IV. — Œuvre historique
T/invasion allemande. — Paris, Jules Rouff, et compagnie, en livraisons petit in-4<», depuis le 8 mai 1888.
C'est une histoire populaire de la guerre de 1870 que les adversaires du général lui ont contestée, prétendant qu'elle était l'œuvre de M. Hippolyte Barthélémy, ancien rédacteur militaire à la République française. (Voy. \e Dict. international des Ecrivains du jour, par Gubernatis, I, 385). «
Sur la première page, un fantassin, en tenue de campagne, le pantalon dans les guêtres, les mains croisées, l'arme au pied, attendant à deux pas de la frontière, en sentinelle avancée. Dans le fond, derrière la forêt Noire, le soleil se lève sur lequel se découpe; la statue de Strasbourg.
La première livraison s'ouvre par une lettre reproduite eu
autographie et ainsi conçue :
< Amis lecteurs, mes adversaires me représentent comme l'apôtre de la guerre.
« A vous de juger, en lisant ce livre d'un patriote qui n'a d'auti inspiration que le haut sentiment de la dignité nationale. -^ Général Boulanger. — 15 avril 1888. »
Le 15 avril. C'est le jour même où le- général Boulanger était élu dans le Nord avec cent mille voix de majorité.
Un fragment de la pré^'ace a été reproduit dans V Année politique de 1888. p. 132.
Le XIX* siècle prôna beaucoup cet ouvrage : le meilleur article que j'ai lu à son sujet est intitulé « Le silence d'or >», par Jean de Nivelle dans le Soleil du 11 mai 1888. —Et voy. la Gazette anecdotique de 1888, I, 263, et le Grelot An 13 mai 1888 avec la légende : Boulanger for ever, et la note « ne pas lire : fort et vert! »
C'est de cette publication, qui n'est pas encore terminée, que le général parle dans sa lettre du 18 octobre 1890 à M. Pierre Denis, en disant :
BOULANGKR 229
« Dans le courant du mois d'avril 1888, un éditeur parisien, M. Rouff, me proposa d'écrire, pour être publié, un ouvrage sur la guerre de 1870. J'hésitai d'abcrd, mais ayantconsulté d'anciens camarades de l'armée qui me promirent de me fournir des renseignements exacts et intéressants sur les laits d'armes auxquels ils avaient pris part, je me décidai à accepter, et je m'engageai, par un traité fait en double, a fournir V Invasion allemande pour le prix de cent mille francs qui me furent comptés par M. Rouff dans ma chambre de l'hôte! du Louvre. L'ouvrage est encore en pubUcation et j'en corrige en ce moment les épreuves. . . »
« La préface de cet ouvrage, écrivait M. Reinach, le 7 mai, dans la République française, est un pur chef-d'œuvre : les pronoms j« et moi y reviennent, comme dan» un livre de M. Olivier, à toutes les lignes. M. Jules Rouff fera bien de renouveler ces cinq caractères qui vont s'épuiser ; aussi bien quand il s'agit de M. Boulanger, le moi n'est jamais haïssable. L'éminent député du Nord s'élève avec force contre les hommes à courte vue qui pensent que l'armée n'a d'autre mission que de se taire et de se battre ; elle a le droit de juger la politique qui lui ordonne de laisser son épéw dans la gaîne ou de la brandir au clair. . . Il est probable que le livre aura pour épigraphe le mot de Gastelar : — Le général Boulanger? je le connais, c'est un général espagnol... »