‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 3)Chapitre 75 sur 86 · II. Second rapport du même observateur · texte numérisé non relu

II. Second rapport du même observateur

1" Déclarant que, s'il avait l'honneur d'être représentant du peuple, il proposerait une mesure qui ferait pâlir tous les

contre-révolutionnaires, ce serait, pour se débarrasser à jamais de ces reptiles impurs, de faire décréter par la Convention, que toutes les villes dont la population excéderait S>0,000 âmes, seraient considérées en état de guerre, que la seconde réquisition fût casernée et exercée, sans délai, aux évolutions militaires, mesure qui s'impose d'autant plus qu'elle a été énergiquenicnt combattue par des individus dont l'incivisme n'est pas douteux; demandant ensuite que la Feuille quotidienne, rédigée par les soins du Comité d'instruction publique, et consacrée à l'instruction du peuple, soit envoyée aux sections et distribuée aux Sans-culottes présents, légère dépense qui serait compensée par les avantages qui en résulteraient.

2° D'après La Tour-La-Montagne, il y a, le soir, des groupes et de la fermentation au sujet des revers éprouvés en Vendée, mais on se reposait avec conhance sur les mesures que la Convention nationale allait prendre, mesures que l'on souhaitait décisives.

3° On se plaignait également de ce qu'au milieu des dangers, dont la patrie est menacée, les jeux et les spectacles insultassent en quelque sorte à la douleur publique, rien ne devrait aujourd'hui détourner les citoyens des grands intérêts qui doivent les occuper entièrement, il ne s'agit point en ce moment d'amuser le peuple, mais de le sauver.

15 septembre 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. N., F7 3G883.

1414. — Rapport de l'observateur Monic:

1° faisant connaître qu'un particulier a été soi-disant délégué par les citoyens du Bourg-d'Egalité à la Société des femmes révolutionnaires, séante à Saint-Euslache, au sujet de l'acceptation de la Constitution par 200 citoyens de cette localité sur 4,000 habitants, à l'effet de faire une pétition aux Jacobins, pour obtenir de la Convention l'ouverture d'un registre en vue de recommencer un second scrutin, ce particulier, sans pouvoirs, un cordonnier du nom de Lépargneur, rue Saint-Nicaise, prétendit être chargé de cette mission parl'ex constituant Treilh-Pardailhan ; 2° déclarant

que les citoyens murmurent hautement contre le Tribunal du 4e arrondissement, pour avoir acquitté un fruitier accapareur de la rue des Marmousets, dans la Cité, chez lequel l'on avait trouvé 35 pièces de vin, au lieu des 13 annoncées; 3° L'Observateur Sans-culotte n'est pas assez répandu dans le Marais et les Faubourgs Saint-Antoine et Saint Marceau, mais il n'en manque pas aux environs de la Convention, Maison Egalité et quartiers adjacents.

1415. — Rapport d'un observateur, commissaire du Comité de salut public, renseignant sur les faits suivants :

lu II y a toujours des embarras chez les boulangers, pour la livraison du pain, dans le Faubourg Saint-Cermain, mais personne n'en a manqué.

2" Il y avait eu, parait-il, au Palais Egalité, des rixes et des querelles occasionnées par la cocarde tricolore, mais l'observateur a constaté que tout y était tranquille.

3° La veille au matin, le receveur des contributions du Faubourg Saint-Germain, demeurant rue des Saints-Pères, annonça qu'il avait été volé, la nuit précédente, qu'on lui avait pris 100 louis, de l'argenterie et beaucoup d'assignats, excepté ceux à effigie, et que les voleurs avaient forcé les volets d'une fenêtre de sa maison, donnant sur le jardin des Augustins, dits de la Reine Marguerite; des personnes ont ajouté foi à ce rapport, d'autres, au contraire, croient que c'est un conte inventé à plaisir, en se basant sur la réputation plus qu'équivoque dudit Bernard, ancien notaire à Lyon, ayant fait de mauvaises affaires, et ayant obtenu, par ses intrigues et celles de sa femme, jolie et galante, la place de receveur de la capitation, puis celle qu'il occupe actuellement; on ajoute qu'il a toujours fait beaucoup de dépenses dans sa maison, et au dehors, pour l'entretien d'une maîtresse, enfin qu'il vient de richement doter sa fille, il passe pour aristocrate, tout cela fait supposer qu'il s'est volé lui-même.

25 septembre 1793.

Minute non signée, A. N., F7 368&3.

1416. — Observations du commissaire Rolin, consistant en dénonciations contre des suspects, un ex Parlementaire, rue de Menars, qui, par de gros sacrifices pécuniaires, aurait empêché son fils en réquisition de partir; à Ivry, une particulière qu'il appelle la vieille marquise, ayant avec elle un jeune diacre, fils de son ancien intendant, et une autre ci-devant, arrivée le samedi précédent, et qui habite une superbe maison à l'entrée du village, on prétend qu'elle envoie de l'argent à ses neveux ou autres parents émigrés.

25 septembre 1793.

Minute non signée, A. N., F7 3688*.

1417. — Rapport de l'observateur Roubaud, annonçant : 1° que l'Observateur Sans-culotte n'est pas affiché dans les quartiers populaires, dans toute la rue Montmartre, ni aux Halles, ni sur les quais; 2°que le décret qui interditaux Législateurs de demander des places aux ministres continue à être violé, ce qui entrave les opérations, c'est un abus qu'il faut absolument détruire, si l'on veut voir régner longtemps la République; 3° que la Feuille de Paris recueille avec soin ce qu'il y a d'intéressant dans l'Observateur des Sansculottes, bonne mesure en ce qu'elle passera aussi sous les yeux des aristocrates; 4° qu'il existe, rue de Vaugirard, une maison de santé recélant des gens suspects.

25 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1418. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :

1° La Halle aux blés était, la veille, très médiocrement fournie, le maire de Paris est obligé de redoubler de soins pour prévenir la disette, car il a demandé 6 commissaires aux Jacobins.

2° Aux Tuileries, nombre de femmes se sont plaintes de ce qu'ayant besoin de travailler pour vivre, elles sont obligées de passer trois ou quatre heures pour avoir un pain de 4 livres.

3° C'est en vain qu'on a voulu égarer l'opinion publique sur l'ex-général Houchard et Cie, les patriotes sont fermes dans leur résolution d'écraser les cons-

pirateurs, et, quoiqu'en disent les malveillants, le peuple est tout entier patriote.

4° La place de la Maison commune, à une heure après midi, était couverte de spectateurs, avides de voir deux ou trois fripons exposés et quelques bateleurs. Au Palais Révolutionnaire, l'affluence était considérable, et le ci-devant Palais-Royal parait moins fréquenté par la jeunesse muscadine.

5° Un tablettier, rue Saint-Honoré, au coin de la rue de l'Echelle, à l'enseigne du Singe Vert, vend des petites boîtes renfermant des cheveux de Capet, et plusieurs bijoutiers font des anneaux d'argent assez gros, s'ouvrant à secret, bombés à leur partie supérieure et renfermant un petit morceau de l'habit du sieur Véto, devenu saint pour avoir assassiné son peuple.

6° Dans le Faubourg Saint-Germain, les attroupements à la porte des boulangers sont peu considérables, mais ils le sont beaucoup dans le quartier Saint-Honoré.

Original signé, A. N., F7 3688^.

1419. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1° transmettant au ministre de la guerre une dénonciation contre les chefs de la Commission des charrois de Saint-Denis, comme étant presque tous des valets du ci-devant Roi et du comte d'Artois, avec invitation d'y donner ses soins comme chose très intéressante; 2° demandant aux administrateurs du Département la convocation des autorités constituées, des 48 sections et des communes du Département pour le 6 octobre, en vue de la nomination de citoyens pour remplacer ceux qui, par les missions qu'ils ont reçues, ne peuvent plus figurer au Comité, ainsi que les démissionnaires; 3° chargeant le citoyen Chéry d'examiner des pièces déposées au Comité par le citoyen Jolivet, vice-président du Comité de surveillance de la section de 1792, savoir : 1° un procès-verbal d'interrogatoire, d'où peut nailre la connaissance de l'agiotage et du jeu à la hausse et à la baisse; 2° deux procès-verbaux relatifs à l'émigré Montmorin, avec 25 pièces,

pour en faire son rapport le plus promptement possible; 4° décidant d'écrire aux Comités de surveillance des 48 sections poulies inviter à l'aire des recherches sur un nommé Sourdat, ci-devant lieutenant général de police à Troyes, dénoncé comme suspect, que l'on dit être président de section ; 5° décidant d'envoyer copie d'une dénonciation, par les habitants de Verrières, d'un rassemblement d'environ 10 personnes chez la dame Boully, dont le mari était administrateur de Bicêtre, aux citoyens Marchand et Clémence, actuellement commissaires, chargés, à la lète d'un détachement de troupes, de déjouer les projets de contre-révolutionnaires qui cherchent à faire une nouvelle Vendée ; 6° décidant l'envoi au Département de 4 caisses d'osier, provenant de la maison de Saint-Laurent, où elles étaient cachées, et renfermant des titres de la maison de Condé ; 7°enregistiantla réception : t°d'une lettre du ministre de la guerre, qui annonce qu'il a suspendu le citoyen Berton de Passy de ses fonctions de capitaine au corps des pionniers, et que le commandant en chef de l'armée des Côtes de La Rochelle a été avisé de pourvoir à son remplacement; 2" d'une lettre du Comité révolutionnaire de la section du Panthéon- Français, qui demande au Comité du Département de fournir aux "200 hommes dont se compose son contingent pour l'armée révolutionnaire, des armes, des habits et la paye, auquel il a été répondu que le Comité n'était pas chargé de cette besogne, avec invitation de s'adresser au ministre de la guerre.

25 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comilé de surveillance du Département de Paris, A.N., BB:i 81* (anc* BB" 20), fol. 337-339.

1420. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel le Commandant général prévient ses concitoyens qu'il vient de faire partir u00 hommes, pour protéger et faire amener, à Paris, des subsistances, que les fermiers et les accapareurs retiennent dans les départements voisins. Il en est de même parti, il y a 3 semaines, 2o0 du côté de Corbeil et de Brie-la- Ville, qui nous envoient conti- T. IX.

nuellement des subsistances etdes contrerévolutionnaires.

« Les rassemblements, ajoute Hanriot, se font encore à la porte des boulangers, par des bruits que l'on y répand, que demain il n'y aura pas de pain, et qu'on fera bien d'en prendre aujourd'hui, cette inquiétude, jointe à ceux qui en prennent pour le perdre, fait un tort considérable, il serait à souhaiter que les citoyens se surveillent les uns les autres, pour empêcher cet abus. Citoyens, vos ennemis sont les gros fermiers et les accapareurs de tout genre, qui emploient tous les ressorts de contre-révolution pour perdre Paris et la chose publique, mais votre sagesse et votre prudence les déconcertera, et les autorités constituées, qui veillent sans cesse pour vous, sauront bien les punir et anéantir leurs desseins perfides. »

Les réserves de cent hommes, ie service intérieur et extérieur à l'ordinaire, et les patrouilles très fréquentes, surtout aux barrières.

Les rapports de la force armée ne mentionnent rien d'extraordinaire, sinon que les rassemblements recommencent aux portes des boulangers.

26 septembre 1793.

Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l' Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 76.

•1421. — Rapport de l'observateur Béraud, donnant les indications suivantes :

1° Aux environs de Senlis, les fermiers vendent aux riches propriétaires et aux maîtres de poste leurs avoines à un prix excessif, et donnent des reçus sur le pied du maximum, ce qui fait que Paris ne peut s'en procurer.

2° Une compagnie de canonniers de la section de la Réunion étant rassemblée à la porle Saint-Martin, le général Hanriot vint à passer et demanda pourquoi elle n'était pas partie, alors les canonniers, ayant rompu les rangs, dirent qu'ils ne partiraient que lorsqu'ils auraient reçu le décompte qu'on leur promettait depuis longtemps, comme le général ne les écouta point, ils tinrent les propos les plus inciviques.

te

3° La suppression des Assemblées générales cause de la rumeur, parce qu'on n'a pas le temps d'y lire les arrêtés de la Commune et les décrets.

4° L'abus le plus inique, le plus atroce existe à la Pitié, une mère indigente, qui y a mis son enfant, est pour toujours privée de le voir, à moins de donner 18 livres pour compulser le registre ; à l'Hôtel-Dieu, un fils, qui vient voir si son père n'est pas mort, est obligé de payer 5 sols.

5* Beaucoup de muscadins ivres, disant que le vin des soi-disant aristocrates était bon, ont troublé le spectacle de l'Ambigu- Coinique et insulté le public; il serait instant de les caserner et discipliner.

0° A 2 heures après-midi, foliscrvateur SuM-cutotte du jour n'était pas encore affiché tout le long des boulevards.

> Une gigantesque pétition, tendant à former un corps de hussards tyrannicides, a été lue à la section du Temple. Comme les muscadins étaient en grand nombre, elle a passé, et il a été arrêté que l'auteur la présenterait à la Convention.

26 septembre 1793.

Original non signé, A. N., F7 3G883.

1422. — Rapport d'un commissaire du Comité de salut public, signalant les faits suivants :

1° L'histoire du pain dans le Faubourg Saint-Germain en est toujours au même point, toujours beaucoup de monde aux portes des boulangers, mais tout le monde a du pain. Ce qu'il y a de fâcheux, c'est que, s'il faut en croire les rapports de Réal, substitut du procureur de la Commune, l'on doit s'attendre à une grande disette de subsistances à Paris, à en juger par la difficulté qu'il a éprouvée à faire des provisions, en parcourant les départements voisins.

2" Si le cultivateur trouve que les grains qu'il fait venir lui coûtent plus cher qu'il ne les vend, nulle autorité ne pourra l'engager à en continuer la culture, qu'on y prenne bien garde, si l'agriculture, allument découragée, tombe, tout tombe avec elle.

3° Les denrées sont à peu près au même

prix que les jours précédents, les pommes de terre ont beaucoup diminué, elles étaient, il y a quinze jours, à 6 livres le boisseau, elles sont aujourd'hui à 2 livres ou à 2 livres 5 sols.

4° A la représentation de la veille, au Théâtre de la rue Feydeau, il y a eu du tumulte. On a demandé d'abord l'hymne des Marseillais, une partie de la salle, soit par envie de voir la représentation, soit par malveillance, a témoigné le désir d'écouter plutôt la pièce. On a chanté l'hymne, des patriotes se sont levés, ont tiré leurs sabres, menacé quiconque s'opposerait à ce qu'on chantât l'hymne demandé. Personne heureusement n'a répliqué, et tout s'est terminé sans accident.

26 septembre 1793.

Original non signé, A. A'., F1 3688:i.

1423. — Rapport de l'observateur Le Harivel : 1° appelant l'attention sur la présence, parmi les commissaires du Conseil exécutif provisoire, d'un jeune homme de 18 ans, qui, sous la prévention d'avoir volé le Trésor public, avait été mis dans une maison de force, d'où il était sorti lors des journées de septembre, et montrant l'utilité et la nécessité de faire une enquête sur l'âge des commissaires et l'emploi qu'exerçait chacun d'eux avant d'être nommé à celte place, la question intéressant au plus haut point la fortune publique et l'honneur des commissaires du pouvoir exécutif; 2° annonçant que les boulangers de la Chaussée-d'Anlin Savaient, ce jour, ni pain, ni farines, et prétendaient avoir reçu l'ordre de ne cuire que deux fournées par jour; les citoyennes stationnant à la porte d'un boulanger, rue Sainte-Croix, près de Saint-Lazare, se plaignaient de ce qu'il existait encore des nobles à la Convention nationale, et disaient que, tant qu'il y en aurait, les choses iraient fort mal, que Lacroix était un traître, qu'il avait reru 1,600,000 livres pour quitter la Belgique, que Houchanl avait rem 25 Millions pour lâcher un prince anglais ijui Hait en sa possession. L'une de ces femmes a dit tout haut qu'à la porte Saint-Denis on avait trouvé du blé dans les commodités, en cherchant une montre qui y était tom-

bée; 3- déclarant qu'il y avait aftlucnce au Palais âe l'Egalité, que l'air composé de ceux qui s'y promenaient semblait annoncer quelque dessein, mais qu'il ne s'est rien passé d'extraordinaire, en dehors de l'arrestation d'un muscadin, qui cherchait à ameuter les citoyens par des discours très inciviques. Dans les groupes du jardin du Palais national, il n'élail question, dans l'après-midi, que de la résistance opiniâtre des Lyonnais et des tourments cruels qu'on fait endurer aux patriotes, à Toulon. Le Faubourg Saint-Germain et les quais, depuis le Pont-Royal jusqu'à celui de la Ferraille, sont assez calmes. Le Harivel rend compte de l'Assemblée de la section des Piques, où a été lu le rapport des commissaires chargés de préparer le casernement des jeunes gens en réquisition, et où l'on a rejeté la pétition présentée par la section des Amis de-la-Patrie, pour le retrait du décret de la Convention, réduisant les séances populaires, et déjoué ainsi les projets des ennemis de la patrie.

26 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1 i2i. — Rapport de l'observateur Monic, dénonçant de nouveau un certain d'Ardivilliers, agent d'un évêque, rue Coquillière, lequel vient d'obtenir une place de commissaire pour les subsistances dans les départements, et signalant le Café des Grands-Hommes, au coin du boulevard Poissonnière, à la fois rendez-vous des contre-révolutionnaires, et maison de jeu.

26 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1425. — Rapport de l'observateur Mathieu Panetier, déclarant avoir examiné, la veille, tous les placards, et n'y avoir rien vu qui ne soit pour le bien public, avoir constaté dans beaucoup de chantiers que le bois se vendait extraordinairement cher, 36 livres la voie, ailleurs 40 livres le bois neuf, ce qui fait murmurer tout le peuple, avoir parcouru plusieurs marchés, où tout est d'un prix exorbitant, les œufs 55 sols le quarteron. D'après les renseigemenls recueillis par cet observateur, les boulangers ont toujours de grands ras-

semblements à leurs porles, un municipal y a été battu, beaucoup de Lyonnais se trouvent à Paris, où ils sont venus pour espionner, notamment à l'hôtel d'Angleterre, Faubourg Saint-Germain ; les cafés sont toujours pleins de monde et reçoivent beaucoup de suspects, surtout un calé, passage des Petits Pères, au coin de la rue Croix-des-Pelits Champs. A Puteaux il y avait, paraît-il, beaucoup de denrées accaparées.

26 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36881.

1420. — Rapport de l'observateur Roubaud, donnant les renseignements suivants :

1° Les emblèmes de la féodalité se voient encore dans la cbapelle de la Vierge, à Saint-Eustache, au mausolée à gauche par la porte de la rue Montmartre.

2° Dans la section de Brutus, l'on a décidé de faire une pétition à la Convention, pour reviser et épurer toutes les cartes civiques des fonctionnaires publics, une partie de celles délivrées étant suspectes.

3° L'hôtel des Victoires, rue des Fossés- Montmartre, loge des gens suspects, qui s'y rendent en lile sur le soir.

4° Il est abusif de ne pouvoir faire transporter, par n'importe qui, le charbon acheté sur le port, les charbonniers s'y opposent et rançonnent pour le transport.

26 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1427. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :

1° La Halle au blé n'offrait que quelques sacs de farine appartenant à la municipalité de Paris et presque aucuns aux fariniers commerçants.

2° La discussion soulevée à la Convention sur la taxe des subsistances a produit un assez mauvais effet sur le public, il valait mieux laisser aux malheureux leurs espérances que de les leur ôter, comme l'a fait Lecointre.

3° On redoute un conflit entre les écrivains patriotes et le Comité de salut public, entre la Convention et les Sociétés populaires, au sujet de l'organisation du pouvoir exécutif constitutionnel. Si la

436 CHAPITRE 1er. —

Convention et les Comités subissaient des échecs à la guerre ou dans le gouvernement intérieur, le mal serait irréparable ; il serait préférable que les fautes fussent imputées au ministère, la confiance ne s'éloignerait pas de la Convention, qui n'a qu'à punir Brissot et Cic, renouveler les administrations, faire marcher l'armée révolutionnaire et terminer les lois et procès des suspects, les malveillants n'oseront parler de la remplacer, elle aura pour elle la masse des patriotes.

4° On vient de nommer, pour accompagner Dumas en qualité d'officier supérieur, un certain Colin, qui n'a d'autre mérite d'être un grand joueur de biribi et d'être recommandé par les députés, amis d'une intendante d'un tripot de la rue Croixdes-Pelits-Champs.

S° Rien d'extraordinaire dans les places et lieux publics. Dans le vestibule de la Convention, un gros commis des Postes, ne pouvant obtenir un certificat de civisme de la section des Piques, s'est adressé à Hérault de Séchelles et autres Montagnards, qui l'ont recommandé au Comité révolutionnaire de cette section.

6° Au chantier des Invalides, le bois neuf vaut 30 livres.

26 septembre 1793.

Minute signée, A. N., F7 36883.

nérale, reconnaissant que, d'après les recherches qui ont été faites tant sur ses registres que sur ceux du Comité de salut public, il n'existe aucune charge contre le citoyen Duval, pensionnaire du Théâtre dit de la Nation, et qu'au contraire son civisme est attesté, décidant que ce citoyen, actuellement détenu aux prisons des Madelonnettes , sera sur-le-champ mis en liberté.

26 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1429. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° chargeant le citoyen Tisset, préposé au Comité, de lui amener le citoyen Laurent de Villedeuil, demeurant place de l'Indivisibilité, n° 16, soupçonné d'émigration, de faire

perquisition dans ses papiers et d'apporter ceux qui paraîtraient suspects ; 2° déclarant, d'après la lettre du Comité de surveillance de la section du Mont-Blanc, que les marchandises trouvées chez la baronne de Burmann par les commissaires de la section constituent bien un accaparement, et que la loi doit lui être appliquée comme accapareuse ; 3° convoquant le maire de la commune d'Asnières, le lendemain, au Comité, pour répondre à une dénonciation de la Société populaire, au sujet de la non exécution de la loi du maximum; 4° donnant pouvoir au Comité de surveillance de la section de Monlreuil de faire arrêter le nommé Botard, marchand de vins à Paris, passage des Chartreux, qui actuellement agite la commune de Saint-Maur; 5° ordonnant au concierge de l'Abbaye de laisser sortir librement le sieur Berton de Passy; 6° arrêtant qu'il sera écrit au Club des Cordeliers pour lui faire part de la manière indécente avec laquelle le sieur Vaquier s'est présenté au Comité et des injures dont il l'a gratifié; 7° avisant les administrateurs du Département que les communes de Vincennes et Fontenay-sous-Bois conservent encore leur argenterie, pour qu'ils aient à veiller à l'apport de cette argenterie à Paris ; 8° autorisant le citoyen Fournerot à se transporter chez les sieurs Sicardet Massé, demeurant aux Célestins, à l'effet d'examiner leurs papiers, d'apporter au Comité ceux qu'il jugera nécessaires et d'amener lesdits Sicard et Massé ; 9° notant l'envoi au Comité de sûreté générale de la Convention et aux administrateurs de Police du tableau des personnes que le Comité du Département a fait mettre dans les maisons d'arrêt depuis le 14 juin précédent, et décidant que ce tableau sera adressé tous les huit jours à l'administration de Police; 10° mandant le sieur d'isard, clerc du citoyen Guillaume, rue de Bucy, n° 33, afin de savoir de lui le lieu où se cache ledit Guillaume; 11° arrêtant l'envoi de la copie des pièces de l'affaire de Bingard, ex-curé de Saint-Germain-del'Auxerrois, au Comité de sûreté générale, pour qu'il trace au Comité la marche à suivre dans cette affaire délicate; 12°con-

voquant la citoyenne Rouvault, botaniste, cour du Palais, au sujet de marchandises que l'on soupçonne cachées dans des souterrains ; 13" annonçant qu'il a été écrit : 1° aux Comités de sûreté générale et de salut public de la Convention pour les prier de donner aux membres du Comité chargés de commissions prompte audience, lorsqu'ils viennent leur rendre des comptes ou solliciter quelque ordre pressant, afin que le bien public n'en souffre pas ; 2° qu'il a été de même écrit au ministre de la guerre pour l'aviser que les ordres par lui donnés pour le départ d'un convoi d'artillerie de l'Arsenal pour Arras, n'avaient pas été exécutés.

2G septembre 1 793.

Extrait du registre des délibérations du Comité Je surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 8iA (anc* BB™ 20), fol. 339-343.

1430. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général, en vertu d'un arrêté du Conseil général qui ordonne d'arrêter toutes les voilures publiques, ou particulières, portant encore des armes et des emblèmes de féodalité, ainsi que sur les harnais, et dont les sièges sont galonnés de livrées, invite, en conséquence, la force armée à arrêter lesdites voitures; il invite aussi ceux de ses concitoyens qui ont encore à leurs habits des boutons d'uniforme où sont gravées les armes de la Ville et des fleurs de lys, à les réformer et à y mettre des boutons de la République, car il est honteux de voir porter des signes de féodalité par ceux qui se disent défenseurs de la République.

Les patrouilles de jour et de nuit arrêteront tout gendarme, tout militaire, tant officier que soldat, à la solde de la République, qui ne serait pas porteur d'un congé de ses chefs supérieurs. Il est instant de faire rejoindre ces citoyens, qui ne font que corrompre l'esprit public dans Paris et se pavaner dans les rues, tandis que nos braves défenseurs se ballent comme des lions sur nos frontières.

Les patrouilles se porteront aux portes des boulangers, depuis minuit jusqu'à midi, pour empêcher les attroupements ;

les réserves toujours de cent hommes, le service intérieur et des barrières à l'ordinaire et avec exactitude.

Les rapports de la force armée constatent beaucoup de plaintes aux postes des barrières, sur ce que les corps de garde y sont dénués de tout; les citoyens menacent de les abandonner.

D'après ces mêmes rapports, le général Dillon a été arrêté à 1 heure du matin dans un fiacre, il a dit qu'il venait de voir sa maîtresse, et qu'il était gardé par un gendarme qui le laissait vaquer seul à ses affaires, la garde l'a reconduit chez lui, le gendarme y était effectivement.

27 septembre 1793.

Copies conformes, signés de Clément, secrétaire de "Etat-major général (2 pièces), A. N , AFIV 1470, BBS 76.

1431. — Rapport de l'observateur Monic, déclarant que, tant qu'il y aura des maisons de jeux, les contre-révolutionnaires auront de quoi se cacher, notamment le ci-devanf Café du Roi, avec tripot au premier, au coin de la rue Saint-Honoré et de la rue Richelieu, qui en est rempli, citant entre autres le graveur Simon, agent de La Fayette. C'était là où se forgeaient les mauvaises nouvelles.

D'après le même rapport, des patriotes parlaient de la nécessité de renouveler les corps administratifs et donnaient comme exemple le maire du Bourget, qui, à la nouvelle de nos revers, s'est écrié : « Que nous importent les affaires publiques, pourvu que nous ayons ce qu'il nous faut. »

Huit assassins ont été guillotinés place Maubert, le peuple a trouvé fort mauvais que l'on ait voilé ces huit criminels.

27 septembre 1793 Original signé, A. N., F7 36883.

1432. — Rapport de l'observateur Béraud, donnant les renseignements suivants :

1° Dans plusieurs groupes l'on disait que toute la cavalerie qui se trouve en Vendée avait passé aux rebelles, on ne s'en étonnait pas, attendu que le commandant des Dragons de la République était le plus grand scélérat qui existe, et lotis

les officiers, surtout ceux des hussards, no sont que des souteneurs, des escrocs, des joueurs de biribi, et, tous les soldats, des valets de ci-devant.

;>° La mise en liberté d'un certain Morel, depuis longtemps taré dans l'opinion de la seclion Poissonnière, incarcéré depuis 3 semaines pour avoir accaparé 90,000 livres pesant de fdasse, fait murmurer le peuple, qui crie à l'injustice et déclare que, s'il est libre, c'est qu'il a corrompu ses juges.

3° Sur le boulevard du Temple, dans un autre groupe, l'on répétait que les individus qui ont semé le trouble dans les tribunes, lorsque la Convention a voulu s'occuper de taxer les denrées, étaient des gens soudoyés par l'aristocralie et par une partie des députés, et que la Convention a dérogé à ses principes, en cédant h la crainte que lui ont inspirée les malveillants.

4° Le bruit se répand clans bien des endroits que les départements ne veulent plus alimenter Paris.

27 septembre 1793.

Original signé, A. A\, F' 36883.

1433. — Rapports de l'observateur La Tour-La-Montagne, signalant les faits suivants :

1° Le peuple est toujours tranquille, malgré les perfides manœuvres des malveillants, il attend avec confiance les grandes mesures de salut public dont la Convention nationale va s'occuper.

2° Il serait prudent de surveiller tous les mouvements des muscadins. Ceux qui sont casernés à Courbevoie et dont 1rs officiers et sergents roulent sans cesse dans Paris, disent qu'ils ne partiront qu'avec des armes et des canons, ils se [daignent de la modicité de leur paye, et ceux qui se plaignent le plus sont précisément ceux qui font le plus de dépenses. Ceux qui sont à la Pépinière se plaignent de cette caserne, que sa malpropreté rend insalubre et inhabitable, ces plaintes, fondées ou non, produisent une impression fâcheuse.

3° La monnaie continue à s'engloutir chez les marchands, les pièces d'un et deux sols deviennent excessivement rares,

on est inondé de billets de toutes les formes et de toutes les couleurs.

4° Plusieurs assemblées de sections étaient, la veille, peu nombreuses, surtout dans les environs du Palais-Royal et des boulevards, mais, en revanche, les maisons de jeux et les théâtres étaient pleins; tant que ces lieux funestes ne seront pas fermés, on ne peut se flatter que l'esprit public atteigne la hauteur qu'exigent les circonstances.

'■>" Les malveillants, depuis quelques jours, répandent des bruits alarmants sur les subsistances, la foule augmente aux portes des boulangers.

G0 On ne s'entretient partout que des subsistances, les inquiétudes du peuple à cet égard redoublent à chaque instant. La foule croît aux portes des boulangers d'une manière effrayante, et, grâce aux manœuvres perfides des malveillants, un grand nombre de citoyens, après avoir perdu leur matinée dans une vaine attente, n'ont pu se procurer le pain nécessaire à la consommation de leur famille, La Tour- La-Montagne a vu des mères en pleurer de rage et demander à grands cris la punition des traîtres qui affament le peuple.

7" Le peuple a reçu avec transport les décrets de la Convention nationale sur la taxe des denrées de première nécessité, il comble de bénédictions ses fidèles représentants.

8° Le Sans-culotlc Observateur continue a inslruire le peuple avec son énergie ordinaire, mais s'éloigne un peu du but qu'il s'est proposé par trop d'apprêls et de recherche dans le style, et le peuple, dont il ne parle point la langue, ne l'entend pas toujours.

9° La lecture de la feuille des débals de la Société, séante aux Jacobins, a fait naitre ce malin, au Palais Egalité, une discussion assez vive, au sujet des paroles prononcées par un oraleur, qui engageait à se rallier aulour du Comité de salut public, ce qui a provoqué une proleslalion d'un individu, qui a prétendu que l'on cherchait à avilir la Convention, à ne voir que le Comité de salut public, à fonder sur lui toutes les espérances, que l'on veut anéantir la représentation nationale et remettre tous

les pouvoirs enlre les mains de quelques individus. Celte interprétation perfide faisait déjà impression, niais I.a Tour-La- Monla^ue s'i st allaehé a la détruire. Les journalistes patriotes ne sauraient être trop attentifs à écarter tout ce qui peut fournir aux malveillants l'occasion de semer l'alarme.

10° L'exécution, sur la place Saint Michel, de 8 personnes, la tète couverte d'un voile noir, adonné lieu à mille conjectures extravagantes et a même excité un peu de fermenlalion, leur crime n'étant pas du petit nombre de ceux à qui la loi a accordé cette affreuse distinction, le fait a été dénoncé aux Jacobins.

11" La citoyenne Brissot, avec son fils, se promène dans Paris, accompagnée d'un gendarme, s'arrêle fort souvent, parle à beaucoup de monde, et le gendarme reste à distance. Des femmes ont dit en murmurant : « En ferait-on autant pour une pauvre marchande? » On se plaint en général de la douceur avec laquelle les riches sont traités, on cile le ci-devant duc de Niveruois, beau-père du ci-devant duc de Rrissac, suspect, à bien des titres, qui a été relâché deux jours après son arrestation, et l'on se demande s'il y a encore des privilèges.

27 septembre 1793.

Originaux signés (2 pièces), A . N. , F7 368S3.

1434- — Rapport de l'observateur Panelier, dénonçant comme suspects et proposant d'arrêter l'abbé l'abbé Maurel, rue du Mail, l'abbé de Saint-Paul, rue d'Argenleuil, n° l">, l'abbé Pichart et l'abbé de Sommays, section des Tuileries, un nommé Ruclyt, ancien moine, section de 1792, ayant un frère marchand de vins, très

dangereux pour la République, M de

Suint-Prays, rue Daupbine, accapareuse de toiles et de mousseline.

27 septembre 1793.

Original signe, A. A'., F7 36883.

1433. — Rapport de l'observateur Roubaud : 1" dénonçant le nommé Dejean et la femme Robinot, aristocrates connus, nie Traversière-Sainl-Uonoré, qui reçoivent toutes les nuits des personnes suspectes, et où mangent plusieurs représen-

tants du peuple; le nommé Pomarel, de Lyon, qui continue toujours l'agiotage cl fréquente assiduement le Café de Chartres pour se concerter avec ses commissionnaires; signalant l'existence d'un magasin considérable de sel et d'eau-de-vie, rue Verdelet; 2" déclarant qu'on es[ très surpris de voir le nommé Tuncq se promener avec un garde, alors qu'il devrait être dans une maison d'arrêt, étant donné les preuves de sa scélératesse, dont lui Roubaud, a pris connaissance chez le citoyen Daubigny, adjoint du ministre des affaires étrangères; 3" affirmant, d'après le dire du général Ronsin,que les affaires, en Vçndée, étaient dans le plus grand désordre et que tous les journaux trompaient le peuple.

27 septembre 1793.

Original signe, A.N., F7 36883.

1436. — Rapport de l'observateur Rousseville, mentionnant les particularités suivantes :

1° Affluence à la porte des boulangers.

%° Tumulte à la place Saint-Michel, parce que les huit assassins qu'on y conduisait à la guillotine étaient voilés, contrairement à la loi, par la faute du commissaire national chargé des exécutions.

3° Aux Tuileries, les gr'oupes oubliaient nos pertes pour parler du supplice réservé au traître Uouchard et de la taxe des denrées.

4'1 Le Palais-Egalité offrait moins de muscadins que de coutume, il y en avait pourtant encore, qui voulurent faire maltraiter par la garde même un bon Sansculotte.

b" Au Palais du Tribunal révolutionnaire, la foule des curieux est toujours la même, mais on s'y plaint de ne pas voir juger Antoinette, Brissot et autres grands criminels.

6° L'Observateur Sans-culolle est affiché à profusion et produit bon effet, quoique certains le trouvent trop violent.

7° Les gardes donnés à des suspects, ci-devant grands seigneurs, se promènent à la porte de leur hôtel comme leurs cidevant valets, ce qui est indigne de bons Sans-culottes et facilite les évasions.

8° L'on a dénoncé, la veille, aux Jacobins les agents en chef du ministre de l'intérieur, surtout Cliampagneux.

9° Un certain Caraffe , présenté par Rousseville pour rendre compte de la situation de Paris , a reconnu lui-même n'être pas propre à ce genre de travail et n'offre ses services que pour des missions dans les départements.

Dans un second rapport, Rousseville dénonce deux contre-révolutionnaires, le curé de Bouqueval, près-d'Ëcouen, qui a deux frères émigrés, va presque nu et déguenillé pour pouvoir leur envoyer de l'argent, et mange la soupe du citoyen Crussol d'Amboise, ainsi qu'un ex-officier d'infanterie, du nom de Bruet, demeurant au château de Bouqueval, qui n'a pas émigré, faute d'argent; il demande l'envoi de pouvoirs avec mission spéciale pour les arrêter.

27 septembre 1793.

Originaux signés, A. N., F1 36883.

1437. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° notant la réception de la réponse du ministre de la guerre à la lettre qui lui avait été écrite, la veille, au sujet du retard apporté au départ d'un convoi d'artillerie pour Arras ; 2° annonçant qu'il a été demandé des renseignements au Comité dè surveillance de la section de la Fontaine-de-Grenelle sur un certain abbé Desverges, chapelain du ci-devant comte d'Artois, demeurant rue de Lille, dénoncé comme très suspect ; 3° portant que le citoyen Jean Fournier, maire d'Asnières, mandé au Comité, s'est rendu à la convocation, et, après ses explications, a été invité à se munir de la loi sur le maximum, et à fraterniser avec les habitants de l'endroit dont il est maire ; que le citoyen Grisard, clerc du citoyen Guillaume, venu au Comité, a déclaré ignorer le lieu de la retraite dudit Guillaume; 4° entendant le rapport du citoyen Tisset, chargé d'amener au Comité un sieur Lesueur, dit Givry, demeurant hôtel du Perron, rue Neuve-Saint-Eustache, soupçonné d'émigration, d'après lequel cet individu a été arrêté, il y a 5 jours, et conduit au grand réfectoire de l'Abbaye, par le Co-

mité de surveillance de la section de Brutus; 5° prenant acte du rapport du même Tisset, chargé d'amener au Comité le citoyen Laurent de Villedeuil, d'après lequel, ayant appris qu'il habitait actuellement à Epinay, près Saint-Denis, il s'y est transporté et ne l'a pas trouvé, et, suivant la déclaration de la veuve Monmerqué, sœur dudit Laurent, qu'il pourrait être à Guines, près Boulogne-sur-Mer, décidant d'écrire à la commune de Guines à l'effet de procéder à son arrestation; 6° constatant, d'après le rapport du citoyen Fournerot, envoyé aux Célestins, que les scellés ont été apposés sur les papiers du citoyen Sicard, qui s'est évadé, par le Comité de surveillance de la section de l'Arsenal, et que Massé n'a point été rencontré; 7° décidant d'écrire à l'administration de Police, pour la prier de retenir le nommé Jean- Baptiste Lefèvre,se disant négociant, cour de la Monnaie, ayant des épauletles de lieutenant-colonel, arrêté comme suspect, et envoyé à la Mairie par les soins du Comité révolutionnaire de la section des Arcis ; 8" désignant les citoyens Delespine et Guigues, en qualité de commissaires, pour porter au Comité de sûreté générale le rapport de Delespine sur l'affaire Saint- Laurent; 9° chargeant le sieur Guigues de solliciter, auprès du même Comité, un ordre d'arrestation d'un nommé Barré, ex intendant de Monsieur, dénoncé comme entretenant des correspondances avec lui, qui est domicilié dans la commune de Labarre, département de Seine-et-Oise.

27 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BLt3 81A (anc1 BB11 20), fol. 343-345.

1438. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite ses concitoyens à s'occuper de l'exercice et des manœuvres, surtout de celles de l'artillerie, et engage les commandants de sections à envoyer un tambour par section à la manœuvre des canonniers, il recommande aussi aux adjudants d'envoyer exactement un volontaire par section pour la garde do l'Arsenal, car ce dépôt est

L'ESPRIT PLRLIC A PARIS DE JUILLET A SEPTEMRRE 1793

'.il

précieux el appartient à toute la République.

Le Commandant général annonce également qu'il vient «.le faire mettre, à la Force, 30 canonniers d'une compagnie soldée de la rue Barre-du- Bec, qui devaient partir pour Meaux, à l'effet de protéger les subsistances, et qui n'ont voulu reconnaître, ni les ordres du ministre, ni ceux du Coinmandant général, c'est pour la troisième fois qu'ils refusent de partir et d'obéir. « Citoyens, votre surveillance déconcerte les ennemis de la chose publique, le Commandant général vous la recommande plus que jamais. »

Un convoi d'artillerie partira aujourd'hui pour Metz.

Les réserves de cent hommes, le service intérieur et des barrières à l'ordinaire, et les patrouilles très fréquentes.

Suivant les rapports de la force armée, le caporal commandant le poste de la barrière Saint-Jacques, fait connaître que le sergent, le caporal et autres soldats, de garde au poste de la barrière d'Enfer, se sont permis de couper des branches d'arbres, dans une propriété nationale, pour faire du feu.

28 septembre 1793.

Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Etat major général (2 pièces), A . N., AFIV 1470, BB3 76.

1439. — Rapports de l'observateur Dugas, donnant les renseignements suivants sur la situation de Paris :

1° On s'est porté, la veille, avec plus d'aftluence à la porte des boulangers, ceux-ci prétendent que, depuis quelques jours, on ne leur délivre pas la même quantité de farines.

2° Au Jardin national , un groupe de politiques s'entretenaient de la guerre de la Vendée. L'un d'eux déclarait qu'elle deviendrait de jour en jour plus funeste à la République, si la Convention ne donnait pas le commandement en chef de cette armée au brave Dubayet et ne rappelait pas cette nuée de commissaires de la Convention, du Conseil exécutif, de la Commune de Paris et des sections, qui embarrassent tellement l'armée qu'il y a 180 voitures à sa suite. Que le Comité de

salut publie lui donne pleins pouvoirs, avec tous les secours nécessaires, et cette malheureuse guerre sera bientôt terminée. Il faut se garder de croire que l'armée des rebelles est réduite à 6,000 hommes, ce n'est pas plus fondé que les nouvelles qui font monter cette armée à 50,000 combattants de troupes réglées, bien disciplinées, et à 50,000 fanatiques, qui se précipitent sur le canon et les bayonnettes.

3° Les arrestations continuent, mais l'on voit encore quelques aristocrates dans le Jardin de l'Egalité, à la vérité très réservés dans leurs propos. De jour en jour, VObservateur Sans-culotte est lu avec plus d'attention.

4° Les rassemblements à la porte des boulangers ont été, le 27, plus considérables, sur le bruit que les farines allaient manquer absolument. Hédé, boulanger de Capet, a prévenu qu'il ne ferait plus, à l'avenir, que deux fournées, comme ses confrères; il faisait jusqu'alors une fournée toutes les deux heures.

.fi° Le 26, à 10 heures du soir, la femme de chambre d'une femme publique, dans la Maison de l'Egalité , est tombée du 3" étage dans le Jardin et s'est tuée. Deux hommes, qui se trouvaient en ce moment dans sa chambre, ont pris la fuite. Le même jour, un citoyen s'est permis, au Théâtre de la rue Feydeau, de demander que l'orchestre jouât la Marseillaise pour lui seul; l'orchestre a eu la complaisance d'accéder à sa requête, mais le public, choqué, a exigé qu'on la recommençât pour lui et que le citoyen sortît de la salle. Depuis quelques jours, il se glisse dans les spectacles des individus, entre autres le citoyen Jourdan, employé dans l'armée révolutionnaire, qui poursuivent à outrance les muscadins, et qui, à la faveur de cette chasse, troublent parfois la tranquillité publique. L'on n'est sorti qu'à 11 heures du Spectacle Feydeau.

6° Dans la séance de la veille, aux Jacobins, l'on a discuté les membres de l'Elat-major de l'armée révolutionnaire, plusieurs ont été rejetés.

7° Les constructions de fourneaux à la ci-devant place Royale se poursuivent avec

la plus grande activité, et le parc d'artillerie est déjà rempli de canons. Dans l'église des Filles-du-Galvaire, la fabrique des affûts et caissons est très active.

8° Plus d'agitateurs dans le Jardin d'Egalité, on commence à lire avec beaucoup d'intérêt VObservalcur Sans- culotte , on voyait hier des lecteurs qui ne pouvaient cacher leur indignation en y remarquant l'atroce perfidie d'Houchard.

Originaux signés, A. A7., F1 3G88;|.

1440. — Rapport de l'observateur Réraud, annonçant que : 1° Ja formation des compagnies et nomination des officiers de la première réquisition, dans la section du Temple, se sont faites avec la plus grande tranquillité; 2° des femmes, en grand nombre sur le boulevard, se disputaient, les unes voulaient, puisqu'on les forçait de prendre la cocarde, qu'on les enrôlât dans les sections pour monter la garde, les autres s'y opposaient; 3° tous les groupes ont été bons, la taxe des denrées a rétabli le calme dans le Faubourg Saint-Antoine et bien d'autres quartiers ; 4° le Comité de surveillance de la section du Temple, nuit et jour, ne cesse de faire des arrestations importantes, Linguel a été conduit cette nuit, à Paris, par dçs citoyens de Belleville; 5° la municipalité de Belleville, quoique fournie de grains, ne fait pas moudre, en conséquence ses habitants, étant dénués de pain, ont juré de venir en masse enlever tout celui qu'ils trouveraient chez les boulangers, aux environs des barrières, et d'égorger tout cequi s'opposerait à leur passage.

28 septembre 1793.

Original signé, A. A7., F' 36883.

1U1. — Rapport de l'observateur La Tour-La-Monlagne : 1° constatant qu'il va toujours la même inquiétude sur les subsistances, toujours la même affluence aux portes des boulangers et, ce malin, beaucoup de fermentation à la Halle, surtout parmi les femmes, quelques actes de violence y ont été commis, des pommes de terre ont été enlevées et distribuées à 2(i suis le boisseau, et l'on disait haute-

mentque la taxe des denrées allait opérer, sous deux jours, la contre-révolution dans Paris; 2" déclarant que la Révolulion, qui vient d'avoir lieu à Bordeaux, a consterné les malveillanls, qui attendaient beaucoup du schisme de cette ville, aussi publiaiton, ce matin, au Palais Royal et dans tous les lieux publics, que ce retour des Bordelais n'était qu'une feinte, et qu'il fallait mettre leurs députés en élat d'arrestation.

28 septembre 1793.

Original signé, A. A7., F1 36883.

1442. — Rapport de l'observateur Le Harivel, consacré presque entièrement à la Commission des marchés pour l'habillement et l'équipement des armées, qu'il serait, dit-il, bien essenliel de surveiller très scrupuleusement On sait, à n'en pas douter, qu'il s'y commet des abus, des fraudes et des dilapidations inconcevables, que le particulier dans le bureau duquel se passent les marchés, tire de chacun d'eux une rétribution considérable, que le payement d'une somme de 3 millions n'a été longtemps suspendu que parce qu'on avait reconnu les marchés frauduleux, qu'il y eut tentative de corruption sur un honnête citoyen, qui renvoya une somme de cent mille livres trouvée dans le tiroir de son bureau, et que deux citoyens eurent à cet égard une explication fort vive en présence du ministre de la guerre, ces citoyens se nomment Ronsin et Gautier, l'un soutint à l'autre qu'il avait nécessairement reçu de l'argent, qu'il était un f. g., et que, s'il n'était pas dans le cabinet du ministre, il lui donnerait cent coups de pied dans le ventre.

D'après le même rapport, le décret, qui taxe les comestibles et combustibles, a fait grand plaisir au peuple, mais l'on a toujours beaucoup de peine à avoir du pain.

Original signé, A. A'., F1 3G88:t.

1 443. — Rapport de l'observateur Monic : 1° rendant compte d'une descente faite au Café ci-devant du Roi, au coin des rues Richelieu et Saint-Honoré, pour arrêter tous les scélérats qui le fréquentent, principalement l'infâme graveur Simon, mais

qui n'a donné aucun résultai, parce que l'officier commandant du poste de l'Egalité, de connivence avec le limonadier, a favorisé, la fuite de la majeure parlie de ces coquins; 2° signalant, au milieu de la rue de Bondy, derrière les boulevards, un jeu fréquenté par beaucoup d'individus bons à ramasser;:)0 dénonçant le sieur Perol, agioteur et marchand d'argent, rue des Petits-Champs.

28 septembre 1793.

Original signé, A. A'., F1 3G88:!.

1444. — Rapport de l'observateur l'anetier, rendant compte de ses impressions: il a vu beaucoup d'affiches, mais n'ayant rien de contraire à la République; il a parcouru beaucoup de chantiers clans le Faubourg Saint-Germain, où l'on vendait le bois 30 et 36 livres la voie, a constaté très peu de monde dans les cafés, surtout du côté de la Comédie Française, et plaintes générales des marchands. Il a remarqué également, dans la grande cour du Louvre, plusieurs jeunes gens de 18 à 20 ans, sans chapeaux, bas, ni souliers, demandant l'aumône entre 8 et 9 heures du soir, poussés, disent-ils, par la misère, il les croit gens très comme il faut; en sortant du Louvre, il a vu d'autres jeunes mendiants au Palais de l'Egalité, tout aussi suspects.

'28 septembre 1793.

Original signé, A. JV., F" 3G88:1.

1445. — Rapport de l'observateur Roubaud : 1" déclarant qu'il vient tous les soirs, à 8 heures, un particulier au Café Coreza, avec un large crêpe au chapeau, formant rosette et cachant la cocarde aux 3 couleurs, ce qui le rend sujet à caution; 2° signalant la femme Comaud, épouse du nommé Oriol, rue Vivienne, aristocrate enragée, recevant et attirant des gens suspects à sa maison de campagne, à Pierrefitte, dont le beau-frère, La Ligerie, a été arrêté du nombre des Lyonnais réfugiés à Paris, pareillement le nommé Godot, banquier en cour de Rome, rue Neuve-des-Petits-Champs, qui a été relâché, quoique très suspect; 3° faisant observer que la loi, qui taxe les denrées de première nécessité, doit être bienfaisante, si les municipalités

font afficher et publier le larif de 1790, sans quoi il y aurait des rixes continuelles et dangereuses entre les acheteurs et les vendeurs.

28 septembre 1793.

Original signé, A. JV., F1 36S83.

1446. — Rapport de l'observateur Housseville, donnant connaissance des faits suivants : ,

1° Au Palais-Egalité, on a arrêté un petit coquin qui vendait la .Nouvelle Constitution, en vaudeville. Conduit au Comité révolutionnaire de la section du Mail, il a déclaré tenir le seul exemplaire qu'il avait sur lui d'un libraire sous les arcades, on s'y est transporté, mais comme la chose avait déjà fait du bruit, le libraire a répondu, comme l'on devait s'y attendre, (ju'il n'en avait pas.

2° Aux Tuileries, les groupes, très nombreux, parlaient beaucoup, mais chacun accommodant les affaires selon ses goûts et ses intérêts; les femmes voulaient du sucre et du café à bon marché, les hommes, adonnés au vin, voulaient boire à bon compte, les blanchisseuses parlaient de soude et de savon, et les militaires demandaient qu'on fabriquât davantage de fusils; tous persévèrent à demander la tête d'Houchard.

3° La nouvelle, répandue peut-être un peu à la légère, d'un traité d'alliance entre la République et les Etats-Unis, a causé une vive satisfaction, surtout relativement aux subsistances.

4° La première réquisition est généralement bien disposée et formera de bons soldats.

5° L'on a fait courir le bruit de la reddition de Lyon et de Pierre-Sçise, et les gens du peuple demandaient que l'on guillotinât tous les chefs.

6° A la Halle, beaucoup de femmes murmuraient de ce qu'on ne taxait pas les légumes, qui se vendent toujours des prix fous. Le pain est toujours difficile à avoir et d'assez mauvaise qualité.

28 septembre 1793.

Original signé, A. JV., F1 36883.

public du Département de Paris : 1° arrê-

'M CHAPITRE Ier. —

tant que copie de la dénonciation des élèves du Collège Irlandais contre les professeurs de cette institution, qualifiés de suspects et de contre-révolutionnaires, sera envoyée comme sérieuse au Comité de sûreté générale de la Convention ; 2° ordonnant au concierge des Madelonneltes de mettre en liberté le nommé Vielcastel, les certificats de résidence à lui délivrés par la commune de Boulogne-sur-Mer ayant été reconnus vrais; 3° décidant que le citoyen Génois s'adjoindra le citoyen Tisset pour la mise à exécution de l'ordre du Comité de sûreté générale touchant l'arrestation et inspection des papiers de Lambert, ex-contrôleur général, demeurant à Corbeil ; 4° portant qu'il a été écrit aux officiers municipaux de Guines pour les engager à faire arrêter Laurent de Villedeuil, y domicilié ; 5° l'affaire du citoyen Sicard, instituteur des Sourds-et-Muets, étant maintenant pendante devant le Comité, autorisant le citoyen Fournerot à croiser les scellés déjà apposés par le Comité de surveillance de la section de l'Arsenal; 6° envoyant aux Madelonnettes le citoyen René Marlot, demeurant rue d'An jou-au-Marais, n" lo, prévenu d'entretenir correspondance avec un émigré ; 6° chargeant les citoyens Moissard et Lécrivain de procéder à la levée des scellés et visite des papiers de La Tour-du-Pin, détenu aux Madelonnettes, en sa maison dite la Tuilerie; 7° instruit que le nommé J.-B. Lefèvre, confié à la surveillance du Comité, a eu l'adresse de tromper la sentinelle et de s'évader, mandant le factionnaire de garde à ce moment et recevant sa déclaration à ce sujet; 8° invitant le Comité de surveillance de Versailles à mettre en état d'arrestation la femme Terran, ainsi que sa maîtresse, dont on ignore le nom, qui est la bonne amie d'un certain Bourgeois , ci-devant colonel, et qui était dame d'honneur de la ci-devant Reine, et déclarant que cette arrestation doit être faite, le lundi 30, à 6 heures du matin, ni plus tôt, ni plus lard ; 9° chargeant le sieur Franchet de se rendre à Suresnes,à l'effet d'arrêter les sieurs Falloy, Egrès, ci-devant garde du corps, Bourgeois, ci-devant colonel, Hurel, ci-devant prêtre

et militaire ; M-ontlord, gentilhomme gascon, et Terran, leur domestique ; 10° chargeant le citoyen Fournerot, avec l'adjonction de Tisset, de mettre en état d'arrestation un ex-capitaine de la Légion des Ardennes, demeurant rue du Bouloy, un ci-devant général, logé hôtel de l'Armorique, rue des Vieux-Augustins, et le sieur Villot, logé rue des Moulins, et de faire perquisition dans leurs papiers; 11° chargeant le sieur Guignes de l'arrestation du nommé Debard, en la commune de Deuil.

28 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N.t BB3 81 A (anc* BB'* 20), fol. 345-349.

1448. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel le Commandant général invite tous les citoyens, tant canonniers que volontaires, qui composent l'armée révolutionnaire, à se bien persuader qu'ils sont toujours citoyens des sections de Paris, et à ne pas prendre l'esprit de corps, surtout celui qui a failli perdre la chose publique en 1792, les engageant à fraterniser et à ne faire qu'une seule et même famille pour terrasser tous ceux qui voudraient conspirer contre notre liberté.

« De la surveillance, citoyens, ajoute le Commandant général adjoint (Recordon) et qu'on arrête tous ceux des étals -majors de nos armées, nui n'ont pas la permission du ministre de la guerre de rester à Paris, qui portent de longues moustaches et des sabres ceints par-dessus leur accoutrement, et qui voudraient en imposer avec leur ton d'arrogance. Purgez, citoyens, cette ville de tous les mauvais sujets qui l'habitent, pour que vous puissiez jouir de votre tranquillité. »

Il partira, le jour même, un convoi d'artillerie pour Sedan, et un autre, le lendemain, pour Besancon.

Les réserves de 100 hommes, les patrouilles fréquentes et le même service dans l'intérieur et aux barrières.

Les rapports de la force armée annoncent l'arrestation, la nuit précédente, d'un cabriolet et d'un cheval, menés par un domestique, qui n'avait pas de carte, le

tout a été conduit au Comité de la section de Brutus.

29 septembre 1793.

Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. Ar. . AFV 1470, BB3 76.

nérale, vu l'arrêté qui lui a été communiqué par les membres du Comité révolutionnaire de la section Poissonnière, duquel il résulte que, sur le tiers de la somme de 8.000 livres accordée au dénonciateur dans l'affaire de Le Pêcheur, deux de ces dénonciateurs ont abandonné, au profit des infortunés de leur section, les 4,000 livres qui leur revenaient de ladite somme, sacrifice qui justifie l'approbation que le Comité a précédemment donnée à la conduite par eux tenue dans tout le cours de ces affaires, déclarant qu'il ne peut qu'applaudir de nouveauaux marques de désintéressement qu'ils viennent de donner.

29 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A JV., AF*II 280.

1450. — Rapport de l'observateur Dugas, rendant compte de la situation de Paris :

1° La tranquillité est parfaite, point de groupes, toujours même affluence aux portes des boulangers, la presse est énorme chez ceux qui ont la réputation de faire de meilleur pain que les autres. Le boulanger Hédé, rue Notre-Dame-des-Victoires, qui faisait une fournée toutes les deux heures, n'en fait plus que deux par jour et d'une qualité bien inférieure, il le vend, cependant, en petits pains à raison de 8 sols la livre.

2° Les jeunes gens de la première réquisition se disposent à partir, la plupart des compagnies ont nommé leurs officiers.

3° Plusieurs ateliers publics de Paris sont en pleine activité pour fournir chaque jour mille fusils. Les fonderies de canons travaillent nuit et jour.

4° Les arrestalions vont toujours leur train. Le Faubourg Saint-Germain surtout a été balayé de tous les ci-devant nobles avec le plus grand soin.

■j° Il passe pour constant que le fameux prussien Trenck, que l'on croyait bonne-

ment être venu à Paris pour respirer l'air de la liberté, est un espion de Cobourg.

0° Plusieurs marchands de Paris murmurent hautement contre le décret qui taxe le prix des denrées de première nécessité et met un frein à leur cupidité.

7° Les membres du Département de Paris, comme ils l'avaient décidé, se sont rendus, le 28 au malin, dans la salle de la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité, ils se sont trouvés tous honnêtes gens et bons patriotes. Plusieurs sections ont trouvé celte mesure attentatoire aux droits du peuple souverain, qui peut, seul, nommer et censurer ses mandataires; celle de la Halle-au-Blé a pris un arrêté pour se concerter à cet égard avec les autres sections et tous les districts hors Paris.

29 septembre 1793.

Original signé, A. JV. , F7 36883.

1451. — Rapport de l'observateur Béraud, donnant les indications suivantes :

1° Au dire de certains Sans-culottes, les députés devraient supporter la même responsabilité que les ministres, comme c'est un parti formé entre eux, qui a toujours choisi et nommé les généraux qui ont trompé le pays, ils devraient être punis, lorsque leurs créatures chercheraient notre ruine ; si nos assemblées, disent-ils, ont été supprimées, c'est pour que nous n'épions plus leur conduite.

2° Les bijoutiers du Palais-Royal sont des fripons avérés, ils vendent des objets moitié cuivre, le peuple s'en plaint et demande des vérificateurs.

3° Les femmes, qui ne voulaient pas de cocarde, la portent sous leurs mouchoirs, ou la cachent sous les rubans de leurs bonnets ou chapeaux, cela occasionne des disputes, la Municipalité devrait, par arrêté, les obliger à la porter à la tête.

4° Plusieurs épiciers droguistes de la rue des Lombards, ayant des marchandises entreposées à Versailles et à Corbeil, aussitôt le décret taxatif, ont donné des ordres pour qu'on ne les enlevât pas, ces deux municipalités, à ce que prétend le peuple, étant salariées pour ne pas laisser faire de recherches dans leurs arrondissement.

5° Le pain, en général, est très beau.

6° Le peuple se plaint de ce que, dans la plupart des sections, la cabale a nommé des commissaires aux accaparements inaptes à remplir ces fonctions, sachant à peine écrire, déclarant qu'au scrutin le choix eût été meilleur et par conséquent les découvertes plus nombreuses.

Original signé, A. N ., F7 3688:i.

1452. — Rapport de l'observateur La Tour-La-Montagne, signalant les faits suivants :

1° L'inquiétude sur les subsistances augmente chaque jour. Les malveillants redoublent leurs efforts pour exciter des mouvements séditieux dans Paris, les femmes de la Halle, surtout, paraissent fortement travaillées, et, à en juger par leurs propos inciviques et audacieux, il se prépare quelque scène nouvelle, où l'on prétend leur faire jouer les premiers rôles. Une nuée de valets d'aristocrates applaudissent violemment ces femmes hardies et les provoquent même par leurs propos.

C'est là qu'on voit, pour la première fois, le consommateur se plaindre qu'on veuille diminuer le prix des denrées, au lieu de l'augmenter, c'est là que le vendeur et l'acheteur crient, avec une égale force, contre une loi si favorable à l'indigence. Les marchés, et surtout la Halle, ont besoin d'être surveillés rigoureusement.

2° On ne rencontre soir et matin dans les lieux publics, et surtout au Jardin Egalité, que des jeunes gens en réquisition, qui se plaignent de la modicité de leur paye, du désordre et de l'insalubrité de leurs casernes, ils se répandent dans les spectacles et y excitent souvent du tumulte. Le mot roi se lit encore sur leurs boulons.

3" Un abus, qui existe dans les bureaux de la guerre, et que le ministre ignore sans doute, ressort du fait suivant : Le citoyen Boudin, fils d'un négociant de Bordeaux, très aristocrate, ne pouvant obtenir de passeport pour se rendre dans cette ville, alors insurgée, s'est fait inscrire pour servir dans le bataillon de la Gironde, cantonné à Bayonne, s'est soustrait par ce

moyen à ses créanciers, s'est rendu à Bordeaux aux frais de la République, et n'a pas rejoint son bataillon. Ce lâche déserteur devrait être recommandé aux commissaires de la Convention.

4° Un grand nombre de Bordelais, reconnus pour émigrés, sont rentrés, sans doute à l'aide de laux certificats, il serait peut-être à propos que le Conseil exécutif envoyât à Bordeaux des agents, qui connussent particulièrement cette ville, et dont les lumières locales aideraient les commissaires de la Convention à purger ce département des traîtres qui l'ont si longtemps agité. La Tour-La-Montagne s'offre pour remplir cette mission, où il croit pouvoir être utile à la République.

29 septembre 1793.

Original non signé, A. N., F1 36883.

1453. — Rapport de l'observateur Le Harivel, donnant les renseignements suivants :

1° Dans la Chaussée d'Antin et sur le boulevard, depuis la porte Saint-Honoré jusqu'à la rue Montmartre, tout a été fort tranquille, seulement, sur l'égout Montmartre, la tranquillité a été un peu troublée par un incident qui a rassemblé beaucoup de monde, mais n'a pas eu de suite, l'auteur ayant été arrêté et conduit au corps de garde.

2° Partout où Le Harivel a porté ses pas, à la Halle neuve et rues adjacentes, à la Salle des tableaux du Muséum, dans les Faubourgs Saint-Germain et Saint-Honoré, plus tard au Palais de l'Egalité, il n'a rien vu de contraire à l'ordre.

3° A l'Assemblée de la section des Piques, celle de Le Harivel, il a entendu avec ravissement des discours en prose et en vers, ainsi que des couplets en l'honneur de Le Peletier et Marat, dont l'inauguration se fera dimanche ou mardi.

4° La section des Droits-de-l'Homme a envoyé à celle des Piques une pétition, tendant à réclamer les trois pétitionnaires, arrêtés par ordre de la Convention nationale, pour avoir demandé le retrait du décret relatif à la permanence des sections et aux 40 sols accordés aux citoyens pauvres assistant aux séances de leurs

sections respectives, cette pétition, qui prétendait représenter le vœu de la majorité des sections, a été accueillie, comme elle le méritait, par l'ordre du jour. Tous les citoyens composant l'Assemblée n'ont cessé de donner des preuves du civisme le plus pur et de la soumission aux lois.

29 spptenibre 1793.

Original signé, A. A'., F1 36883.

1454. — Rapport de l'observateur Monir, dénonçant un certain Capusin, de la section de la llalle-au-lîlé, nommé adjudant à l'armée, ayant déserté et fréquentant les tripots; le nommé Cbambéri, marchand de vins à la Fontaine, rue Montmartre, vendant du vin en gros sur le port, aristocrate fieffé, marchand d'argent et agioteur, et signalant l'existence, rue des Quatre- Vents, d'une cave à deux cheminées pleine de vin, dont l'entrée est masquée par des pièces vides.

29 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 SUSS3.

14B3. — Rapport de l'observateur Panetier, faisant connaître qu'il a été, dans l'après-dinée, aux Porcherons, où il y avait beaucoup de monde et où régnait la plus franche gaieté, constatant que tout est extraordinairement cher, et le vin, qui est comme du vinaigre, capable d'empoisonner ; appelant l'attention sur plusieurs suspects, notamment sur un nommé Gâvodan, acteur au Théâtre Lyrique, au coin de la rue de Lancry, très aristocrate, très mauvais sujet, ayant abandonné le corps des Balaves ou celui des Hussards de la Mort, et plusieurs ci-devant, armés de pistolets, »iui vont tous les malins dans un hôtel de de la rue des Filles-Saint-Thomas.

29 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 3C883.

1456. — Observations du citoyen Rolin, portant sur les points suivants :

1° Le bruit courait, dans les groupes du Jardin de la Révolution, que les jeunes gens des sections Poissonnière et des Arcis avaient des intentions perfides et qu'ils étaient convenus entre eux, soit de passer à l'ennemi, soit de revenir contre Paris;

lottgtèmpS l'observateur Rolin avait cru que des malveillants se plaisaient à répandre de Taux bruits, mais il trouve maintenant qu'il serait prudent de les vérifier.

2" Dans la maison de l'ancien président Rolland, rue Montmartre, au coin de celle de Notrè-Dame-des-Victoirtes, maison qui ne reçoit que des aristocrates et des amis de l'ancien régime, habite un certain Bataille, ancien provincial des Capucins- Saint-Honoré, connu sous le nom de Père Zenon, qui dit tous les jours la messe à Saint-Joseph, à 8 heures etdemie, confesse chez lui et va confesser tous ceux qui espèrent le retour de l'ancien régime, qui se rend tous les dimanches chez des religieuses de la rue Cassette, enfin réfractaire dans toute là force du terme.

3° A la section du Panthéon-Français, une députalion de la section des Droilsde-l'Ilomme est venue présenter un projet de pétition à l'effet d'obtenir l'élargissement des trois commissaires porteurs d'une pétition pour la permanence des seclions, qui avaient été arrêtés et que le Comité de salut public avait refusé d'en tendre. L'Assemblée de la section du Panthéon a désigné quatre commissaires à l'effet de s'enquérir des motifs de leur arrestation.

29 septembre 1793.

Original non signé, A. N., V 36883.

1457. — Rapport de l'observateur Roubaud, annonçant que : 1° dix muscadins, se promenant sur les boulevards du Temple, à 5 heures, chantaient : « Vivent les muscadins, ils valent bien les Sans-culottes », ce propos amena une rumeur et causa un attroupement, ils furent arrêtés et conduits à la section; 2° il y a une maison de jeu, rue du Mail; 3" il existe aux portes Saint- Denis et Saint-Martin des emblèmes de la féodalité, on y voit encore Louis XIV, couronné des mains de la Renommée et conduit dans un char de triomphe; 4° l'on voit fréquemment, près du Palais Egalité, quatre mendiants, dont deux vieilles femmes, vêtus en campagnards, faisant ce commerce depuis 1787, et vivant en société; '.\n un bon patriote jacobin, traver-

sant le Palais Egalité, a été insulté et maltraité, à cause de sa mise, par les employés de la Police, qui remplissent leurs fonctions avec scandale.

29 septembre 1793.

Original signé, A.N., F1 3688:l.

1458. — ■ Rapport de l'observateur Rousseville, faisant connaître les détails suivants :

1° Toujours la même aftluence aux portes des boulangers, et toujours aussi tous les citoyens finissent par avoir du pain aulant qu'il leur en faut.

2° Les décrets sur le bois et le charbon, sur les souliers et sabots, et sur les autres objets susceptibles de taxe, indisposent les marchands en gros, cela ne fait pas de nouveaux ennemis à la Révolution, mais tout le peuple des Sans-culottes est fort content de voir des bornes mises à l'accaparement ainsi qu'à l'avarice, et bénit la Convention et la Révolution.

3° Les groupes du Palais national des Tuileries étaient remplis de ces sentiments. Le Palais Egalité, la place de la Maison-Commune, le Palais ci-devant Marchand offraient le même esprit public, c'est-à-dire la même satisfaction à cause de la taxe des subsistances. On demande toujours le supplice d'Antoinette, de Brissot, et l'on attend Houcbard à la guillotine. Rossignol, dénoncé de nouveau, trouve encore des défenseurs, et il sera difficile de faire croire à sa culpabilité.

4° Le curé de Bouqueval, district de Gonesse, et le nommé Brouel, continuent leurs manœuvres aristocratiques, les patriotes du pays n'attendent qu'un ordre et quelque force armée pour se saisir de ces deux scélérats, malgré leurs partisans.

5° A la section du Bonnet-Rouge, dite ci-devant de la Croix-Rouge, la jeunesse veut partir et demande des armes, elle ajoute néanmoins que, si on veut encore la garder à Paris, ce n'est pas assez de 20 sols par jour pour vivre, et qu'il leur en faudrait 40.

G0 Le nommé Nicoleau, membre du Département de Paris, déjà dénoncé par sa section, s'est permis une affiche Brissotine et incendiaire contre les Sans-culottes,

et l'Assemblée générale a résolu de le faire casser et de le poursuivre même devant le Tribunal révolutionnaire.

29 septembre 1793.

Original signé, A. 2V., F7 36883.

1459. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° accusant réception d'une lettre du procureur syndic du district du Bourg-l'Egalité, en réponse à la lettre du Comité, du 20 courant, où sa négligence à envoyer, dans les communes du district les lois, et principalement celle du maximum des grains, lui était reprochée, lettre montrant le peu de fondement des plaintes des communes à cet égard; 2° chargeant le sieur Tisset de procéder à l'arrestation du nommé Rouard, curé de Chantilly, contre lequel il y a déjà plusieurs mandats d'arrêt; 3° sur la plainte de plusieurs fournisseurs de bidons et gamelles pour les armées de la Bépublique contre le nommé Ganac, quincaillier, comme voulant soustraire son fer-blanc aux manufacturiers de Paris, le faire renchérir en le faisant passer par différentes mains, décidant d'écrire surle-champ au commissaire aux accaparements de la section de la Maison-Commune pour lui donner connaissance de cet abus, et le prier d'examiner s'il ne conviendrait pas de suspendre ou arrêter le départ de 25 barriques, qui sont déposées sur le Port au Blé, et d'exiger que ce soit réparti également entre les fournisseurs ci-dessus; 4° recevant le procèsverbal de perquisition, dressé par le sieur Guigues, chargé de l'arrestation du nommé Debard, ex intendant de Monsieur, en corpondance avec lui, lequel s'est évadé au moment où l'on allait le saisir, et d'arrestation de 4 particuliers trouvés dans la maison, avec 22 pièces et un registre dans lequel se trouve le portrait de Capet; 5° constatant le dépôt, par la Commission inspectante des Postes, d'une brochure intitulée : Correspondance secrète de la Cour de Louis XV, et du n° 638 de la Gazette française.

29 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB8 81A (anc* BBn 20), fol. 350, 351.

1460. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, portantque tout bon citoyen, lorsqu'il est de service, doit avoir l'œil fixé sur tous les objets tendant à troubler la tranquillité sociale, doit montrer l'exemple d'une subordination fraternelle, faire respecter les autorités constituées et mettre en état d'arrestation ceux qui les avilissent par des propos dont le résultat tourne au malheur de la société. « Mes frères d'armes ont déjà mis cette maxime en pratique, c'est en la continuant que nous parviendrons à établir le bonheur et l'égalité de nos véritables droits. »

Les réserves de 100 hommes, les patrouilles fréquentes et le même service tant à l'intérieur qu'aux barrières.

30 septembre 1793.

Copie conforme, signée de Clément, secrétaire de l'Etat-major général, A. N., BB3 76.

1461. — Rapport de l'observateur La Tour-La Montagne : 1° déclarant qu'il est urgent d'exercer la plus active surveillance dans les marchés de Paris, surtout à la Halle. Les malveillants y organisent la contre-révolution, et l'on peut dire que ce sont déjà de petites Vendées. De prétendus valets ou cuisinières, sous prétexte de faire leurs provisions, s'abouchent avec toutes les femmes et tâchent de leur persuader que, si elles n'y mettent ordre, l'on aura la famine sous quinze jours, tout cela se dit à haute et intelligible voix; 2° faisant observer que le Commandant général devrait bien, dans l'ordre de chaque jour, recommander l'inspection exacte des armes, pour empêcher les accidents ; c'est ainsi qu'au corps de garde de la rue Saint-Denis, près de la rue Greneta, deux hommes viennent d'être tués par l'imprudence d'un de leurs officiers, qui voulait sans doute enseigner ce qu'il ne savait pas, car l'inspection des armes doit toujours en précéder le maniement.

1462. — Rapport de l'observateur Béraud, annonçant : 1° qu'il a été trouvé, sur la section Popincourt, un magasin considérable de vin, on le distribue à raison

T. IX

de 10 sols la pinte; 2° que les malveillants, pour priver Paris des objets de première nécessité, font des approvisionnements considérables à n'importe quel prix, les épiciers disent qu'ils n'ont jamais tant vendu ; 3° que beaucoup de voituriers n'ont pas encore effacé, sur les colliers de leurs chevaux, les armes de Capet; 4° que sur le boulevard du Temple, n" 46, près du Café des Arts, entre un pâtissier et le traiteur Courtois, se rassemblent souvent, la nuit, des gens suspects, on n'entre clans cette maison qu'avec une carte, sans signature, mais dont l'écriture est connue; un jeu de loto garnit les tables, et, au moindre bruit, on fait semblant de jouer.

30 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 368S3.

1463. — Rapport de l'observateur Monic : 1° déclarant avoir été, avec le citoyen Panetier, chez un député du Mont-Blanc, rue des Filles Saint-Thomas, où deux individus suspects, sans doute des assassins, sont venus plusieurs fois le demander, en pure perte, car, comme l'on se méfiait d'eux, on leur avait refusé la porte; ces deux coquins dirent, avec force menaces, que, puisqu'ils ne pouvaient pas lui parler, ils lui feraient parler par d'autres; 2° dénonçant le nommé Laval, agioteur, qui vient d'obtenir du ministre de la guerre une place dans les vivres, qu'il n'avait sollicitée que depuis que le banquier auquel il vendait de l'argent était parti pour Lyon en lui emportant 30,000 livres; le sieur Lancher, très suspect, ancien valet de chambre ou secrétaire de l'ex-ministre Calonne, demeurant aux écuries de Chartres, rue de Chartres, et sa maîtresse, Faubourg Saint-Honoré.

30 septembre 1793.

Original signé, A. IV., F' 36883.

1464. — Rapport de l'observateur Panetier, faisant connaître qu'avec son collègue Monic, de 9 heures à 2 heures, il a surveillé deux particuliers qui fréquentent l'hôtel des billets de secours, de prétendus ci-devant, de très mauvaise mine; que, de là, il est entré au Café du Caveau, où il a vu plusieurs militaires fort en colère, qui

lui ont dit vouloir couper les bras à tous les muscadins du Palais de l'Egalité, et ont l'air de braves républicains Sans-culottes, ajoutant que les marchands de bois ont fermé leurs chantiers, parce qu'ils ne voulaient vendre leur bois que quand ce serait annoncé au son du tamboUr, et ont fait de même plusieurs marchands de toutes sortes de denrées ; constatant que le monde se rassemble plus que jamais à la porte des boulangers, à son avis, il y a des filles de boutique et des jeunes gens qui y vont pour leur plaisir et se donnent des rendez-vous.

30 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 3688».

1465. - Observations du citoyen Rolin, portant sur les points suivants :

Au Café de Foy, Jardin de la Révolution, deux jeunes gens de la réquisition s'entretenaient ensemble de leur départ pour les armées, un particulier, se mêlant à leur conversation, leur dit qu'ils allaient être répartis dans différents corps de troupes déjà aguerries , ils répondirent qu'ils étaient au moins 26,000 hommes dans Paris et qu'ils entendaient former un corps d'armée particulier. Le particulier leur objecta qu'il courait, à ce sujet, des bruits fâcheux de trahison, ils répliquèrent qu'ils étaient fils de marchands, mais qu'ils juraient de poignarder le premier qui leur paraîtrait suspect, que des scélérats seuls pouvaient répandre de pareils faux bruits, que> s'ils les découvraient, leurs sabres laveraient dans le sang de ces monstres les imputations infâmes de ces cannibales.

Dans la rue Dauphine (actuellement de Thionville), un sieUr Loison* bijoutier, à l'entrée du Pont-Neuf, qui n'a jamais été l'ami de la Révolution, déclare que la République ne pourra subsister, attendu que la Nation est trahie; son cousin Rréau, bijoutier, rue St-Martin, vis-à-vis la rue du Cimetière-Saint-Nicolas, est absolument dans les mêmes sentiments, et lorsqu'il se croit avec des amis, il gémit sur le nouveau régime et regrette beaucoup l'ancien.

30 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1466. — Rapport de l'observateur Roubaud, déclarant qu'il n'y a toujours point d'Observateur Sans-culotte affiché dans le quartier de la rue Montmartre et la Halle, et dénonçant les nommés Dancemont, directeur d'un bureau de loterie, Segualier, demeurant ensemble à l'hôtel de Russie, rue Traversière, et manifestant en tout lieu des opinions inciviques, ainsi que le nommé Fiosaque, marchand de vins sur le boulevard du Temple, très suspect et recevant beaucoup de gens de même sorte.

30 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1467. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° constatant l'arrestation et le dépôt, par le Comité de surveillance de la section de Montreuil, du nommé Bottard, demeurant section du Contrat-Social, dénoncé comme faisant du trouble dans la commune de Saint-Maur ; 2° décidant l'insertion, dans les journaux, des noms de ceux qui auront été envoyés dans les maisons d'arrêt par le Comité, et chargeant le citoyen Delespine de se concerter avec le journaliste Feuillant à cet effet; 3° ordonnant l'envoi, à la Force, du nommé Trenonay, ci-devant receveur des finances, demeurant à la Bure, commune de Deuil, du nommé Calmu, domestique du sieur Trenonay, pour s'être opposé à l'ouverture de la porte de Debord, en disant qu'il ne connaissait pas la loi pendant la nuit, du nommé Grenier, concierge de la maison de Debord, pour avoir délié les chiens qui avaient été attachés par le nommé Merlay, et la mise en liberté de ce dernier, attendu qu'il s'est conformé à la sommation qui lui a été faite d'attacher les chiens de Debord, dont la maison était entourée par là force armée, destinée à l'arrestation dudit Debord; 4° annonçant la réception de la réponse du Comité de surveillance de la section des Gardes-Françaises à là lettre écrite aux 48 sections, relativement à des renseignements demandés sur un nommé Sourdat, ci-devant lieutenant général de police à Troyes, suspectât qui s'est offert pour défenseur officieux de Capet, ladite réponse portant

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