‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonneChapitre 8 sur 33 · VII. — Georges-Ernest Jean-Marie Boulanger, n4 à La · texte numérisé non relu

VII. — Georges-Ernest Jean-Marie Boulanger, n4 à La

Calliorne, paroisse de Si-Hélier, commune de Rennes, le 29 avril 1837 (les gens superstitieux remarqueront cette coïncidence de la paroisse de St-Hélier à l'a et l'o) de la carrière du généial, à Rennes et à Jersey), —fils d'Ernest-Jean-Rosalie Boulanger^ (31 ans, avoué, puis inspecteur de la compaonie d'assurances La Bretagne^ à Nantes, et agent d'affaires à Paris, — voy. sur lui Drumont, La Dernière Bataille, long et intéressant article reproduit par \di Gazette anecdotique de 1890, I, 136 et 138) et de Mary- Anne Webb Griffitli, (2G ans, d'origine américaine), — élève du lycée de Nantes, puis de l'école de Saint-Gyr le 17 janvier 1855 ; sous-lieutenant au l^'" régiment de tirailleurs algériens en 1856, fit la campagne d'Italie et fut blessé à Turbigo ; »fi» le 17 juin 1859. Lieutenant le 28 mars 186.0, il fit la campagne de laCochinchine, fut blessé au combat de Trai-Dan le 20 avril 1861, nommé capitaine en 1862 et détaché comme capitaine instructeur à St-Cyr en 1866. Chef de bataillon le 17 juillet 1870, lieutenant-colonel au siège de Paris le 9 novembre, blessé à Champigny, 0 »fif le 8 décembre, colonel en 1871, blessé le 9A mai à la rentrée des troupes dans Paris, il fut replacé lieutenant-colonel par la Commission de révision des grades Colonel au 133* de ligne à Belley, en 1874, G^'n^ral de brigade le 4 mai 1880, il fut nommé en 18S1 chef de la mission militaire ûkargée de représenter la France aux fêtes du Centenaire des Etatg-Unis, et, à son retour, directeur de l'infanterie au ministère de la guerre, le 17 avril 1882. Général de division le 18 février 1884, commandant en chef de l'armée d'occupation en Tunisie, il en fut rappelé en juillet 1885 à la suite de violents dissentiments avec le résident général, M. Cambon. Ministre de la guerre dans le cabinet Freycinet le 7 janvier 1886^ G. 0 ft le 14 juillet, il donna sa démission avec le cabinet Freycinet en décembre, et fut conservé ministre de la guerre dans le cabinet Goblet le 11 décembre 1886. Tombé avec le cabinet Goblet en mai 1887, il ne fut pas rétabli dans le cabinet Rouvier, et fut nommé commandant du XIII* corps d'armée à Glermont-Ferrand le 29 juin 1887. Ce départ fut considéré comme un exil par ses partisans qui créèrent alors le Boulangisme et rêvèrent sa dictature. Frappé de 30 jours d'arrêts en octobre 1887, à la suite d'interwiews compromettantes, mis en non-activité d'emploi le 15 mars 1888, pour n'avoir pas suffisamment résisté à des candidatures législatives, traduit devant un conseil d'enquête le 26 mars, îe lendemain de son élection, comme député de la Dordogne, admis d'office à la retraite comme convaincu d'indiscipline, à la suite de ce conseil d'enquête, il fut élu le 15 avril député du ^ord, et opta pour ce dernier département. Démissionnaire le 12 juillet après une séance orageuse, d'où résulta un duel avec M. Floquet qui le blessa grièvement, il fut élu simultanément, le 19 août, député de la Somme, de la Charente-Inférieure et du Nord^ et opta encore pour le Nord. Elu député de Paris, le 27 janvier 1889, il se trouvait à même de renverser le gouvernement et d'exécuter, s'il l'avait "oulu, un 18 brumaire, lorsque sur le bruit de son arrestation prochaine, il prit la fuite le 31 mars 1889 et se réfugia en Belgique avec MM. Dillon et Rochefort. Tous les trois, traduits devant le Sénat, transformé en Haute-Cour de justice, furent condamnés par contumace, le 14 août 1889, à la déportation dans

une enceinte fortifiée : ce qui ne l'empêcha pas de se présente aux élections générales à Paris le 22 septembre, pour le quartier de Montmartre. Il recueillit près de 8000 voix, mais elles lur-ai annulées, et son concurrent, M. JofTrin qui n'en avait obtenu jue 5000, fut proclamé é.u, et validé par la Chambre. A la guitn il- res événements, les élections municipales de Paris coniirmèreni i>ffondrement du parti boulangisle qu'acheva la publication, de juillet à octobre, des Coulisses du Boulangisme, et le général vit maintenant très retiré dans la villa de Saint-Brelade à Jersey.

La fille aînée du général Boulanger, Henriette^ est entrée en rehgion aux carméUtes ea octobre 1887.

Sa fille cdidGiie^ Marcelle, a épousé le 29 octobre 1888, le capitaine Drianl.

La sœur du général a épousé Louis-Marie-Gaspard Le Prédour de Kerambriec, inspecteur général de la marine à Lorient, dont un fils et une fille qui a épousé M^^^ Vogelsang, avoué à Lorient.

Le général avait eu un frère aîné qui s'était engagé dans l'infanterie de marine, se conduisit assez mal et mourut jeune en pays étranger. Les mauvais plaisants prétendirent en 1886 que le célèbre assassin Campi, dont on n'a jamais su le nom, était précisément le frère de Boulanger (Voy. le Dossier du général Boulanger par un curieux, p. 93 à 97). Le Figaro du 14 lévrier 1886 démentant cette attribution, commit une grosse erreur en disant que le seul frère du général était le directeur général de l'enregistrement des domaines et du timbre au ministère de» finances. Ce directeur de l'enregistrement, aujourd'hui sénateur, est un homonyme sans aucune parenté avec le général.

Victime d'une ambition qui n'était pas au service d'un caractère suffisamment trempé, le général Boulanger a, pendant quatre ans, hypnotisé les trois quarts des Français : et il n'a tenu qu'à lui de saisir le pouvoir ; dans la nuit du 27 au 28 février 1889, il n'eût trouvé devant lui aucune résisiance : mais il n'était point de la taille d'un Bonaparte et sa chute fut aussi éclatante r.t plus rapide encore que son élévation. Ce qui a été gaspillé d'encre à son sujet dépasse tout ce qu'on peut imaginer. Je n'ai pas la prétention d'avoir tout retrouvé, mais j'en citerai, je pense, assez, pour que nos petits neveux aient une idée exacte de l'afTolement de leurs pères, de 1886 à 1890.

Page 1