Toast au banquet Ghevreul, le 31 août
Tronqué dans le Figaro du 1" septembre et reproduit plus exactement et avec commentaires dans la Lanterne du 3, il est assez court pour que je le reproduise :
f Messieurs, dit-il, l'armée prend sa part de toutes les joies comme de toutes les douleurs de la Patrie. Permettez-moi en son nom de saluer non seulement le grand savant, mais le patriote, qui aux heures sombres de 1871, protesta avec une indignation éloquente contre le bombardement de Paris et de ses richesses scientifiques. »
Ces quelques mots, dits d'uno voix vibrante et un peu émue, produisent un effet très grand, et trois salves d'applaudissements et de nombreux cris de : « [Vive la France I » soulignent cetto évocation io l'année terrible. {Matin du i^' septembre).
29. — Discours prononcé à Libourne, le 17 septembre 1886, pour la clôture des grandes manœuvres du 18* corpn d'armée.
Il fut assez difTicile d'établir le texte exact de ce discours, et de vives polémiques eurent lieu dans les journaux au sujet de U première version donnée par le Soleil.
c Le gf'néral Boulanger, disait ce journal, a félicité le i8«»corpi d'avoir un chef aussi éminent que le général Cornât, et a prononce des paroles extrêmement belliqurîuses « Nous pouvons enfin, a-til dir, renoncer à la triste politique défensive. La France doit désormais suivre hautement la politique offensive. »
Le soir même, le Temps opposait à ce récit un démenti forme et le ministre de la guerre faisait publier par V Agence Havas uni note ainsi conçue :
« Le journal le Soleil dans ses dernières nouvelles, fait tenii au minisirb de la guerre les paroles suivantes, qu'il aurait prO' noncées aux manœuvres du 18® corps : « Nous pouvons enfin aurait-il dir, renoncer à la triste politique défensive ; la Fran< doit désormais suivre hautement la politique offensive. » Nou sommes autorisés à donner le démenti le plus formel à cette nou velle qui n'est qu'une indigne calomnie.
< Le ministre de la guerre, à la suitedes manœuvres, a témoign aux généraux et aux olficiers sous leurs ordres toute sasatisfactioi Il a insisté sur les heureux résultats obtenus par l'application d« nouveaux règlements qui substituen' à la tactique défensive dan les opérations de guerre, la tactique offensive plus en rapport ave notre caractère national. »
En présence de ces démentis, le Soleil demania par dépêche son correspondant si on n'aurait pas mal irtterprété son téU gramme. Voici la réponse qu'il reçut -.
f Bordeaux, le 18 septembre, 9 h. 40. — Je confirme absolu* ment ma dépêche d'hier sur paroles Boulanger. Ministre a di textuellement : c // est temps d'abandonner cette satanfe politique défensive et adopter politique off-'nsive. » Dans ces parole aucunement question tactique ou stratégie. Grand élonn»»men officiers présents au déjeuner Pouvez démentir affirmation journi Temps et interprétations dépêches officieuses. »
A cette affirmation le général Boulanger répliqua par une se conde note de ['Agence Uavas :
f Le corresponiant anonyme du Soleil maintient dans un dépêche datée d'aujourd'hui ses allégations d'hier...
< Au déjeuner, le ministre n'a fait que porter un toast au souverains étrangers en réponse au toast au président de la Ré publique française.
f C'est sur le terrain, après les manœ Avres, que le généi Boulanger, en faisant la critique des opérations, a félicité le g^ néral commandant le i8' corp«» d'avoir compris qu'il fallait abar donner de plus en plus, dans les manœuvres, la tactique o(fei sive, à laquelle se prête ni biea le caractère du soldat français.
« Le ministre avait fait inviter les attachés militaires étran*fers (qui, par discrétion, se tenaient à l'écart), à assister à la critique des opérations. Il tombe sous le sens que ce n'est pas en leur présence qu'il aurait pu tenir le propos. . . qui lui a été prêté. »
Le Soleil répliqua :
c Je viens de lire le démenti officieux de l'Agence Havas. Il est absolument ridicule. En relatant les paroles prononcées devant vingt officiers étrangers dont un général et plusieurs olficiers anglais, un colonel autrichien, le baron de Hubner, fils de l'ancien ambassadeur, nous n'avons commis aucune indiscrétion. Les gouvernements étrangers ont été évidemment informés par leurs représentants et non par nous.
« Quant aux paroles textuelles prononcées par le général Boulanger, je les maintiens absolument. . . »
Il fallut l'intervention des correspondants de la République française, du Temps et de la GiroJide pour clore l'incident. Les démentis officiels n'auraient pas sulfî; c'est M. Ranc lui-même qui le déclarait dans \e Matin du 23 septembre. — El voyez la Patrie du 19. — Wllist patriotique (p. 1398 à 1404), voit dans cet incident un complot orléaniste pour déconsidérer le général et provoquer sa chute.
Et voy. l'ouvrage suivant de Monlalcone et Castelin : — La première bataille franco-allemande, le 1 8 août 18.., réponse à la brochure : Die erste Schlacht im Zak^nfiskriege, par le général ... ; commentaires sur la prochaine guerre ; théories tactiques du général Boulanger. — Paris^ Dentu, 1887, in-8, iv-72 p. et carte.
30. — Toast prononcé le 23 septembre à la réception officielle des missions étrangères au cercle militaire, — publié, d'après les journaux militaires, au recueil des Discours^ p. 109; et dansl'His^ patriot., i^. 1408 à 1410.
Voyez en particulier le Figaro du 24 septembre, avec la réponse du général Feldman..
31. — Discours prononcé à Rambouillet le 4 novembre 18«6, pour la prise de possession de l'orphelinat militaire fondé par le commandant Hériot ; — publié in extenso dans la biographie Lermina., dans le recueil des Discours, p. 411 à 117, etdansl'/fis^pafnoi., p. 1429, 1430.
Voyez en particuHer la Patrie du 6 novembre 1886.
32. — Discours prononcé à l'Hippodrome le 14 novembre 1886, pour la grande fête annuelle de l'Association des sociétés de gymnastique de France ; — reproduit in extenso dans le Moniteur officiel de la gymnastique et de l'escrime, du 20 novembre, qui l'appelle « un admirable discours » ; dans le recueil des Discours, p. 117 à 121 ; dans les biographies Barhou, Lermina et Chincholle, et dans l'Hist. patriot., p. 1437 à 14^i0.
Voyez en particulier à son sujet l'article signé C. Chincholle. sous le titre : < Le général Boulanger dans l'arène », dans le Figaro du 15 novembre ; le Gaulois du 15, sous le titre : « le gé-
néraX Boulanger à l'Hippodrome »; la Patrie, du. 16, etc.. Paix trouve le discours irr«Sprochable ; et le Temps^ qui avait craint quelque écart, esquisse un portrait dont je veux conserver ici les traits principaux, car il est là tout à fait perdu :
M II a l'entrain, la confiance, la bonne humeur quiil faut en France à un chef d'armée ; il a aussi l'activit*, l'ardeur môme qu'exige la mise en mouvement do cette vaste machine ; enfin il a la rare bonne fortune d être l'enfant gâté des homme» et des journaux qui sont les ennemis naturels et classiques de tous les militaires dignes de co nom.
€ Il lui manquait jusqu'ici l'esprit de suite et le sang-froid dans les desseins, le dédain des succès trop faciles que la politique lui olfrait aux dépens du patriotisme, udo promiscuité par trop affichée avec certaines opinions, au risque de provoquer l'hostilité de certaines autres et d'amener par conséquent la division dans un ordre d'idées oi^i l'union est si nécessaire.
c II avait, enfin, une tendance à se tailler une situation et une popularii<5 personnelles en dehors du gouvernement dont il fait partie. Mais aujourd'hui, etc. . . »
Un des principaux fragments de ce discours a été reproduit en fao simile authographique, sous le titre c Peuple et patrie i, en tôte de V Histoire patriotique du général par Morphy.
33. — Discolirs à la garde républicaine, le 11 décembre 1886, pour l'inauguration de la salle d'honneur, — publié d'après le Journal Officiel, au recueil des Discours, p. 123, 124.
34. — Discours prononcé à la Sorbonne, le 26 décembre 1886, en présidant la distribution des récompenses à la Société française de sauvetage, — publié d'après le Journal officiel, dans le recueil des Discours, p. 123, 124 ; et dans Vllist. patriot., p. 14 i4; (dernier des discours publiés dan>* la biographie termina),
Voy. en particulier, sur ce discours. Georges Grison, au Figaro du 27 ; Dugué de la Fauconnerie, au Gaulois ; la. Patrie du 28, etc. Voici la revue de la presse par le Figaro du 28 :
< Le discours du général Boulanger a fait la hausse à la Bourse. Cette appréciation de la confiance publique me dispense de citer vingt confrères qui ont trouvé à la fois patriotique et rassurante l'allocution prononcée à la Sorbonne. Et puis, des compliments, est-ce bien intéressant? Tandis qu'une critique est plus piquante à lire. Or, les Débats, la République française et le Temps s'offrent ce régal de gourmet.
« On ne reproche pas au ministre de la guerre d'avoir bien parlé ; seulement, les Débats trouvent qu'il parle trop, après avoir trop écrit jadis ; la République française demande si le ministre de l'intérieur passe des revues pendant que le ministre de la guerre fait des speechs politiques; et le Temps cherche quelle est la plus grosse imprudence commise, non au dehors, mais au dedans. — « C'est, dit-il, l'importance démesurée qu'on a laissé prendre dans le précédent cabinet et qu'on laisse prendre,
semble- t-il, encore davantage dans le nouveau à la personnalité du général Boulanger ; on l'a vu ministre des affaires étrangères, ministre de l'intérieur, le voilà maintenant président du conseil. Non seulement il parle, ce qui est trop, mais il est le seul à parler, ce qui n'est pas assez. Le danger n'est pa^ dans ce qu'il dit, mais dans la licence qu'on lui donne de le dire, lui, quand il a des collègues dont c'est le rôle et un chef dont c'est le droit. Il est du gouvernement, et nous en sommes ravis, car il passe pour avoir la passion et le sens de la fonction technique qu'il est chargé d'y remplir, mais il n'est pas le gouvernement. »
« Ce qui est curieux à remarquer dans cette attitude de la presse, c'est que les seuls républicains modérés prennent vis-àvis du général Boulanger une attitude sinon hostile, au moins aigre-douce. Les radicaux, les autres républicains et nombre de conservateurs ne veulent voir en lui que le chef de l'Arméo, le défenseur de nos frontières. Ainsi, le Paris, le Pays et la Lari" terne se rencontrent une fois par hasard, couvrant de fleurs le ministre ; cette coaUtion fortuite vaut d'être signalée. »
35. — Discours prononcés à la Chambre des Députés en décembre 1886, pour défendre le budget du ministère de la guerre et combattre les amendements présentés au budget de 1887, — reproduits dans l'His^ pafrlo^, p. 1454 à 1468.
36. — Ordre du jour à l'armée, daté du 30 mai 1887, en quittant le ministère de la guerre lois de la chute du cabinet Goblet, — publié d'après le Jourval officiel du 1" juin, dans le recueil des Discours, p. 129.
Cet ordre du jour se terminait par une phrase qui a été depuis ppposée plus d'une fois au célèbre révolté : « Jh serai le premier à vous donner l'exemple de cette double discipline militaire et répubUcaine. »
37. — Ordre du jour aux troupes du 13' corps d'armée, en prenant possession de son commandement le 10 juillet
38. — Discours prononcés à Glermont-Ferrand, lors de sa réception le 10 juillet 1887 ; en particulier au maire, à M. Ballière président du comité d'organisation des fêtes de la réception, etc., — publiés dans les journaux de Glermont ; et depuis dans VHistoire populaire du général, par Fernand de Jupilles, p. 58 à 61.
39. — Discours prononcé à Riom, le 4 septembre 1887, à la distribution des récompenses de la Société de gymnastique la Riomaise, — publié d'après les journaux du Puy-de-Dôme, au recueil des Discours, p. 131 à 134 (c'est le dernier de ce recueil).
La plupart des discours qui précèdent furent peu après réunis en brochure sous le titre :
40. — Les discours du général Boulanger depuis le 5 août 1881 jusqu'au 4 septembre 1887. — Paris, Agence Périnet, 1887, in-18 de ij-143 p.
Ce qui précède montre que ce recueil est assez incomplet au point de vue des discours. En revanche il contient aussi les deux rapporta sur la mission aux Elals-Unis (voy. ci-dessous au chapitre des Lettres), des comptes rendus de journaux américains, et quelques circulaires administratives.
On a ensuite :
41. — Discours ou allocution aux officiers du 4 3* corpi après la rt^vue des grandes manœuvres près la gare de St- Galmier, le 18 septembre iSHl ; — reproduit deiUgJupiUes p. 66, 67.
C'est là que se trouve la célèbre phrase : « Vctre objectif choisi, fondez sur lui comme le sanglier. Il n'y a pas de troupe qi: tienne devant le Français emballé. »
42. — Allocution au café Helder, à Clermont, le 27 septembre 1887, lors de la réception des officiers des 38' et 02* de ligne par les officiers de la garnison de Clermont, — publie par les journaux de Clermont et reproduite ea fragments dans Jupilles, p. 68.
43. — Ordre du jour adressé aux troupes du < 3* corps après le décret du 14 mars 1888 qui le place en noa-activito
44. — Proclamation aux électeurs de l'Aisne, en date du 27, mars 1888 (pour les reméricer de lui avoir donné 45089 voix le 25, bien qu'il n'eût pas posé sa candidature, et pour déclarei qu'il ne se [-résenterait pas au scrutin de ballotage, le 8 avril), — publiée après tous les journaux du temps dans l'ouvrage de Maxime Lecomte intitulé le Boulangisme dans le Nord, p 22, 23 ; dans VAnnée ftoliiique de Daniel, i888, p. 74, 75, et dans la Foire boulangiste, par J. Reinach, p. 176, 177.
L'Agence libre^ qui la publia la première, ajoutait :
f Le général Boulanger ne sera point candidat dans l'Aude et dans la Dordogne aux élections du 8 avril, les délégués ayant déjà fait leur choix et le général, comme ses omis, entendant rester fidèle à la discipline républicaine. Le général sera candidat le 15 avril dans le département du Nord et il en avisera les électeurs par un manifes'.e qui paraîtra dès demain. **
Cela ne l'empêcha point de recueillir encore, le 8 avril, 11611 voix dans l'Aude, et d'être élu dans ia Dordogne.
Sur cUle proclamation, voyez l'article de J. Reinach. daté (i . 29 murs, intitulé : m. Républiq^ue ou Dictaluie • publié dans i& Jiépubliquê française et reproduit dans la Foire boulangiste, p. 176 à 180.
45. — Manifeste aux électeurs du Nord, daté du 27 mars 1888 (pour poser sa candidature a l'élection législative du 15 avril), — reproduit, après tous les jouruàux du 28 mare
au 1" avril, dans le Boulangisme dans le Nord, p. 24 à 26, et dans l'Année politique de Daniel, 1888, p. 74 à 76.
Le début d** ce manifeste fit grand bruit :
« Electeurs du Nord, en me permettant de me présenter à vos suffrages, le gouvernement semble avoir voulu provoquer lui-même une manifestation sur sa politique.
« J'accepte, pour ma part, ce rendez-vous donné à tous, devant le suffrage universel.
«... Vous êtes appelés à décider s'il est possible, à une grande nation comme la nôtre, d'accorder sa confiance à des hommes qui s'imaginent naïvement supprimer la guerre en supprimant la défense. »
Voy en particulier sur ce sujet un article de Tony Révillon dans le Radical. — Le journal V Intransigeant publia le manifeste en inscrivant en grosses lettres en tête de première page : « Le général Boulanger aux Electeurs du Nord » — Voy. sur cette proclamation l'article de J. Reinach, daté du 31 mars, publié dans la Hépuhlique française ec reproduit dans la Foire houlangiste, p. 180 à 190.
46. — Proclamation aux électeurs de la Dordogne, datée du 9 avril 1888 (pour les remercier de l'avoir élu député le 8, bien qu'il n'eût pas posé sa candidature). — reproduite, après tous les journaux du temps, dans le Bonlangisme dans le Nord^ p. 33, 34, et dans l'Année politique de Daniel, 1888, p. 118, 119, qui constate l*allure tout impériale de ce document.
L'élection avait été enlevée par une proclamation signée Georges Thiébaud, qui reproduisait des passages du manifeste aux électeurs du Nord (voy. ibid., p. 31 à 33*. Quelques jours après, le 14, veille du vote dans le Nord, le jrénéral adressa sa démission au président de la Chambre, optant d'avance pour ce dernier département (voy. V Intransigeant du 16 avril).
47. — Remerciements aux électeurs du Nord après Télection du 1 5 avril, par 172796 suffrages, — reproduit après tous les journaux du temps, dans le Boulangisme dans le Nord, p. 239, 240, et dans VAnnée politique, de Daniel, 1888, p. 121, 122.
« La journée du 15 avril marquera pour le pays la date d'une véritable délivrance » Cette phrase par laquelle débute la lettre de remerciements, sulfîrait à indiquer le véritable caractère de l'élection. On s'est précipité derrière le général Boulanger, parce qu'il avait promis de débarrasser le pays de l'oligarchie de politiciens qui l'oppriment depuis si longtemps. Comment ? Il ne l'a pas dit ; mais au moins il indiquait le but, s'il n'indiquait pas les moyens. Et puisqu'il était seul à indiquer le but, on est allé à lui. »{Soleil du 27 avril).
48. — Discours prononcé au banquet boulangiste du caté Riche, le 27 avril 1888, pour fêter son élection du Nord, —