‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 3)Chapitre 66 sur 86 · PROCES ET EXÉCUTION DE CHARLOTTE CORDAY · texte numérisé non relu

PROCES ET EXÉCUTION DE CHARLOTTE CORDAY

Miction de La Fondée, chirurgien-dentiste, âgé de 29 ans, demeurant rue des Cordeliers, n° 30 ; 2" Martin Cuisinier, âgé de 47 ans, limonadier au bas du pont Suint- Michel ; 3" Louis Bruneau, portier de l'hôtel de la Providence, rue des Vieux- Auguslins ; 4° Marie-Louise Grallier, âgée de 26 ans, tenant l'hôtel garni de la Providence.

16 juillet 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. N., W 277, n" 82.

Ed. ClIÉRO.N DE VlLLIERS. Marie-Anne-Charlolle de Corday d'Armont, p. 294 ; C. Vatel, Dossiers du i>rocès criminel deCharlolle de Corday devant le Tribunal révolutionnait e, p. 31.

94."». — Notification du mandat d'arrêt décerné par l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire contre Marie-Anne- Charlotte Corday, prévenue d'assassinat sur la personne du citoyen Marat, député à la Convention, faite : 1° à la Municipalité, représentée par le procureur syndic de la Commune; 2" au citoyen De La Vaquerie, concierge de la maison d'arrêt de l'Abbaye, d'où ladite Corday doit èlre extraite pour être conduite à la Conciergerie ; 3J à la

toyenne Richard, concierge de la maison d'arrêt de la Conciergerie.

16 juillet 1793.

Originaux signés (3 pièces), A. N., W 277, n° 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 70.

946. — Procès-verbal d'extraction de Marie- Anne-Charlotte Corday de la maison de justice de l'Abbaye, pour la conduire en la Conciergerie, et de réintégration dans la prison de l'Abbaye après son interrogatoire.

16 juillet 1793.

Original signé, A. N., W 277, n" 82.

Ed. Ohéron de Villiers, Marie- Anne -Charlotte de Corday d'Armont, p. 327 ; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 7 1 .

947. — Interrogatoire subi devant Jacques-Bernard-Marie Montané, président du Tribunal révolutionnaire, par Marie- Anne-Charlotte Corday, âgée de 25 ans, ti lie de Jacques-François Corday, ci-devant noble, née aux Ligneries, district d'Ar-

genlan, demeurant à Caen, chez la veuve Le Coulelier de Breteville.

16 juillet 1793.

Original signé, A. N., W 277, n°82.

Ed. ChÉRON de Villiers, Marie- A une-Charlotte de Corday d'Armont, p. 305; C. VATEL, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 93 , E. CaMPAHDON, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 63.

948. — Convucaliun des jurés de jugement, au nombre de II), en vue du procès de Charlotte Corday, pour le 17 juillet. 8 heures du matin, et notification à l'accusée de la liste de ces jurés.

Imprimés remplis (3 pièces), A. N., W 277, n° 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 73, 74.

949. — Assignations des témoins aux débats du procès de Charlotte Corday, parmi lesquels figurent la citoyenne Maral. l'aînée, la citoyenne Catherine Evrard- Marat, la jeune, pour le 17, 8 heures du malin, et notification de la liste de ces témoins à l'accusée.

16 juillet 1793.

Imprimés remplis (4 pièces), A. N., W 277, n» 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 75-77, 79.

950. — Assignations aux témoins pour faire leurs déclarations, le 16 juillet, midi, faite par Boucher, l'un des huissiers-audienciers du Tribunal révolutionnaire.

1G juillet 1793.

Imprimé rempli, A. N., W 277, n° 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 72.

951. - - Acte d'accusation d'Antoine Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, contre Marie-Anne- Charlotte Corday, pour avoir, méchamment et de dessein prémédité, formé et réalisé le projet d'attenter à la représentation nationale, en assassinant Marat, député à

la Convention, et ordonnance de prise de corps.

16 juillet 1793.

Original signé, A. N., W 277, n° 82.

Ed. BUCHEZ et Roux, Histoire parlementaire de la Révolution française, t. XXVIII, p. 311 ; GhÉRON DE VILLIERS, Marie- Anne-Charlolle de Corday d'Armont, p. 349; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 65.

952. — Procès-verbal d'exlraction de la maison d'arrêt de l'Abbaye des citoyens Fauchet et Deperret, détenus en ladite maison, témoins assignés à comparaître aux débats relatifs à l'assassinat commis sur la personne de Marat, par Tavernier et Boucher, huissiers-audienciers du Tribunal révolutionnaire.

17 juillet 1793, 7 heures du matin.

Originaux signés (2 pièces), A. N., W 277, n° 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 78, 79.

953. — Procès-verbal de la séance du Tribunal criminel révolutionnaire, contenant les dépositions de 19 témoins, savoir : Simonne Evrard, Michel Aubert, courrier de Marseille, Laurent Bas, commissionnaire, Jeannette Maréchal, cuisinière, Marie- Barbe Aublin, portière, Catherine Evrard, sœur de Simonne, Joseph Henoque, cocher de l'administration de Police et garçon de bureau, Marie-Louise Grollier, tenant l'hôtel de la Providence, Louis Bruneau, portier de cet hôtel, Pierre-François Feuillard, garçon dudit hôtel, Jeanne-Marie Ravier, femme D'Aubanton, marchande de vins, Martin Cuisinier, limonadier, Antoine-Clair Michon La Fondée, chirurgien, Adrienne-Catherine Le Bourgeois, Marie-Louise Dumas, femme Fricot, ouvrière en linge, Joseph Berger, limonadier, Nicolas-Etienne Merger, sculpteur, Claude Fauchet, évêque du Calvados, Claude-Romain Lauze-Deperret, député à la Convention, reconnaissance par Charlotte Corday du couteau qui a servi à l'assassinat de Marat, et remise par la même de ses lettres à Barbaroux.

17 juillet 1793.

Original signé, .4. JV., W 277, n« 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel

de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 81 .

954. — Questions soumises au jury du Tribunal révolutionnaire, s'il est constant : 1" que le 13 du présent mois de juillet, entre 7 et 8 heures du soir, Jean-Paul Marat, député à la Convention, a été assassiné chez lui dans son bain d'un coup de couteau dans le sein, duquel coup il est décédé à l'instant ; 2" Marie-Anne- Charlotte Corday, ci-devant d'Armont, âgée de 25 ans, fille de François Corday, cidevant d'Armont, ex noble, elle habitante de Caen, est-elle l'auteur de cet assassinat? 3" l'a-t-elle fait avec des intentions criminelles et préméditées(la première version rayée par le président Montané, portait avec préméditation et des intentions criminelles et contre-révolutionnaires), la déclaration du jury a été affirmative.

17 juillet 1793.

Original, signé de J.-B.-M. Montane, président.

Ed. Chéron de Villiers, Marie- Anne-Charlotte de Corday d'Armont, p. 376; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 89; E. Campardon, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 79 ; H. Wallon, Histoire dit Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 214.

955. — Jugement du Tribunal criminel révolutionnaire, condamnant Marie-Anne- Charlotte Corday à la peine de mort, et ordonnant qu'elle sera conduite au lieu de l'exécution, revêtue d'une chemise rouge.

17 juillet 1793.

Original, signé de Montané, Ardouin, Roussillon et Foucault, A.N.,~W 277, n" 82.

Ed. Chéron de Villiers, Marie-Anne-Charlotte de Corday d'Armont, p. 378 ; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte deCorday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 90.

956. — Signification par deux huissiersaudienciers du Tribunal révolutionnaire au citoyen Richard, concierge de la maison de justice de la Conciergerie, du jugement condamnant Marie-Anne-Charlotte Corday à la peine de mort.

17 juillet 1793, 6 heures 1/2.

Original signé, A. N., W 277, n° 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 93.

PROCÈS ET EXÉCUTION DE CHARLOTTE COliDAV

957. — Procès-verbal d'exécution de mort de Marie-Anne-Charlotte Corday, cidevant d'Armont, sur la place de la Révolution, dressé par deux huissiers-audienciers du Tribunal révolutionnaire.

17 juillet 1793, 6 heures 1/2 du soir.

Original signé, A. N., W 277, n° 82.

Ed. ClIÉRON DE VlLLlEHS, Maric-Annc-Charlotte de Corday d'Armont, p. 409; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 94 ; E. CAMPARDON, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 81.

958. — Extrait des pièces du procès de Marie-Anne-Charlotte Corday, assassin du citoyen Marat, devant le Tribunal criminel extraordinaire (lettres de Charlotte Corday à Barbaroux et à M. Corday d'Armont, son père), d'après les originaux restés entre les mains de l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, extrait certifié conforme par WolIT, commis-greffier dudit Tribunal.

20 juillet 1793.

Copie, signée de Wolff, avec sceau du Tribunal, A. N., F7 43851, n° 3.

959. — Lettre du Comité de sûreté générale au citoyen Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, accusant réception de l'interrogatoire et de l'extrait des pièces du procès de Charlotte Corday, et jugeant qu'il est inutile et qu'il serait peut-être dangereux de donner trop de publicité aux lettres de cette femme extraordinaire, qui n'a déjà inspiré que trop d'intérêt aux malveillants.

22 juillet 1793.

Copie, A. N., F7 4385', n» 3.

Original, signé de Lavicomterie, Guffroy, Ingrand, Dumont (de la Somme) et C. Basire, A. N., W 277, n» 82.

Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 96.

960. — Lettre de M. Desprez, conseiller à la Cour royale de Caen, à M. Louis Dubois, sous-préfet de Vitré, annonçant qu'il s'est assuré de l'existence chez Mme Delleville, veuve d'un des doyens de la Cour, du portrait de Charlotte Corday, « fait comme elle passait dans la fatale charrette pour aller à l'échafaud », et qu'il a vu dans son salon ce portrait, qui est l'œuvre d'un

T. IX

peintre de Caen, nommé Brard, qui l'a donné à M",e Delleville, avec prière de le conserver pour l'honneur de la victime et de son dévouement.

22 mai î 835.

Original signé, A. N., AA 47, n° 1374. Ce portrait fut gravé en taille-douce par Roy et mis en vente chez Quenedey, à la fin d'août 1793.

AFFAIRE GUILLEBAUT

961. • — Jugement du Tribunal de police correctionnelle de Dijon, prenant acte des dénonciations dirigées contre le citoyen Guillebaut par: 1° Claude Vallée, membre du Comité de sûreté de Dijon, qui a entendu Ledit Guillebaut dire chez le vinaigrier Eorest, qu'il méprisait les femmes, mais que, depuis le trait héroïque de Charlotte Corday, qui a délivré la France du plus grand monstre, il ne pouvait se dispenser de les estimer, et qu'il donnerait volontiers 200 livres à la femme qui voudrait en faire autant sur la personne de Carra ; 2° Elisabeth Tardiveau, femme de Nicolas Eorest, vinaigrier; 3° Jean Vautherot, tissier en toile; 4° Antoine Bardou, domestique du citoyen Pilley, aubergiste, qui ont témoigné des mêmes faits, ordonnant la mise en état d'arrestation de Charles Guillebaut.

8 août 1793.

Extrait conforme, A. IV., W 285, n° 226.

962. — Interrogatoire subi devant Bénigne Toussaint, l'un des juges du Tribunal du district de Dijon, directeur du jury d'accusation, par Charles Guillebaut, entrepreneur à Saint-Jean-de-Losne, inculpé de propos inciviques par lui tenus chez le citoyen Forest, vinaigrier à Dijon, et détenu dans la maison d'arrêt de cette ville, lequel déclare qu'ayant bu dans la journée avec plusieurs personnes de sa connaissance, il était pris de vin, lorsqu'il se rendit chez Forest et ne se souvient ni des personnes qui s'y trouvaient, ni même de celle qui lui servit de l'eau-de-vie, et, au sujet des propos qu'on lui prête, notamment d'avoir dit que, depuis le trait héroïque de Charlotte Corday, qui avait délivré la France du plus grand scélérat, il estimait depuis ce temps-là les femmes

qu'il avait méprisées jusqu'alors, a protesté n'avoir jamais tenu de semblables propos, que, loin d'approuver l'assassinat de Marat, il le regarde comme un crime affreux, si vrai que, comme membre de la Société républicaine de Saint-Jean-de- Losne, il a contribué, comme les autres membres de cette Société, à faire venir le buste de cet ami du peuple, ledit Guillebaut déclare ne point se rappeler si la femme Forest ne lui a pas demandé pourquoi il traitait de scélérat le représentant du peuple Marat, pas plus que l'offre de 200 livres qu'il aurait faite à la femme Foresl pour assassiner Carra, qui ne valait pas mieux que Marat.

11 août 1793.

Original signé, A. N., W 285, n° 126.

903. — Jugement du Tribunal du district de Dijon, considérant que le citoyen Charles Guillebaut, par ses discours, a non seulement approuvé l'assassinat de Marat et fait l'éloge de la femme Corday, qui en est l'auteur, mais qu'il a encore désiré celui de Carra et oflert une somme de 200 livres pour l'exécuter, que c'est là vraiment un délit national, une entreprise contre - révolutionnaire, puisque, si l'on pouvait assassiner ou. faire assassiner les représentants du peuple, quels qu'ils soient, la représentation nationale serait bientôt anéantie, que la connaissance de toute entreprise contre-révolutionnaire et de tous attentats contre la liberté est spécialement attribuée au Tribunal révolutionnaire, renvoyant ledit Guillebaut à l'accusateur public de ce Tribunal.

12 août 1793.

Extrait signé, A. N., W 285, n° 126.

964. — Lettre du citoyen Carnot, commissaire national près le Tribunal du district de Dijon, à l'accusateur public près le Tribunal révolutionnaire à Paris, lui envoyant la procédure instruite contre le citoyen Charles Guillebaut, entrepreneur à Saiot-Jean-de-Losne, avec son interrogatoire, les divers certificats délivrés en sa faveur, et annonçant qu'il donne l'ordre au commandant de la gendarmerie nationale de faire conduire à Paris, sous

bonne et sûre garde, l'accusé pour y être jugé-

14 août 1793.

Originaux signés (6 pièces), A. N., W 285, n° 126.

965. — Lettre de Gohier, ministre de la justice, à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, lui transmettant un mémoire du Conseil général de la commune de Saint-Jean-de-Losne, en faveur de l'un de ses membres, prévenu de propos liberticides et traduit à son Tribunal, mémoire, en date du 18 août, dans lequel on atteste son patriotisme, son zèle républicain et on le déclare incapable d'avoir tenu avec réflexion les propos qui lui sont imputés, et qu'il n'a pu laisser échapper que se trouvant en état d'ivresse, aussi l'on se demande si le sang des vrais républicains doit être versé pour accroître l'audace de l'aristocratie, au lieu du sang impur des aristocrates, de ces monstres dont la terre de Liberté est surchargée.

29 août 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. N., W 285, n" 126.

966. — Interrogatoire subi devant Joseph-Gabriel Scellier, juge du Tribunal révolutionnaire, par Charles Guillebaut, âgé de 45 ans, natif de Dijon, entrepreneur de bâtiments, demeurant à Saint- Jean-de-Losne, au sujet des propos qu'il aurait tenus, le 7 août 1793, à Dijon, chez le sieur Forest, marchand vinaigrier, où il avait bu de l'eau-de-vie et où il aurait dit, en présence de plusieurs personnes, qu'il avait toujours méprisé les femmes, mais que, depuis le trait héroïque de la Corday, qui avait délivré la France du plus grand scélérat, il les estimait infiniment, lequel Guillebaut a déclaré ne pas se souvenir d'avoir tenu de pareils propos, qu'il en était d'ailleurs incapable. La citoyenne Forest lui ayant demandé qui lui avait dit que Marat élait un scélérat, le sieur Guillebaut lui aurait répondu qu'il l'avait vu dans le journal de Carra et que ledit Carra ne valait pas mieux que Marat, le même aurait protesté n'avoir gardé aucun souvenir de ce fait, qu'au contraire Carra était leur homme de confiance, que le club,

Page 1