AFFAIRE GIRARDIN
900. — Dénonciation faite au Comité de surveillance révolutionnaire de Champigny, district de l'Egalité, par Jean-Claude Grognet (fils), cultivateur audit Champigny, portant que les citoyens Girardin, notaire et propriétaire d'une maison dite le Bou-
quet, à Champigny, et Laurin, son associé, demeurant avec lui, aussi bien que sa femme, se sont réjoui et ont fait un feu d'artifice à la mort de Marat, auquel a assisté Pranville, curé, maire de Champigny, le frère de Girardin et autres de lui inconnus, que la femme Laurin a dit que Marat était encore un scélérat de moins, que les prises de Condé, de Valenciennes, ainsi que celle do Toulon, ont été célébrées de la même manière et par les mémos personnes.
12 germinal an II.
Copie conforme, signée du sieur Ferret, membre du Comité révolutionnaire de Champigny, A. N., W 35.
901. — Lettre des administrateurs et de l'agent national du district de l'Egalité au citoyen Fouquier, accusateur public près le Tribunal révolutionnaire, lui adressant l'expédition d'une dénonciation faite, le 19 germinal, au Comité révolutionnaire de Champigny contre Girardin, notaire, Laurin, Pranville, ex maire et curé, pour avoir fait des feux d'artifice en réjouissance de la mort de Marat, et le prévenant que Girardin et Pranville sont maintenant en état d'arrestation dans des maisons d'arrêt à Paris, et que les tableaux qui les concernent ont été envoyés au Comité de salut public, bureau des détenus, el de plus que Laurin est domicilié à Paris, rue Neuve- Egalilé, section Bonne-Nouvelle, envoyant également une lettre à eux écrite, le 16 lloréal,par Ferret, membre du Comité révolutionnaire de Champigny.
21 floréal an II.
Original signé, A. N., W 3ii.
902. — Arrêté du Comité de sûreté générale, ordonnant de traduire au Tribunal révolutionnaire, pour y être jugés, les nommés Girardin, nolaire, et Laurin, tous deux demeurant rue Neuve-de-l'Egalité, section Bonrte-Nouvello, la femme dudil Girardin, Pranville, curé, maire de Champigny, le frère de Girardin et la femme Laurin. coupables de s'être réjouis et d'avoir fait un feu d'artifice lors de la trahison de Condé. Valenciennes et Toulon, chargeant le citoyen Morel, agent du Comité, de mettre à exécution ledit arrêté, et l'agenl
MEURTRE ET OBSEQUES DE MARAT
national du dislricl de Charnpigny en ce qui concerne le sieur Pranville.
23 messidor an II.
Original, signé d Amar, Elie Lacosle, Louis (du Bas-Rhin), Philippe Ruine et M. Bayle, et copie . onfnrme [3 pièces), A. N., W 35.
;to:t. — Procès-verbaux de transport de Nicolas Morel, agent du Comité de sûreté générale : 1° rue Neuvc-de-l'Fgalilé, n 0 299, au domicile du nommé Lan ri n et de sa femme, on perquisition a été faite dans leurs papiers, qui n'a produit rien de suspect, à part un fragment de petit livre broché contenant des prophéties pour les mois de l'année, >■ avec un ridicule frappant sur les événements de la République », lesquels consorts Laurin, sont écroués à la Conciergerie ; 2" rue de la Verrerie, n" 137, section des Arcis, au domicile du sieur Girardin, peintre, frère du notaire, OÙ perquisition est également faite dans ses papiers, mais sans résultat, lequel Girardin est pareillement écroué à la Conciergerie.
23, 24 messidor an II. .
Originaux signés, avec petite brochure imprimée (3 pièces),, A. A'., W 35.
AFFAIRE CERIOUX
904. — Lettre du citoyen Dubreuil au citoyen Drouet, député de la Convention, au Comité de sûreté générale, dénonçant le nommé Riou (Cerioux), logé rue Froimanteau, hôtel de Danemark, qui lui avait montré deux manuscrits venant de Caen, contenant un tissu d'abominations contre les patriotes, et qui ne pouvaient lui avoir été remis que par Duperret ou l'un de ses acolytes, ajoutant que depuis 3 jours, dans cette maison, l'on n'entendait que conspirer contre Marat, et que ce même Riou avait dit, ce jour même, au sieur Vachon que la mort de Marat était trop douce et qu'il en devait avoir une plus cruelle.
14 juillet 1793.
Original signé, A. A'., W 278, n" 05.
905 . — Notification de mandat d'arrêt décerné par l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, contre le nommé Cerioux, imprimeur, domicilié rue Froimanteau, hôtel de Danemark, prévenu
d'être complice de l'assassinat commis sur la personne de .Marat, représentant du peuple, et procès-verbal d'arrestation dudil Cerioux, au corps de garde de la section des Tuileries, rue Saint-Nicaise, où il s'était rendu volontairement, lequel esl conduit et écroué à la Conciergerie.
19 juillet 1793.
Original signé, A. N., W -'78. n° 05.
000. — Interrogatoire subi devant Jacques-Bernard-Marie Montané, président du Tribunal révolutionnaire, par Jean-Baptiste Cerioux, âgé de 28 ans, imprimeur, demeurant, lors de son arrestation, rue Froimanteau, hôtel de Danemark, auquel il est demandé : 1" Si dans la maison où il demeure, il n'a pas entendu dire que l'on conspirait contre la vie de Marat, à quoi il a répondu qu'il était lui mémo Maratiste, qu'il ne voyait que des députés de la Montagne, notamment Camille Desmoulins, Robert, Thirion, Merlin de Thionville; 2 s'il n'a pas dit un jour au nommé Vachon que Marat était mort d'une mort trop douce et qu'il devait eu avoir une plus cruelle, à quoi il a répondu qu'il ne pouvait trouver une expression assez forte pour peindre son étonnement d'une pareille calomnie.
27 juillet 1793.
Original signé, A. N., W 278, n" 95.
007. — ■ Jugement du Tribunal révolutionnaire, déclarant que le dénonciateur de Jcan-Rapliste Cerioux n'a pas été retrouvé et qu'il n'existe aucune preuve du délit imputé audit Cerioux, et ordonnant sa mise en liberté provisoire.
29 juillet 1703.
Original signé, A. N., W 278, n° 05.
AFFAIRE ANDRÉ DESCHAMI'S
008. — Dénonciation faite au Comité révolutionnaire de la section du Faubourgdu-Nord par le citoyen Hébert. Faubourg Saint- Denis, n° 17, contre le citoyen André Desehamps, horloger, qui, au café Chevanre, manifestait des opinions anticiviques, jetant la défaveur sur toutes les autorités constituées, disant que la Municipalité était composée de scélérats, que Marat et Robespierre étaient des pendards, qui, lors-
280 CHAPITRE Ier. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION
qu'il apercevait quelqu'un au café qui trichait au jeu de cartes ou de dominos, il l'appelait Marat, qu'ayant observé audit Deschamps que ses opinions étaient très dangereuses et pourraient lui être funestes, que, s'il n'y prenait garde, il se ferait couper la lète, il a répondu qu'il s'en moquait et que rien ne pourrait l'empêcher de mettre au jour ses opinions, fûtce même au milieu des bayonnettes, avec décision des administrateurs du Département de Police, portant que le citoyen Deschamps, accusé de regretter l'ancien régime et d'avilir les autorités constituées par des discours incendiaires, et qui a été incarcéré aux Madelonnettes, sera traduit au Tribunal révolutionnaire.
7, 27 septembre 1793.
Original signé, A. N., W 293, n° 206.
909. — Interrogatoire subi devanl Antoine-Marie Maire, juge du Tribunal révolutionnaire, par le citoyen André Deschamps, âgé de 45 ans, horloger, Grande rue du Faubourg Saint-Denis, n°18, accusé d'avoir tenu des propos inciviques, d'avoir dit notamment que la Municipalité était composée de scélérats, que Marat et Robespierre étaient des scélérats, à quoi il a répondu qu'il a toujours respecté les opinions de ces deux hommes, en ce qui concerne le gouvernement républicain, particulièrement celles de Robespierre, comme plus douces et plus en harmonie avec ses senliinents.
8 octobre 1793.
Original signé, .4. 2V., W 293, n» 206.
910. — Acte d'accusalion d'Anloine- Quen'in Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, contre le citoyen André Deschamps, horloger, pour avoir méchamment et à dessein, par ses propos, jeté la lerreur parmi les citoyens, tenté le rétablissement de la royauté et le renversement de la République, avec jugement du Tribunal révolutionnaire, condamnant le sieur Deschamps à la peine de mort.
6, 1 1 brumaire an II.
Originaux signés (2 pièces), A. N., W 293, n° 206.