation de V Ecossaise eut lieu au Théâtre Français le 26 juillet.! 760 et fut suivie de seize autres absolument scandaleuses, car on y prêtait à Wasp le rôle- le plus odieux, môme le plus infâme. Entre autres aménités, il y est traité et s'y traite lui-môme de fripon, crapaud, léza : rd, couleuvre, araignée, faquin, impudmt, cceur de bouc et le reste. Fréron assista impassible aux deux premières, et eut toutes les peines du monde à faire passer son compte-rendu dans V Année littéraire^ tellement il sortit mutilé des mains des censeurs : il fallut qu'il s'adressât à M. de Malesherbes lui-même pour qu'on tolérât cette page fort humoristique où il représente le Sénat philosophique se réunissant pour faire chanter le Te Voltarium. Ce cqnxptç-rçniu qui a pqur titre : Relation d'une grande bataille donnée à la. Comédit française, est peut-être la page la plus brillante que Frémn ait éorite* Il y dessine avec verve les
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lieutenants de Voltaire à leur poste de combat où ils se sont engagés à faire applaudir la pièce : « Le redoutable Dortidius (Diderot) était au centre de l'armée ; on l'avait élu général d'une voix unanime. Son visage était brûlant, ses regards furieux, sa tête échevelée, tous ses sens agités, comme ils le sont lorsque, dominé par son divin enlhousiasme ; il rend ses oracles sur le trépied philosophique... » Grirnm lui-même, qui pourtant dit à propos de cette pièce que « M. de Voltaire n'a jamais connu la différence du ridicule qu'on se donne soi-même et du ridicule qu'on reçoit des autres », s'était laissé enrôler» « Il avait sous ses ordres deux régiments de clercs, de procureurs et d'écrivains sous les Charniers. » La veille et le matin de cette grande journée, on avait exercé tous ces nobles combattants, on leur avait marqué les endroits où ils devaient faire feu et applaudir à outrance. Cependant les graves philosophes de la république (d'Alembert, Duclos) n'avaient pas exposé leurs augustes personnes. Ils se promenaient aux Tuileries attendant les nouvelles. A chaque acte on leur détachait un courrier. La victoire remportée,on se rendit aux Tuileries. « Les sénateurs tendirent la main à l'un, sourirent agréablement à l'autre, promirent à celui-ci un exemplaire de leurs œuvres mêlées, à celui-là de le louer dans le premier ouvrage qu ils feraient, à quelques-uns des places de courtier dans l' Encyclopédie, à tous des billets pour aller encore à V Ecossaise gratis. . . » Un si beau jour ne pouvait finir que par des réjouissances dignes de ce grand triomphe : « Avant le banquet on tira un beau feu d'artifice ; il y eut grande chère, un excellent concert de musique italienne, un intermède exécuté par des bouffons, des illuminations à la façade de tous les hôtels des philosophes. Un bahphilosophique qui dura jusqu'à huit heures du matin termina la fête. Les sénateurs, en se retirant, ordonnèrent qu'on eût à s'assembler aux Tuileries sur les six heures du soir pour chanter un Te Vollarium. » — L article est reproduit en entier dans l'Histoire de la presse, de Hatm, II, p.
La haine de Voltaire a, du reste, remarque Gaston Feugère, porté bonheur à Fréron. Les pages dans lesquelles il le harcelé sont les meilleures et les plus saillantes 'qu'il ait écrites. Dans ce duel, après tout hardi, Fréron garde les avantages du sang-froid. Voltaire ne sait que traiter son ennemi dVme, d'ivrogne et de pis encore, ce qui est un genre de polémique à la hauteur des forts de la halle. Fréron se posséda, et au lieu de faire assaut dans ce langage trivial il porte sa critique sur les points faibles de son adversaire ; il les découvre et les démasque dans les règles.
Du Théâtre français, la pièce passa aux Italiens, mise en vers par De La Grange: et la foire Saint-Laurent. entonna une parodie sous le titre VEcosseuse. Dans cette parodie, Fferon joue son personnage sous le nom de Moucheron .
Cette pièce fut, en somme, une mauvaise action, et qui pèse lourdement sur la mémoire de Voltaire : non seulement elle constituait un outrage public pour un homme qui ne le méritait pas, mais au point de vue philosophique, elle n'allait à rien moins qu al étrangement tout net de la liberté de la critique. Fréron ne s en inquiéta guère : il continua sa campagne, au nom du bon goût littéraire, et il fit bien. Voltaire lui avait ailleurs décoché cet epigramme.
L'autre jour, au fond d'un vallon, Un serpent piqua Jean Fréron; Devinez ce qu'il arriva :
Çq fut le serpent qui creva.
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Le malheur, remarque Monselet, c'est qu'il y a au troisième vers une faute de français et que le dit épigramme est renouvelé de l'anthologie pour la troisième ou quatrième fois. Voltaire dût corriger son troisième vers et le remplacer par
Que pen§3Z-vou3 qu'il arriva.
Gela n'était pas pour le calmer : il tripla la dose Tannée suivante, en publiant :
7. — Anecdotes sur Fréron, écrites par un homme de lettres à un magistrat qui voulait être instruit des mœurs de cet homme. — S. 1. n. 1. 1761, in-12.
Dès que parut cet ignoble libelle, dont il y eut trois réimpressions en dix ans, on l'attribua à Voltaire qui en accusa effrontément Xa Harpe : mais il appartient bien à l'ami du roi de Prusse et ligure dans Ses Œuvres. On y accuse Fréron de toutes les gentillesses capables de conduire un homme à l'échafaud. Et dire que pendant cent ans le brave public a pris cela pour Je l'histoire (Voyez-en la réfutation dans les dernières publications ci-dessous citées).
8. — Voltaire. La Capilotade. — Cette satire est le comble de la turpitude. Voltaire en avait d'abord fait un poème spécial, puis il l'inséra au 18 e chant de son ignoble Pucelle.
9. — Ohevrier. Le colporteur, histoire morale et critique. — Londres, s. d. in-12.
C'est une diatribe générale dans laquelle l'auteur va jusqu'à imaginer que Fréron loue son appartement pour des rendez-vous, et s'enivre le soir avec les amis de sa femme. Monselet qui en donne un extrait, p. 74, 75 de son Illustre critique, en a été absolument scandalisé.
10. — Piron. La Frèronaâe, recueil de 32 épigrammes contre Fréron, et lettre du 19 juin 1762 ; — dans les OEuvres inédites de Piron publiées par Honoré Bonhomme en 1859.
11. — Palissot. La Dunciade. — Je n'ai pas la première édition de ce poème satirique qui parut en 1764 et qui ne contenait alors que 3 chants, mais j'ai la troisième de 1773, très augmentée, qui en contient dix. Les attaques ne sont plus libellées ici dans le style voltairien, mais elles portent quand même. J'y lis au premier chant, intitulé La Lorgnette : :
Et maître Aliboron
Qui se rengorge en jugeant un ouvrage Et qui prétend régenter Apollon, Lorgnez le bien, n'est qu'un sot au visage :
Vous comprenez que jamais Jean Fréron N'eut de Merlin la lorgnette en partage.
Et plus loin, au troisième, intitulé Le Bouclier :
Stupidité, triplant soi énergie La rembourra des feuillets de Fréron^ De froids discours lus à l'Académie Et de fragments de l'Encyclopédie.
Passons au chant cinquième, le Souper : nous assistons à uiîï lutte héroï-comique entre Diderot et Fréron.
La gaieté brille aux dépens de Voltaire, Le dur sarcasme et l'ironie amère Sont épuisés sur ce chantre divin ; Fréron pourtant, avec un ris malin,
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Veut qu'on lô mette au-dessus de Le Mierre, Mais Diderot, esprit dur et chagrin, Gourmande ainsi l'Auteur folliculaire : '
— « C'est bien à toi, Zoïle hebdomadaire.
Ivre d'orgueil encor plus que de vin, D'oser nier le rang d'un écrivain 1
Va, si tu peux, recommencer à boire Mais ne crois pas distribuer la gloire. »
— « Qu'appelles-tu la gloire, dit Fréron?
Il te sied bien d'en prononcer le nom, Déclamateur indigeste et barbare 1
Et quel lecteur, armé contre l'ennui
Peut achever ton Aveugle Tarare ?
Du Nord en vain tu mendiais l'appui :
Il s'est lassé de ton jargon bizarre,
D'un pôle à l'autre on te siffle aujourd'hui 1 »
— « Taiô toi, coquin ! », répond le philosophe,... * On applaudit, car chez le Peuple sot,
L'injure plaît et tient lieu de bon mot.
Mais vivement blessé de l'apostrophe, Frêfon se lève, il s'élance au buffet Prend un flacon qu'il épuise d'un trait, Et d'un bras sûr, le fougueux journaliste Le fait voler droit au nez du sophiste.
A cet affront, Diderot furieux, Pâle d'abord, mais le feu dans les yeux, Humilié d'un pareil adversaire, -. A coups pressés fond sur le téméraire.
Ainsi qu'on voit deux taureaux mugissuus Troubler la paix d'un riant pâturage Et dans l'accès d'une jalouse rage S'entrechoquer de leurs fronts menaçans, Des deux rivaux tel était le courage...
etc.
Àû chant huitième, intitulé VAmbassade,
L'âne indigné poursuit, atteint, renverse Tous ces filous que la frayeur disperse, Lance à Fréron un regard de mépris Et prend son vol aux célestes lambris.
C'est mieux encore au chant neuvième, intitulé les Amazones. Stupidité voulant envahir le Parnasse,
Conçut d'abord le projet singulier
De Transformer Chaumeix en dromadaire
Lorsqu'à visan t Fréron, son chancelier,
Qui soupirait encor de son injure;
— a Viens, lui dit-elle, et sers-moi de monture ;
Un jour ton fils, jaloux du même emploi,
Et ton égal, au moins par les oreilles,
Doit mériter, en combattant sous moi,
Le noble prix que j'accorde à tes veilles. »
Au môme instant le grave Aliboron
Fut possesseur de deux superbes ailes.
Il les déploie : il admire le don
De la déesse, et croit que sans façon
11 va franchir les voûtes éternelles...
Les aventures de cette cavalcade remplissent les chants IX et X, j'y renvoie les lecteurs qui se demanderont oomment Palissot a pu traiter ainsi un ami qui le tutoyait jadis, témoin la lettre citée cidessus. Dans un document que je mentionnerai plus bas, au n° 22 , Pa-
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lissot prétend que la brouille vint de la jalousie que Fréron aurait conçue de lui à l'occasion de sa comédie des Philosophes, représentée à peu près à la même époque que Y Ecossaise de Voltaire.
12. — L'àne littéraire ou les âneries de M. Aliboron, dit Fr. (par Lebrun). —Paris, 1761, in- 12» front, gravé.
13. — La Wasprie, (autre pamphlet de Lebrun, qui n'a été reproduite que par fragments dans ses OEuvres).
14. -— Lettre à M. Fréron sur l'île de Belle-Isle (par De La Sauvagère). — Paris, 1761, in-12.