‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 3)Chapitre 59 sur 86 · juin · texte numérisé non relu

juin

Extrait et original signé (2 pièces), A. N.. AFIV 1470.

718. — Extrait de l'ordre du jour de la garde nationale de Paris, annonçant que, le lendemain 29 juin, il y aura exercice à feu des canons, à la BuLte-Çhaumont, par les canonniers du Faubourg du Nord, et, le surlendemain, aux Champs-Elysées, par les canonniers des 2% Ve et 6e légions. Les lr% 3e et 5e le feront au même lieu, dimanche en 8; il partira le 30, pour Tours, un convoi d'artillerie. Le Commandant général (Hanriot) déclare qu'il voit avec peine la négligence des citoyens à compléter les postes, notamment ceux de la Trésorerie nationale; il est cependant important d'y mettre la plus grande exactitude, et chaque adjudant s'assurera journellement du complément de la garde destinée à ce poste. Celui de la poudrière, au ci-devant Palais Bourbon, est aussi dans le même cas, hier, il n'y avait que 25 hommes au lieu de 36, ce qui fatigue beaucoup les citoyens, qui se rendent à leur devoir, par le nombre de factionnaires à placer. Le Commandant général recommande toujours la plus grande surveillance et exactitude dans les réserves, qui continueront à faire de fréquentes patrouilles.

Les rapports de la force armée signalent l'arrestation à minuit, par les patrouilles de la section du Luxembourg, de la femme d'un perruquier, munie de î> pains, qu'elle dit avoir achetés, tant pour elle et son mari que pour son voisin, chez un boulanger, rue de Seine, l'on a mis 2 factionnaires à la porte du boulanger. Une patrouille de la section de l'Unité, passant devant le poste de la rue des Saints-Pères, n'a été reconnue qu'au bout d'un quart d'heure, le poste étant sans lumière, et ceux qui s'y trouvaient étant presque tous ivres.

28 juin 1793.

Extrait non signé, A. N., AFIV 1470.

719. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, déclarant que, la caserne de la Courtille n'étant pas suffi-

santé pour contenir les déserteurs et autres militaires qu'on arrête journellement et se trouvant pleine, l'on enverra dorénavant tous ceux qu'on arrêtera dans celle de la rue de Lourcine, invitant les canonniers, lorsqu'ils font l'exercice à boulets, à y apporter la plus grande attention; au dernier exercice à la Butte Chaumont, un boulet a passé par-dessus la butte, est allé se perdre dans les terres et a manqué de tuer un homme qui était dans son cliamp avec ses enfants. Le Commandant général (Hanriot) recommande toujours la plus grande surveillance et exactitude, que les réserves soient bien complètes et les patrouilles fréquentes; ce n'est que par ce moyen et par l'union entre nous que le salut public s'opérera.

29 juin 1793.

Extrait non signé, A. N., AFIV 1470.

720. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant que, le mardi procbain, 2 juillet, il y aura épreuve d'une nouvelle artillerie volante, à 1 1 heures du matin, au Collège de pharmacie, rue de l'Arbalète, déclarant qu'on continuera à faire conduire, à la caserne de la Courtille, tous les militaires revenant de la Vendée ou des frontières, vu que le départ qui s'opère journellement d'une partie de ces militaires laisse la facilité d'y recevoir ceux qui seront arrêtés de nouveau.

Le Commandant général adjoint (Recordon) recommande toujours la même surveillance et exactitude, tant dans le service que dans les réserves et patrouilles.

Les rapports de la force armée ne signalent que quelques arrestations de soldats.

30 juin 1793.

Extrait non signé, A. N., AFIV 1470.

14. — Meurtre et obsèques de Marat (13-16 juillet 1*793). Honneurs rendus à sa mémoire. — Procès et exécution de Charlotte Corday (14-17 juillet).

721. — Lettre de Marat au député Thuriot, se plaignant de ce que ses lettres adressées à la Convention n'ont pas été lues, et déclarant que, si celle-ci a le même sort, il se fera porter le lendemain malin dans son lit à l'Assemblée, pour se plaindre de cette violation de ses droits de député, éveiller la sollicitude de la Convention sur les dangers de la patrie et les moyens de les conjurer, et prouver au peuple que ce n'est pas sa faute, si on ne les adopte pas, après les avoir tant de fois proposés.

4 juillet 1793.

Autographe, A. N., G 261, n° 563.

Ed. Archives parlementaires , t. LXVIII, p. 278.

722. — Ordre du Comité de sûreté générale, requérant le Commandant de la garde nationale de la commune de Paris de prendre toutes les mesures de force nécessaires pour la sûreté de toutes les maisons d'arrêt, de justice et de détention

dans la ville de Paris, pendant la journée de demain dimanche 14 juillet.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 288.

723. — Décision du Comité de sûreté générale, autorisant le commandant Guilbert, au poste et de garde à la Convention, à employer tous les moyens qui sont en son pouvoir pour arrêter ceux qui Doublent l'ordre public, et notamment les individus mentionnés dans son rapport de ce jour.

13 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Gomité de sûreté générale, A. 2V., AF*li 288.

724. — ■ Lettre collective des ministres de la justice et de l'intérieur au citoyen Du Mesnil, capitaine commandant la gendarmerie des tribunaux, déclarant que le crime qui vient d'être commis contre la Nation dans la personne de Marat, l'un

MEURTRE ET OBSÈQUES DE M A 11 AT

de ses représentai) Is, peut servir de prétexte et de moyen aux ennemis de la chose publique pour faire naître d'autres crimes, et le requérant de redoubler de vigilance pour la garde des députés tenus en état d'arrestation, de multiplier le nombre des gardes, mais sans affectation, attendu que les précautions nouvelles, si elles étaient aperçues, pourraient ellesmêmes exciter le désordre.

13 juillet 1793.

Minute, A. N., BB"1 703.

725. — Délibération de l'Assemblée générale de la section du Contrat-Social, donnant son adhésion à la pétition que le citoyen Guirault a été chargé de faire relativement au nouveau supplice que demande la section pour punir les assassins du représentant du peuple Marat, et nommant des commissaires chargés de présenter cette pétition, avec le texte de là pétition en question, qui demande à David de prendre son pinceau pour le nouveau tableau qui lui reste à faire, et aux représentants de décréter le supplice le plus affreux, afin que les tourments qu'éprouveront les assassins de Marat puissent à jamais détourner les mains parricides qui menacent les représentants de laNation.

13, 14 juillet 1793 Extrait conforme, signé de Paly, président, Balestier, secrétaire, A. Ar., C 2G2, n° 578. Ed. Archivesparlemontaircs, t. LXVIII, p. 710.

726. — Procès-verbal de transport de Claude-Louis Thuillier, juge de paix de la section du Théâtre-Français, dite de Marseille, avec Antoine-Marie Bersnout, son secrétaire-greffier, aussitôt après l'assassinat de Marat, à son domicile, rue des Cordeliers, en face de celle de Touraine, où il a trouvé le citoyen Guellard, commissaire de police de la section, qui procédait à l'interrogatoire d'une femme qui venait de commettre cet assassinat, en présence des citoyens Maure, Chabot, Drouet et Legendre, députés à la Convention, Landragin, Bergot et Hébert, délégués du Conseil général de la Commune, et, après la constatation du décès du citoyen Marat, percé au côté droit, en haut de la poitrine, apposition des scellés sur

les meubles contenant les titres et papiers dudit Marat, dans l'appartement occupé par Simonne Evrard et par elle tenu en location du sieur Antoine-Clair Miclion de La Fondée, chirurgien-dentiste, apposition également des scellés, dans le cidevant couvent des Cordeliers, sur le local et les presses servant à l'impression de l'ouvrage périodique intitulé : Le Fubliciste de lu République française, sous la galerie à gauche, au premier étage, ayant vue sur la cour, reconnaissance et levée des scellés, sur la réquisition du Comité de sûreté générale, en présence de deux de ses membres, Jean-Baptiste Drouet et Armand-Benoît Joseph Guffroy, de Pierre Dubois, membre du Directoire du Département, d'Hébert, substitut du procureur de la Commune, et de Jean-Baptiste Bergot, officier municipal, ainsi que des opposants aux scellés, ouverture d'un secrétaire ou bibliothèque en bois de placage, dans lequel a été trouvée, en un petit portefeuille, une promesse de mariage, entièrement écrite de la main de Marat et de lui signée envers la citoyenne Simonne Evrard, en date du 1er janvier 1792, dont le texte est reproduit, lequel écrit est remis à ladite citoyenne; en suite de quoi il a été procédé à la distraction et mise à part des titres et papiers se trouvant dans les meubles mis sous scellés, papiers réclamés par ladite Simonne Evrard, comme lui appartenant, et qui lui ont été rendus; les autres papiers ayant été placés dans un sac pour être transportés par Iesdits Drouet et Guffroy au Comité de sûreté générale; reconnaissance et levée des scellés apposés à l'imprimerie, remise à Simonne Evrard des effets mobiliers, linge et bardes du citoyen Marat, déclaration de ladite Simonne Evrard, portant que, lorsque le citoyen Marat est venu habiter avec elle, il était dans la plus grande détresse, que pour l'intérêt de la patrie et pour l'aider dans l'impression et la distribution de son journal, elle a consommé la majeure partie de sa fortune.

13, 14, 2G juillet 1793.

Expédition conforme, signée de Bersnout, secrétaire-greffier de la section du Théâtre- Français, A. JV., F1 43851, n° 4.

727. — Extrait de l'ordre du jour de la garde nationale et des rapports de la force armée, annonçant que le citoyen Marat a été assassiné, la veille au soir, chez lui, que l'on a arrêté la femme qui a commis le crime et qu'on l'a conduite à l'Abbaye.

14 juillet 1793.

Extrait non signé, A. N. , AFIV 1470.

728. — Lettre du ministre de la justice au maire tle Paris, le prévenant que le citoyen Fouquier-Tin ville, accusateur public près le Tribunal criminel extraordinaire, va, sur son invitation, venir conférer avec lui sur les moyens les plus propres à donner toute l'activité et la solennité nécessaires aux poursuites de l'assassinat commis, la veille, sur la personne d'un représentant du peuple, et le priant de vouloir bien lui envoyer par le porteur la procédure déjà commencée, en vue de cette conférence, à laquelle il convie le maire, et réponse de Pacbe, annonçant que l'administration de Police a fait demander les pièces relatives au commencement de la procédure contre l'assassin du citoyen Marat, pièces qu'il s'empresse de lui faire parvenir.

Minute et original signé (2 pièces), A. N., BB16 703.

729. — Lettre du sieur Devillers, secrétaire-greffier de la section du Théâtre- Français, au Département de Police, annonçant que le commissaire de police de cette section est allé porter au Comité de sûreté générale l'expédition du procèsverbal qui constate l'attentat commis sur la personne du citoyen Marat, et que pour déférer à la demande des administrateurs du Déparlement de Police, il va en faire u.ie seconde expédition qu'il leur portera sur-le-champ, avec lettre des administrateurs Figuet et L'Ecbenanl au ministre de la justice, lui transmettant la lettre ci-dessus et déclarant qu'ils lui feront passer l'expédition, dès qu'elle leur sera parvenue.

14 juillet 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. A'.,BBll,703.

730. — Adresse de la section du Panthéon Fiançais à la Convention nationale, déclarant que l'un de leurs frères, l'un des fondateurs de la République, venant d'être assassiné, elle s'empresse d'exprimer ses sentiments de reconnaissance et de douleur, que le citoyen Marat a mérité les honneurs que la patrie décerne aux grands hommes, quoique, d'après le décret de la Convention, les honneurs du Panthéon ne peuvent être décernés qu'au bout de 20 années, mais que les mânes de ce Caton français ne seront point offensés de cet honorable sursis, et que sa mémoire gagnera sans doute en passant par le creuset de la postérité, les cœurs de tous les républicains constituant le Panthéon le plus durable.

Original, signé de Serieys, commissaire de la section du Panthéon-Français, A. N., C 2G2,

Ed. Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 709.

731. — Adr esse de la section desDroitsde-l'Homme à la Convention nationale, déclarant que l'achèvement de la Constitution populaire et républicaine les comblerait de joie, sans l'événement funeste qui vient la troubler, que la nouvelle affreuse de l'assassinat de Marat a plongé tous les citoyens dans l'affliction et qu'ils auraient à l'instant, par un mouvement naturel et spontané, vengé sa mort et la représentation nationale outragée, s'ils n'eussent réfléchi que cette mesure pourrait nuire à la liberté et servir la cause de ses ennemis, qu'ils espèrent que la vengeance nationale éclatera bientôt sur la tête des scélérats, qui ont fait commettre ce crime et qui verront échouer leurs projets liberticides, et adressant, en attendant, l'expression de leurs regrets et de la plus vive douleur.

14 juillet 1793.

Original, signé de Pétuaud, président, 4. A'., C 202, n» 578.

Ed. Archives parlementaires, t. LXYJII, p. 711.

732. — Décret de la Convention nationale, ordonnant que le Comité de sûreté générale, qui envoya des commissaires pour assister à l'interrogatoire de l'as-

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MA HAT

sassin de Marat, fera à 1 heure son rapport sur cet attentat national.

14 juillet 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N., C 250, n° 536.

Ed. Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 710.

733. — Décret de la Convention nationale, décidant que le rapport de Chabot et le discours de Drouet seront rédigés, imprimés, envoyés à tous les déparlements et armées, publiés et affichés dans toutes les municipalités de la République, que l'interrogatoire de Charlotte Corday, la lettre de Rarbaroux, les interpellations du rapporteur et les réponses de Deperret seront imprimés et affichés à la suite du rapport.

14 juillet 1793.

Extrait du procès-^verbal, A. N., G 259, n° 536.

Ed. Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 722.

734. — Déclaration du sieur Michel, administrateur de Police, portant que, dans la perquisition faite chez la nommée Marie-Anne-Charlotte Corday, qui a assassiné Marat, a été trouvée une note de plusieurs adresses, notamment de celle du citoyen Duperret [Lauze - DeperretJ, rue Saint-Thomas-du-Louvre, n° 45.

14 juillet 1793.

Original signé, A. N., F1 43851, n" 4.

735. — Ordre du Comité de sûreté générale, portant que, sur la dénonciation faite par le citoyen Michel, l'un des administrateurs de Police, il résulte de la perquisition opérée dans les papiers de Marie-Anne-Charlotte Cordret, native deCaen, laquelle a assassiné Marat, le jour d'hier, que ladite Cordret avait en note l'adresse du citoyen Duperret (Lauze - Deperret), rue Saint-Thomas-du-Louvre, n° 45, et décidant que Duperret sera arrêté et traduit au Comité de sûreté générale de la Convention pour y être interrogé.

14 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 288.

736. — Déclaration de Claude Lindet, juge de paix de la section du Contrat-So-

cial, portant qu'il s'est présenté, le malin et 2 fois dans l'après-midi, au Comités cl priant de le prévenir quand il pourra être entendu, espérant pouvoir entrer, lorsqu'il se présentera, avec note du sieur Vachard, administrateur, annonçant avoir conduit au corps-de-garde le nommé Vira, qui a tenu des propos indécents aux sentinelles de la Convention.

14 juillet 1793, 4 heures 1/2 de relevée. Original signé, A. N., F7 43851, n° 4.

737. — Arrêté du Comité de sûreté générale, visant la déclaration du citoyen Claude Lindet, juge de paix de la section du Contrat-Social, de laquelle il résulle qu'un nommé Crandpré, se disant employé chez le ministre de l'Intérieur pour le département des prisons, a tenu des propos contre-révolutionnaires et a assuré l'assassinat de Marat pour le jour d'hier, étant dans le domicile du citoyen Roudin, rue d'Amboise, et en présence du citoyen Drouet, avoué, rue de l'Hirondelle, et portant que les citoyens Claude Lindet, juge de paix de la section du Conlrat-Social, Drouet, avoué, rue de l'Hirondelle, et Roudin, rue d'Amboise, sont requis de se rendre sur-le-champ au Comité de sûreté générale pour y être entendus.

14 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. N., AF*li 288.

738. — Déclaration faite au Comité révolutionnaire de la section du Contrat-Social par le sieur Charles-Antoine Maurice, parfumeur, rue des Prouvaires, n° 15, d'après laquelle, se faisant, il y a un instant, accommoder par un garçon perruquier du citoyen Vivien, qui lui avait dit : « Eh bien! le voilà donc votre M. Marat mort, », il lui aurait répondu : « Hélas oui! voilà la bravoure des aristocrates, ils assassinent», sur quoi le garçon perruquier aurait répliqué que « c'était bien fait de de l'avoir assassiné», le déposant, indigné d'un propos aussi infâme, lui aurait ordonné de sortir de sa maison au plus vite, ce qu'aurait refusé ledit garçon, en continuant ses mauvais propos, refus qui l'aurait amené, dans son indignation, à] s'armer

d'une canne et à lui en donner un coup pour le faire partir.

14 juillet 1793, sur les 6 heures du matin. Original signé, A. N., F7 43851, n° 4.

739. — Lettre du citoyen C. Salvador au citoyen Ingrand, député à la Convention, ou en son absence au citoyen Alquier, membre du Comité de sûreté générale, accompagnant l'envoi d'un numéro des Annales de la République française, en date du 23 juillet 1793, dont le rédacteur, qui est une certaine Mmc Beaumont, déclarait que Marat était à toute extrémité, et, dans le numéro d'aujourd'hui, ne dit pas un mot de la mort de Marat, et signalant ce fait en le livrant à leurs méditations, avec arrêté du Comité, ordonnant d'amener la citoyenne Beaumont pour être interrogée.

14 juillet 1793.

Original signé et imprimé (2 pièces), A. N., F7 43851, n» 4, AF*n 288.

740. — Déclaration faite au Comité révolutionnaire de la section du Contratsocial par le sieur François Charles, maçon, rue Montmartre, n° 209, d'après laquelle, passant rue des Fossés-Montmartre, il a entendu des femmes qui parlaient de l'assassinat de Marat, et un marchand d'estampes, à droite en entrant par la rue Montmartre, qui disait, en étalant ses estampes et en chantant : « Il ne l'a pas volé, il l'a bien gagné ».

14 juillet 1793.

Original signé, A, JV., F7 43851, n° 4.

741. — Déclaration du sieur Jean-Victor Théret, évenlaillisle, passage Saint-Roch, n» 18, reçue au Comité de sûreté générale, portant que, la veille, vers 9 heures ou 9 heures 1/2, la citoyenne Dubois, femme d'un facteur de clavecin, de la section des Tuileries, a dit à la citoyenne Théret, à l'Assemblée de la section de la Butte-des-Moulins, que, se trouvant dans l'Allée des Veuves, aux Champs-Elysées, elle a aperçu une vingtaine de misérables, qui disaient que le scélérat de Marat était assassiné et qu'il ne fallait pas tarder à avoir Hanriot, ainsi que bien d'autres.

Original, signé de Théret, et Guffroy, commissaire du Comité, A. N., F7 43851, n° 4.

~'f2. — Décision du Comité de sûreté générale, portant que la citoyenne Terrète (Théret), marchande d'éventails, passage Saint-Roch, est invitée à se rendre au Comité pour y donner des renseignemenls, avec note faisant connaître que la citoyenne en question est venue, et n'a rien à ajouter à sa déclaration.

14 juillet 1793.

Original, signéd'Àmar, Dumont(dela Somme), Maure aîné, Ingrand, Drouet et Lenot, A. N., F7 43851, n<> 4-

743. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que le citoyen Ringuenaire, demeurant rue Saint-Honoré, n° 82, en face de la rue de la Sourdière, en qualité de second clerc du ciloyen Castel, notaire, sera amené au Comité de sûreté générale par la gendarmerie nationale du poste du Comité.

14 juillet 1793.

Original, de la main de François Chabot, et signé de Fr. Chabot, Amar, Guffroy et Drouet, A. AT., F7 43851, n" 4.

744. — Avis du citoyen Blache au Comité de sûreté générale, faisant connaître que le citoyen Greive, demeurant rue du Cimetière-Saint-André-des-Arts, n° 3, se trouvant le mardi précédent avec le sieur Allain chez Marat, assista à une conversation de ce citoyen avec Jacques Roux, auquel il parla avec toute l'énergie républicaine, qu'en sortant Jacques Roux lança de la porte au citoyen Maraf, un regard de fureur mêlé d'indignation, regard qui étonna Greive et Allain.

14 juillet 1793.

Original signé, A. N., F7 43851, n° 4.

745. — Déclaration des citoyens Crosnier, Allain et Greive, de la section de Marseille, faite au Comité de sûreté générale, portant que, le mardi 9 de ce mois, dans la matinée, s'étant trouvés chez le ciloyen Marat, Jacques Roux s'y est présenté pour demander une rétractation de ce que Marat avait écrit dans son journal à son sujet, Marat lui répondit avec la fermeté qui l'a toujours caractérisé et le langage d'un homme de bien, indigné des maximes horribles et véritablement con-

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT

tre-révolutionnaires professées par Jacques Roux a la barre de la Convention et dans une affiche, et lui reprocha plusieurs conversations qu'il avait eues avec lui et où ledit Roux s'était fait connaître comme un insigne Tartuffe, un dangereux ennemi de la Révolution ; Jacques Roux répondit à Marat avec le ton le plus patelin et le langage le plus faux, mais, ayant été congédié par Marat, avant de descendre l'escalier, il lui lança un regard prolongé de vengeance, impossible à dépeindre , qui laissa aux déclarants l'impression la plus profonde, aussi qu'en apprenant l'assassinat de Marat, leurs soupçons, surtout ceux de Greive, sont tombés tout aussitôt sur ce prêtre vindicatif, soupçons qu'ils ont cru devoir communiquer au citoyen Blache pour en faire part au Comité, afin de ne pas laisser à Jacques Roux le temps de s'échapper, s'il était coupable ; le citoyen Greive, originaire des Etats-Unis, est d'autant plus affecté de ce déplorable événement qu'il avait servi la cause de la liberté avec Marat, il y a vingt ans, et qu'à la suite de cette conversation il avait été invité par lui à dîner pour le dimanche 14. Les déclarants ajoutent que, quoique le Comité ait d'autres renseignements sur les auteurs de cet assassinat, il n'est pas impossible que Jacques Roux soit impliqué dans celte horrible affaire.

14 juillet 1793.

Original, signé des sieurs Allain et Greive, A. N., V 43851, n° 4.

Ed. Dauuan, La Démagogie en 1103 à Paris, p. 279; J. Jaurès, Histoire socialiste, la Convention, t. II, p. 163?.

. 746. — Interrogatoire subi au Comité de sûreté générale par Jacques Roux, prêtre, demeurant à la communauté de Saint-Xicolas-des-Champs, au sujet de ses rapports avec Marat et de l'entrevue qu'il avait eue avec lui cinq ou six jours avant son assassinat, où on lui demanda si, au sortir de chez Marat, il ne montra point dans son maintien et sa physionomie qu'il eût de l'humeur contre lui, et s'il n'avait pas eu connaissance d'un plan d'assassinat contre Marat, avec déclaration du même Jacques Roux, avouant que Marat, dans la conversation, lui avait repro-

ché d'avoir porté un coup mortel à la République dans l'adresse qu'il avait présentée à la barre de la Convention, au nom de la section des Gravilliers, vers la fin du mois de juin, et qu'il lui avait répondu que ce n'était pas son intention, que la Constitution étant acceptée, il s'y conformerait et emploierait tous ses moyens à la défendre et à la soutenir.

Original, signé de Jacques Roux, A. N., F1 4385', n° 4.

747. — Dénonciation faite au Comité révolutionnaire de la section du Contrat- Social par le sieur Jean-Nicolas Fusillier, cordonnier, rue des Prouvaires, n° 507, contre la citoyenne Aimée Martin de Léclusette, femme Berc, qui avait tenu chez lui des propos inciviques et s'était livrée à des déclamations infâmes contre le représentant Marat, le traitant de scélérat, au point qu'il s'était vu obligé de la chasser de chez lui, mais qu'elle avait recommencé ses mêmes propos, qu'il y a environ quinze jours, se trouvant, ainsi que son père, ancien aide-de-camp de La Fayette, dans une société, il s'y était dit que Marat ne serait pas en vie dans 15 jours, et que, ce malin, ayant demandé à cette femme de qui elle tenait cette prophétie, elle lui répondit qu'elle l'avait entendue de personnes inconnues dans divers endroits.

14 juillet 1793, 5 heures 1/2 après-midi. Original signé, .4. JV., F1 43851, n° 4.

748. — Délibération du Comité révolutionnaire de la section des Gravilliers, manifestant son indignation de la lettre anonyme reçue le 13, par le citoyen Léonard Bourdon, député à la Convention, par laquelle il est menacé de perdre la vie, déclarant qu'il a frémi d'horreur en apprenant l'attentat horrible, commis par le fanatisme, sur la personne du législateur Marat, l'Ami du peuple, et chargeant quelques-uns de ses membres de passer la nuit au Comité, afin de pourvoir à la sûreté de la personne de Léonard Bourdon.

14 juillet 1793.

Extrait du registre des procès-verbaux du Comité révolutionnaire de la section des Gravilliers, A. IV., F1* 2486, fol. 88.

749. — Déclaration du sieur La Girardière, demeurant à Saint-Roch, reçue au Comité de sûreté générale par Guffroy, portant que la citoyenne D'Aubanton, marchande de vins, rue des Mathurins-Saint- Jacques, lui avait raconté qu'en passant, à 7 heures 1/4 ou 7 heures 1/2, dans la rue Sarrazin, adjacente à celle des Cordeliers, elle avait entendu dire par un quidam qu'on assassinait Marat dans l'instant, et qu'un homme de moyenne taille est venu parler à l'oreille de ce quidam, que ce propos : on assassine Marat, ayant été entendu par un facteur, celui-ci a répondu que cela n'était pas vrai, qu'il venait de lui porter une lettre.

15 juillet 1793.

Copie, signée de M. Guffroy, A. iV., F7 ■1385», n» 4.

750. — Décret de la Convention nationale, décidant que le discours prononcé la veille par Drouet, l'un de ses membres, sur la mort de Marat, sera inséré au Bulletin, et que seront aussi insérés au Bulletin le procès-verbal rédigé à l'occasion de son assassinat, ainsi que les déclarations faites à la Convention nationale par Deperret, l'un de ses membres.

Extrait du procès-verbal, A. N., C 259,

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 20.

751. — Décret de la Convention nationale, décidant, sur les propositions de différents membres, que l'Assemblée assistera en corps aux obsèques du citoyen Marat, l'un de ses membres, lâchement assassiné pour la cause de la liberté, chargeant les citoyens David et Maure de se concerter avec la section pour ordonner le convoi et en fixer le jour, ordonnant, en outre, que les scellés apposés dans le domicile du citoyen Marat seront incessamment levés, qu'il sera fait inventaire de ses papiers et dressé un état de ses affaires et de sa fortune, et se réservant de prononcer, s'il y a lieu, sur l'acquittement de ses dettes.

15 juillet 1793.

Minute signée, A. N., C 260, n" 546.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 21.

752. — Adresse de Callières de l'Etang, «instituteur des vétérans et factionnaire actuel auprès de l'Assemblée », déplorant la mort tragique de son ami Marat, qu'un monstre femelle a poignardé dans son bain en ensanglantant jusqu'à l'eau où ce héros du patriotisme cherchait quelque remède à ses maux, rappelant qu'il avait dérobé Marat aux recherches de l'astucieux et perfide La Fayette, en le cachant trois jours et trois nuits et en le nourrissant dans une des cellules des Cordeliers, malgré 20 canons et 10 bataillons, qui remplissaient les rues pour le tuer, et qui n'ont pu faire ce qu'un monstre de femme a fait avant-hier, et demandant que, par un décret à jamais mémorable, le corps de Marat, destiné à faire le plus bel ornement du Panthéon, préparé avec tout l'art possible, soit porté et montré successivement dans tous les départements, comme le patriote Palloy et ses apôtres y ont porté les pierres de la Bastille.

15 juillet 1793.

Original signé, A. N., G 262, n° 579.

Ed. Arcliives parlementaires, t. LXIX, p. 33.

753. — Adresse de la section du Théâtre- Français à la Convention nationale, déclarant que, dépositaire des restes précieux de Marat, elle n'a rien épargné pour les conserver, et demandant, pour prix de leurs soins, qu'il leur soit permis d'inhumer provisoirement les restes de Marat sous les arbres de la section, où ils lui élèveront un tombeau de gazon, et où une inscription, gravée par la main des hommes libres, dira : « Ici repose l'Ami du peuple, assassiné par les ennemis du peuple », rappelant que, depuis la Révolution, c'est la section du Théâtre-Français, qui a protégé les jours de Marat, qui l'a arraché aux poignards de la Cour, aux persécutions de l'infâme La Fayette, annonçant enfin que la même section se propose de célébrer les obsèques de Marat, mercredi 17 courant, à 9 heures du malin, et invitant la Convention à envoyer une députation.

15 juillet 1793.

Original, signé de Lesage, secrétaire, pour le président, A. N., G 262, n" 579.

Ed. Archives parlementaires, i. LXIX, p. 34,

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT

loi. — Admission à la Convention d'une députation de la section des Aniis-de-la- Patrie, qui vient aussi verser des pleurs sur la tombe de Marat, et. demande que, pour arrêter les poignards des assassins, les sections soient tenues de s'assurer des personnes suspectes, à l'effet de mettre les ennemis du peuple dans l'impuissance de nuire, avec mention honorable de l'adresse, insertion au Bulletin et renvoi au Comité de sûreté générale pour en l'aire un rapport.

15 juillet 1793.

Extrait du procès- verbal, A. N.,G '259, n° 536. Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 23.

755. — Admission à la Convention d'une députation des hommes du Dix Août, qui demandent vengeance de la mort de Maral, que tous les conspirateurs soient mis hors la loi, que les têtes des ci-devant Bourbons émigrés, ainsi que Marat l'avait luimême sollicité, soient mises à prix, et que la Convention nationale prenne enfin un parti sur les prisonniers du Temple, avec renvoi de l'adresse au Comité de salut public.

15 juillet 1793.

Extraitdu procès- verbal, A . N., C '259, n° 53G. Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 35.

756. — Renvoi par la Convention nationale au Comité de sûreté générale, d'une lettre de Fauehet. député, détenu à l'Abbaye, dont il est donné lecture, et dans laquelle il déclare n'avoir point conduit aux tribunes la femme qui a assassiné Marat et ne lui avoir point offert de la mener chez le ministre de l'Intérieur, de plus il est convaincu de n'avoir point lu la lettre de Barbaroux à Deperret, lettre qui, d'ailleurs, ne présentait pas le moindre rapport avec Marat.

Extrait du procès-verbal, A . N. , C 259, n°537. Cf. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 44.

757. — Rapport fait à la Convention nationale par David, qui, en vertu du décret de la veille, s'est transporté avec ses collègues Maure et Bentabole à la section du Théàlre-Frani;ais et a pu constater de ses yeux qu'en raison de l'état de putréfaction du corps de Marat, il était impos-

sible de le porter dans sa baignoire, qu'il serait simplement exposé, à moitié ou même très peu à découvert, porté sur un brancard, n'ayant sur lui qu'un simple drap mouillé, ce qui rendra parfaitement l'idée de la baignoire. David déclare avoir arrêté avec les citoyens de la section du Théâtre-Français que Maral serait inhumé ce jour même, mardi 16 juillet, à 5 heures, sous les arbres oit il se plaisait à instruire ses concitoyens, que la Convention nationale, les autorités constituées, la section et les sociétés populaires formeraient le cortège, que la pompe funèbre aurait le caractère de simplicité qui convient aux funérailles d'un républicain incorruptible et mort au sein d'une honorable indigence.

1(1 juillet 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N., C*i 72, fol. 4214, 4215.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 49.

758. — Interrogatoire subi, au Comité de sûreté générale de la Convention, par AiméeMarlin de Léclusette, femme du sieur Berc, confiseur, séparée de son mari, et demeurant rue du Contrat-Social, n" 611, au sujet des propos tenus par elle, notamment sur ce que Marat ne serait plus en vie dans la jours, propos qu'elle a niés, et sur le langage tenu par elle au citoyen Fusillier, en présence duquel elle aurait dit que Marat était un scélérat, ce que ladite femme de Léclusette a nié, enfin au sujet de ses relations à Paris.

16 juillet 1793.

Original signé, A. N., F7 43851, n» 4.

759. — Décret delà Convention nationale, portant qu'elle s'assemblera à a heures, dans le lieu de ses séances, et qu'elle partira en corps pour assister aux funérailles de Marat.

16 juillet 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N., Cl 72, fol. 4215.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 49.

760. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant que le citoyen Jean-Nicolas Thieriet, dit Grandpré, chef de bureau du ministre de l'Intérieur, restera en état d'arrestation, sous la garde de deux gen-

darmes, qui le conduiront, aujourd'hui, à 1 heure, au Comité.

16 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 288.

761. — Lettre du citoyen Bersnout, secrétaire-greffier du juge de paix de la section du Théâtre-Français, dite de Marseille, au Conseil exécutif, demandant si, dans le décret relatif à la levée des scellés, au domicile de Marat, le mot incessamment veut dire que les scellés peuvent être levés de suite, avant l'expiration des cinq jours fixés par la loi, si le juge de paix peut faire et le procès-verbal de levée des scellés et l'inventaire, s'il n'est pas indispensable d'appeler un notaire pour représenter à ces opérations les héritiers de Marat, qui sont absents, s'il n'est pas aussi nécessaire que le Conseil exécutif nomme un commissaire pour assister et requérir ce que de droit lors de ces opérations.

16 juillet 1793, 2 heures.

Original signé, A. N., BB16 703.

762. — Lettre du ministre de la justice au président du Comité de salut public, soumettant à son appréciation diverses questions relatives à la levée des scellés, au domicile de Marat, en exécution du décret du 15 courant, questions posées par le secrétaire-greffier du juge de paix de la section du Théâtre-Français, et demandant, à raison des réserves portées dans le décret pour les dettes, s'il ne conviendrait pas que deux membres de la Convention nationale fussent présents à la levée des scellés, et dans le cas où la Convention n'adopterait pas cette mesure, que deux administrateurs du Déparlement soient chargés de s'y trouver en qualité de commissaires.

17 juillet 1793.

Minute, A. N., BB16 703.

nérale, ordonnant que le citoyen Ueperret, député à la Convention nationale, détenu à l'Abbaye, soit conduit sur-le-champ au Comité par les citoyens Sanson, brigadier de gendarmerie, Onffroy et Cessent,

gendarmes, qui en répondront personnellement.

17 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. N., AF*H 288.

764. — Arrêté du Comité de sûreté générale, après examen de la dénonciation faite, le 13 de ce mois, contre le citoyen Thieriet, dit Grandpré, son interrogatoire et ses réponses, le 15, déclarant qu'il n'y a lieu à inculpation contre ledit citoyen, et qu'il sera sur-le-champ mis en liberté.

17 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 288.

765. — Adresse de la Société des Républicaines révolutionnaires, séant à la bibliothèque des ci-devant Jacobins, déclarant qu'elles vont peupler la terre de la liberté d'autant de Marat que d'enfants que les Républicaines révolutionnaires pourront en posséder, qu'elles élèveront ces enfants dans le culte de Marat, et jurant de ne mettre entre leurs mains d'autre évangile que la collection de Marat, avec une pièce de vers à sa mémoire, et flétrissant « l'infernale furie enfantée par la race de Caen ».

17 juillet 1793.

Originaux, signés des dames Colinger, prédente, et Lemonnier, secrétaire, A. N., C 262,

766. — Adresse de la Société républicaine de Tonnerre à la Convention nationale, exprimant son indignation au sujet de l'attentat commis sur Marat, l'Ami du peuple, l'intrépide défenseur de ses droits, par un monstre qui a servi d'instrument à la vengeance des fédéralistes, nouvelle ayant comblé de joie les fédéralistes de leur ville, qui ont insulté à leur douleur par force démonstrations indécentes etdes danses, et demandant : 1° qu'on lui décerne les honneurs du Panthéon ; 2° que ses dettes soient acquittées par le Trésor national ; 3° que son buste soit envoyé à tous les départements, districts et sociétés populaires, afin que l'image de cet homme vertueux, qui fit tant de sacrifices pour la liberté et la gloire de son pays, soit un

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MAI; AT

objet de vénération, ladite adresse renvoyée au Comité d'instruction publique.

17 juillet 1793.

Original, revêtu de 71 signatures, A. N. , F17 10051, n» 703.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 349.

7G7. — Arrêté du Conseil du district de Melun, exprimant ses regrets de la mort de Marat, l'Ami du peuple, vouant à la vengeance des lois et à celle du peuple les fauteurs du crime commis sur sa personne inviolable, invitant les Sans-culottes de Paris, au nom de la Liberté, dont ils sont les premiers conquérants, à veiller au salut des patriotes de la Convention nationale, et décidant que le buste de Marat sera placé dans la salle de leurs séances, à côté de celui de Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, avec lettre d'envoi du procureur-syndic du district au président de la Convention.

17, 27 juillet 1793.

Extrait et original signé (2 pièces), A. N., C 266, n" 618.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 206.

768. — Adresse de la Société populaire de Reims h la Convention nationale, déplorant la mort de Marat, ce sincère ami du peuple, ce héros législateur, ce philanthrope discret, ce chaud défenseur de la liberté, et demandant que le glaive de la loi s'appesantisse au plus tôt sur la tête du monstre femelle qui a assassiné ce représentant.

18 juillet 1793.

Original signé, A. N., G 262, n° 582.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 259.

769. — Adresse de la Société républicaine de Chaumont à la Convention nationale, exprimant tous ses regrets de la mort du vertueux Marat, demandant vengeance de ce crime de lêse-nation, et adjurant les représentants de livrer à toute la sévérité de la loi la scélérate Cordet, le traître Duperret et leurs complices, que la tête de ces monstres tombe à leurs pieds et que tous les conspirateurs frémissent de cet exemple.

18 juillet 1793.

Original signé, À. N., C 262, n» 582.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 275.

770. — Adresse de la Société populaire de Montauban à la Convention nationale, témoignant leur indignation de l'assassinat du vertueux Marat par la faction scélérate, demandant vengeance des auteurs de ce forfait, et déclarant que si, pour l'affermissement de la liberté, Marat avait demandé 260,000 têtes, qu'un million de têtes tombent pour venger sa mort.

19 juillet 1793.

Original signé, A. N., G 262, n» 583.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 424.

771. — Adresse de la Société des Amis de la Constitution républicaine, séant à Troyes, exprimant ses regrets du lâche assassinat de Marat, déclarant que le sang de Marat crie vengeance et adjurant les législateurs de venger sa mort, et de braver les poignards qui menacent leurs jours.

19 juillet 1793.

Original signé, A. N., G 262, n" 584.

Ed. ArchtuespaWemenfaires, t. LXIX, p. 459.

772. — Lettre de Jean-Louis Soulavie, résident de la République française près celle de Genève, au président de la Convention nationale, accompagnant l'envoi d'actes et d'une lettre remis en la légation par la famille de Marat, domiciliée à Genève, relativement à la mort de ce représentantdupeuple français, observant à cette occasion que les bons patriotes Genevois se sont écriés, en apprenant cette cruelle mort : On voit maintenant de quel côté étaient les dësorganisaleurs, les assassins, les ennemis de la République et les agents des Autrichiens et des Anglais, annonçant que l'Assemblée nationale Genevoise continue ses travaux constitutionnels dans les principes de l'Egalité et de la Liberté, et que si l'ancienne aristocratie de ce pays persécuta jadis Jean-Jacques Rousseau, le peuple victorieux a établi en son honneur des fêtes annuelles, envoyant enfin son adhésion à la Constitution en qualité de citoyen français, avec sa promesse de la faire aimer et de la défendre jusqu'à son dernier soupir.

19 juillet 1793.

Original signé, A. N., F7 43851, n» 4. Ed. Musée 'les Archives nationales, n° 1369.

254 CHAPITRE Ie'. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

773. — Requête de Jean-Pierre Marat, membre du Club révolutionnaire genevois, et de Marie Rrousson, née Marat, frère et sœur de Jean-Paul Marat, déclarant qu'ayant appris par le journal des citoyens Mercier et Carra, du 14 juillet 1793, que leur frère avait été assassiné par un scélérat portant des habits de femme, en exécution du projet formé d'égorger les députés qui ont voté la mort du ci-devant Roi, ils réclament de la j ustice des représentants du peuple une punition exemplaire du traître qui est arrêté et la poursuite rigoureuse de ses complices, demandant également que l'extrait mortuaire et l'inventaire soient envoyés au procureur général de la République de denève, et priant que ses papiers et manuscrits soient mis sous scellés et sûre garde jusqu'à ce que la famille ait pris un arrangement à ce sujet.

19 juillet 1793.

Original signé, A. N., F7 4385', n° 4.

Ed. Dauban, La Démagogie en 1193 à Parts, p. 280.

774. — Certificat du président et des membres du Comité provisoire d'administration de la ville et République de Genève, attestant que Jean Marat, horloger à Genève, fils de feu Jean Marat, de Cagliari, en Sardaigne, reçu citoyen de Genève le 10 mars 1741, et de Louise Cabrol, est le frère cadet du citoyen que la notoriété publique désigne comme étant membre de la Convention nationale de France, et qu'on dit avoir été dernièrement assassiné a Paris.

19 juillet 1793.

Original, signé de Rochemont et Puerari, secrétaires d'Etat de Genève, A. N., F7 4 38 o1 , n° 4.

Ed. Daiuian, La Démagogie en 1193 à Paris, p. 281.

775. — Déclaration faite au Comité de sûreté générale par le citoyen Etienne Hrings, demeurant au canton de Taverny, portant que, se trouvant, le mercredi précédent, à Montmorency, chez le nommé Leduc, aubergiste, après dîner, la conversation est venue à tomber sur l'assassinat qui venait de se commettre sur la personne du citoyen Marat, et que le sieur

Leduc, après avoir entendu le signalement de la femme qui a assassiné Marat, a dit qu'il se rappelle bien l'avoir vue descendre chez lui, où elle a dîné en compagnie de deux évêques et d'une autre femme, et croit avoir reconnu l'évêque du Calvados et celui de Nancy.

19 juillet 1793.

Original signé, A. N., F7 43851, n° 4.

776. — Adresse des Républicains Sansculoltes de Nogent-le-Rotrou à la Convenlion nationale, exprimant leurs regrets de la mort tragique de Marat, cet homme que les Petion, les Brissot, les Roland appelaient buveur de sang, qui était l'ami de la vérité, de la justice et du peuple, jurant par ses mânes, par le 14 juillet, le 10 août et le 31 mai, de tirer vengeance de ses meurtriers, qui ne seraient déjà plus, si leur affreux machiavélisme ne leur avait donné pour rempart et pour cortège toutes les horreurs de la guerre civile.

20 juillet 1793.

Original, portant 41 signatures, A. N., C 262, n° 582.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX.p. 231.

777. — Procès-verbal de transport de Jean-François Féval, notaire, officier municipal d'Argentan, commissaire ad hoc du Conseil général permanent de cette ville, assisté de Michel-François Chapsal, secrétaire-greffier de la municipalité, et Raux, père, membre du Conseil général, au domicile de Jacques-François Corday d'Armont, père de Marie-Anne- Charlotte Corday, auteur de l'assassinat commis sur la personne de Marat, afin de rechercher si, dans ses papiers, il pourrait se trouver quelques correspondances criminelles, indications des complices de ce crime; interrogatoire subi par ledit Jacques-François Corday d'Armont, qui a déclaré avoir deux fils et deux filles, l'aînée, Marie-Anne- Charlotte, âgée d'environ 25 ans, qui demeurait chez une de ses parentes, à Caen, rautre,Jacqueline-Eléonore, âgée de 22 ans, demeurant avec lui, ajoutant qu'elles ont fait leur éducation à l'Abbaye-aux-Dames, à Caen, a dit, en outre, qu'il avait reçu, il y avait environ huit jours, une lettre de

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT

2oo

sa tille aînée, annonçant son départ de Gaen, attendu qu'elle se proposait de quitter la France, où elle ne pensait pas qu'on pût vivre tranquille de longtemps, lettre qu'il ne pouvait représenter, parce que, de colère, il l'avait aussitôt jetée dans le feu. Ledit Corday d'Armont, questionné au sujet de la mort de Marat, a répondu qu'il avait vu dans Perlel que Marat avait été assassiné par une femme de Gaen, nommée Charlotte Corday, que la singularité du départ de sa fille lui lit appréhender qu'elle ne fût l'auteur de ce crime, quoique ne concevant pas qu'une fdle de cet âge pût se porter d'elle-même à des choses si extraordinaires, ni qu'elle eût pu trouver un homme assez lâche pour en partager le projet et lui en laisser l'exécution. La perquisition la. plus exacte faite dans les papiers dudit Corday d'Armont n'a rien fait découvrir de relatif au crime dont il s'agit, ni même de contraire aux lois de la République, seulement quelques notes sur l'histoire de France et autres matières, sans aucune critique.

20 juillet 1793.

Copie collationnée, A. N., BB16 703.

Ed. C. Vatel, Dossiea historique de C/iarlolte Corday, p. 5.

778. — Hommage à la Convention nationale, par un citoyen d'Issy-l'Union, d'un tableau représentant Marat, hommage qui est l'objet d'une mention honorable et d'une insertion au Bulletin.

Extrait du procès-verbal, A. N.,G 259, n° 538. Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 272.

779. — Arrêté de l'Assemblée générale de la section du Contrat-Social, décidant d'inviter toutes les sections de Paris conjointement avec les autorités constituées et Sociétés populaires, réunies le 2!> juillet aux Jacobins, de se joindre à elle pour obtenir de la Convention que le simulacre de Saint-Fargeau soit exposé, tel qu'il était lors des funérailles sur la place des Piques, de même celui de Marat sur la place de la Révolution, pendant tout le temps que nos frères seront à Paris, à l'eltet de montrer aux yeux de tous les républicains les atrocités qui se sont com-

mises en la personne des vrais amis du peuple « et particulièrement du citoyen Marat, avec délibération du Conseil général de la Commune, renvoyant cet arrêté au Comité d'instruction publique.

21, 30 juillet 1793.

Extraits, signés de Gentil, vioe-président, et Filleul, secrétaire, de Mettot et Coulorabeau

(3 pièces), A. N., Fn 10051, n° 747.

780. — Lettre des citoyens F.-C. (iuirault et Legray au ministre de la justice, expliquant qu'il y a trois oppositions à la levée des scellés mis, le 13 juillet, au domicile de Marat, qu'il était convenu avec le juge de paix et le secrétaire-greffier de la section du Théâtre-Français que, le soir même, à G heures, il serait procédé à la levée des scellés, que les opposants et les commissaires de la Commune s'étaient rendus à la convocation, mais que le juge de paix et le secrétaire ne sont pas venus, faisant observer que sous les scellés se trouvent des papiers importants relatifs à Custine, qu'il importe d'avoir, que les juge de paix et greffier semblent vouloir employer les marches tortueuses de la chicane et méritent d'être rappelés à l'ordre, et comme les opposants ont été convoqués pour le lendemain, à 5 heures, priant le ministre de donner des ordres très impératifs pour que ces scellés soient levés, ce jour et cette heure, déclarant que la citoyenne Marat, intéressante sous une infinité de rapports, a excité leur zèle et leur sensibilité, et qu'ils sont nommés par les

hommes du Dix Août ses conseils officieux.

22 juillet 1793.

Original signé, A. N., BB1G 703.

781. — Déclaration faite lors des opérations de la levée des scellés après le décès de Marat, portant que, d'après le dire du citoyen Lulier, procureur général syndic du Département, un commissaire nommé par le Directoire devait représenter les héritiers du citoyen Marat et faire procéder à la distraction et à l'inventaire des papiers intéressant la République et qu'elle aurait intérêt à connaître, ce commissaire ne s'est pas présenté, ainsi que l'ont constaté le citoyen Hébert, procureur de la Commune, les citoyens Landragin et Ber-

got, officiers municipaux, chargés par le Conseil général de la Commune d'assister à cette levée des scellés, qui ont attendu avec le juge de paix et les opposants jusqu'à 10 heures du soir.

A cette déclaration est annexée la liste des opposants aux scellés apposés après le décès de Marat, qui sont :

1° Le citoyen Charles-Marie-Joseph Heluis, demeurant rue Traversière, n° 245 ;

2° Le citoyen Roulanger. marchand papetier, rue Saint-Séverin, au 1er étage;

3° Le citoyen Genard, serrurier-machiniste à Paris (pour travaux à l'imprimerie de Marat) ;

4° Le citoyen Debays, liomrae de loi, rue Richelieu, n° 117.

(22 juillet 1793.) Minute paraissant incomplète et copie, (2 p.), A. N., F1 43851, n° 4.

782. — Insertion au Bulletin d'une adresse de la Société populaire d'Auxerre, par laquelle elle manifeste son indignation au sujet de l'assassinat sacrilège de Marat.

(23 juillet 1793.) Extrait du procès-verbal, A. N., C 260, n° 538. Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 351.

783. — Adresse de la Société républicaine de Belfort, déplorant la mort de Marat, qui cependant était prévue, car celui qui, le premier, avait osé tonner contre la tyrannie des rois, le fol orgueil des nobles, l'hypocrisie et le charlatanisme des prêtres, devait finir par tomber sous les poignards de leurs infâmes satellites, déclarant que l'assassinat de l'Ami du peuple, loin de déconcerter les défenseurs de la liberté, vient de centupler leur énergie, et demandant que les honneurs du Panthéon français lui soient accordés, que le cadavre ensanglanté de Marat soit dans tous les départements offert aux regards du peuple, que la hache nationale frappe les royalistes, les Feuillants, les partisans du Marais, qu'une armée formidable, composée des députés de la Fédération du 10 août, soit envoyée partout où il y aura des fédéralistes et des traîtres à combattre.

23 juillet 1793.

Original signé, A. N., C 266, n° 626.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 153.

784. — Adresse de la Société des Amis de la Constitution républicaine d'Autun à la Convention nationale, exprimant sa vive douleur de la mort de Marat, tombé sous le fer assassin, sous les coups d'une femme qu'inspirait sans doute le fanatisme royal, invitant les sections de Paris à ne pas lui décerner les honneurs du Panlhéon avant le terme fixé par la loi, attendu qu'il suffira, pour ce constant ami du peuple, que sa mémoire soit gravée dans le cœur de tous les vrais républicains, et mettant au défi la faction infernale, qui l'a fait assassiner et qui prétendait voir toujours les poignards dirigés contre elle, de montrer une seule cicatrice honorable.

13 (lisez 23) juillet 1793.

Original signé, A. N., C 266, n» 626.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 154.

785. — Lettre du ministre de la justice au juge de paix de la section du Théâtre- Français, dite de Marseille, déclarant que, comme il n'a reçu aucune réponse à la lettre qu'il a écrite, le 17 juillet, au président du Comité de salut public, au sujet de la présence de deux membres de la Convention à la levée des scellés au domicile de Marat, il l'invite à procéder, sans délai àlalevée de ces scellés, dansles formes ordinaires, en présence des parties intéressées et des commissaires nommés à cet effet, soit par la Commune, soit par le Département, le Conseil exécutif n'ayant pas Te droit d'en désigner sans y être autorisé par décret, et priant le juge de paix de faire toutes les diligences nécessaires pour accélérer une opération qui intéresse la famille de cette malheureuse victime du fanatisme, et dont le résultat donnera peut-être encore des lumières sur les vrais intérêts de la République et sur quelquesuns des ennemis qu'elle nourrit encore dans son sein.

23 juillet 1793.

Minute, A. N., BB>« 703.

786. — Arrêté du Comité de sûreté générale, étant instruit que le citoyen Adam [Lux], député de la ville de Mayence, demeurant hôtel des Patriotes Hollandais, a fait imprimer un ouvrage ayant pour titre :

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT

Acte courageux de Charlotte Corday, considérant que cet ouvrage ne pourrait avoir pour but que des intentions perfides de la part de son auteur, décidant, en conséquence que le citoyen Fenaux, l'un de ses secrétaires, est chargé de se transporter au domicile dudit Adam, de faire perquisition exacte desdits imprimés, de les saisir, ainsi que les instruments servant àiadite impression, de les rapporter au Comité et de l'y faire conduire, autorisant à cet effet ledit Fenaux à requérir la force armée nécessaire et l'assistance des officiers civils pour l'exécution du présent arrêté.

23 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. JV., AF*li 288.

nérale, informé qu'il surgit des difficultés au sujet de la levée des scellés apposés chez le citoyen Marat, considérant qu'il existe sous ces scellés des pièces qui intéressent la sûreté publique, décidant que lesdits scellés seront levés, le lendemain, 24 juillet, qu'il ne sera donné aucune connaissance des papiers qui se trouveront sous lesdits scellés à qui que ce soit, que, distraction faite de ceux qui appartiennent à la citoyenne Evrard et qui lui seront l'émis, lesdits papiers seront apportés au Comité de sûreté générale, et nommant les citoyens Chabot et Drouet pour être présents à la levée des scellés et pour mettre le présent arrêté à exécution, en présence seulement des officiers publics et des commissaires nommés à cet effet.

23 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. JV., AF*n 288; copie conformé, A. JV., F7 43851, n° 4.

788. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que le citoyen Adam Lux, député extraordinaire de Mayence à la Convention nationale, sera conduit à la maison d'arrêt de la Force, à Paris, pour y être détenu jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné.

24 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. JV., AF*n 288.

T. IX

789. — Arrêté du Comité de sûrelé générale, décidant, attendu l'absence des citoyens Drouet et Chabot, nommés commissaires par son arrêté du 23 courant, pour être présents à la levée des scellés apposés dans le domicile du défunt citoyen Marat, en présence des officiers publics et des commissaires nommés à cet effet, que le citoyen Guffroy, l'un de ses membres, assistera à ladite levée de scellés, au lieu et place des citoyens Drouet et Chabot.

25 juillet 1793.

Extrait du registre des arrestations du Comité de sûreté générale, A. JV., AF'il 288; copie conforme, A. JV., F7 43851, n° 4.

790. — Lettre du citoyen Beauvallet à la Convention nationale, faisant connaître que, chargé par la Commune de Paris, dont il est membre, de transmettre à la postérité les traits de l'immortel républicain Marat, il s'empresse de déposer au sein de la Convention l'image de ce collègue, deuxième martyr de la Révolution, et déclarant que son âme sera entièrement satisfaite, si la Convention daigne accepter l'hommage de son travail.

25 juillet 1793.

Original signé, A. JV., C 260, n» 550. Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 523.

791. — Autre lettre du citoyen Beauvallet à la Convention nationale, annonçant qu'ayant été chargé par la Commune de Paris de faire le buste de Marat, il a cru devoir avant tout en déposer un premier plâtre au sein de la Convention, et sollicitant l'honneur d'être admis à sa barre.

25 juillet 1793.

Original signé, A. JV., C 262, n° 584.

792. — Décret de la Convention nationale, décidant que le Comité des inspecteurs de la salle sera tenu de faire placer, dans le lieu de réunion de l'Assemblée, les bustes de Brutus, Le Peletier et Marat. acceptant l'offrande du citoyen Beauvallel, ordonnant qu'il sera fait mention honorable au procès-verbal de l'adresse de l'artiste, qui a si bien servi sa patrie par l'emploi de ses talents, et que l'adresse sera insérée au Bulletin, et renvoyant le tout au Comité d'instruction publique,

chargé tle déterminer le genre de récompense dont le citoyen Reauvallet s'est rendu digne.

25 juillet 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N., G 260, n° 538. Ed. Archives parlementaires, t. LXIX,p. 523.

"93. — Admission à la barre de la Convention nationale d'une députation de la Sociélé républicaine des Cordeliers, qui annonce que, dimanche prochain, voulant payer à la mémoire de Marat le tribut que méritent son civisme, ses travaux et son intrépidité, elle déposera son cœur sur un autel, au lieu de ses séances, et invile la Convention à envoyer une députation à cette cérémonie, avec décret de la Convention, décidant qu'une députation de 24 membres assistera à la cérémonie cjui aura lieu, dimanche, en l'honneur de Marat, assassiné pour la cause de la liberté.

Extrait du procès-verbal, A. N., C259, n° 540, et minute, signée d'Audouin, A. N., C 2C0, n» 551.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 541 .

794. — Adresse de la Sociélé républicaine d'Ax, département de l'Ariège, à la Convention nationale, déclarant que les républicains d'Ax ont béni la sainte insurrection qui fit triompher les mandataires fidèles et chassa les traîtres de la Convention, qu'ils ont pleuré sur le sort de l'Ami du peuple, que des scélérats ont fait assassiner, et délibéré de porter son deuil et de Lui rendre des honneurs funèbres, ajoutant qu'ils attendent avec impatience le 10 août, ce jour mémorable qui réunira tous les Français, épouvantera les tyrans, détruira la coalition de ces monstres et ramènera la paix.

26 juillet 1793.

Original signé, A. N., G 260, n" 626.

Ed. Archives parlementaires, t.LXX,p. 166.

795. — Lettre de la Sociélé populaire et républicaine de Langres à la Convention nationale, rendant compte de la cérémonie civique et funèbre qu'elle a célébrée, le 21 juillet, en l'honneur de Marat, martyr de la Liberté, où le cortège, après avoir traversé une partie de la ville, s'est arrêté sur la place de la Révolution, les

vertus civiques de Marat ont été célébrées dans des discours, avec chants d'hymnes et d'airs analogues à la circonstance, et les citoyens ont jeté des Heurs sur l'urne funéraire qui a été portée et déposée au pied de la statue de la Liberté, comme un monument éternel du patriotisme et de la surveillance de Marat, ladite lettre accompagnée du programme de la cérémonie civique et funèbre en question.

27 juillet 1793.

Minute et copie conforme (2 pièces), A. N., G 262, n° 586.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 589.

796. — Renvoi par la Convention nationale au Comité de sûreté générale, des actes et de la lettre relatifs à la mort de Marat, remis à la légation de France à Genève, que fait passer le citoyen Soulavie, résident de la République de France près celle de Genève.

29 juillet 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N., C 259, n» 540.

Ed. Archives parlementaires, t. LXIX, p. 655.

797. — Adresse de la Société républicaine de Saint-Hostien, district du Puy, à la Convention nationale, l'adjurant de faire tomber toutes les têtes coupables, d'extirper de la terre de la Liberté tous les traîtres qui s'étaient glissés au sein de la République et qui cherchaient à la renverser, demandant encore que le nom de la détestable ville de Caen soit changé en celui de Caïn, qu'elle porte le nom d'un antique traître, puisque c'est de chez elle qu'est parti le coup qui a tranché les jours de son frère Abel (Marat) et qu'elle est encore le réceptacle des Iraitres.

29 juillet 1793.

Original signé, A. N., C 267, n° 634.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 182 .

798. — Lettre de la Société des Sansculoltes montagnards de Tonnerre au président de la Convention nationale, annonçant que l'apothéose de Marat a été célébrée, le 27 de ce mois, dans le local de la Société, aux ci-devant Ursulines, avec le concours de la Société des citoyennes Amies de la Constitution, et qu'après les

MEURTRE ET OBSÈQUES DE M.Uî.VT

épanchements de la douleur, l'hymne de la Liberté a é Lé chaulé.

29 juin (juillet) 1793.

Original signé, A . N., C 266, n° 626. Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 164.

799. — Délibération du Conseil général de la Commune, renvoyant au Comité d'instruction publique un arrêté de la section du Contrat-Social, qui invite les sections et les sociétés populaires à se joindre à elle pour obtenir de la Convention que les simulacres de Saint-Fargeau et de Marat soient exposés, tels qu'ils étaient lors de leurs funérailles, avec lettre d'envoi de M. Coulombeau, secrétaire-greffier.

30, 31 juillet 1793.

Extrait conforme et oriuinal signé [2 pièces), A. N., F11 10051, n° 747.

800. — Lettre de la Société populaire de Montauban à la Convention nationale, renouvelant l'expression de ses sentiments de vive douleur au sujet de l'horrible assassinat commis sur la personne du représentant Marat, et adressant l'hommage qu'elle a rendu publiquement aux cendres de ce nouveau martyr de la Liberté, avec l'éloge de Maral, prononcé, le 2'> juillet, à la tribune de la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité de Montauban, par le citoyen Baron, membre de ladite Société.

Original signé et imprimé (2 pièces), A. N., C 267, n» 630.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 416.

801. — Apothéose du citoyen Marat, l'Ami du peuple, député de Paris à la Convention nationale, célébrée au sein de la Société des citoyennes Amies de la Constitution républicaine, séante à Tonnerre, aux ci-devant Ursulines, le 1er août, et prononcée par le sieur Verne, avec décision de la Société, arrêtant l'impression de cette apothéose et son envoi à la Convention et aux sociétés populaires.

1er août 1793.

(Remis à la séance du 14 septembre.) Imprimé, A. N., C 271, n° 668.

802. — Arrêté du Comité de sûreté générale, chargeant le juge de paix de la

section du Théâtre-Français de faire apporter, le jour même, à 8 heures du soir, au Comité, le sac où se trouvent les papiers de Jean-Paul Marat, représentant du peuple, assassiné par la Corday, et d'y être présent avec son greffier pour la reconnaissance des scellés apposés sur ledit sac.

1« août 1793.

Minute, A. N., F7 438.r)', n° i.

803. — Procès-verbal de reeolemenl et d'inventaire, par les soins du Comité de sûreté générale, des papiers trouvés en la possession de la citoyenne Evrard, veuve de Jean-Paul Marat, représentantdu peuple, avec la description sommaire desdits papiers , indiqués sous les rubriques sui- • vantes :

1° Lettres, mémoires, notices, journaux dépareillés et réclamations, qui avaient élô adressés au citoyen Marat et sont réunis, en présence de la citoyenne Evrard, en 7 liasses;

4° 38 pièces ou chemises relatives à la trahison du général Custine ;

3° 7 autres mémoires ou lettres adressés tant au citoyen Marat qu'au ministre, concernant des objets de sûreté générale;

4° Les ouvrages du citoyen Marat, consistant : en 1 volume in-8 de 323 pages, intitulé: Mémoires sur les expériences que Norton donne en preuve du système de la différente réfrangibililé des rayons éthérogènes ; un autre volume in-8 de 201 pages, intitulé : Recherches physiques sur le feu, avec des notes manuscrites ; un sac contenant un ouvrage manuscrit qui devait être intitulé: L'Ecole du citoyen, ou Histoire secrète des machinations de la Cour, de l'Assemblée constituante, du Cluh monarchique, des généraux et des principaux ennemis de la Liberté qui ont. figuré dans la Révolution ; un autre ouvrage, aussi manuscrit, intitulé : Analyse de différents systèmes sur le feu et la chaleur, congélat ion et thermomètre ; un autre manuscrit intitulé : Les Chaînes de l'esclavage ; un autre ouvrage, partie imprimé et partie manuscrit, intitulé :

Découverte sur la lumière constatée par une suite d'expériences nouvelles; un rouleau de trois ou quatre feuilles détachées avec le litre : Histoire de la Révolution; une autre

liasse dans laquelle se trouvent plusieurs ouvrages, l'un sur la physique, intitulé : Cristal d'Irlande et du Brésil; un aulre : Discours stir les moyens de perfectionner l'Encyclopédie; plusieurs feuilles manuscrites et imprimées, qui paraissent relatives à l'ouvrage ci-dessus: L'Ecole du citoyen; une autre liasse de petites noies destinées à un ouvrage intitulé : Administration des finances; un autre manuscrit in-4, sur lequel se trouve écrit: Ma correspondance.

A la suite de ce procès-verbal d'inventaire, signé de f.uffroy et de Simonne Evrard, se trouve un arrêté du Comité de sûreté générale, décidant que les papiers relatifs à Custine, mentionnés à l'article 2, * et ceux décrits article 3, resteront déposés aux archives du Comité de sûreté générale, et que le surplus des papiers et manuscrits de Jean-Paul Marat sera remis à la citoyenne Evrard, avec une copie de l'inventaire et de l'arrêté.

2 août 1793.

Original, signé de Guffroy, Laignelot, Lavicomterie, Amar et Ingrand, a . N., F1 4 3851, n° 4.

804. — Adresse de la Société Fraternelle à la Convention, annonçant qu'elle se propose d'honorer la mémoire de deux martyrs de la Liberté, Le Peletier et Marat, et qu'à cet ell'et elle fera, le dimanche 4 août, l'inauguration solennelle de leurs deux bustes, pour leur rendre le tribut d'hommage et de reconnaissance que méritent ces deux grands hommes, invitant la Convention à y envoyer une députation et demandant la permission de déposer, dans le salon de la Liberté, le buste de Marat, qui sera ensuite porté, avec celui de Le Peletier, à la Société Fraternelle, donnant enfin l'itinéraire du cortège, qui partira de la salle de la Société, se rendra à la place des Piques, puis, par la rue Saint-Honoré, à la place de la Révolution, le Pont-Tournant, les Tuileries jusqu'au péristyle du pavillon de l'Unité, avec décret de la Convention nationale, portant qu'une députation de 24 membres assistera à cette cérémonie.

(3 août 1793.) Minute non signée, A. JV., C 266, n° 626; extrait du procès- verbal, A. N., C 263, n° 587. Ed. Archives jiarlcmentaircs, t. LXX, p. 18U

805. — Eloge funèbre de Marat, prononcé à la Société des Amis de la République, séante en l'église ci-devant de l'hôpital, à Tonnerre, le 4 août, en présence des administrateurs du district, des juges du tribunal, du procureur de la commune, des membres du comité de salut public, des commandants de la garde nationale, avec lettre d'envoi à la Convention, où il est dit que « c'est en imitant Marat, en se montrant comme lui les plus ardents défenseurs de la Liberté et de l'Egalité, en maintenant, au péril de leur vie, l'unité et l'indivisibilité de la République, qu'ils vengeront sa mort ».

4, 6 août 1793.

Copie conforme et original signé (2 pièces), A. JV., C 267, n° 633.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 137.

806. — Adresse des Sans-culoltes républicains d'Amboise à la Convention nationale, déplorant la perte de Marat, détestant le jour fatal où un monstre, armé par l'aristocratie, ravit au peuple son ami, à la liberté son plus ardent défenseur, jour qui sera longtemps un jour de deuil et de tristesse pour les vrais amis de la République, réclamant vengeance contre la faction scélérate, qui poursuit le cours de ses trames liberticides et veut frapper d'un nouveau coup la République, en lui enlevant les députés patriotes, Marat n'étant pas le seul qu'on ait projeté de livrer au fer des assassins, signalant à la vindicte publique ces mandataires infidèles qui, se voyant démasqués et livrés au glaive de la loi, ont déserté leurs postes et se sont enfuis dans les départements pour y fomenter des troubles, leur atroce perfidie contre Marat, leur complot sanguinaire n'a rien qui doive surprendre, invoquant surtout dans ces circonstances critiques les Montagnards, parmi lesquels Marat fut toujours assis et dont il partagea les travaux et la gloire.

6 août 1793.

Original signé, A. N., C 266, n° 629.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 337.

807. — Adresse de la Société républicaine de Saint-Pol au peuple français, déclarant qu'un nouveau crime vient d'être

.M UlU HT HE ET OBSÈQUES DE M Alt AT

commis, et qu'une main ennemie a plongé le fer clans le sein de Mural, de l'Ami du peuple, dénonçant la faction liberticide qui, par un système de diffamation, a cherché sans cesse à avilir les patriotes, et qui, en ce moment, prêche ouvertement le fédéralisme dans les déparlements, attestant que la mort de Marat sera ulile à la patrie, et que, puisque le destin a voulu que la cause de la liberté fût cimentée du sang des patriotes, son sang et celui de Le Peletier assurent qu'elle ne périra jamais (juillet 1793), reçue le

6 août 1793.

Original signé, A. N., C 2G6, n° 629.

808. — Adresse des citoyens de la section du Contrat-Social à la Convention nationale, annonçant qu'après avoir répandu sur la tombe de Marat des feuilles de chêne et des Heurs, la section s'est occupée de son oraison funèbre, et convoquant à cette cérémonie, qui aura lieu le jeudi suivant, à 3 heures du soir, dans l'église de Saint- Eustache, lieu de ses séances, où le simulacre de ce représentant du peuple, étendu sur son lit de mort, sera otfert loute la journée aux regards des citoyens, exhortant leurs frères des départements à manifester leur indignation devant ce spectacle affreux, à venir entendre le récit de la vie malheureuse de ce martyr de la Liberté, de l'homme immortel que la postérilé couronnera de gloire, prianl enfin la Convention nationale d'envoyer une députation, avec décret, portant qu'une dépulation de 24 membres assistera à cette cérémonie.

6 août 1793.

Original signé, A. N., C 2GG, n° 629; extrait du procès-verbal, A. N., C 263, n» 587. Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 313.

809. — Lettre du citoyen Deseine, sculpteur, sourd et muet, au président de la Convention nationale, demandant son admission à la barre, déjà sollicitée trois jours de suite, à l'effet de faire hommage du buste de Marat.

6 août 1793.

Original signé, A. N., C 265, n° 613.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 356.

810. — Lecture à lu Convention nationale, de la pétition du sculpteur Deseine, qui déclare avoir voulu, par le buste qu'il a exécuté lui-même, honorer la mémoire du plus intrépide défenseur des droits du peuple, transmettre à la postérité sa ressemblance pour lui rappeler sans cesse avec quelle énergie il avait embrassé la cause de la Liberté, et décret agréant l'hommage du citoyen Deseine, décidant que le buste de Marat sera placé dans la salle des séances, et renvoyant la pétition aux Comités d'instruction publique et des finances,

6 août 1793.

Exlraitdu procès-verbal, A.N.,C 203. n" 587. Ed. A rchices parlementaires, t. LXX, p. 356.

811. — Epllre (en vers) à Marat, par E.-L.-A. Létang, citoyen de la section de la Réunion, qui en fait hommage à la Convention nationale.

7 août 1793.

Original signé, A. N., C 207, n" 630.

Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 418.

812. — Adresse de la veuve de Jean- Paul Marat, l'Ami du peuple, à la Convention nationale, demandant justice des attentats nouveaux commis contre la mémoire du plus intrépide et du plus outragé des défenseurs du peuple, dénonçant les libellistes hypocrites, les plus lâches de tous les folliculaires, les Carra, les Ducos, les Dulaure, qui s'efforcent de peindre, sous les traits d'une héroïne intéressante, le monslre qui plongea dans le sein de Marat le fer parricide, qui la vantent sans pudeur dans leurs écrits périodiques, pour encourager ses pareilles à égorger le reste des défenseurs de la Liberté, jusqu'au vil Pétion, qui, à Caen, dans l'assemblée de ses complices, a osé dire à cette occasion que l'assassinat était une vertu, montrant la scélérate perfidie des conspirateurs, qui répandent à grands frais d'infâmes gravures où l'exécrable assassin est représenté sous des traits favorables, tandis que le martyr de la Liberté est défiguré par les plus horribles convulsions, signalant les écrivains scélérats qui, au nom de Marat, prêchent les maximes extravagantes à lui prêtées par ses ennemis, qui

262 CHAPITRE Ior. — JOURNÉES IIISTOKIQUES DE LA RÉSOLUTION

le poursuivent de leurs calomnies en le représentant comme un apôtre insensé du désordre et de l'anarchie, deux surtout, Jacques Roux et le nommé Le Clerc, qui prétendent continuer ces feuilles patriotiques et faire parler son ombre pour outrager sa mémoire, qui, peu de jours avant la mort de Marat, avaient été dénoncés par lui au Club des Cordcliers, comme des agents stipendiés pour troubler la tranquillité publique, et furent chassés solennellement du sein de cette société populaire. Le but de cette faction perfide est de diffamer les amis du peuple qu'elle désigne sous le nom de Maratistes, d'exciter les Français, qui se rassemblentpourle luaoùt, et de troubler ces journées par quelque catastrophe funeste; la veuve de Marat les dénonce à l'univers, la mémoire de Marat est le seul bien qui lui reste, elle veut consacrer à sa défense les derniers jours d'une vie languissante.

8 août ((--ar erreur 8 juillet) 1793.

Original signé, A. N., C '267, n° 631. Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 527.

813. — Décret de la Convention nationale, ordonnant l'insertion de la pétition de la veuve de Marat au Bulletin, et chargeant son Comité de sûreté générale d'examiner la conduite des écrivains dont elle se plaint, avec déclaration de Ducos, membre de la Convention, désigné dans la pétition comme l'un des écrivains calomniateurs, affirmant que, depuis le 31 mai, il n'a travaillé à aucune feuille publique, et demandant que sa déclaration soit également insérée au Bulletin et au procèsverbal.

8 août 1793.

Extrait du procès-verbal, A.N., C 2G3,n°588. Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 528.

814. — Lecture à la Convention nationale, de la liste des 24 membres nommés par le bureau et qui sont invités à assister ce soir, 9 août, à la cérémonie funèbre en l'honneur de Marat, dans l'église de Saint- Eustache, savoir : lîouquier, Pinet aîné, Pérard, Roux-Fazillac, Legendre (de Paris), Chabot, Dupuy (ils, Ichon, Dubarran, Diîmont (de la Somme), Laignelot, Thomas Lindet, Jagot, Piorry, Fourcroy, Forestier,

Laplanche, Caston, Gay-Vernon, Maure, Laloy jeune, Guillemardet, Le Hod, et Le Carpentier.

9 août 1793.

Extrait du procès-verbal, A.N., G 263, n°589. Ed. Archives parlementaires, t. LXX, p. 590.

815. — Lettre du sieur Cratton, lieutenant de gendarmerie nationale aux Sablesd'Olonne, à la Convention nationale, accompagnant l'envoi d'un quatrain a la mémoire de Marat.

10 août 1793.

Original signé, A. N., C 271, n° 665.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XX, p. 39.

816. — Lettre de la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité de Caslanet, au président de la Convention nationale, exprimant la douleur qu'elle a ressentie à la nouvelle de l'assassinat de Marat, ce défenseur intrépide de la Liberté, frappé par une main barbare, et déclarant qu'en exterminant les ennemis de la patrie, l'Ami du peuple sera vengé.

11 août 1793.

Original, signé des membres composant le Comité de correspondance de la Société, A. N., C 267, n" 631.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 4.

817. — Poème à la louange de Marat, par le citoyen Dorat-Cubières, offert à la Convention nationale.

11 août 1793.

Minute avec ratures, A. N., C 267, n° 632.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 22.

Cet écrit de Michel de Palmezeaux-Cuhières, dit Dorat-Cubières, parut en 1793, sous le titre de : Les deux martyrs de la Liberté, ou portraits de Marat et Le Peletier, in-8°.

818. — Envoi à la Convention nationale, parla Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité de Poitiers, d'une adresse où ils expriment la douleur qu'ils ressentent de l'assassinat de Marat, et applaudissent aux honneurs rendus à sa mémoire, avec insertion au Bulletin.

16 août 1793.

Extrait du procès-verbal, A.N. ,C 263, n° 590. Cf. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 233.

819. — Lettre de M. Roussillon, président par intérim de la section de Marseille

MEURTRE ET OBSÈQUES DE M A H A T

et de Marat, au président de La Codvenlion nationale, annonçant iiue la section a décidé d'envoyer à la Montagne, c'est-àdire à la Convention, l'adresse à louis frères des déparlemeiils, qui leur a été remise, le 13 août) jour auquel la section les a réunis dans le lieu où repose l'Ami du peuple, où ils ont tous juré sur sa tombe de venger sa mort dans le sang de ses ennemis, qui sont les leurs, puisqu'ils sont ceux de la Liberté, et où ils ont juré également de marcher à l'ennemi à la première réquisition.

17 août 1793.

Original signé, A. N., C 267, n° G35.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 384.

820. — Adresse de la Société des Amis de la République, séante en l'église de l'hôpital à Tonnerre, à la Convention nationale, l'adjurant de se montrer généreuse à l'égard de la veuve de Marat, lequel est mort insolvable, déclarant que la munificence nationale doit acquitter ses dettes et que cette veuve ne doit pas connaître le besoin, que la Société se serait acquittée de ce devoir sacré, s'il était permis à une portion du peuple d'aspirer à un tel bonneur, que la Convention doit verser abondamment des consolations dans le sein d'une femme aussi intéressante, qui n'a pas tout perdu, attendu que l'on était ses amis et que l'on est devenu ses frères.

Original signé, A. N., C '267, n° 635.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 354 .

821. — Admission à la barre de la Convention nalionale, d'une députation des citoyennes Républicaines révolutionnaires, qui demandent que la Convention envoie une députation à une cérémonie en l'honneur de Marat, l'Ami du peuple (érection d'un obélisque), avec décret de la Convention, décidant qu'une députation de 24 membres assistera à la cérémonie.

18 août 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N. , C 263, n°590. Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 384.

822. — Adresse des citoyens de Couffinal, municipalité de Revel, réunis en société populaire, à la Convention nationale, ex-

primant Ions leurs regrets de la mort de Marat, demandant que les cendres de ce héros patriote soient déposées dans le Panthéon français, parce qu'en jetant des Heurs sur la tombe d'un patriote, la Convention excitera l'émulation et ranimera le courage, demandant également que les fédéralistes, épars dans les villes et les campagnes, qui relèvent la tête, soient frappés; les mânes de Marat dirigeront les bras vengeurs des Montagnards sur celte horde exécrable d'aristocrates et de fédéralistes, qui veulent « renverser l'idole de Dagon pour en substituer une autre ».

19 août 1793.

Original, signé de J.-B. Merican, président, A. N., C 271, n» 668.

823. — Envoi à la Convention nationale, par le citoyen Charles-Louis Rousseau, commissaire national près le tribunal du district de Tonnerre, du discours d'apothéose de Marat, prononcé par lui le 28 juillet, dans la Société républicaine des Sans-culottes Montagnards de Tonnerre, séante aux ci-devant Ursulines.

23 août 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N.,C 263, n° 591 . Ed. Archives parlementaires, t. LXXII, p. 643.

824-. — Lettre de Pache, maire de Paris, au ministre de l'intérieur, lui rappelant que son prédécesseur, lorsque la section de Marseille eut décidé de faire enterrer Marat avec une pompe qui répondit aux regrets et à la reconnaissance des bons patriotes, promit de payer les frais de ses funérailles, et dans l'espoir que le ministre ne désavouera point un tel engagement, lui envoyantles dillérents mémoires d'ouvrages ou fournitures occasionnés par ces obsèques, faisant remarquer que la situation de la plupart des citoyens qui les ont produits ne permet pas de les faire longtemps attendre, appelant particulièrement son attention sur le mémoire du citoyen Deschamps, se montant à 6,000 livres.

30 août 1793.

Original signé, A. N., M 665, n° 16.

Ed. Revue rétrospective, 2° série, t.YI,p.306. Note en tête : Le ministre désire epic cette affaire lui soit promptement mise sous les yeux.

825. — Hommage à la Convention nationale, par le citoyen Guirault, d'une oraison funèbre de Marat, qu'il a prononcée dans la section du Contrat-Social.

1er septembre 1793.

Extrait du procès-verbal, A.JV.,C 268,n°6393. Ed. Archives parlementaires, t. LXXIII, p. 302.

820. — Lettre de Paré, ministre de l'intérieur, aux administrateurs du Département, leur transmettant les mémoires relatifs aux frais occasionnés par les funérailles de Marat, que vient de lui envoyer le maire de Paris, à l'effet de les faire promptement régler, les priant de renvoyer ces mémoires avec leur visa et leurs observations, celui du citoyen Deschamps, qui demande 0,000 livres pour l'embaumement du cœur de Marat, devant certainement fixer leur attention, il ne faudrait pas, observe Paré, « si ce citoyen persistait à demander une somme outrée, que cette persévérance nuisît au prompt établissement du droit des autres ».

4 septembre 1793.

Original signé, A. N., M 665, n° 16.

Ed. Revue rétrospective, 2esérie, t. VI, p. 307.

827. — Lettre du procureur général syndic du Département au citoyen Giraud, architecte du Département, lui adressant toutes les pièces et mémoires relatifs aux frais qu'ont occasionné les funérailles de Marat, avec prière d'en faire la vérification et le règlement le plus promptement possible et de les lui renvoyer avec son avis, et reproduisant les observations du ministre de l'intérieur relativement à l'exagération du mémoire du citoyen Deschamps, qui réclame 6,000 livres pour l'embaumement du corps de Marat.

Minute, A. N., M 665, n° 16.

828. — Lettre du sieur Vincent Formalcone, canonnier de la section de Beaurepaire, originaire de Venise, d'où il est exilé à cause de ses principes révolutionnaires, accompagnant l'envoi d'un éloge de Marat, martyr de la République, et se plaignant de la violation de son domicile, de l'apposition des scellés sur ses papiers, deman-

dant sa justification et la véritication de ses preuves de civisme aux Affaires étrangères, étant venu combattre en France pour la cause de la Liberté.

8 septembre 1793.

Original signé, A. N., G 271, n° 667.

Ed. Archives parlementaires, t. LXXIII, p. 647.

829. — Envoi par la Convention nationale, à la demande de la section de Molière et La Fontaine, qui se propose de célébrer une fête en l'honneur de Marat, d'une députation composée des citoyens Boucher-Saint-Sauveur, Coupé (de l'Oise), Maure, Frécine, Guimberteau, Bollet, Laurent, Sevestre, Cloots et Lakanal.

14 septembre 1793 Extrait du procès-verbal, A. N., G 268, n» 6395.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XX, p. 364.

830. — Adresse de la Société des Amis de la Constitution de Moyaux, district de Lisieux, à la Convention nationale, déclarant que Marat emporte leurs regrets et qu'il vivra pour la postérité, que s'il a succombé sous les coups de la faction qui le tyrannisait et attachait à son nom celui de dictateur, il revit dans leurs cœurs, cet heureux Décius, et qu'il n'est pas un des membres de la Sainte Montagne qui n'ait des droits à leur reconnaissance.

14 septembre 1793.

Original signé, A, N., C 272, n» 674.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXI, p. 189.

831. — Lettre de M. Faure, président de la section de la Montagne, au président de la Convention nationale, annonçant l'inauguration, pour le 15 septembre, des bustes de leurs bons amis Marat et Le Peletier, et invitant, au nom de l'Assemblée générale de la section, la Convention à envoyer une députation à cette cérémonie auguste, qui sera digne des deux amis de la Liberté, et qui commencera vers 4 h. 1/2 ou 5 heures du soir, rappelant que deux membres de la section avaient déjà été chargés de cette mission, le jeudi précédent.

14 septembre 1793.

Original signé, A. N., G 275, n° 710.

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT

832. — Lettre du procureur général syndic du Département au citoyen Giraud, architecte du Département, lui rappelant l'envoi, fait le 6 septembre, des' pièces et mémoires relatifs aux dépenses des funérailles de Marat, lui adressant deux niémoires supplémentaires du citoyen Duboeq, l'un de 46 livres 12 sols, l'autre de 8 livres 19 sols, avec prière de les joindre aux premiers, et de le mettre à même de faire le plus promptement possible son rapport sur le tout au Directoire.

1 6 septembre 1 793.

Minute, A. A7., M 665, n° 16.

833. — Délibération de l'Assemblée générale de la section des Tuileries, désignant des commissaires chargés de se transporter à la Convention pour la prier d'envoyer une députation à l'effet d'assister, le dimanche 22, à H heures, à l'inauguration que fera la section des bustes de Le Peletier et Marat, victimes de leur patriotisme, et indiquant comme lieu du rassemblement la salle de leurs séances, rue Saint-Nicaise.

19, 20 septembre 1793.

Extrait conforme, A. N., G 272, n» 672. Note en marge : Le bureau nommera 12 commissaires.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXI. p. 92.

834. — Mémoire des vacations et frais dus au citoyen Thuillier, juge de paix de la section du Théâtre-Français, dite de Marseille et de Marat, et à son secrétairegreffier, pour l'apposition et la levée des scellés après le décès du citoyen Jean- Paul Marat, en son domicile, rue des Cordeliers, et dans son imprimerie, frais s'é-* levant à la somme de 94 livres 10 sols 6 deniers.

(20 septembre 1793.) Minute, A. N., F7 4385', n° 4.

835. — Désignation par la Convention nationale, des commissaires nommés à l'effet d'assister à l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, qui doit être faite, ce jour, par la section des Tuileries, savoir : Deville, Garnier(de la Meuse), Julien Dubois, Coupé (de l'Oise), Guimberteau,

Francastel, Granet, Bouquier, Desgrouas, Roger-Ducos, Goupilleau (de Montaigu).

22 septembre 1793.

Extrait du procès-verbal, A. N., G 268, n- 639».

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXI, p. 143.

836. — Hommage à la Convention nationale, par le citoyen P. -M. Brémont, auteur d'un projet d'éducation nationale, d'un poème héroïque, intitulé : La France libre, dédié aux braves Parisiens et à tous nos frères des déparlements, etc., suivi d'une ode aux mânes de Marat.

22 septembre 1793.

Original et imprimé de 24 pages (2 pièces), A. N., F17 1005-', n° 913.

Ce poème forme une brochure in-8° de 24 pages, publiée cbez Clément. 1793, B. N., Ye 39348.

837. — Lettre des citoyens Chenaux et Sauvageot, membres d'une députation do la section des Gardes-Françaises, au président de la Convention nationale, annonçant que la section doit célébrer aujourd'hui, à 3 heures, l'inauguration des bustes de Le Peletier et Marat, et demande l'envoi d'une députation de la Convention, avec circulaire imprimée, faisant connaître la célébration d'une pompe funèbre , le lundi 23, à 3 heures après midi, en l'honneur de Le Peletier et Marat, martyrs de la Liberté.

23 septembre 1793.

Original signé, A. N., G 272, n° 674.

En téte de cetle lettre, sont inscrits les noms des douze commissaires délégués par la Convention, qui sont : Billaud-Varenne, Dameron, Laloy, Audouin, Armonville, Cordier, Maille, Clauzel, Godefroy, Sautereau, Pflieger et Sevestre.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXI, p. 162.

838. — Adresse de la Société populaire de Dreux à la Convention nationale, l'exhortant à jurer de sauver la patrie sur le tombeau de Marat, l'Ami du peuple, et sur celui de Le Peletier, première victime et martyr de la Liberté, et déclarant que le sort fatal de ces immortels arme leurs bras vengeurs.

(27 septembre 1793.) Original signé, A. N., G 272, n» 677.

839. — Délibération de l'Assemblée générale de la section de Montrcuil, nommant des commissaires chargés d'annoncer à la Convention nationale que, le dimanche suivant, à midi, se fera, au sein de l'Assemblée générale, l'inauguration des bustes des martyrs de la pairie, Le Peletier et Marat.

Extrait signé, A. N., G 275, n° 707.

840. — Procès-verbal de la fête civique et funèbre, célébrée dans l'église paroissiale, par la Société populaire d'Epinal, en l'honneur de Marat, représentant du peuple, assassiné par le fédéralisme, et de Pierre Rayle, représentant du peuple, assassiné par le royalisme, à Toulon, avec lettre d'envoi au président de la Convention nationale, exprimant les sentiments de regret et d'amour de la Société envers les martyrs de la Liberté.

30 septembre, 1er octobre 1793.

Copie conforme et original signé (2 pièces), A. N., G 275, n° 711.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXII, p. 224.

841. — Discours adressé à la Convention nationale par les commissaires de la section de Montreuil, qui déclarent que l'Assemblée générale de cette section, pénétrée de reconnaissance envers les martyrs de la Liberté, Marat et Le Peletier, et voulant honorer la mémoire de ces deux grands hommes, inaugurera, dimanche G octobre, dans le lieu de ses séances, les bustes de ces deux législateurs, et prie la Convention d'envoyer une députalion à cette fête civique, le rassemblement du cortège devant se faire place de la Liberté, vis-à-vis la place de la Bastille, à midi, avec décision de la Convention, portant que 12 de ses membres assisteront à cette cérémonie.

4 octobre 1793.

Original, signé de Queniar. membre de la Commune, Jeanbu, Tisrot, et Chauvin, juge de paix, A. N., G 275, n° 707, et extrait du procès-verbal, A. N., G 273, n- 679.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXII, p. 78.

842. — Rapport de M. Giraud, architecte du Département, au Directoire du Dépar-

tement, accompagnant l'envoi des différents mémoires relatifs aux funérailles de Marat, après vérification de tous ceux qui étaient susceptibles de l'être, et déclarant que, le mémoire de l'embaumement n'étant pas de sa compétence et étant néanmoins susceptible d'une réduction assez forte, il a cru devoir s'adresser à un homme de l'art, le citoyen Desaull, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, connu par ses talents distingués, pour éclairer la religion du Directoire à cet égard, estimant enfin qu'il lui parait juste de payer à chacun des entrepreneurs les sommes portées en marge à la suite de leurs noms, conformément au règlement par lui effectué, avec la liste des entrepreneurs et fournisseurs, indiquant le montant des frais (notamment 2,400 livres au sculpteur Martin, pour la construction du tombeau), s'élevant en total à la somme de 5,608 livres 2 sols 8 deniers, en attendant le mémoire réglé de l'embaumement du corps de Marat.

5 octobre 1793.

Original signé, A. N., M 665, n° 10.

Ed. Revue rétrospective, 2e série, t. VI, p. 308.

843. — Invitation adressée par la section du Pont-Neuf à la Convention nationale, pour l'inauguration des bustes de Le Peletier et de Marat, le 13 octobre, avec demande d'envoi d'une députation.

Extrait du procès-verbal, A.iV.,C 273, n" 679. Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXII, p. 247.

844. — ■ Procès -verbal d'inauguration du buste de Marat, sur l'une des places de Fontainebleau, qui a reçu le nom de place de la Montagne^ par la Société populaire et les citoyennes de cette ville, lesdites citoyennes, portant 2 bannières, avec ces inscriplions : i ° « Son image est ici, son temple est dans nos cœurs » ; 8° « Ennemi des tyrans, il mourut leur victime, » suivie d'un autodafé des elfigies des despotes qui tapissaient les murs du ci-devant château, entre autres, « du portrait de cet imbécile Louis XIII », qui se trouvait être l'un des chefs-d'œuvre du fameux Champagne, dont les autres ouvrages embellissent actuelle-

MËUKTRË ET OBSÈQUES DE MAHAT

ment le Muséum national, ledit autodafé, sacrifice expiatoire, offert aux mânes de Marat, avec adresse à la Convention nationale.

10e jour de la 2e décade du 1er mois de l'an II. (11 octobre 1793.)

Copie conforme et original signé (2 pièces), A. N., G 279, n° 760.

Cf. Procùs-vcrbal de lu Convention nationale, t. XXIV, p. 144.

845. — Ordre de la marche de la pompe funèbre, qui aura lieu le 20e jour du 1er mois de l'an II (vieux style, mercredi 1G octobre) pour l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, par la section du Muséum.

13 octobre 1793.

Imprimé, A. N., C 27G, n° 714.

846i — Discours de David, membre de la Convention, à la Convention, annonçant qu'il vient de terminer le tableau représentant Marat à son dernier soupir, et demandant la permission, avant de l'offrir à l'Assemblée, de le prêter à ses concitoyens de la section du Muséum, ainsi que celui de Le Peletier, afin que ces martyrs puissent en quelque sorle être présents aux honneurs civiques qu'ils vont recevoir, deniandantégalement l'autorisation d'exposer ces deux tableaux chez lui, au Louvre, pendant une quinzaine de jours, aux yeux du public, qui lui en a souvent témoigné le désir, et invitant ses collègues à venir les voir à partir de samedi prochain.

23 vendémiaire an II (14 octobre 1793). Minute, de la main de David, A. N,, C 276, n° 714.

Cf. Pvocùs-vcrbal de la Conrention 7iationale, t. XXIII, p. 46.

847. — Rapport de M. Giraud, architecte du Département, adressant au Directoire du Département : 1° le mémoire du citoyen Deschamps, chirurgien-major de l'hôpital de la Charité, qui réclame 6,000 livres pour l'embaumement du corps de Marat; 2° une déclaration du citoyen Lohier, commissaire du Comité de salut public, portant qu'avant l'embaumement le citoyen Deschamps n'avait évalué cette opération qu'à 12 ou 1,500 livres ; 3° l'avis du citoyen Desault, chirurgien en chef

de l'Hôtel-Dieu, dont les talents, la probité et le civisme sont connus, qui fixe à 1,500 livres les honoraires et déboursés du citoyen Deschamps, et déclarant que s'il applaudit à la réputation de patriotisme que le citoyen Deschamps s'est acquise, il est d'autant plus affligé de sa témérité et de son avidité que, d'après des renseignements certains qui lui sont venus d'autre part, ledit Deschamps ne peut que se féliciter du règlement du citoyen Desault, encore que celui-ci ait diminué son mémoire des trois quarts.

2G vendémiaire an II (17 octobre 1793). Copie conforme, signée de Dupin, secrétaire adjoint du Département, A. N., F" 43851, n°4.

1° Mémoire du citoyen Deschamps, chirurgien-major de l'hôpital de la Charité, pour les dépenses faites par ordre du Conseil général de la Commune en vue de l'embaumement du citoyen Marat, son cœur et ses entrailles embaumées à part, pour soins assidus depuis le dimanche jusqu'au mercredi, 2 heures du matin, pour tous les aromates, liqueurs et pour tout le linge employé, enfin pour les cinq élèves qui, à tour de rôle, n'ont point quitté le corps, montant le tout à 6,000 livres.

(Sans date.)

Original signé, A. N., F7 4385», n° 4.

Les procès-verbaux de l'ouverture et de l'embaumement du corps de Marat, en date des 14 et 17 juillet 1793, originaux signés de Deschamps, faisaient partie du dossier de Marat, collection Benjamin Fillon, n° 556-14.

2° Déclaration du citoyen Lohier, commissaire du Comité de salut public, faisant connailre que lui et son collègue Berger, actuellement en mission du pouvoir exécutif, firent toutes les démarches pour l'embaumement du corps de Marat, et furent autorisés par le Conseil général de la Commune à confier au citoyen Deschamps, chirurgien-major de la Charité, le soin de procéder à cet embaumement, et, sur l'observation dudit Deschamps que cette opération coûterait de 12 à 1,500 livres, ils en référèrent au Conseil général de la Commune, et le procureur syndic Chaumette les chargea verbalement de dire au citoyen Deschamps de se mettre à l'œuvre,

268 CHAPITRE Ier. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

de fournir lout et que la dépense ne devait pas l'arrêter.

1 1 novembre 1793.

Original signé, A. N., F7 4 385* , n° 4.

3° Rapport de Desault, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, au sujet de la réclamation de Deschamps, relative aux frais d'embaumement du corps de Marat, faisant connaître qu'après examen : 1° de la déclaration signée de Lohier, commissaire du Comité de salut public, d'après laquelle, avant l'embaumement du corps de Marat, le citoyen Deschamps, chargé de cette opération, l'avait évaluée à 12 ou 1,500 livres; 2° du mémoire par lequel le citoyen Deschamps demande la somme de G, 000 livres pour les frais et soins relatifs à cet embaumement, et qu'après s'être assuré chez plusieurs apothicaires du prix actuel des substances ordinairement employées pour les embaumements, et, en évaluant les soins que cette opération exige, il se croit fondé à prononcer qu'une somme de 1,500 livres doit suffire pour tous les frais de l'embaumement du corps de Marat, et déclarant, pour conclure, que la somme de 6,000 livres ne serait pas excessive, s'il s'agissait de satisfaire la vanité et l'orgueil d'un riche héritier, mais qu'un républicain se trouve déjà dédommagé de ses peines par l'honneur d'avoir contribué à conserver les restes d'un grand homme que la patrie veut honorer.

29 vendémiaire an II.

Copie conforme, signée de Dupin, secrétaire adjoint du Département, A. JV.,F7 4 3 8 5 1 , n° 4.

848. — Lettre de M. Laborey, président de la section de la Cité, au président de la Convention nationale, annonçant la célébration, le 30 vendémiaire, par la section de la Cité, d'une fête civique pour l'inauguration des bustes de Le Peletier et Marat, que l'heure de la cérémonie est fixée à 10 heures et, le lieu du rendez-vous, la salle électorale, 2° cour de l'Evêché, déclarant que la section se fût présentée en masse à la barre de la Convention, pour la prier de se faire représenter par une députation à celte touchanle cérémonie, mais dans la crainte d'absorber un temps

précieux, elle se borne à formuler sa demande par écrit, avec décision de la Convention, portant envoi d'une députation de 12 membres.

29 vendémiaire an II.

Original signé, A. N., C 27G, n° 700.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIII, p. 189.

849. — Adresse des Sociétés populaires du Bourg-ded'Egalité, de Vitry, Thiais et Choisy-sur-Seine, à la Convention nationale, exposant qu'il existe dans la commune de Vitry-sur-Seine un port, connu sous le nom de Port-à-l'Anglais, nom qui doit être à jamais proscrit du sol de la République, et demandant qu'il prenne celui de Port-de-Marat, destiné à leur rappeler le souvenir de cet ami et défenseur de la Liberté, qui avait juré de mourir pour elle et qui a tenu son serment.

30 vendémiaire an II.

Original signé, A. N., F17 1006, n» 1009. Renvoyé au Comité d'instruction publique, le

30e jour du 1er mois de l'an 2e de la République. Signé : Pons (de Verdun), secrétaire.

850. — Adresse de la section du Temple à la Convention nationale, rappelant que la République entière a pleuré la mort de Le Peletier et Marat, et annonçant que l'Assemblée générale de la section du Temple a décidé de célébrer l'inauguration des bustes de Le Peletier et Marat, que cette fête, créée par le patriotisme, n'est pas une vaine cérémonie, c'est le tribut mérité du souvenir de leurs bienfaits, priant enfin la Convention de se faire représenter par une députation à cette fête républicaine.

(5 brumaire an II.) Original signé, A. N., C 279, n« 760.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIV, p. 139.

851. — Adresse de la section des Invalides à la Convention nationale, annonçant que, le dernier jour de la lrC décade de ce mois, les républicains Sans-culottes se réuniront, pour célébrer l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, et demandant qu'une députation de la Convention vienne se joindre aux braves vé-

MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT

térans, fiers des honorables cicaliices dont ils sont couverts, à côté de forts et robustes républicains, dignes de figurer dans cette fête civique, où l'on ne trouvera ni fasle ni discours pompeux.

5 brumaire an II.

Original, signé d'Huber, commissaire, A. N,, C 279, n° 760.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIV, p. 121.

852. — 1° Rapport fait à l'Assemblée générale de la seclion du Faubourg-Montmartre par les commissaires chargés d'organiser, dans cette section, une cérémonie à la gloire des mânes de Marat et Le Peletier, proposant comme local les boulevards Montmartre et Poissonnière, où sera élevé un stylobate, surmonté de la statue de la Liberté, avec un autel sur le devant, où seront placés, l'un contre l'autre, les bustes des deux premiers martyrs de la Liberté, rapport suivi d'un arrêté de la section, adoptant le projet en question, et décidant que tous les artistes et artisans seront invités à aider les commissaires de leurs avis et de leurs talents, et que les capitaines de chaque compagnie seront chargés de recueillir des dons volontaires pour acquitter les frais de cette fête, avec les tableaux des collectes faites dans chaque compagnie.

5 brumaire an II.

Original signé, B. IV., Mss., Nouv. acq. fr. 2685, fol. 124.

2° Scène patriotique, mêlée de chants, à exécuter le jour où la section du Faubourg- Montmartre célébrera la fête qu'elle a arrêtée en l'honneur de Le Peletier et Marat, composée par le sieur Revol, dit Rlanfort, avec lettre d'envoi de l'auteur au président de la section du Faubourg-Montmartre.

5 brumaire an II.

Originaux signés (2 pièces), D.N., Mss., Nouv. acq. fr. 2685, fol. 125.

3° Lettre de Dorotte, inspecteur des bâtiments de la Commune, aux commissaires de la fête projetée par la section du Faubourg-Montmartre, pour l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, les invitant à se concerter avec les

citoyens Joigny et Campion pour l'emploi successif des ligures qui leur ont été remises aux magasins du Roule.

1 6 brumaire an II.

Original signé, B. N., Mss., Nouv. acq. fr. 2685, fol. 128.

4° Liste des sections qui se sont fait représenter à l'inauguration des bustes de Le Peletier et Marat, le

21 brumaire an II.

Minute, B. N., Mss., Nouv., acq. fr. 2685, fol. 130.

5° Lettre de J.-P. Houdon, garde-magasin général des Menus, certifiant que tous les effets prêtés à la section du Faubourg- Montmartre pour l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, premiers martyrs de la Liberté, sont rentrés dans ce magasin.

26 brumaire an II.

Original signé, B. A'., Mss., Nouv. acq. fr. 2685, fol. 123.

6° Etals et mémoires des dépenses faites à titre gracieux par les sieurs Mœench, Saint-Georges et Tonnelier, peintres, pour la peinture et décoration du monument représentant un tombeau antique à quatre faces, orné de masques gris dans les angles, avec couronne civique peinte en bronze antique, socle en bleu turquin, pour recevoir la figure, et l'autel sur le devant, portant les deux bustes, de même style, les travaux de Moench, évalués 150 livres, ceux de Saint-Georges 12 livres, et ceux de Tonnelier 55 livres 8 sols.

1 frimaire an II.

Originaux signés (3 pièces), B. N., Mss., Nouv. acq. fr. 2685, fol. 132. '

7° Etat des travaux de menuiserie faits h titre gracieux par le sieur Bouillier, menuisier, pour le monument de la fête en l'honneur de Le Peletier et Marat, montant à 623 livres 12 sols 2 deniers.

(1 frimaire an II.) Minute, B, IV., Mss., Nouv., acq. fr. 2685, fol. 135.

8° Rapport fait à l'Assemblée générale de la section du Faubourg-Montmartre, des recettes et dépenses relatives à la cé-

rémonie en mémoire de Marat et Le Peletier, qui a eu lieu le 21 brumaire an II, par les commissaires nommés par son arrêté du 5 brumaire an II.

3 nivôse an II.

Minute, B. N., Mss., Nouv. acq. fr. 2685, fol. 122.

853. — Lettre du sieur Roussel, délégué de la section de la Réunion, au président de la Convention nationale, annonçant que, le septidi de la lre décade du 2e mois de l'an II, elle célébrera la fête de l'inauguration des bustes de Michel Le Peletier et Marat, martyrs de la Liberté, et qu'elle ose se llatter que, pour donner à cette fête toule la solennité et la splendeur qu'elle mérite, la Convention voudra bien y envoyer une députation.

6 brumaire an II.

Original signé, A. N., G 279, n» 760.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIV, p. 161.

854. — Lettre de Paré, ministre de l'intérieur, au président de la Convention nationale, rappelant qu'il lui a adressé, le 27 du mois précédent, un état des dépenses relatives aux obsèques du citoyen Marat, auquel il ne manque que l'état des frais d'embaumement, qu'il envoie aujourd'hui, et déclarant qu'il ne peut que laisser à la sagesse de la Convention le soin de statuer, d'après le rapport de son Comité des finances, sur la demande d'une somme de 6,000 livres, formée par le citoyen Deschamps, chargé de l'embaumement; elle examinera si ces dépenses doivent être allouées sur le pied de 1,500 livres, conformément à l'avis du citoyen Desault, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, ou si, comme le ministre serait porté à le croire, une somme même de 1,200 livres seulement ne serait pas suffisante.

7 brumaire an II.

Original signé, A.N., F7 4385', n° 4.

Renvoyé à la Commission des finances, le

9e du 2e mois, seconde année. Signé : Louis, du Bas-Rhin, secrétaire.

Ed. Dauban, La Démagogie en 1793 à Paris, p. 283.

855. — Adresse de la section de Bonne- Nouvelle à la Convention nationale, annon-

çant l'achèvement des forges qu'elle fait construire pour la fabrication des armes, qui devait commencer mercredi prochain, et faisant connaître qu'après le commencement des travaux, l'Assemblée générale, la Société populaire et les autorités constituées, accompagnées de la force armée, se rendront au chef-lieu pour l'inauguration des bustes de Le Peletier et Marat, avec nomination par la Convention des citoyens Le Bon et Gossuin, chargés d'assister à cette cérémonie.

7 brumaire an II.

Original, signé de Jault et Mollard, A. N., C 280, n" 761.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIV, p. 179.

850. — Adresse de la section des Lombards à la Convention nationale, par laquelle elle déclare que, désirant donner les derniers coups de la massue nationale aux aristocrates, aux fédéralistes, aux fanatiques, elle se propose de décerner aux mânes de Marat et Le Peletier une fête civique, le décadi de la première décade de brumaire, et invite la Convention h honorer d'une députation cette fête, à l'effet de se rendre à Saint-Jacques-le-Majeur à 10 heures du matin, avec désignation de commissaires.

9 brumaire an II.

Original, signé de Châtelain, président, A. N., G 280, n» 761.

857. — Décret de la Convention nationale, décidant sur le rapport de l'un de ses membres chargés d'assister à l'inauguration des statues de Le Peletier et Marat aux Champs-Elysées, que la tombe de verdure, élevée au milieu des Champs- Elysées à la mémoire de Marat et Le Peletier, y sera conservée, sous la surveillance et l'entretien de la section des Champs-Elysées.

11 brumaire an II.

Extrait du procès-verbal, A. N., G 277, n» 723.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIV, p. 244.

858. — Adresse de la Société populaire de Feurs (Loire) à la Convention nationale,

MEURTRE ET ORSÈQLES DE M AH AT

déclarant que deux amis de la Liberté, Chalier, à Lyon, Marat, à Paris, ont pérla et (jue c'est à leur haine inexorable pour tous les genres d'aristocratie, à leur zèle infatigable pour la dénonciation et la poursuite des traîtres, que ces deux victimes de la rage et de la férocité de leurs ennemis durent leur mort, et exprimant le regret qu'ils ne soient pas encore au Panthéon, à côté de l'auteur du Contrai social avec l'espoir que les amis de la Liberté n'auront pas sans doute longtemps la douleur de voir hors du Panthéon français deux hommes qui vivront à jamais dans le cœur de tout vrai républicain.

1 1 brumaire an II.

Original signé, A. N., P« 1006'", n° 155G.

Insertion au Bulletin et renvoi au Comité d'instruction publique.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXV, p. 214.

859. — Décret de la Convention nationale, statuant sur la proposition de placer la statue de Rousseau sous la tribune de l'orateur dans la salle de la Convention et, en raison de l'observation faite que cette place de prédilection appartient à celui qui a servi la patrie de ses moyens, de sa fortune et de son sang, à Marat, décidantqu'alin de rendre justice à Marat, martyr de la Liberté, et honorer sa mémoire, son buste sera placé sur une colonne dans le lieu des séances de la Convention et y occupera la première place.

15 brumaire an II.

Minute, de la main de Maribon-Montaut, A. N., G 277, n° 731.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIV, p. 332.

860. — Décret de la Convention nationale, portant que la Trésorerie nationale tiendra à la disposition du ministre de l'intérieur la somme de 5,608 livres 2 sols 8 deniers pour le payement des frais des obsèques de Marat, faites aux frais de la République en exécution du décret du l."> juillet dernier, et en outre une somme de 1,500 livres, à laquelle demeure liquidée la dépense faite pour l'embaumement du corps, et chargeant le ministre de l'intérieur de distribuer ces sommes à qui de

droit, et d'en procurer bonne et valable quittance.

18 brumaire an II.

Extrait du procès- verbal, A. N., C 277, n° 72 '».

Ed. Procès-verbal de la Çonvention nationale, t. XXV, p. 81.

861. — Adresse de la Société populaire de Mennecy, district de Corbeil, à la Convention nationale, demandant que le bâtiment servant ci-devant d'église à Mennecy devienne le lieu des séances de la Société populaire, en conséquence que les bustes de Marat et Le Peletier remplacent les statues de saint Pierre et saint Denis, leurs anciens patrons, et que la commune de Mennecy-Villeroy soit dorénavant nommée commune de Mennecy-Marat.

19 brumaire an II.

Original signé, A. N., F17 10081, n° 1371 . Renvoyé au Comité d'instruction publique la

proposition faite par les habitants de la commune de Mennecy de changer de nom.

Cette adresse n'est pas mentionnée au procèsverbal.

862. — Décret de la Convention nationale, portant que les honneurs du Panthéon seront décernés à Marat, l'Ami et le représentant du peuple, par dérogation au décret relatif à l'époque où ces honneurs doivent êlre décernés, chargeant le Comité d'instruction publique de présenter le plan de la cérémonie, décidant que les tableaux de Le Peletier et de Marat, peinls par David et offerts par lui à la Nation, seront placés dans le lieu des séances de l'Assemblée des représentants du peuple, que ces tableaux seront gravés sous la direction de David, qu'un exemplaire de ces 2 gravures sera distribué à chaque membre de la Convention et à chaque administration de département et de district, les planches restant à David, que les tableaux, après avoir été gravés, seront replacés dans le lieu des séances de la Convention et ne pourront en être retirés, sous aucun prétexte, par les législatures qui lui succéderont.

24 brumaire an II.

Extrait du procès-verbal, A. N., Ci* 76, fol. 6338.

Ed. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXV, p. 221.

863. — Projet d'épitaphe de Maral, dont les cendres seront déposées au Panthéon, par décret de la Convention nationale, du quartidi 24 brumaire, l'an 2e de la République, par le citoyen Moline, secrétairegreffier, attaché à la Convention nationale.

(26 brumaire an II.)

Original signé, A. N., F11 1006, n° 1198.

Insertion au Bulletin, le 26e jour du 2e mois 2e année Républicaine, et renvoi au Comité d'instruction publique. Signé : Charles Duval, secrétaire.

864. — Délibération de la section du Mont-Blanc, portant que, dans le but de rendre un hommage éclatant à la mémoire des martyrs de la Liberté, Le Peletier et Marat, elle a décidé de célébrer cette fête patriotique, le 12 frimaire, et arrêtant d'en donner connaissance à la Convention, en l'invitant à y assister par députation, au Conseil général de la Commune, à la Municipalité, au Département, aux 47 autres sections, aux Sociétés populaires, aux Comités révolutionnaires et à toutes les autorités constituées, avec prière de vouloir bien nommer des commissaires en plus grand nombre que faire se pourra.

30 brumaire an II.

Extrait, signé de Langlois, président, et Bourgoy, secrétaire, A. N., C 285, n° 830.

865. — Décret de la Convention nationale, décidant, à la requête de plusieurs secrétaires-commis des bureaux et Comités, que le Comité des inspecteurs de la salle fera placer incessamment, dans chaque bureau, les bustes de Le Peletier et de Marat.

30 brumaire an II.

Extrait du procès-verbal, A. N., C277,n°726. Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXV, p. 335.

866. — Procès-verbal et pétition de la Société populaire des Gardes françaises, tendant à ce que les représentations des martyrs de la Liberté, Le Peletier, Marat et Chalier, d'après les originaux de David, soient placés dans tous les Tribunaux révolutionnaires de la République.

Extrait conforme et original signé (2 pièces), A. N., F'7 1007, n" 1233.

867. — Décret de la Convention nationale, déclarant que le jour de l'apothéose de Marat, au Panthéon français, sera une fête pour toute la République, et chargeant le Comité d'instruction publique d'en proposer le mode.

5 frimaire an II.

Extrait, signé de Philippeaux et Roger-Ducos, A. N., F11 1007, n» 1210.

868. — Lettre-circulaire de la section du Mont-Blanc, annonçant la célébration, le 12 frimaire, de l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, tous deux martyrs de la Liberté, et invitant les citoyens frères et amis à augmenter le nombre des vrais républicains, qui assisteront à cette fête, en y envoyant une nombreuse députation, le rendez-vous étant fixé à 9 heures du matin, au chef-lieu de la section, rue Saint-Georges.

6 frimaire an II.

Imprimé, A. N., C 285, n° 830.

869. — Lettre de la Société populaire des Sans-culottes de la commune de Mèze, département de l'Hérault, au président de la Convention nationale, annonçant la célébration d'une fête civique en mémoire de Marat et Le Peletier, martyrs de la Liberté.

7 frimaire an II.

Original signé, A. N., C 286, n» 841.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale. t. XXVII, p. 194.

870. — Rapport au ministre de l'intérieur, proposant d'approuver qu'il soit expédié à son nom, sur la Trésorerie nationale, un mandat de la somme de 7,108 livres, 2 sols 8 deniers, pour le payement des frais des obsèques de Marat, dont la distribution sera faite par lui, savoir : 1,500 livres au citoyen Deschamps, chargé de l'embaumement, et les 5,608 livres, 2 sols 8 deniers, formant le surplus, conformément à l'état visé par le département de Paris, sur bonne et valable quittance de chacune des personnes dénommées audit état et dont l'identité sera constatée par le bon qu'elles présenteront du citoyen Simon, qui a été chargé du détail des funérailles, et que la section de Marseille et

MEURTRE ET OBSEQUES DE MARAT

Marat a autorisé à recevoir et répartir les sommes dues, par son arrêté du 25 vendémiaire, avec ordonnance de payement de 7,108 livres, 2 sols 8 deniers au citoyen Pan'', ministre de l'intérieur.

10 frimaire an II.

Original , approuvé par Parc , cl minulc (2 pièces), A. N., F* 1318.

871. — Admission à la barre de la Convention nationale des instituteurs Lemaire et Aubert, de la section des Arcis, avec plusieurs de leurs élèves; l'un d'eux, le jeune citoyen Claude Lamy, âgé de 12 ans, prononce, pour l'inauguration des bustes de Marat et de Le Peletier, un discours dont la Convention ordonne l'impression, avec renvoi au Comité d'instruction publique.

Extrait du procès-verbal, A. N.,C 282, n" 782. Cf. Procès-verbal de In Convention nationale, t. XXVI, p. 265.

872. — Discours prononcé par le jeune citoyen Claude Lamy, âgé de 12 ans, élève des écoles gratuites de la seclion des Arcis, le jour de la fête civique de l'inauguration des bustes de Marat et Le Peletier, célébrée le 30 brumaire, avec couplets patriotiques dits à celte occasion.

(10 frimaire an II.) Imprimés (2 pièces), A.N., F17 1008, n» 1236. Renvoyé au Comité d'instruction publique, 10 frimaire. Signé : Reverchon.

873. — Adresse de Vincent Formalcone, Vénitien, incarcéré à la Force, déposant sur le trône de la Liberté l'éloge qu'il a fait de son premier martyr, Marat, qui est au Panthéon, et sollicitant son élargissement, avec YEloge de Jean-Paul Marat, l'Ami du peuple, par un canonnier de Paris. Paris, de l'imprimerie de Renaudière, l'an II. (Renvoyé au Comité d'instruction publique, le 14 frimaire an IL)

13 frimaire an II.

Original signé et imprimé de 32 pages (2 pièces), A. N., F17 1007, n" 1267.

874. — Adresse de la Société populaire et révolutionnaire de Bouchain à la Convention nationale, demandant pour mettre

T. IX

dans leur église des idoles plus dignes de vénération, les portraits de Le Peletier et de Marat, ces deux illustres martyrs de la Liberté, qui, entourés et applaudis par le peuple, dont ils furent les amis, seront placés sur l'autel de l'inutile Christ.

(16 frimaire an II.) Original signé, A. N., F17 10081, n» 1365. Insertion aii Bulletin, renvoi au Comité d'instruction publique, le 16 frimaire an II.

87:>. — Lettre du Comité révolutionnaire de Sèvres à celui de la section des Piques, à Paris, l'informant que les Sans-culottes de Sèvres, réunis en Société populaire, désirant rendre à Marat, Le Peletier et autres martyrs de la Liberté, les honneurs qui leur sont dus, feront l'inauguration de leurs bustes, le 30 frimaire, à 9 heures du matin, dans la salle de leurs séances, et que, ce même jour, ils consacreront à la raison et à la philosophie le temple naguères voué à la superstition, et demandant l'envoi d'une députalion, le lieu de rendez-vous étant au Comité révolutionnaire, près du Temple de la Raison.

26 frimaire an II.

Original signé, A. N., F7 47743'.

876. — Ode sur Marat, composée par un jeune homme de 16 ans, habitant à Gien, qui garde l'anonyme, ode inspirée par la reconnaissance et l'amour de la patrie, avec lettre d'envoi à la Convention nationale.

28 frimaire an II.

Original non signé, A. N., F17 10082, n" 1495.

877. — Lettre d'un curé de village, qui garde l'anonyme, au président de la Convention nationale, accompagnant l'envoi d'un poème pour la fête de Marat, avec le texte de ce poème, intitulé : Drame en musique.

16 nivôse an II.

Originaux (2 pièces), A. N., F17 10091, no 1033.

878. — Décret de la Convention nationale, décidant qu'il sera fait mention honorable en son procès-verbal des deux dessins des tableaux de Le Peletier et de Marat, faits par les citoyens Wicar et De-

vauge, d'après les originaux peints par David.

24 nivôse an II.

Minute, A. N., G 287, n° 857.

Ed. Prorùs-verbal de la Convention nati&nale, t. XXIX, p. '217.

879. — Discours prononcé dans l'Assemblée générale de la section régénérée de Beaurepaire, à la suite de l'inauguration des bustes des martyrs de la Liberté, Marat et Le Peletier, par le citoyen A.-C. Closquinet, membre do la Commission de bienfaisance, auteur de plusieurs ouvrages patriotiques, imprimé par ordre de l'Assemblée générale, avec lettre d'envoi de l'auteur à lu Convention nationale, et renvoi, avec mention honorable et insertion au Bulletin, au Comité d'instruction publique.

25 nivôse, 4 lioréal an II.

Imprimé et original signé (2 pièces), A. N., F17 1010-, n» 3015.

Ce discours figure parmi les Discours prononcés da>is le Temple de la Raison de la seclion régénérée de Bcaurepaire, les 20 et 25 nivôse an II, A. N., L" 40 1718. Cf. Maurice ToURNEUX, Bibliographie de i Histoire de Paris pendant la Révolution, t. II, n° 8988.

880. — Demande de la Société des Cordeliers, tendant à ce que la Convention décrète l'impression des ouvrages de Marat, donl le dépôt précieux est entre les mains de sa veine, el à ce que le tirage en soit fait à grand nombre d'exemplaires, afin de répandre la vérité par toute la République, avec l'expression du vœu de la veuve de ce martyr de la Liberté, qui, partageant les sentiments de tous ses vrais amis, invile les Législateurs à rendre cet ouvrage, en quelque sorte, une propriété' nationale, « au nom de Marat, qui n'a cessé de travailler, au milieu des poignards, pour le bien de la patrie, et qui n'a laissé que des vertus à imiter ».

30 nivôse an II.

Extrait du procès- verbal, A. N., G 280. n» 848.

Cf. Procès-verbal de la Convention nationale, t. XXIX, p. 340.

881. — Lettre de la Société populaire de Muret à la Convention nationale, l'exborlanl à accélérer l'impression des œuvres de Marat, demandée le 30 nivose par la So-

ciété des Cordeliers, qui, en honorant la mémoire de l'Ami du peuple, « ce grand homme, ce véritable ami des Sans-culottes », sera une ressource pour sa veuve et la base de l'instruction publique.

Original signé, A.N., F17 1009-', n" 2147.

882. — Procès- verbal de l'inauguration des bustes de Marat et de Chalier, par ta Société populaire et républicaine du Puy (Haute-Loire), avec lettre d'envoi à la Convention nationale.

30 pluviôse, 25 germinal an II.

Imprimé de 4 pages et original signé (2pièces), A. N., F17 1010'-.

Cf. Procés-uert/a! de la Convention nationale, t. XXXV, p. 218.

883. — Rapport de police, rendant compte d'une séance de la Société des Cordeliers, rue des Boucheries, et des propos qui furent tenus, où l'on s'y traite ironiquement de buveurs de sang, et faisant connaître que la sœur et la femme de Marat sont désignées comme prenant part à ces conversations et en faisant les frais.

25 frimaire an III.

Original, A, N., F1" III, Seine, 14.

Ed. A. Aulard, Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire, 1. 1. p. 315.

884. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que, conformément à la loi du 12 fructidor, les citoyennes Simonne Evrard, veuve Marat, Albertine Marat, sœur de ce dernier, el Marie-Barbe Aubliu, habitant avec les citoyennes susnommées, toutes troisactuellementdétenues à[Sainte] Pélagie, seront traduites avec les pièces qui les concernent par devant le juge de paix de la section du Jardin des Plantes.

4e complémentaire an III.

Original, signé de Gauthier, Pemartin, Boudin, Hardy et Monmayou,A. N., F7 47743::.

nérale, décidant que les citoyennes Simonne Evrard, femme Marat, et Albertine Marat, en détention à Sainte-Pélagie depuis prairial, seront sur le champ mises en liberté, et les scellés apposés sur leurs effets levés, la citoyenne Barbe Aublin,

MEURTRE ET OBSEQUES DE M A RAT

femme Pain, est comprise dans le même arrêt*''.

24 vendémiaire an IV.

Copie conforme, signée Jollivet, A. JV., F1 477433.

88G. — Extrait de la feuille de situation do la maison d'arrêt de Sainte-Pélagie, portant qu'à la date du 25 vendémiaire les nommées Simonne Evrard, femme Marat, Albertine Marat et Marie-Barbe Aublin, femme Pain, entrées en ladite maison le 13 prairial précédent, ont été mises en liberté, en vertu d'un arrêté du Comité de sûreté générale de la Convention nationale.

25 vendémiaire an IV.

Minute, signée de Bochaut, A. JV., F7 3304.

881. — Lettre du ministre de la police générale au préfet de police, lui rappelant qu'il lui a transmis diverses réclamations en faveur de la veuve Marat, détenue (aux Madelonnettes) et réclamant le rapport qu'il lui a demandé à ce sujet.

6 germinal an IX.

Minute, A JV., F7. 6272, n° 5588.

AFFAIRE BERTEAUX

888. — Lettre du citoyen Bellavoine, secrétaire-greffier de la commune de Vaugirard, à la citoyenne Berteaux, lui annonçant que la fête que l'on va célébrer mercredi exige la présence de la. Raison, et que le Conseil municipal a jeté les yeux sur elle pour jouer ce grand rôle et pour inculquer celte raison aux hommes par un bon discours de sa façon, ajoutant qu'elle n'aura pas de peine à remplir ce rôle, qui lui est naturel, et comme elle doit présider à toutes les fêtes et en faire l'ornement, lui laissant le choix de son costume.

28 brumaire an II.

Original signé, A. JV., W 338, n° 611.

*N9. — Procès-verbal de la célébration de la fête des martyrs de la Liberté, Le Peletier et Marat, au Temple de la Raison, ci-devant l'église de Vaugirard, par la municipalité, le juge de paix, la Société populaire de cette commune, les dépulés du Conseil général de la Commune de Paris,

les Sociétés populaires des Invalides et autres sections de Paris, le directoire du district du linurg-de-i'Egalité, représenté par le citoyen Nicolas Gervoise, les Sociétés populaires et officiers municipaux de Vanves et d'ivry, donnant l'ordre et la marche du cortège ainsi que la description de l'autel élevé sur la place d'Armes à la mémoire des martyrs de la Liberté, autel représentant un tombeau triangulaire sutun socle de gazon, avec des légendes aux trois angles, de la composition de Joseph Parigot, clerc-greffier de la municipalité de Vaugirard, âgé de 17 ans, légendes conçues en ces termes :

« Peuple, Marat n'est plus. Ah! trop injuste sort!

« C'est pour toi qu'il vivait, c'est pour toi qu'il est mort!

« Que le tyran périsse et je meurs satisfait.

« Rousseau fut des Français l'oracle et le génie.

« Adorons en silence une ombre aussi chérie. »

Aux trois angles de l'autel étaient placés les bustes des martyrs de la Liberté (J.-J. Rousseau, Marat et Le Peletier), avec celui de Brulus, sur des gradins, et une cassolette répandant les parfums de la Liberté. Mention est faite des nombreux discours prononcés à cette occasion, l'un par la citoyenne Berteaux, remplissant le rôle de la Raison ; un autre par le citoyen Michaud- Lannoy, l'un des juges du Ve arrondissement.

30 brumaire an II.

Extrait du cahier des délibérations de la commune de Vaugirard, A. JV., W 338, n° 611.

890. — Discours prononcé à l'occasion de la fêle des martyrs de la Liberté, célébrée à Vaugirard, par la citoyenne Berteaux, remplissant le rôle de la Raison, où elle exulte les martyrs de la Liberté, tels que Le Peletier, Marat et Beauvais, qui ont fait verser des larmes, mais dont le nom célébré d'âge en âge assurera à leur mémoire une gloire aussi durable que leur nom.

30 brumaire an II.

Extrait du registre des délibérations de la commune de Vaugirard, .\. JV., W 338. n° 6 1 1 .

89 1 . — ■ Dénonciations contre Marie-Anne Jourdain-Berteaux, reçues par le Comité de surveillance du Département de Paris, faites par les témoins suivants, habitants de Vaugirard :

1° La femme de Jacquet, marchand de vins, demeurant vis-à-vis le Clos-Morel, déclare que ladite Berteaux a dit que Marat, Robespierre, Danton et toute la Montagne étaient tous gueux, tous scélérats et des hommes de sang, et en parlant de Roland, dont elle montrait le portrait: « Voyez ce Roland, qu'ils ont dénoncé, qui est le plus honnête homme de la terre! oui, ce sont des gueux, des scélérats»; que le jour du convoi de Marat, la femme de Michaud-Lannoy, président du 5e arrondissement, avec laquelle ladite Berteaux est très liée, lui aurait dit : « Vas-tu au convoi de Marat », et qu'elle lui aurait répondu : « Fi-donc ! l'horreur, si tu y vas. »

2° Le citoyen Boulanger, membre du Comité de surveillance, a entendu la femme Berteaux dire un jour où l'on faisait courir le bruit que Marat avait été assassiné : « J'en suis bien aise, la France est sauvée, je voudrais aussi que Robespierre et Danton fussent de même, nous serions bien débarrassés, elle a ajouté que la Montagne et les Jacobins étaient tous des scélérats et des hommes- de sang ».

3° La citoyenne Boulanger, femme du précédent, a entendu dire à la Berteaux qu'elle voudrait que Marat, Danton et Robespierre fussent tous en boucherie, attendu que c'étaient des gueux et des scélérats, que la Convention était une écuelle à cochons. << Comment, cette Convention voudrait que des gens de condition bien élevés fussent compères et compagnons avec des Sans-culoltes. Fi-donc, l'horreur! je crache dessus; pour être bien regardée, il faut être Sans-culotte, je n'ai pas envie d'être de même », et, en montrant le portrait de Roland, qu'elle avait audessus d'un secrétaire, elle s'est écriée : « Voyez ce pauvre Roland, voyez s'il a une ligure aussi abominable qu'on le fait ». La femme Berteaux a également dit au citoyen Lannoy et à sa femme, en parlant de la Reine, que c'était abominable de la faire soulfrir en prison, comme l'on faisait. Le

citoyen Boucherat et sa lille, demeurant au Soleil d'or, ont entendu les mêmes propos.

4° Le citoyen Decaen, carrier, membre du Comité de surveillance, demeurant dans le Clos-Morel, a entendu la femme Berteaux dire : 1° <■ que la Montagne était tous scélérats, tous coquins et tous gueux, et qu'ils méritaient plutôt d'avoir la tête coupée que ceux à qui on l'abattait ; 2° que Robespierre, Marat et Danton étaient des gueux, des scélérats, et qu'ils méritaient plutôt d'avoir la tête coupée que d'autres; 3° que l'on ne coupait la tête à des nobles et à des gens riches que pour avoir leur bien; 4° que ceux qui dénonçaient Roland étaient des scélérats et des gueux, qu'il ne pouvait y avoir un plus honnête homme, qu'elle répondait de lui sur sa tête, qu'elle avait dîné avec lui chez le sieur Gibert, administrateur des Postes. »

4 nivôse an II.

Copie conforme, signée de Brun, secrétairegreffier, A.N., W 338, n° 611.

892. — Procès-verbal d'apposition de scellés par les soins du Comité de surveillance de Vaugirard, en présence d'un membre du Comité de surveillance du Département de Paris, au domicile de la citoyenne Berteaux, clos du citoyen Morel, sur les meubles trouvés dans son logement.

12 nivôse an II, 2 heures du matin.

Copie conforme, A. N., W 336, n° 611.

893. — Interrogatoire subi devant le Comité de surveillance du Département de Paris par Marie Jourdain-Berteaux, chargée de la gestion des biens du sieur Morel, à Vaugirard, notamment de l'exploitation d'une carrière, au sujet de ses relations avec l'ex-ministre Roland, et de ses propos sur Marat, Robespierre et Danton, dans lequel elle reconnaît bien avoir dîné, le 12 août 1792, avec l'ex-ministre Roland, qu'elle tenait pour un honnête homme, mais nie les propos qu'on lui attribue, notamment d'avoir dit que Marat, Robes pierre et toute la Montagne étaient des gueux, des scélérats et des hommes de sang, et d'avoir dit, le jour du convoi de

MEURTHE ET OBSEQUES DE MARAT

Marat, à quelqu'un qui lui demandait si elle y allait : « Fi l'horreur! » avec arrêté du Comité de surveillance, portant qu'eu égard à la gravi té de la dénonciation apportée par 4 témoins, et que les faits y signalés tendent à avilir la représentation nationale, la femme Berteaux sera envoyée à la Conciergerie, et copie de ces pièces transmise à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire.

14 nivôse an II.

Original, signé de Guigue jeune, président, et Moessard, secrétaire, A. N., W 338, n° 611.

894. — Lettre de Guigue, jeune, président du Comité de surveillance du Département de Paris, au citoyen Fouquet-Tinville (.sic), accusateur public du Tribunal révolutionnaire, lui transmettant les pièces contre la nommée Berteaux de Vaugirard, déclarant qu'il pourra voir, d'après la dénonciation faite contre elle, combien elle a pu nuire au progrès de la Révolution et combien elle en était l'ennemie, et ajoutant que la femme Berteaux a été transférée l'avant-veille à la Conciergerie.

16 nivôse an II.

Original signé, A . N., W 338, n°611.

89j. — Interrogatoire subi devantCharles Harny, juge au Tribunal révolutionnaire, par Marie-Anne-Jourdain Berteaux, femme de confiance du citoyen Morel à Vaugirard, au sujet des propos à elle imputés, dans lequel elle reconnaît avoir dit au citoyen Boulanger, qui était venu, le 29 ou 30 mai dernier, lui apprendre l'assassinat de Marat, ce qui était faux, que si Marat était l'homme qu'elle avait vu dans ses écrits, où il demandait 100,000 têtes, ou 60,000, qu'un homme de ce caractère étant mort, la France serait sauvée, mais a nié avoir tenu aucun propos contre les Montagnards, les Jacobins et autres patriotes, tels que Danton, Robespierre, convient avoir cru que Roland était un galant homme pendant son ministère, qu'elle avait en effet son portrait, qu'elle a dîné avec lui, le 12 août 1792. et l'a vu 2 fois dans le courant de ce même mois.

18 nivôse an II.

Original signé, A. N., W 338, n" 611.

890. — Mémoire justificatif adressé au conseil municipal de Vaugirard par Marie- Anne-Jourdain Berteaux, détenue depuis le 12 nivôse, dans le cachot n° 7 de la Conciergerie, sur la paille, pour être traduite devant le Tribunal révolutionnaire, par vengeance d'un membre du Comité de surveillance de Vaugirard, nommé Philippe Decaen, qui s'est associé le nommé Boulanger, du même Comité, et le sieur Jacquet, invoquant le témoignage des habitants de Vaugirard, notamment des ouvriers carriers, au nombre de plus de 50, protestant contre les dénonciations calomnieuses du sieur Decaen, qui s'est servi de 5 ou 0 mots pour échafauder toute une fable, enhn demandant sa mise en jugement, avec mémoire du Conseil général de Vaugirard à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, déclarant que, d'après les paroles et les actions de la femme Berteaux, elle a toujours montré le plus sincère patriotisme, et que les dénonciations dirigées contre elle sont l'œuvre de la haine et de la plus basse vengeance, réclamant sa mise en jugement, afin que, si elle est innocente, ses infâmes dénonciateurs soient confondus, et que, si elle est coupable, la commune de Vaugirard aie la satisfaction de voir punir une hypocrite qui l'aura trompée.

2 pluviôse an II.

Original signé et copies conformes (3 pièces), A. N., W 338, n° 611.

897. — Lettre du citoyen Bellavoine, secrétaire-greffier de la municipalité de Vaugirard, au citoyen Latude, lui adressant un mémoire de l'infortunée citoyenne Berteaux, détenue à la Conciergerie, avec une lettre de celte municipalité, qui prie l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire de s'occuper de son interrogatoire le plus tôt possible.

2 pluviôse an II.

Original signé, A. N., W 338, n" 611.

898. — Acte d'accusation d'Antoine- Quentin Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, contre Mari-Anne Jourdain-Berleaux, âgée de 42 ans, chargée de la gestion des biens du

citoyen Morel à Vaugirard , prévenue d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires tendant à l'avilissement de la représentation nationale, au rétablissement de la royauté et à la provocation à l'assassinat des représentants du peuple, d'avoir dit que Marat, Robespierre et Danton étaient des gueux, des scélérats, des hommes de sang, ainsi que toute la partie de la Convention désignée sous le nom de la Montagne, d'avoir fait l'éloge de l'infâme Roland, dont elle conservait religieusement le portrait, et à l'époque où le crime d'une quatrième furie mit le patriotisme en deuil, d'avoir fait éclater la joie la plus insultante, en s'écriant : J'en suis bien aise, la France est sauvée, je voudrais que Robespierre el Danton fussent de même, nous serions bien débarrassés, avec jugement du Tribunal, ordonnant l'écrou de la femme Berteaux à la Conciergerie.

21 ventôse an II.

Original signé, A. N., W 338, n° 611.

899. — Déclaration du jury de jugement du Tribunal révolutionnaire, portant que, dans le cours des mois de mars et juin derniers, il a été méchamment et à dessein provoqué l'avilissement et la dissolution de la représentation nationale, l'assassinat des représentants du peuple et applaudi à celui de Marat, et tenté par là de rétablir la royauté ou tout autre pouvoir attentatoire à la souveraineté du peuple, et que Marie- Anne Jourdain-Berteaux, femme de charge du citoyen Morel à Vaugirard, est l'auteur ou complice de ces provocations et applaudissements, avec jugement du Tribunal révolutionnaire, condamnant la femme Berteaux à la peine de morl.

28 ventôse an II.

Originaux signés (3 pièces), A. N., \V 338. n» 611.

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