ORDRE DU COMITÉ CENTRAL DE METTRE SUR PIED LA FORCE ARMÉE
( i juin 1793)
Koriier et Marotte
INTRODUCTION
tionnaire, qui vient annoncer au général (j ne le Comité de salut public le demande, est arrêté comme suspect et envoyé à la Police pour être gardé.
« Le citoyen Pereyca, demeurant rue Saint-Merry, au lîonnet de la Liberté, n° 413, dénonce le citoyen Gusman, membre du Comité révolutionnaire, comme un homme suspect. On arrête qu'il sera mis provisoirement en arrestation à la Mairie dans une chambre particulière. 11 a remis un pistolet de poche et un sabre.
« On dépose sur le bureau une dénonciation de la section du Panthéon-Français contre Roland.
« On vient annoncer de la part de la section des Piques que le ministre Clavière a été arrêté et mis en arrestation chez lui comme suspect.
« Arrêté que les députés de la Convention seront mis en arrestation chez eux, et que le Commandant de la garde sera chargé d'exécuter cette arrestation, sous la surveillance des membres du Comité central révolutionnaire, dans la journée de demain mardi.
2 juin, l heures du matin.
» Arrêté (juc des commissaires se transporteront sur le champ au Comité de salut public pour lui demander qu'il fasse son rapport au jourd'hui, de manière que l'Assemblée décrète que les chefs de la faction ont perdu la confiance publique, qu'ils soient en conséquence mis en état d'arrestation, sauf au peuple à suivi e la demande en accusation.
« Arrêté que le Commandant fera dès le matin environner la Convention d'une force armée respectable, de manière que les chefs de la faction puissent être arrêtés dans le jour, dans le cas où la Convention refuserait de faire droit sur la demande des citoyens de Paris. »
De cet ensemble de mesures prises à lu veille de la journée décisive, on peut rapprocher un projet d'arrêté du Comité central révolutionnaire, écrit de la main de Génois, l'un de ses membres, non daté, mais se référant évidemment à cet instant critique :
« Au nom du Comité central révolutionnaire, le Commandant général de la force armée parisienne fera passer à toutes les sections l'ordre de battre sur le champ la générale, de mettre toute la force armée sur pied, attendu la résistance que les citoyens de Paris ont éprouvée hier, en voyant des vœux légitimes méconnus et avilis par les conspirateurs qu'elle dénonce, attendu que le peuple de Paris est bien déterminé cette fois à ne poser les armes qu'il n'ait obtenu la justice qui est due à tous les républicains des départements. »
(Signé) : Génois.
Comme le peuple de Paris était sur pied depuis trois jours et que le faubourg Saint-Antoine notamment commençait à trouver le temps long, le Comité central révolutionnaire, considérant que les Sans-culottes sacrifiaient tout pour la Révolution, qu'ils quittaient leurs travaux et qu'en conséquence il fallait les nourrir, invita les Comités révolutionnaires à dresser équilablement la liste de tous ceux qui se trouvaient sous les armes et qui pouvaient avoir besoin de secours, ajoutant qu'il leur ferait passer les fonds nécessaires (1).
(1) V. le t. VIII «le noire Répertoire, n° 2795.
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INTRODUCTION
Hanriot, conformément aux instructions du Comité central révolutionnaire, réquisitionna iOO hommes tle la section des Droits-de-l'IIomme, ainsi que la compagnie de canonniers avec ses deux pièces de canon, qui furent distribués au Carrousel, le long des Tuileries el place de la Révolution ; une batterie de '52 canons fut installée dans la cour du Palais et placée sous les ordres de Petit, commandant des canonniers de la section de Bon Conseil (1). Toutes les dispositions étaient prises, aussi Hanriot pouvait-il annoncer, le soir du 1er juin, au Conseil général de la Commune, que tous les postes étaient garnis, qu'avant peu plus de 40 traîtres seraient arrêtés et que sans aucun doute les braves Sans-culottes seraient vainqueurs.
L'action définitive allait s'engager. Le Conseil général de la Commune, convoqué à neuf heures du matin, avait entendu la lecture d'une nouvelle adresse à la Convention et décidé qu'elle serait portée à l'instant par une nombreuse dépulalion. Ce fut Marchand, l'un des membres du Comité central révolutionnaire, qui demanda en ces termes l'admission de la députation : « Citoyen président, une députation des i8 sections et de tous les corps constitués du Département de Paris demande à être admise à la barre pour présenter la dernière mesure de salut public. » Cette mesure était la mise en étal d'arrestation des contre-révolutionnaires, des factieux de la Convention, c'est-à-dire des députés Cirondins, réclamée de nouveau par le peuple de Paris en armes depuis trois jours, qui venait déclarer qu'il était las d'ajourner sans cesse l'instant de son bonheur, et adjurait la Convention de le sauver, ou il se sauverait lui-même. L'adresse en question, revêtue des signatures de Marquet, président, de Marchand, secrétaire (pour le Comité central révolutionnaire), de Louis Roux, président, et de Mettot, secrétaire-greffier adjoint (pour le Conseil général de la Commune) émane du Comité central révolutionnaire ; elle fut rédigée par Marchand, l'un de ses membres, dont la signature, en qualité de secrétaire du Comité, ligure au bas de l'adresse : ce qui le prouve de la façon la plus formelle, c'est que la minute de celle adresse, de la main même de Marchand, existe dans son dossier, parmi les papiers du Comité de sûreté générale. Quoiqu'absolument conforme dans son contexte au document dont leclure fut donnée à la Convention, il y a lieu de faire remarquer que les mots: Nous en répondons fous <) loirs départements ne figurent pas dans la version primitive et ont été ajoutés au dernier moment.
La Convention se borna purement el simplement à renvoyer la pétition au Comité de salut public, sans admettre la motion de Billaud-
(1) V. la lettre de Fortin à la section de Bon Conseil, Arch. nat.. F1 4043.