LÉGENDE BRETONNE
Le père avait prorois dès longtemps une histoire Uui Devenait jamais : une grande et bien noire. Novembre a de longs soirs au village. Les yeux
Se fermaient. Tout le monde était silencieux Aulour du feu mourant, chargé de cendres blanches: Le vent seul bavardait au dehors dans les branches.
« Père, ta grande histoire» est-ce pour aujourd'hui ' » Le père était muet toujours. Auprès de lui, Les petits se roulaient sur la terre mouillée.
Et l'heure se traînait, l'heure de la veillée
Mais enfin le vieillard leva la tête'et dit :
« Je vais vous raconter l'histoire du maudit, *
Il était une fois, au pays de Bretagne,
Tout en haut, — tout en haut d'une haute montagne
Il était un château qui s'appelait Pendor.
Son seigneur était comte et de lignage antique. Car Técusaon de pierre au-dessus du portique Portait d'aîur, au lion d'azur couronné d'or.
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Le comte était puissant : quand son beffroi d'alarme»
Tintait aux alentours ses sonores appels,
La grand'courdu manoir s'encombrait d'hommes d'armes.
Il était bon seigneur : entre tous les castels, On renommait Pendor, où le vassal e • larmes Jamais n'interrompait léchant des ménestrels.
Il était tout cela — mais sa têts rebelle
Ne savait pas fléchir au seuil de la chapelle;
Son froot restait couvert, même dans le saint lieu
Et souvent il buvait, blasphème pitoyable,
Une rasade ou deux à la santé du diable...
Bien proche est le malheur pour qui ne craint pas Dieu.
Or, il advint qu'un jour, du sol jusques au faîte, Sous la main des vassaux tout exprès appelés, Le castel se vêtit de ses habits de fê'e.
Partout, l'argent et l'or aux guirlandes mêlés, (Le comte avait voulu l'ordonnance parfaite) Et partout la splendeur des cristaux ciselés.
La table des festins, à la nappe ouvragée,
Sous un monceau de mets fléchissait surchargée ;
Douze sièges dorés se rangeaient à l'entour.
Toute prête à verser sa liqueur délectable, Une tonne d'argent, au milieu de la table, Sur un trépied géant trônait comme une tour.
C'est dimanche : Pendor n'allait guère à la messe; Le cor qui sonne au loin ses appels éclatants Annonce le retour de la chasse. On abaisse
Le poni-levis : la porte ouvre ses deux battants Et douze cavaliers, sur la pelouse épaisse, Arrêient dans la cour leurs chevaux haletants.
Le comte de Pendor leur ouvrit la grand'salle, Et dit : « Mes compagnons, damoiseile ou vassale. « Point de femme! la barbe seule est du galas! »
Et comme tous de l'œil interroge tient leur hôte : « — A douze, nous fêtons ta sainte Peatecôte l » Dit-il. Et tous de rire. Ah ! de rire aux éclats !
Le festin commença. Paint n'est besoin de dire Qu'on oublia le Benedicite :
On riait, on buvait
Voilà le début bien préparé. Au milieu de l'orgie, on porte un toast à messire Satanas lequel paraît soudain en treizième chevalier et prend place à la fetn. On devine le reste. Quand tout fut à point, le terrible convive retourna en enfer en criant à ses compagnons : Marchez derrière moi !
A ces mots qui semblaient des échos du tonnerre, Satan leva le doigt. Convives et château Soudain, tout à la fois disparut de la terre.
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199. Laudate pueri Dominum : — dans la Revue du monde catholique du 25 février 1878.
200. — Lettre à M. le vicomte de Marolles, qui lui avait demandé un portrait de Voltaire à propos des fêtes du centenaire . — dans la Défense du 30 mai 1878.
J'en extrais les passages suivants ;
< Vous me demandez un portrait physique de Voltaire ; je l'ai beaucoup connu, mais je suis un assez mauvais peintre. Avez-vous remarqué que les partisans eux-mêmes de cet étonnant esprit disent volontiers : « Le masque de Voltaire » pour désigner son visage ? C'est une alliance de mots absolument adoptée. Et quel portrait frappant vaudrait le verdict de cette formule. . . .
h Permettez-moi de décliner la demande que vous me faites l'honneur de m'adr j sser. Voici deux ou trois ans, on donnait aux enfants des masques de caoutchouc qui se transformaient en mille grimaces sous la pression des do'gts. Gomment faire un portrait de cela? Le masque de Voltaire a beau être en bronze ou même en marbre, il est toujours masque et reste caoutchouc. Voyez les invraisemblables grimaces qu'il exécute entre les doigts puissants de Monseigneur Tévêque d'Orléans ' . . . .
« Le masque de Voltaire, c'est la grimace par excellence, le lire convulsif et malheureux. Tant d'esprit! tant de haine 1 une intelligence si claire ! un aveuglement si noir ! L'immensité de Dieu le gênait, ce petit et ce maigre qui grelotta quatre-vingts ans aux rayons du soleil, et tient si peu de place dans la terre 1 A. la rigueur, je ferais bien, en effet, le portrait de ce masque qui grince au Théâtre- Français et sur la place Monge, attristant le regard des passants. Mais à quoi bon? Je relis à travers les années, dans mon souvenir, quelques pages tombées de sa plume incomparable. J'écoute les enthousiasmes de ma jeunesse. Je ne croyais pas à lui, mais quel prestige ! Je plains profondément, et bien plus encore que je ne la déteste, cette immortalité, condamnée à faire le mal. Tl fut poison et prétexte pendant sa vie, il est prétexte et poison après sa mort : châtiment formidable ! Non, je ne tracerai pas ce portrait. Voltaire seul peut dessiner, sans tomber dans la diatribe, le portrait ressemblant de Voltaire. Il Ta fait avec une cruauté étrange. Et devant )e miroir où Mc r Dupanloup leur montrait Voltaire peint par lui-même, les adorateurs de Voltaire ont reculé stupéfaits. Ils ne l'avaient jama ; s lu ni vu. Ainsi en est-il d'eux pour toutes choses, soit qu'ils abhorrent, soit qu'ils idolâtrent. Jésus le leur a dit, voici dix-neuf siècles^ au Calvaire : « Ils ne savent pas ce qu'ils font. >
201. — Notre-Dame de la première communion, — dans V Association catholique de juillet 1878.
202. — Préface du comte de Tréazek, par Antonin Dupuy, — Paris, Palmé, 1878, in-18,
203. — Douze femmes. — Paris* Dentu, 1878, in-18, 365 p. — dernière édition, Limoges, Barbou, s. d. (1901) in-18.
C'est la réimpression d'une série de nouvelles dont cinq au moins n'avaient pas encore été reprises depuis qu'elles avaient paru en revue ou en journal, à savoir les n os 55, 100, C, 129» 149, 177, cidessus.
204. — Notre-Dame de Sion ; — dans V Univers, en 1878» = et en volumes, Paris, Palmé, 1878, in-24.
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205. — Les veillées de la famille, - Paris Palmé, 1878, in- 18, 393 p. = écht. illustrée, Paris, Palmé. 1881, in-8°. 365 p. = Dernière édit., Limoges, Barbou, s. il. (1901) in-18.
C'est une série d'une dizaine de nouvelles déjà publiées : Le bonhomme Jacques. — Le Saint-Diot (du Folgoët). — Trois hommes rouges, épisodes de la légende du Fils du diable. — La Croix miracle. — Le club des Phoques. — Jean et sa lettre. — Madame Desgibecières, etc. Deux de ces nouvelles : Le bonhomme Jacques et Jean et sa lettre, ont été rééditées séparément par la Soc. bibliographique, en brochures in- 18, à fr. 15, pour sa Petite bibliothèque variée,Qiï Î884. = M me Desgibecières a été reproduite dans la Revue du Dimanche.
La Dédicace est -des plus gracieuses : — « A mes trois filles, « Marie, Jeanne et Madeleine. Mes enfants, je vous fais cadeau, ■< cette année, de mon nouveau livre d'images : c'est un choix faM « parmi les histoires touchantes ou rieuses qui sont contenues dans « plusieurs de mes anciens volumes. L'un de ces volumes était dé- « dié à votre bien-aimée sœur, « la religieuse », dont la place vide ««, nous semble toujours si large à notre foyer. Elle était la joie de « chez nous : vous la regrettez bien, mais vous ne la pleurez pas, « parce que son cher généreux cœur vous revient dans ses lettres « admirables où rayonnent la paix exquise et le céleste espoir. « comme rayonnait, hier encore, au milieu de vous, l'éblouisse- <• ment de ses jeunes sourires. Elle a suivi le saint amour qui # <• l'appelait : qu'elle soit amoureusement bénie ! Malgré ma bonne
k envie de vous vanter un peu les étrennes que je vous offre, mou « livre est à moi, et je n'ose en rien dire ; mais il a, du moins, un « mérite charmant qui ne m'appartient pas, et que j'ai le droit de '< vous signaler On vous a traité, mes filles, comme si vous étiez « des reines : le choix dont je vous parlais tout à l'heure, savez- « vous par qui il a été fait?. . . Un éloquent, un savant ami. Léon « Gautier l'orateur, Léon Gautier l'historien, Léon Gautier le poète, • « a consenti à mettre dans mes gerbes, pour y bluter ce qu'il y « avait de moins pauvre en fait de bon grain, la main qui a tracé la < Chanson de Roland et les Epopées françaises. . . Et, tout en vous « souhaitant la bonne année, mes chères enfants, je garde la der- « nière ligne de ma lettre pour dire à Léon Gautier combien pour « lui est vive mon amitié, combien est grande ma reconnais- «< sance. »
206. — Pierre Olivaint, petite esquisse' d'un grand portrait*— dans la Revue du monde catkol. du 25 juin 1888 ; = et en volume, Paris, Palmé, 1876, in-18, 36p.
207. — Le saint homme de Tours; — dans la Revue du monde cathol. de novembre 1878.
208. — Préface aux Contes h leau de rose par Charles Buet, Paris, Palmé, 1879, in-18, de xiij, 325 p.
209. — Lettre au sujet d'un procès avec l'éditeur Ressayre, directeur des imprimeries nationales et générales de l'Ouest à Poitiers, — dans La Défense et dans Paris-Journal du 5 février
Cette lettre ayant trait à une question de bibliographie pure, je crois devoir la reproduire ici. L'ôiiteur Ressayre avait demandée
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Féval d'écrire une Vie de sainte Radegonde, à l'aide de documents qu'il lui fournirait et moyennant le versement de 20000 fr. d'avances. Il intenta un procès à Féval qui ne livrait pas le manuscrit, et pour cause, ainsi qu'on le verra par la lettre en question :
« Paris, 3 février 1879.
« Monsieur le rédacteur en chef,
€ On a, dans une certaine presse, présenté d'une façon très contraire à la vérité les faits relatifs à mon procès contre M. Ressayre. éditeur. Je vous demande la -publicité de votre journal pour rectifier en peu de mots des allégations mensongères.
« 1° Contrairement à ce qu'ont osé affirmer ces journaux, je n'ai touché aucune somme qublconqtb, provision ou autre pour le travail à moi demandé par M. Ressayre ; et j'ajoute que M. Ressayre luimême ne s'est point rendu coupable de mettre en avant une pareille affirmation. Il y a plus, loin de recevoir quoi que ce soit, j'ai donné et par conséquent perdu une grosse somme de mon travail en écrivant l'introduction de la Vie de sainte Radegonde, ouvrage considérable auquel s'appliquait ma lettre publiée et dont le manuscrit, faisant partie du dossier, est entre les mains du tribunal.
« 2° M. Ressayre ne m'a jamais fourni les documents originaux qu'il m'avait promis. Si je n'ai pas laissé publier mon introduction, et si je n'ai pu continuer l'ouvrage, c'est précisément que M. Ressayre, après m'avoir écrit : « Les documents seront fournis par l'Évêché, le curé de Sainte-Radegonde et les Dames de Sainte- Croix », ne m'a jamais envoyé que trois ou quatre volumes tout modernes que j'aurais pu acheter n'importe où.
« II résulte en outre de trois lettres émanant de l'Evôché, de M. le curé de Sainte-Radegonde, de Madame la supérieure de Sainte- Croix, lettres lues à l'audience par M e Fernand Nicolay, mon avocat, et présentes au dossier, que les documents promis par M. Ressayre n'existent pas dans les archives de VEvêché, du monastère, ni de la paroisse.
« Je néglige d'autres erreurs assez graves et je me résume : on a attaqué ma bonne foi, on a presque mis en doute mon honnêteté en m'accuiant d avoir reçu de l'argent d'avance ainsi que des documents promis: je n'ai reçu d'argent ni avant ni après; j'ai perdu mon labeur, et les documents promis n'existent pas.
« Veuillez agréer, monsieur le rédacteur en chef, avec mes renierciments, l'expression de ma considération la plus distinguée.
Paul Féval. »
Et voy. le Figaro du 30 janvier 1879 à la Gazette des Tribunaux L'introduction à la Vie de sainte Radegonde fut seule composée et publiée, après la mort de Féval, dans la Revue du monde catholique, en 1886. Voir le n° 239 ci-dessous.
210. — Lettre à l'éditeur Blériot sur la diffusion des bons livres et la création des bibliothèques paroissiales : — dans V Ouvrier de mars 1879.
« Défendez-vous. . . Il faut que les éditeurs catholiques cherchent
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et trouvent des jeunes gens, des mâles, qui sachent « écrire chrétien >> pour faire sortir notre roman catholique de l'ornière où il s'endort en radotant. Défendez- vous.
« Et il faut aussi que ies paroisses se défendent, et les familles, et tout ce qui a charge d'âmes. Le besoin de lecture monte sans cesse, comme un débordement. M. Grange a raison, il faut des Bibliothèques fidèles partout, et. quelque chose à mettre dedans, et des esprits clairs pour les diriger : clairs et sûrs qui n'opposent pas un petit tas d'ennuyeux papiers au torrent qu'ils ont à combattre. Il y aurait démence en temps de guerre, à mettre une aimable et respectable troupe de vieilles dames en face d'un régiment de zouaves : C'est à peu près ce que nous faisons, quand nous chargeons certains petits pots de confitures douceâtres et môme un peu rances, df lutter contre le redoutable haut-goût des vogues du jour!. . . »
211. — Le pèlerinage de Tours, visite au sanctuaire de Saint- Martin -, — dans la R a vue du monde caihol. du 15 déc. '878, ==et en volume Paris, Palmé, 1879, in-18, 3G p.
"212. — Montmartre et le Sacré-Cœur; — dans la Revue du monde cathol, .en 1 879 ; = et en volume, Paris, Palmé, 187 e ). in-18, 36 p.