CHAPITRE i«\ — POLICE ET ESPRIT PURL1C
Constitution de Saint-Jean-d'Angely, envoyant le signalement des sieurs Antoine Valentin, ancien maire, et Charles Chartenet-Laferrière, qui venaient de partir pour la capitale ; 4° par les officiers municipaux de Vferneu.il (Eure), annonçant l'arrestation de trois jeunes suspects, porteurs d'un écrit mentionnant leur recrutement pour la compagnie de M. Blanchard, 102e régiment, rue Neuve- Sainte-Geneviève, afin de savoir si ce ne serait pas un embaucheur pour les émigrés; 5° par M. Lulier, signalant le retour à Paris de M. de Villarnois, ancien maître des requêtes, émigré, qui vit dans l'intimité de Du Rozoy et va souvent chez le Roi, et relatant les propos menaçants de son domestique; 6° par le maire d'Alençon, l'instruisant des demandes de passeports pour Paris par des prêtres déguisés; 7° par les officiers municipaux de Pinsac près Souillac, dénonçant le départ pour Paris de plusieurs individus, avec le dessein d'entrer dans la garde du Roi.
6 juin 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F7 4590.
236. — Lettre des administrateurs du Département de Police à M. Basire, membre du Comité de surveillance, adressant un extrait de lettres envoyées, du 23 mai au 1er juin, au maire de Paris : 1° par les officiers municipaux du Château, dans l'Ile d'Oloron, invitant à surveiller le sieur Henri Lacarre, capitaine de la garde nationale de leur ville, connu pour son incivisme et réfugié à Paris, ainsi que son beau-frère, le sieur Germain ; 2° parle sieur Rigault, secrétaire du district de Beauvais, signalant le départ pour Paris de presque tous les prêtres réfractaires de Beauvais ; 3° par M. Fresneau, commandant de bataillon à Saint-Dyé-sur-Loire, déclarant que le rendez-vous des officiers déserteurs n'était plus à Coblentz, mais à Paris; 4° par Anaxagoras Chaumette, avisant M. Pétion de la découverte d'un complot affreux pour enlever de nuit et massacrer les patriotes en mettant en mouvement de faux juges de paix et de fausse garde nationale, et signalant la présence de nom-
breux prêtres et de chevaliers de Saint- Louis dans l'enclos des Chartreux; 5° par François-Joseph Legros, détenu de Bicêlre, faisant connaître la sortie de Raymond Chabrit, l'un des chefs des brigands d'Arles et d'Avignon, réfugié chez un sieur Fondgravier, rue Vivienne, très aristocrate.
8 juin 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F7 4590.
237. — Lettre des administrateurs du Département de Police à M. Basire, membre du Comité de surveillance, lui envoyant un extrait de différentes dénonciations adressées au maire de Paris, du 30 mai au 3 juin : 1° par le sieur Dauphigny, de l'Imprimerie nationale, au sujet d'une commande de 5,000 sabres de cavalerie à M. Rabaud, fourbisseur, rue de la Huchette; 2° par le sieur Charles Donat, sous-officier invalide à Tours, au sujet de l'affluence à Paris des escrocs et bandits de tout le royaume; 3° par la femme Monvoisin, ayant repassé une cravate avec emblème séditieux, dont elle donne la description ; 4° par M. Toublanc, commissaire de police, au sujet de rassemblements clandestins dans l'Ile Saint- Louis; 5° par le sieur Guérin, de Marseille, dénonçant divers individus très suspects et très dangereux de cette ville, liés avec le sieur Jean-François Lieutaud, ancien commandant de la garde nationale, qui se sont rendus à Paris.
10 juin 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F7 4590
238. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, lui adressant un extrait des déclarations faites par les sieurs Alexandre Nicolas et Auguste-Edme-Marie Blondeau, frères, graveurs, auxquels un sieur Mesnil, limonadier, déjà compromis dans une affaire de faux assignats, avait proposé de lui graver une planche propre à la fabrication des petits billets de 8 sols en parchemin de la Maison de secours.
13 juin 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F7 4590.
DÉNONCIATIONS ADRESSÉES AU MAIRE UK PARIS, etc.
239. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant l'extrait de 9 lettres ou notes adressées tant au maire qu'au Département de Police : 1° le 6 juin, par un particulier du département de Seineet-Marne, qui se plaint de la cherté excessive du pain et déclare que ses concitoyens partiront pour Paris, afin de se joindre à leurs frères du Faubourg Saint- Antoine et de renverser l'Assemblée nationale; 2° le 2 juin, par la Société des Amis de la Constitution de Nogaro; 3° le 4 juin, par les officiers municipaux de Cognac, annonçant le départ de malintentionnés pour Paris ; 4° le 4 juin, par un patriote, qui envoie copie d'une lettre au Roi, le prévenant que ses jours sont en danger et l'engageant à se retirer à Fontainebleau ou Compiègne ; 5° le 4 juin, par la Société des Amis de la Constitution de Montpellier, dénonçant des suspects d'émigration ; 6° le 4 juin, par M. Justy, juge de paix de Castres, révélant un complot tramé dans le pays; 7° le 3 juin, par M. Guérin, citoyen de Marseille, signalant les mauvais sujets de cette ville partis pour Paris afin d'y opérer une contre-révolution; 8° en juin, par la commune d'Arles, avisant la municipalité de Paris de la retraite dans la capitale des chefs de la faction des Chiffonniers ; 9° le 9 juin, par les officiers municipaux de Mortagne au sujet d'ennemis de la Révolution, émigrés de leur ville à Paris.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. .V., F7 4590.
240. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance , faisant passer l'extrait de lettres adressées, en juin 1792, tant au maire de Paris qu'aux administrateurs de Police : 1° par les Amis de la Constitution de Montréal, envoyant la liste de personnes émigrées de cette ville, la plupart officiers, qu'on suppose réfugiées à Paris; 2° par un anonyme de Bordeaux qui, d'après des lettres interceptées à Bayonne, révèle l'existence d'un complot contre la Constitution, devant éclater au mois d'août, et mentionne les efforts des
T. VI
ministres et clubs jacobites de Paris pour soulever le peuple et les sans-culottes des faubourgs contre le château des Tuileries; 3° par les Amis de la Constitution de Montauban, qui recommandent à la surveillance du maire de Paris le sieur Goudaille, ci-devant Cieurac, leur ancien maire, scélérat très dangereux pour la chose publique, promoteur des crimes commis à Montauban, le 16 mai 1790, et fort lié avec Royou, dans le journal duquel il fait insérer des calomnies contre les Montalbanais.
18 juin 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F7 4590.
241. — Lettre de M. Pétion, maire de Paris, au Comité de surveillance, transmettant une lettre qui lui a été adressée par le sieur Lambert d'Obville, en Beauce, lequel manifeste ses inquiétudes au sujet de la cherté du pain dans le département de Seine-et-Oise, dit que le peuple est prêt à se soulever et en indique les causes.
18 juin 1792.
Originaux signés (2 p.), A. N., F7 4590.
242. — Lettre de M. Pétion, maire de Paris, au président du Comité de surveillance, lui adressant une lettre qu'il vient de recevoir de M. Ducazel, de Sarlat, par laquelle il l'informe des troubles qui agitent les pays méridionaux.
20 juin 1792.
Originaux signés (2 p.), A. N., F7 4590.
243. — Arrêté de la section des Tuileries, prenant acte de l'attestation de M. Delaroche, d'après laquelle M. de Ramainvilliers aurait reçu, le 20 juin, de la Municipalité l'ordre d'enjoindre aux gardes nationaux de se réunir aux citoyens des Faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau pour marcher sur les Tuileries, ordre qu'il n'aurait pas exécuté, et déclarant que l'état-major de la garde nationale parisienne a par son incivisme et sa conduite, perdu depuis longtemps la confiance publique et que son licenciement sera demandé à l'Assemblée nationale.
28 juin 1792.
Extrait conforme, A. N., F7 4590.