‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonneChapitre 32 sur 33 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

a La discussion close, trois solutions se trouvaient en prés'^rr^^. La solution républicaine, proposée par le 9« bureau. \ la validation <le M. JofTrin ; la solution boulangiste, , par M. Déroulôde, tendant à la validation de M. Bouî solution juste et correcte, tendant à l'annulation des ^ électorales ; naturellement, c'est un révolutionnaire qui 1 M. Cluseret! Dans cette Chambre comme daas la préc^ iignilé du Parlement, le droit, la liberté, et'- , - ■ ' chercher leurs avocats parmi la Commune.

« La validation de M. Boulanger est repou&àée par 370 vuix contie 123 ; l'annulation des opérations électorales est repoussée par 311 voix contre 243. M. Joffrin est proclamé député de Clignancourt ; il est admis. Cette validation-là vaut toutes le> invalidations et quelque chose de plus. ...»

h' A?mce politique de \S%9, p. 224 à 226, expose l'affaire fort clairement et se prononce dans le S3ns de la Chambre. — Et vov. sur les séances de la commission qui avait précédé, l'artile « Joffrin contre Boulai^ger » par II. de Kerohant, dans le SoUil du 29 novembre. J'en détache ce passage :

€ L'affaire Joffrin-Boulangtr constitue décidément un problème aussi insoluble que la quadrature du cercle. Ils sont 53, au neuvième bureau de la Chambre, qui travaillent la question jour et nuit. Ils n'ont fait que l'embrouiller. \près une longue et confuse discussion ils ont décidé, par 17 voix contre 15, que M. Joffrin n'était pas élu-, par 18 voix contre 14, que M. le général Bou/aw<7<?r n'était pas élu non plus ; par 16 voix contre 10, que les opérations électorales à Clignancourt, ne devaient pas être annulées.

f Si les opérations ne doivent pas être annulées, c'est donc que quelqu'un est élu. Et si Télu n'est ni Boulanger qui a réuni une majorité de 7,800 voix, ni Joffrin qui a réuni une minorité de 5,500 voix, quel est celui qui est élu? Serait-ce par hasard M. Thiébaud, dont la candidature ultra-fantaisisto a groupé quelques douzaines de suffrages ?

« Les votes du neuvième bureau sont incohérents et contradictoires. De deux choses l'une : ou Clignancourt a nommé valablement un député le 22 septembre 1889, et alors il faut dire lequel. Ou la troisième circonscription n'a pas nommé de député ! et alors les opérations électorales doivent être annulées i on ne peut pas sortir de ce dilemme. . . *

Le neuvième bureau finit par proposer la validation Joffrin.

F. — Année 1890. — Dislocation et émiettement du boulaagisme.

\. — Pendant les, premiers mois de 1890, on est en silence pour tâcher de réparer les échecs de l'année précédente.

Les journaux satiriques ne s'occupent de Boulanger qu'indirectement, comme le Troupier, dans ses dessins « La mi-carême à Clairvaux » et « A la conférence ouvrière de Berlin », aux numéros 127 et 128, — etleDon Quichotte AVi 11 jinvier.avec : «Hélas! pauvre Yorik » représentant Naquet en Hamlet. devant le crâne barbu (!) du général.

2. — Snr les élections municipales de Paris^ les 27 avril et 4 mai 1890, et les efforts du comité national pour faire passer des candidats boulangistes, voy. tous les journaux du 15 avril au 1 5 mai; et parmi les satiriques les dessins fort irrévérencieux de Pépin dans le Grelot du 13 avril « L'investiture des candidats au conseil municipal. Hors de l'œillet point de salut * — et l'étrange fantaisie du Troupier, n" 132, sous le titre « Tous candidats. J ai fait tout ce que j'ai pu et ils ne sont pas contents ! Décidément ils sont insatiables ! ... »

Jne résultai fut désastreux. Un seul boulangiste passa au premier tour le 27 avril, et un seul au ballotage le 4 mai.

Après le scrutin du 27 avril, M, Naquet s'était chargé de rallier pour une lutte suprême les bataillons épars de l'armée boulangiste. Le mot d'ordre donné par lui était < Confiance ! » Le d'^puté du cinquième arrondissement de Paris faisait appel, dans la Presse, moniteur officiel du boulangisme mourant, à tous les opposants, aux républicains modérés, aux socialistes indépendants, aux conservateurs et aussi à tous les abstenants, « qui avaient eu le tort de ne pas' aller voter et de se réserver pour le second tour de scrutin. » Aux socialistes il promettait des réformes do toutes sortes, le progrès démocratique et la revision par une Constituante-, aux conservateurs et aux républicains modérés « une République honnête, ouverte, libérale, affirmant toutes les libertés, et entre les libertés, la plus sacrée de toutes, la liberté de conscience. » Et se croyant sûr que son appel serait entendu, il annonçait pour le 4 mai la grande victoire du boulangisme.

Les électeurs n'ajoutèrent pas foi à ces- belles promesses, et battu le 27, le boulangisme fut rebattu le 4. M. Naquet n'essaya pas de pallier, par des explications plus ou moins spécieuses, le désastre de son parti. Son article du 6 mai, dans la PrM5g, est l'aveu de la défaite complète, irréparable. « Nous sommes battus^ dit-il, bien battus. » Et après avoir constaté que son parti a échoué dans la campagne qu'il poursuivait depuis trois ans, il annonce que les boulangistes vont déposer les armes : « A l'heure présente, nous ne pouvons plus servir utilement le pays qu'en con» sentant à désarmer, au moins pour un temps. »

« C'est l'acte de décès du parti boulangiste, écrivait H. de Kerohant, dans un article intitulé : « L'acte de décès » au Soleil du 7 mai. Le boulangisme est mort et euterré. 11 n'y a plus qu'à écrire son épitaphe. M. Naquet a toute autorité pour s'en charger... »

Et le 18, le même journaliste en signait un autre intitulé : « L'abdication », après la lettre du général à Laisant, pour déclarer que la lâche du Comité républicain national était terminée, et pour délier ses membres des engag ments pris à son égard.

Et voy. le curieux et mélancolique dessin de Pépin dans le Grelot du 18 mai, sous le titre : « La fin d'une odyssée » avec la légende : « Il s'est assis là, grand'mère! » — « Hélas! personne ne veut le reconnaître • dans le Troupier, n° 135, etc.

3. — Sur les bruits de retour du général à Paris pour purger sa contumace, voy. les journaux de la première quinzaine de mai et en particulier le XIX^ Siècle dont les informations, qui suivent, furent reproduites, le 6, par presque toute la presse de Paris et de province :

<i La nouvelle du retour du général Boulanger a circulé, dans ces derniers jours, avec une singulière persistance ; ses auteur* ou colporteurs étaient parvenus môme à faire publier dans divers journaux des informations plus remarquables par la précision des détails que par leur authenticité, indiquant la date et l'heure de ce retour, le costume du général et même l'épître dont il se f- ' précéder, comme s'il s'agissait d'une cérémonie officielle ré^: a l'avance. Il ne manquait qu'une chose à ces informations : cVtaii d'être vraies.

fc Cette nouvelle ainsi propagée n'était pas, comme elle 1<î paraît, une manœuvre absolument électorale, et elle avait bien moins pour but d'exercer une influence sur les électeurs pour le second tour de scrutin que sur celui dont on annonçait le retour.

« Si le général Boulanger n'a pas eu l'intention ou n'a pas prii la résolution de venir purger sa contumace, d'autres ont pris cett»^ résolution à sa place et ont cru le contraindre à la prendre, en faisant annoncer comme certain un fait qui n'était encore que dans leur imagination. Telle est la vérité. . . .

« Le comité national, qui a dirigé l'élection municipale comme il l'avait fait pour les précédentes élections et qui avait annoncé qu'il remporterait une victoire éclatante, a été littéralement attérpar le résultat du scrutin du 27 avril. Ceux qui avaient pris la part la plus active dans la direction et dans la confection de la liste des investis ont considéré ce résultat comme le signal d'un effondrement qu'on ne pouvait conjurer que par une résolution extrême. Ils ont décidé qu'il fallait sommer le général Boulanger de revenir à Paris purger sa contumace devant la Haute cour, en le menaçant d'une dissolution du eomité, dont les membres reprendraient leur liberté s'il ne consentait à ce sacrifice.

« MM. Laguerre, Naquet, Deroulède et Laisant sont allés porter cet ultimatum à Jersey. Il est assez curieux que ce soit ceux-là mêmes qui, sauf M. Deroulède, ont décidé le général à fuir il y a un an, en prenant, dans une déclaration jmblique, la responsabilité de son départ, qui, aujourd'hui, le somment de revenir se constituer prisonnier.... »

Mais le général fit la sourde oreille, et resta à Jersey, d'où il lança, le 4, l'acte d'abdication que j'ai cité.

Et voy. l'article • Reviendra-t-il » par H. de Kerohant, dans le Soleil du 5 ; et la chanson « Joie du retour » (de Naquet, Laisant, Deroulède et i.aguerre), par Jean de Nivelle, dans le Soleil du 7, avec le refrain :

Il ne reviendra pas du tout ;

C'est UD bel homme, et puis v'ià touti

4. — Sur les documents publiés comme conséquence de ceux des Coulisses du Boulangisme^ voy. outre ce que j'ai indiqué au chapitre n° I ci-dessus, au sujet des « papiers secrets », des « indiscrétions ». etc., éj)ars dans toute la presse de septembre et octobre 1889, la lettre de M. Cazenove de Pradines adressée à la Gazelle de France, et reproduite dans les journaux du 29 septembre ; elle débute ainsi :

MariC' Jeanne B. que l'on a confondue avec ses cousines, n'est point née « Saint-Malo, mais à Sainl-S'irvan le 5 décembre 1774, fille da Charles-Françoù- Jean B. (probablement frère du précédent) et d'Anne-Gtieanette Lesœur. EUe se maria à Gancale, le 7 novembre 1800^ avec Jacques Desroches^ lieutenant militaire, natif de Môcon, dont elle eul un fils (Ànloinfs), né en 1801. J'ai dit qu'elle était morte à Gancale, mais M. l'abbé P.iris-Ja'lobert m'affirme que non. Ije lieu de la mort de cette dixième muse est à retrouver.

J'ai dit, à la fin de l'article, que les représentanl'i actuels du nom, Alain B . et ses sœurs, à Paramé, descendent iV Alexandre li. Ceci est à rectifier. Ils descendent du médecin Jean-François par un fils, Jean-Charles B., qui avait épousé Marie-Gonsttnce jB(?7'narrf du Uaul-Gilly. De ces derniers est également sorti Oliarles Bougrourd, frère aîné ^X' Alain, né à Saint-Jouan-des-Gnérets^ en 1821, capitaine de navire, mort à Maurice en 1888, qui avait publié :

Vocabulaire Français-Malais, suivi de quelques dialogues du genre de ceux qui s'engagent entre le voyageur européen et l'indigène. — Le Havre, I>epeiJetier, 1856, 8^ 156 p.

Ambroise et Alexandre B. étaient les frères et non les fils du médecin Jean- François. Le premier, outre la fille que j'ai citée, eut aussi des fils qui passèrent aux colonies.

Alexandre, dont les enfants portent le nom de Bougourd de la Marre, eut au moins 4 fils, dont Léopold, chef de bataillon, Fabius, mort général de bri. gade à Versailles en 1882, Antonin et Trajan établis à Bordeaux

4« —De Bouille (B, n^ 2464, p. 139). Ajoutez à l'article du comte fcrna^rf de Bouille, qu'il était alpiniste intrépide, qu'il fut le huitième Français parvenu au faîte du Mont-Blanc et qu'il a publié :

Tne excursion au Mont-Blanc, le 14 juillet 1846. — Nantes^ 1846, 8<*, 29 p.

b. — Bouin (B, n» 2471, p. 145). Ls Goum de Bcauchesne, malouin qui, d'après Ogée, aurait découvert le cap Horn, est un Souin de Beauchesne.

Kn vente à notre librairie .

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