BOH AN
Député du Finistère.
52. — Lettre de Bolian, représentant du peuple, détenu, au Comité de sûreté générale, exposant qu'il relevait d'une maladie de poitrine, lorsqu'il fut incarcéré, le 3 octobre, que le régime homicide des prisons, où il s'est vu privé de tous les secours de l'art, même du choix de ses aliments, a tellement aggravé son état que bientôt son mal sera sans ressource, et que son bras qu'il n'a pu panser convenablement sera bientôt perclus, et demandant, à inoins que le Comité ne veuille transformer le décret d'arrestation rendu contre lui en décret de mort, l'envoi de commissaires pris dans son sein, avec un officier de santé pour constater son état, dans l'espoir que, d'après leur rapport, on lui permettra de rester en arrestation dans Paris, sur parole et sans gendarme.
1 8 fructidor an II .
Original signé, A. N., F7 400 i.
53. — Procès- verbal de transport des membres du Comité révolutionnaire du 1er arrondissement (section de la République), en vertu d'un ordre du Comité de sûreté générale, au domicile du député Bolian, nu- de la Madeleine, no 20, en sa
RÉCLAMATIONS ET JUSTIFICATION DES DÉPUTÉS INCARCÉRÉS
présence, et de levée des scellés apposés sur ses effets.
7 brumaire an III.
Original signé, A. N., F1 4004.
54. — Mémoire de Bohan, représentant du peuple, à ses collègues des Comités de sûreté générale, de salut public et de législation, exposant qu'incarcéré le 3 octobre 1793, il a été mis en liberté provisoire le 29 vendémiaire an III, que, dans cet intervalle d'un an 19, jours, il a payé pour son loyer, rue de la Madeleine, 429 livres, et, à la Force, tant au 4e étage du bâtiment neuf qu'à l'infirmerie, pour son loyer 81 livres, que, délogé précipitamment du bâtiment neuf et obligé de partager le lit d'un de ses collègues au rez-de-chaussée , il fut forcé d'acheter pour ainsi dire un autre cachot et de payer 100 livres au gardien pour être admis à l'infirmerie, qu'on le fit sorlir de l'infirmerie avec 8 de ses collègues, et qu'il obtint à prix d'argent de s'installer dans une chambre délabrée du bâtiment de la dette, qu'il dut également payer pour obtenir des gardiens les adoucissements que sa santé exigeait, payer encore pour faire transporter successivement ses effets aux Madelonnelles, aux Bénédictins anglais, à la maison des Fermes et aux Carmes,- déclarant que pendant sa détention ses vêtements, notamment un habit du plus beau drap bleu, une houpelande et un manteau de drap bleu furent littéralement rongés par les vers, estimant à 300 livres la dépense de leur remplacement et sollicitant le remboursement de tous ses frais qui, d'après son évaluation, se montent à 996 livres 5 sols, et qui, d'après un calcul plus exact, font un total de 9G2 livres 11 sols 8 deniers, avec arrêté du Comité de sûreté générale, ordonnant le payement de cette somme.
26, 27 pluviôse an III.
Original signé et copie conforme, A. A'., F7 4 60 i .