Dénonciation par le sieur J.-M
Dubreuil de deux gardes du corps qui, arrêtés au coin de la rue Saint-Nicaise, près de l'hôtel de Goigny, discouraient en allemand, l'un d'eux ayant dit qu'il allait acheter le journal qu'on criait afin de passer pour des patriotes, l'autre ayant répondu : « C'est égal, si nous sommes réformés, notre camarade, cy-devant brigadier des gardes du corps, fera toujours sauter la salle de l'Assemblée. »
30 mai 1792.
Original signé, A. A7., D III 235.
231. — Déclaration du sieur Houtin de Craon, ancien garde du Roi, portant que, le mardi 20, il avait été mis en faction avec l'un de ses camarades dans la cour des Princes, à l'escalier des appartements de la Reine, avec consigne de ne laisser passer que des chevaliers de Saint-Louis ou des cordons bleus et rouges, et que, le soir, on leur avait donné une paye supplémentaire de 10 sols, qui avait été refusée par plusieurs d'entre eux, aussi que, le lendemain, M. de Brissac avait dit que ceux qui refusaient cet argent n'aimaient pas leur Roi.
30 mai 1792.
Original signé, A. N., D III 235.
232. — Dénonciation faite au Comité de surveillance de l'Assemblée, par les sieurs Jean-Jacques Petit et Jean -Louis Monnoye, polisseurs en acier, embauchés à 3 livres par jour par MM. Cappy, officier de paix, et Buob, juge de paix, pour huer à l'Assemblée nationale les députés patriotes, distribuer et laisser tomber aux Tuileries, au Palais-Royal et autres endroits publics certains libelles, notamment la Correspondance de MM. de Montmorin et Bertrand sur le Comité autrichien, enfin pour se trouver à la chapelle du Roi et crier sur son passage : Vivent le Roi, la Reine et les princes français, les mêmes déclarant qu'il y avait dans le moment actuel quantité d'affiches incendiaires
contre l'Assemblée nationale, et qu'il s'ourdissait des trames criminelles contre l'Assemblée.
(Mai 1792.) Original signé, A. N., D III 235.
233. — Déclaration du sieur Bonneserre, grenadier-gendarme auprès de l'Assemblée nationale, rapportant une conversation en italien tenue par cinq particuliers sous les arbres du jardin des Tuileries, presqu'en face l'escalier du passage des Feuillants, lesquels auraient dit qu'il serait facile de faire sauter l'Assemblée en mettant des barriques de poudre dans les caves du sieur Parent, Suisse et traiteur, et que cette opération aurait pour effet de détruire 7 à 800 mauvais sujets.
1er juin 1792.
Original signé, A. N., D III 235.
234. — Déclaration du sieur Bedrunne, ancien officier du comte d'Artois, au Comité de surveillance, rapportant une conversation par lui entendue à Bruxelles, entre la princesse de Brionne et un évôque français, de laquelle il résultait que le Roi avait un parti formidable à Paris, qu'une révolution se produirait au premier jour, « qu'il n'y avait que ces coquins de jacobins qu'on ne pouvait pas gagner, mais qu'on réduirait par la force », et indiquant un plan de campagne à suivre en Belgique contre les Autrichiens.
1er juin 1792.
Original signé, A. N., D III 235.
235. — Lettre des administrateurs du Département de Police à M. Basire, membre du Comité de surveillance, lui adressant un extrait de lettres envoyées au maire de Paris, du 27 mai au 1er juin : 1° par les officiers municipaux de La Flèche, l'avisant du départ de l'abbé Franche, très suspect, pour Paris, sous un déguisement de garde national, devant descendre chez l'abbé Dubois, maître de pension, quartier de Ménilmontant ; 2° par le sieur Duchesne, citoyen d'Anse près de Villefranche, au sujet d'assemblées de gens qui, au premier signal, prendront les armes pour égorger les patriotes ; 3° par la Société des Amis de la