‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonneChapitre 31 sur 33 · BOULA N 3U*J · texte numérisé non relu

BOULA N 3U*J

ordonne qa'il soit procéJé à i/, ;truction. Cette proposition fut adoptée par 210 voix contre 5b r ^

L'acte introductif d'instance lu par M. Quesnay de Beaurepaire est reproduit dans r/4nm''e poZtiigiie de 1889, p. 98 à 100 Voy. à son sujet tous les journaux politiques de la seconde moitié d'avril ; — et parmi les satiriques illustrés : « Les incarnations de Beaurepaire », par J Blass, au Pilori du 28 avril; — « Un ^majuscule et toqué », par Gavroche, à la Bombe du 28 ; — le Charivari du 10 avril, avec le dessin « Justes lois. Se méfier'; c'est un glaive à deux tranchants » ; du 12 avril : « Le député parlant » ; du 16 avril : « Projets sinistres dévoilés » ; etc.

9. — Sur Vinsiruction du procès^ par la commission sénatoriale présidée par M. MerUn, instruction qui dura plus de deux mois, attendu que les délais de procédure imposés lorsque les accusés sont en fuite se prolongent au-delà des limites ordinaires, voy. tous les journaux de mai, de juin et de juillet, el; en particuher le compterendu des procès intentés par M. Quesnay de Beaurepaire à ses dilTdmateurs, le récit du départ de Boulanger pour Londres, à la suite d'une invitation catégorique du gouvernement belgi de quitter la Belgique, à la fin d'avril, etc.

Je citerai en particulier sur Boulanger pendant ce trimestre, un article du Petit Caporal intitulé « un héros d'alcôve ». reproduit dans VAnnèe politique de 1889, p. 104, 105.

Et voy. les journaux satiriques illustrés qui suivent : « Prisonnier des curés » dans le Troupier n" 88, avec une parodie de lettre assez drôle du général Boulanger, intitulée « La dernière d'Ernest » adressée au soi-disant groupe révisionniste des G. . . en Vadrouille convoqués dans la salle des Marmites réunies. » — « Boulanger organisateur de la défaite. Quel génie, quel dentiste! » (ibid., n" 90) accompagné d'histoires soldatesques, (je ne dis pas militaires) d'un goût de plus en plus douteux -, — « Un cabotin chasse l'autre », par Pépin, dans le Grelot du 9 juin; — • La leçon d'anatomie » par Gilbert-Martin, dans le Don Q. ichoLio du 22 juin, et « l'ouverture de la pêche », par le même (ibid. du 29) ; — « L'Auge de la Boulange » par Pépin, dans le Grelot du 7 juillet ; avec up article signé Montretout, iutitulé « Las aliéa-nés du Boulangisme » — « La Prise de la Bastille » par Paul de Semant, dans la ^om&fl du 14; — « Boulanger à Paris » (déguisé en shah de Perse) par Pépin, dans le Grelot du 21 ; — € Le bataillon carré », par Gilbert Martin, dans le Don Quichotte du 27, avec un article signé Henri Aimcl, et intitulé «< Le sulfrage universel devant la commission des Neuf», etc.

10. — Sur \^ procès lui-même, après l'instruction, voy., dans les journaux du 17 juillet, la notilicaiion faite le 16 aux accusés, de l'arrêt de la chambre d'accusation ; de l'acte d'accusation dressé parle procureur général, et de la citjiiion à comparaître. L'acte d'accusation contenant 30 pages de g and format, on n'en donnait, nuturellement, qu'un réiumé. Le» parii< s principales en ont éié rricueillies dans les pièces jusrilicatives de VAîince politique de 18S9, p. 258 à 273. — Sur cette pièce qui iil grand bruit, voy. en particulier : « Le réquisitoire », chanson b-ur l'uir « En revenant de la Revue », par Paul Bonhomme, au Soleil du 19 mars.

Dix jours après, \e9.7, nouvelle ordonnanc-) de nr.iiliciition, à cause de la contumace exécutée le 28 avec un cérémonial particulier

d'huissier, d'affiches et de clairon, détaillé dans les journaux des 28, 29 et 30, sous le titre « Déchéance des trois con'.umax », et avec illustrations de circonstance, en particulier dans la République illustrée, 1889, p. 520, etc.

6ur ces entrefaites, la Cocarde qui s'était procuré subrepticement un exemplaire des dépositions de l'instruction, tirées à 300 exemplaires pour les seuls membres de la lîaute-Cour, publia le 27, les dépositions des témoins Frrron et Alibert, et tous les journaux les reproduisirent du 28 au 3 1 , avec des commentaires ou des démentis. \' Intransigeant du 31 les fit même précéder du titre « Mensong*»8 d'un policier » , en caractères d'affiche au haut du journal, et pendant plusieurs jours ce fut, de la part des journaux boulangistes, un feu roulant d'invectives contre le choix des témoins cités. — Un mandat d'amener ayant été décerné contre M. Mt^rmeix pour vol de documents secrets, M. Hervé protesta énergiquement, dans le Soleil, au nom de la presse, contre le traitement qui lui était infligé. Les ministériels disaient :

c ... Si M. Mermeix est inculpé de détournement d'un volume ou de complicité dans ce détournement commis au préjudice de M. Mouillot, c'est une affaire de droit commun et qui ne regarde pas lo syndicat de la presse. Si, au contraire, M. Mermeix n'est poursuivi que pour publication illégale de documents judiciaires, le secret n'a pas de raison d'être, et le syndicat doit intervenir... »

Les journaux boulangistes, les conservateurs et quelques rares républicains indépendants niaient qu'il s'agît de droit commun, c'est-à-dire du gros mot vol. U Intransigeant rappelait les précédents des journaux ministériels :

« Le Temps, disait-il, a publié deux pièces officielles : le rapport de M. Rousseau sur les travaux de Panama et le rapport i;: général Borgnis-Desbordes, destiné à écraser Herbinger au proi.t de Jules Ferry. Le gouvernement ne l'a pas accusé de vol, de délit de droit commun. . . »

D'autres citaient aussi le MjLtin qui avait publié des lettres et iié\-)^.c\ïQs personnelles échangées entre le général et le comte Dillon et n'avait pas été, pour cela, en police correctionnelle.. . .

Ce qu'il y a de sûr, c'est que la citation en police correctionnelle eût son efl'et; et le 5 septembre, les journaux rendaient compte du jugement qui condamnait M. Mermeix, directeur de la Cocarde, à 4 mois de prison pour détournement de documents confidentiels.

Le 5 août, parut le manifeste de Boulangrr t Au Peuple mon seul juge », cité ci-dessus au chapitre de VŒuvre oratoire.

Les audiences de la Ilaute-Cour durèrent du 8 au 14 avril (voy. V Année politique de 1880, p. 154 à 170), et pendant tout ce temps les journaux furent encombrés, à côté des documents servis par l'accusation, de lettres adressées pour démentir les dépositions des témoins ou les assertions du procureur général dont le long réquisitoire est en partie reproduit aux Pièces justificatives de VÀnnée politique, p. 292 à 332. On intitulait des articles € Pluie de démentis >» ; et l'on ferait un gros volume des injures de toutes sortes qui furent lancées au procureur général, surtout par la Cocarde, la Presse et l'Intransigeant. La droite sénatoriale refusa d'assister aux <lernières audiences, puis par 200 voix contre 12. lo Sénat, constitué en Haute Cour de justice, se déclara compétent.

Par 206 voix contre 6, il déclara le général Boulanger coupable d'avoir concerté et formé, de concert avec d'autres personnes, un complot ayant pour but de détruire le gouvernement.

Pai 206 voix contre 6, il déclara le général Boulanger confaihh d'avoir excité les citoyens à s'armer les uns contre les autres, avec cette circonstance que ie complot a été suivi d'actes tendant à en préparer et à en amener l'exécution.

Par 195 voix contre 15, il déclara le général Boulanger coupable d'avoir détourné une somme de 242,000 fr.

Par 199 voix contre 14, il déclara le général ^oiften^'^r coupabled'avoir en diverses circonstances, et notamment le 8 juillet 1887, commis des attentats dans le but de détruire ou de changer le gouvernement de la France.

Enfin par 199 voix contre 6, il refusa au général Boulanger le bénéfice des circonstances atténuantes.

Sur tous les chefs d'accusation, sauf en ce qui concerne le détournement des 242,000 francs, M. Dillon et M. Rochefort furent déclarés coupables au même titre que le général Boulanger.

La condamnation des trois accusés à la déportation dans une enceinte fortifiée, rhaximum de la peine, fut la conséquence du rejet des circonstances atténuantes.

Dès que l'arrêt fut connu, les journaux du 15 le commentèrent à l'envi. Naturellement les ministériels sont transportés de joie :

« La France, dit le Siècle, apprendra avec un véritable soulagement cette conclusion inévitable d'un procès qui était réclamé par la conscience publique. Le réquisitoire de M. le procureur général avait déjà dissipé bien des erreurs. L'arrêt de la haute cour dissipera les derniers doutes. » — « La République s'est réveillée. . . s'écrio la République française, et les voilà au bagne!... » — « Enfin, le peuple se dira, proclame le Mot d'Ordre, que la République n'est plus un gouvernement sans consistance, qu'il est permis d'attaquer impunément, et qu'en résumé il en coûte pour braver les lois et fomenter des rébellions. » — « Ce jugement est un soulagement pour la conscience publique, dit le Parti National, le complot boulangiste était devenu un véritable cauchemar pour ce pays. » — Le Radical va plus loin ; il trouve que la tâche du gouvernement n'est pas finie : « Il faut prendre maintenant, ajoute-t-il, des mesures sérieuses pour que les traîtres ne puissent pas recruter des complices. » — « Ce ne sont pas là des arrêts bien longs, ajoute la Lantcrn"., mais ils sont définitifs, souverains, mortels. Tout peut s'oublier en politique, excepté le mépris. Chez nous — et nous avons le droit d'en être fiers — la honte tue. » — Plus dure encore est la Paix : « Il — le général — ne nous inspire aucun sentiment de commisération ; il a risqué contre la démocratie française une partie qu'il a perdue, malgré l'habileté avec laquelle il avait biseauté les cartes : tant pis pour lui ! Espérons que nous sommes pour longtemps débarrassés de son encombrante personnalité. . . » — Même sévérité dans le Voltaire -. « Les voilà maintenant déchus de leurs hautes espérances. Ils tombent à plat, sans le souvenir des grandes choses tentées', sans la dignité de l'exil, sans la consolation des amitiés fidèles, ayant trompé tout le monde, leurs amis et leurs ennemis, n'ayant été que des rhéteurs vulgaires, sans idées, sans savoir, sans but défini, populaires un jour, flétris

le lendemain, et sans espoir aucun de réhabililallon. •» — Enfla M. Edmond Mugnier écrit dans V Evénement : * Lu Haute Cour a tïiit son devoir. G est maintenant au gouvernement à faire le sien. 11 ne suffit pas que M. Boulanger oM vécu. 11 faut encore que tous >,-« complices dans l'ordre militaire, administratif, judiciaire, reçoiv»^nt le prix de leur collaboration ouverte ou occulte à l'entrepristi .1« l'aspirant dictateur. On doit frapper surtout, sans exception au. une, les hauts coupables. Clémente aux petits, la République doit être implacable envers les grands. ...»

Parmi les boulangistes, Y Intransigeant prodigue les injur» .^ : « Ah ! ces escarp'js vont vite quand il s'agit d'assassiner les gens ! Ils leurs to.'dent le cou en un clin d'œil. En revanch.*, ({uand on leur apporte une loi libérale, ils mettent d'ordinaire trois ans à la débattra, après quoi... ils la repoussent... » — Les autres en appellent au suffrage universeL Pir exemple la Presse : « Une seule chose po;:rrait leur faire trouver grâce à nos yeux, c'est le service immense qu'ils — les sénateurs — viennent de nous rendre. Leur arrêt indigne provoque un hoquet universel. Il détermine en notre faveur ceux ({ui hésitaient encore. Demain, le peuple rendra son v-^rdict souverain. G»* verdict était déjà certain. Les vilenies qui viennent d'être fai'i's rendront le triomphe du Parti républicain national pl.'is immense, plus universel encore. . . » — U Autorité et le Gaulois charaeni 1 1 même note : « 11 est permis de croire, dit ce dernier, que i-^ sulfiage universel, souffleté, saura se souvenir, et que, dans six semaines, lorsque viendra l'heure où il faudra lui laisser la paroi". il dira ce qu'il pense des juges du général Boulanger et des républicains qui l'ont inventé, acclamé et calomnié. S'il trouve la condamnation inique, il punira ceux qui l'ont prononcée ou amenée. S'il la trouve justifiée, il ne pourra considérer les répubhcains que comme les complices ou l^^s dupes du général. . . »

Les neutres disent avec le Soleil -. « Nous avons peine à croire que l'opinion publique ratifie ce jugement, » — et avec le Figaro : « On s'incline respectueusement devant la loi, mais on se jios-i cette question : « Et maintenant, Boulanger viendra-t-il jïurizer sa contumace ?» Le retour du général aurait assurément un côié de crânerie qui ne déplairait à personne. . . »

Les satiriques vont plus loin : La Lanterne (f Ai lequin du 25 avril commence ainsi un article intitulé « Boulanger condamné par le Sénat » : « Se débarrasser j»ar n*impor:e quel moyen de c» (jui les gêne, voilà le principe et la marche des répablicaios, Boulanger les gênait. Ils se sont débarrassés de Boulanger. . . » — Et voy. « Finis coronat oj)us », par Gilbert Martin, dans le D(^n Quichotte, du 3 août; — « Réponse du Berger à la Bergère. ,\ \k\< lu voleur », par Pépin, dans le Grelot du 4 août; — i Trop di' pression », par Géo-Smile. dans la Gri/ff.du 8 août (n" 1), avec une pièce de vers : « Les Boulangeards malades de la veste, par Barbenbois ; — « Changement d'uniforme ». par Gilbert Martin, dans le Don QuichotleAxx 10; — «La revanche» de Jacques », dans le Troupier, n" 97; — < Lâché par les royalistes », par Pépin, dans le Grelot du 1 I août, avec cette légende : « Soml-Geuesl : Picoute Bnulang-*, si je te ramasse, je tombe; si je tombe, tu ne me ramasses pas. Par conséquent, je ip» laiss'î. . . »•, et un article signé Montretout. intitulé • « Le krack de la Boulange »; — « Robert Ma«aire et Bertrand », par Géo-Srcile. dans la Griffe du 15 août (n" 2); avec une chanson de Victor l*ahugo, intitulée « Le

BOULANGliR -U.'^

roi Barbenzingue » ; une proclamation (en vers) du Brav'général à ses électeurs, signée Emile Duval, etc. ; — « Concours de tir », par Tartarius, dans La jeune Garde du 18 août; — ^ Le martyre de Saint-Sébastien, » par Géo-Smile, dans la Griffe du 22 avecles chansons « Le beil œillet rouge », par E. Duval; t Au clair de la lune », par Victor Pahugo ; -— « Adam et Eve », par le mêrre, dans la Griffe du 29, etc., etc.

Voy. encore : « Le général Boulanger devant la Haute-Cour », dans la livraison août-octobre de la Revue des grands procès contemporains.

11. — Sur Vejitrevue du général Boulanger et du comte de Paris à Londres, au commencement d'août, voy. les Coulisses du Boulangismey p. 265 à 269, et les journaux d'octobre 1890 à la suite de cette publication, en par iculier la bttre rectificative de la duchess-î d'Uzès datée du 18 octobre 1890 et reproduite dans les Coulisses, p. 344, 345.

12. — Sur les projets éC extradition du général Boulanger^ à la suite de l'arrêt de la Haute-Cour, voyez les journaux du 15 au 20 août, en particulier une correspondance de Londres dans le Soleil du 19.

En attendant la solution de cette question, on lisait dans les journaux du 23 :

€ Après avoir effacé le général Boulanqer de la toile des panoramas, le gouvernement le chasse des musées de cire. Un commissaire et douze agents ont, en effet, expulsé le général Boulanger de la loge où il était placé au musée Grévin ... »

13. — Sur la réunion du Cirque Fernindo, le 27 août 1889, présidée par le député Laisant, pour protester contre le jugemeut de la Haute-Cour, voy. en particulier le Figaro du 28.

J'extrais ce passage du discours du député Laguerre :

« . . Ce n'est pas en avocat que je me lève. Je me lève en accusateur. J'accuse un gouvernement chassé par le suffrage universel, aidé par des complices déshonorés et tarés ; j'accuse d'indignes ministres d'avoir édifié de toutes pièces un procès monstrueux ; j'accuse un procureur général, pourvu momentanément de ce titre, d'avoir essayé de salir, de perdre dans l'opinion publique 1'^ vaillant soldat de Cochinchine, d'Italie et de Champigny, n'ayant point acheté ses croix, celui-là... »

Cela donne une idée du reste.

14. — Sur la préparation aux élections de septembre, d'après les nouvelles lois relatives au scrutin d'arrondissement et aux candidatures.multiples -, — et sur le sous-titre iViTim niTanfre (c'està-dire ni Boulanger, ni Ferry)^ pris par le journal la Voix, fondé par M. Millerand à la fin d'août, voy tous les journaux d'août et de septembre, et les nombreux articles intitulés : Ni Vun ni Vautre, publiés à ce propos. Voici le début de celui du Soleil, le 22 août, signé Daniel René :

« C'est la formule à la mode. Tout le monde aujourd'hui l'emploie : Ni l'un ni l'autre! Ni ceci, ni cela! Ni M. Jules Ferry, ni le général Boulanger ! Vous voyez ces deux ni placardés sur les murs, arec des portraits et des images. En se séparant de la Jus'

tice pour fonder le journal La Voix, M. Millerand a imaginées nouveau genre déprogramme, le programme ]jar exclusion. Kt jj; dit Millerand, dit Goblet. Ces deux messieurs s'étaient jila s. dans la Chambre finissante, à la tête d'une petite phaian^- cradicaux dissidents et séparatistes qui refusa de verser dans . .; poftunisme en s'associant à toutes les violences dea ferrystes contre le général Boulanger.

t M. Brisson, M. Floquet, M. Clemenceau s'y prêtèrent avec em pressement ; M. Goblet , non. De celte opposition, sont n»'"» journal La Voix et la formule Ni l'un ni l'autre. Mais ces : sieurs sont loin d'être les seuls qui s'en servent et qui aie:, droit de s'en servir. On ne peut même pas dire qu'ils l'aient inventée. Ils avaient, depuis longtem]»s, des précurseurs ; ils ont eu une foule d'imitateurs... »

15. — Sur la candidature des trois condamnés de la Haute- Cour, Boulanger à Montmartre, Rochefort à Belloville et Dillon à Lorient, pour les élections du 22 septembre, voyez, outre ce qu-.j'ai cité de YOEùvre oratoire^ tous les journaux de septembre depuis le 6, et V Année politique de 1889, p. 173 à 210.

Le premier incident est celui du refus de la préfecture <^.^ ' \ Seine de recevoir la déclaration de leurs candidatures, sou* texte qu'ils étaient inéligibles. Voy. à ce sujet l'article de R fort intitulé : c Le coup du désespoir » dans Vlntrafisigeaji! et commençant ainsi : « Nous connaissons maintenant le s de la loi sur les candidatures multiples. Il s'agissait, non poseulement d'empêcher lo général Boulanger de se présenter partout, mais de s'arranger pour qu'il ne pût se présenter nulle part... >• On répondait que le préfet ne pouvait pas être juge des déclarations et qu'au Parlement seul appartient le droit de vérifier l'élection d' ses membres. Le ministère dut accepter cette interprétation c donner des ordres pour que les déclarations fussent reçues si elle^ étaient notifiées par actes extra judiciaires. Le journal le Pam, du G. ayant pubUé cette information, les boulangistes intitulèrent aussitôt leurs articles « La Reculade. >»

A Montmartre, la concentration se fit contre Boulanger sur h' nom de Jofîrin.

Résultats : Boulanger ayant obtenu près de 8000 voix à Paris, contre 5500 recueillies par Joffrin, la commission de recens'^n^^ " annula les voix de Boulanger ei proclama Joffrin élu ; — Roc; se trouva en minorité à Belleville ; — mais Dillon passa à Lo: . ..:. et la commission de recensement du Morbihan adoptant une jurisprudence diflërente de celle de la Seine, le proclama élu. II fut plus tard invalidé. — Sur 390 résultats définitifa au pn ; tour, le 22 septembre, il n'y eut que 22 boulangistes pi:;> a^ I)asser : au scrutin de ballotage du 6 octobre, il y eu eut enco 22, total 44. C'était un échec sérieux après de tais efforts. Le deux lois sur le scrutin d'arrondissement et sur les candidaturei multiples avaient porté leurs fruits.

Il y eut un grand nombre de journaux boulangistes créés ei province à l'occasion de ces élections du 22 septembre. Pour a qui concerne la Bretagne, je citerai en particulier à Lorient, pou] soutenir la candidature Dillon, le Patriote breton, qui vit encore — à Quimper, pour soutenir la candidature Derrien, le Courriei de Quimper, de Conramean et de Douarnenex, qui n'eut qu<

quelques numéros ; — à Brest , pour soutenir la candidature Chevillotte, la Bretagne^ qui vit encore, mais qui n'est aujourd'hui que cléricale.

Quant au flot de dessins satiriques, il monte de plus en plus à cette époque. Je signalerai en particulier :

Avani l'élection. — « L'embarras du 'choix », par Gilbert Martin, dans le Don Quichotte du 25 août, avec la légende : Décide si tu peux, et choisis si tu l'oses (c'est une paraphrase du « Ni l'un ni l'aulre », cité ci-dessus) ; — < Ils ne désarment pas », par Pépin, dans le Grelot du 25 ; — « Pourquoi ils sont boulangistes >, par le même, dans le Gî^elot du l" septembre ; — « Association nationale des boulangistes. Citoyens, voilà le pain qu'ils veulent nous faire manger » , immense dessin dans le Troupier, n° 102 ; — « Le Mannequin », par Géo-Smile, dans la Griffe du 5 septembre, avec une chanson intitulée « Histoire d'un pantin », par Emile Duval ; — <( Le brav' général débarque à Boulogne », par Pépin, dans le Grelot du 15 ; — « Le D^uge », par Géo-Smile, dans la Griffe du 19, avec la légende : « Ils vont laver leur linge sale en famille », et une chanson intitulée « A Portland place », par Emile Duval ; — « L'anniversaire de la première République », immense dessin de Pépin, dans le Grelot du 22, avec la légende : « La chasse est ouverte dans toute la France » ; — « Vive Boulanger », par Paul de Serrant, dans la Bombe du 22, dont le n** du 15 septembre avait été saisi pour un dessin représentant, d'un côté, la Répubhque s'appuyant sur le général Boulanger et écrasant du pied la tête de M. Jules Ferry ; de l'autre, une femme, symbole de la Russie, qui serre la main du général et de la République. Les légendes soit sur les drapeaux, soit au bis de la vignette, étaient ainsi rédigées : « Paix, honneur, force, d'gnité. a 22 septembre 1889. Aux deux grands patriotes Boulanger et Déroulède est dédié ce numéro. »

Et voy. encore « Le trouble fête. Bon appétit messieurs », par Blass, dans le Pilori du 22 septembre.

Après Vélection : — « Saucissons rentrés », dans le Troupier, n" 103 ; — « A bas les voleurs » par Geo-Smile, dans lai Griffe du 26 septembre, avec la légende : « Citoyens tranquillisez- vous, Pandore veille au grain », et une chanson intitulée « Cantique de regrets », par Emile Duval ; — « A bas Ferry, \\vq Boulanger y>, par Paul de Semant, dans la Bombe du 29, qui fut aussitôt saisie à Paris à cause des injures adressées aux ministres Gonstans et Yves Guyot ; — « A la Morgue », étrange dessin de Pépin dans le Grelot du 29, avec un article de Montretout, intitulé « la comédie boulangearde » ; — « A Montmartre » par Blass, dans le Pilori du 6 octobre, avec la légende : « JofTrin, député dâ Gonstans, en tournée chez ses électeurs » ; — « Les derniers sacrements », par Pépin dans le Grelot du6 , — « La Boulange ! moi, je m'assieds dessus » par Géo-Smile dans la Griffe du 3, avec une chanson « Ohé Boulanger » par Emile Duval, et un article « A l'eau Boula?iger » par Pitou ; — « La France électorale », dans le Troupier, n° 104, avec la légende « N, i, ni c'est fini » ; — « un enterrement de première classe, » pa*:- Gôo-Smile, dans la Griffe du 10, avec chanson par Emile Duval ; et article intitulé « Plus le sou » par Pitou; — « Interprétation de la loi électorale » par Pépin, dans le Grelot du 6 décembre, etc.

fJOULANGRK

Parmi les articles des journaux politiques sur les cons»'«|uence8 des élections du 22 septembre et des ballotages du 6 octobre, VAnJiée politique de 1889, (p. 194 à 210) a reproduit les principaux, en particulier ceux de Pb. de Grandiieu (Léon Levadan) dans le Figaro ; d'Ernest Daudet, dans le Petit Moniteur-, d'Arthur M<yf'r dans le Gflulois du 11 octobre ; de Paul Cassagnac dans VAutoriié du 14 octobre, etc.

Et voy. la chanson-complainte : « Grandeur et décadence de Boulanger », mentionnée par la Gazette anecdotique de 1889, II, p. 225.

16. — Sur l'installation du général à Jersey en octobre, laionvo- • Qtion chez lui, le 8 novembre, de 25 députés du parti, le manifeste lancé le 11 novembre, etc., voy. tous les journaux de cette ç])oq\ie. de])uis le 10 octobre, en particulier une interview d'un rédacteur du Matin reproduite par toute la presse le 23 octobre ; ks nombreuses interviews de Chincholle dans le Figaro, V Année politi<jue de 1869, p. 205 à 210, etc. Et voy. la charson comjt'ainte -, « Grandeur et décadence de B... » mentionnée par la Gazette anccdotique de 1889, II, p. 225.

Je relève cet aveu dans l'interview du Malin -.

* Nous avons subi un échec relatif. Nous avons eu tort de croire au succès complet, c'est-à-dire à la conquête immédiate de la majorité Pour ma part, j'avoue que j'y croyais, j'- n étais tout à fait convaincu et mes amis aussi. Si nous avions été plus modeste<, si nous avions faii comme 1' s autrfs partis qui visent à des sucrés progressifs, à des gains de sièges d'une législature à l'autre, eh bien ! nous aurions lieu d'être satisfaits ; car le parti national a gagné des sièges. Seulement, nous avons joué le tout ou rien. Nous avions lieu de croire la partie gagnée après la triple élection du Nord, de la Somme et de la Charente et celle de Paris. N^us étions trop pressés. C'est un échec, mais qui ne subit pas d'échc' s ? Nous avons fait des fautes-, qui n'en commet pas?... »

Pu' s il termine ainsi :

f Mais ne me croyez ni découragé, ni abattu, ni désespéré. J'ai foi dans ma cause. Depuis que nous sommes débarrassés de certains alliages, depuis que l'épuration s'est faite d'elle-même, par élimination spontanée, eh bien ! je crois sentir que bien des sympathies républicaines me reviennent. . . Il faut attendre ; l'épreuve actuelle nous enseigne la patience. Un jour viendra peut-êtrf' on justice sera rendue à mes intentions, où l'on aura besoin de se réfugier dans le parti national, on l'on y verra le salut 1" i • '> publique. . . »

Il y 8 un an de cela. J'imagine que la désillusion est aujourd'hui complète.

Pendant ce temps les journaux satiriques s'en donnaient à (dur joie. Voici : « Plus le sou », par Géo-Smile dans la Griffe, <lu 17 octobre, avec la chanson intitulée t La bande àMangn», par Emile Duval, et l'a, b, c. d, boulangis'te; — < Pauvre exilé sur la terre étrangère », par le même dans la Grifft du 24. avec la chanson intitulée « iJou/an^rr-Dagobert, » par Emile Duval; - « I^e comité national à Jersey », dans le Troupier n" i08 ; — « I>e p'us heureux des trois », dans le Troupier n" 11 1 -, — « Lavage de linge sale en famille », par Pépin, au Grelot du 27; — t La crainte du général ayant fait l'union républicaine... etc. >, dans

le Charivari du 8 novembre -, — « Musée Guimet. . . Qu'apportezvous l>i ? C'est pour compléter notre collection d'idoles anciennes», dans le môme journal du 2 décembre ; — « Ne bougeons plus », série de photographies, par Gilbert Martin, dans le Don Quichotte du 30 novembre, avec pièce de poésie du même titre au sujet des innombrables interviews du général publiées par Chincholle dans le Figaro; — « ^owZang'er dans l'intimité », suite de scènes par Pépin, dans le Grelot du l^'' décembre, sur le môme sujet ; — « Cartes allemandes transparentes », suite de tableaux dans le Troupier ^n^ 113, sur le même sujet; — « Nos souhaits pour 1890 : ni Tun ni l'autre, » par Pépin, dans le Grelol du 29 décembre ; — « Liquidation de fin d'année », par le môme, dans le Grelot du 5 janvier 1890, etc.

Au sujet des interviews du général par ChinchoUe à Jersey, voy. aussi « Dernière ballade », par Jean de Nivelle, au Soleil du 27 novembre :

Chincholle, ami du reportage, S'est mis en route, sans retard, Ayant, pour copain de voyage, Le fils aîné du grand Nadar. . .

Or Boulanger, passant devant lui la revue de ses partisans, s'exprime ainsi :

« Mermeii est grand, très grand ; sa taille Dépasse les plus hauts sommets.

Naquet, moins fait pour la bataille, Gronde sous sa tignasse ; mais,

« S'il en est un qui rien ne cède Et marchant toujours dague au poing, C'est le barde Paul Déroulède, Enveloppé dans son pourpoint I . . .

c Et Laguerre, le néophyte, Dans sa redingote sans plis, Sur ses épaules de lévite, Cherche les ailes d'un surplis,

c Je ne pare roint des comparses, Marchant avec foi, daLS le rang, Dont les silhouettes éparses Emboîtent mon pas conquérant;

c Ils sont tous remplis de leur rôle, tous, gens sans crainte et sans émoi, Tous énormes! Mais c'est Chincholle, Le plus grand de tous... après moi. »

17. — Sur la séance de la chambre des députés du 10 décembre concluant à la validation de Vélection Joffrin par 5 500 voix en annulant les 8 000 voix Boulanger^ voy. les discours prononcés par MM. Laguefre, Lévêque, Laisant, Brisson, Pelletan, Maujan, etc., au Journal officiel du H, et tous les journaux du 11, en particulier le Soleil qui disait :

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