PROCÈS KT EXÉCUTION DE CHARLOTTE CORDAV
923. — LeLlie de CharloUe Coiilay au citoyen Maiat, Faubourg Saint-Cermain, rue des Cordelieis, à Paris, lui rappelant qu'elle lui a écrit ce matin et renouvelant sa demande d'audience, en déclarant qu'il sufiil qu'elle soit bien malheureuse pour avoir droit à sa protection.
Adresse do Marat, écrite au ciayon do la main de Charlotte Corday, trouvée dans sa chambre à l'hôtel de la Providence.
13 juillet 1793.
Autographe, A.N.,C '277, n» 82.
Cette leltrc a été paraphée par le commissaire • luellard avec la note suivanle: La présente n'a point été remise à son adresse, devenue inutile par l'admlssioT de l'assassin à sa 2' présentalion, vers les 7 heura.s et demie de relovée, iieiire à laquelle elle a consommé son forfait.
VA. C. y.vtv.h, Dossiers du iirocés criminal ih- l'Iiarlolte de Conlay devant le Tribunal révolutionnaire, p. 59; E. Cami'ardON, Le Tribunai révolutionnaire de Paris, t. I, p. 59; Archives parlementaires, t. LXVIIF, p. 71G.
924. — Procès-verbal de transport de Esprit-I.ouis Roussel, commissaire de police de la section du Mail, en vertu d'ordres du Département de Police, transmis par les citoyens Cavanagh et Eiot, officiers do paix, rue des Vievix-Augustins, n" 19, à l'hôtel de la Providence, tenu par la citoyenne Crollier, et perquisition dans la chambre n" 7, au l'' étage, occupée par Maii(>-.\nnc-Charlotlo Corday, oi'i au<iins papiers n'ont été trouvés dans les meubles, à part trois petits morceaux de papier, l'un d'eux portant l'adresse du citoyen Duperret, rue Saint-'l'liomas-dii-l.ouvre, n" 4j; il est procéilé à l'inventaire des efTels d'habillement contenus dans une commode, consistant en un déshabillé do bazin rayé, un Jupon de soie rose, un autre de coton blanc, 2 cheniises do femme, deux paires de bas do colon, une blanche, l'autre grise, un pistil peignfùr de toile blanche, sans mani'lios, 4 mouclioirs blancs, 2 bonnets de linon, un lichu de gaze vert, un lichu de soie il bande rouge et un paquet do rubans de dill'érentes couleurs, tous lesquels objets ont été misdaiis une serviette pour former un paquet vl être emportés nu Département do Police. !,e citoyen Louis Rruncau, tailleur, représentant la dame Croilier, a déclaré que ladite Corday est entrée k
l'hôtel de la Providence, le 11 courant, et a
dit être native de Caen, que, depuis son arrivée,un particulier de la taille de 5 pieds 4 pouces environ, vêtu d'un habit jaundlre, paraissant âgé d'environ -iO ans passé, est venu la voir 2 fois.
13 juillet 1793, 10 heures t/2 du soir.
Copie conforme, A. N., W 277, n» S2.
Kd. Chéron I)K ViLHuns, Marie-/lnne-C/iarlotte de Corday d' Armant, [>. 215 ; C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 8.
925. — Liste d'adresses, trouvée dans la chambre occupée par Charlotte Corday et écrite de sa main, annexée au procèsverbal de Roussel, commissaire de police de la section du Mail.
13 juillet 1793.
Original signé, A. N., W 277, n" 82.
Ikl. C. 'VATF.r,, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 10; H. Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 195.
920. — Déclaration et interrogatoire de Toussaint Collet, compagnon corroyeur, rue Montmartre, n° 121, qui est venu annoncer à l'Assemblée générale de sa section que le citoyen Marat venait d'être assassiné dans son bain par une femme, déclaration qui a paru suspecte et a motivé l'envoi de ce jiarticulier à l'adminislration de Police, avec décision deRau- <lrais, administrateur do Police, portant que ce n'est point un délit d'avoir annoncé la mort trop vraie il'un représentant du peuple, et renvoyant l'individu en question, n'élanl pas muni de carte de sûreté, i\ sa section.
13 juillet 1793, 9 heures 1/2 du soir.
Original signé, A. N., W 277, n" 82.
ClIKRO.N DK Vll.LlEns, Marie- Annc-CliarloUe dnCorday d'Annont, p. 219 ; C. Vatel, Dossier» du procès criminel de Charlotte de Corday devant te Tribunal révolutionnaire, p. 18.
927. — Procès-verbal dressé par M. Jean- Antoine Dclorme, commissaire de police (II! la section de 1702, en vertu d'ordres du Département de Police, transmis par les citoyens Cavanagh et Mercerot, officiers de paix, au .sujet de la comparution du citoyen Guillot, portier du sieur Odille, rue Caillou, n" 30, lei|uel sommé de
lui déclarer ce qui pouvait être à sa connaissance, directe ou indirecte, relativement à la conspiration et à l'assassinat commis par Marie-Anne-Cliarlotte Corday sur le citoyen Marat, a répondu n'avoir point connaissance de correspondance, affiliation, ni projet y ayant aucun rapport, et a donné des indications sur les personnes logées dans la maison, qui sont 2 veuves vivant de leurs revenus, le reste de l'immeuble étant occupé par des bureaux pour l'habillement des troupes, a déclaré en outre qu'il n'y a personne du nom d'Odille dans la maison.
14 juillet 1793, 4 heures de relevée.
Copie conforme, A. N.. W 277, n" 82.
Ed. ChÉrOn dk ViLLiEliS, Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armonl, p. 271; C. Vatel, Dossiers du procès criminel deCharlottedeCorday devant le Tribunal révolu lonnaire, p. 11.
928. — Lettre de Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, aux administrateurs du Département de Police, déclarant que l'horrible attentat commis, la veille, sur la personne du brave et courageux républicain Marat, en même temps qu'il doit exciter l'indignation de tous les vrais républicains, exige un exemple aussi sévère que prompt, et que le glaive de la loi doit frapper, sans retard, l'auteur et les complices d'un pareil attentat, et que, s'ils peuvent lui faire passer le procès-verbal et les pièces relatives à cette affaire, dans la matinée de demain, l'affaire sera jugée, la connaissance en appartenant exclusivement au Tribunal révolutionnaire.
14 juillet 1793.
Original signé, A. N., W 277, n° 82.
Ed. CuÉnON DE Vll.LIERS, Marie-Anne Charlotte de Corday d'Armont, p. 268; E. Cam- PARDON, Le Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 62; C. 'Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 15; H. Wallon, Histoire du Tribunal révolutionnaire de Paris, t. I, p. 196.
929. — Lettre de François Chabot à Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, déclarant qu'il n'a pas l'adresse [aux Français] écrite par la citoyenne Corday, en vue de pervertir l'esprit public, mais seulement l'une
des lettres qu'elle avait adressée à Marat, son extrait baptistaire, le couteau avec sa gaîne, ainsi que l'extrait du procès-verbal, mais le tout se trouve au bureau de la Convention, et sera envoyé par un huissier, dès l'ouverture.
(14 juillet 1793.) Autographe, A. N., W 277, n" 82.
Ed. Chéron de Villiers, .Warie-Anne Charlotte de Corday d'Armont, p. 269 ; C. Vatel, Dossiers du procès criminel deCharloltede Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 269.
930 — Décret de la Convention nationale, portant que Lauze-Deperret, fortement soupçonné d'avoir eu des relations avec Charlotte Corday, sera mis en état d'arrestation.
14 juillet 1793.
Extrait du procès- verbal, A . JV. , C 259, n» 536.
Ed. ArchiBes par/emenlaires, t. LXVIII, p. 723.
931 . — Décret de la Convention nationale, portant : 1° que Lauze-Duperret est mis en état d'accusation, comme prévenu de complicité de l'assassinat commis sur la personne de Marat ; 2° que le Tribunal révolutionnaire instruira tout de suite contre l'assassin de Marat et ses complices.
Extrait du procès-verbal, A. N., Cl 72, fol. 4586 v» ; copie conforme, signée de Woltf, commis greffier, W 277, n" 82.
Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotte de Corday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 17; Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 724.
932. — Lettre de Gohier, ministre de la justice, au maire de Paris, l'avisant de la conférence qu'il va tenir avec le citoyen Fouquier-Tinville au sujet des moyens les plus propres à donner toute l'activité et la solennité nécessaires aux poursuites de l'assassinat commis, la veille, sur la personne d'un représentant du peuple, l'invitant à cette conférence et le priant de lui envoyer par le porteur la procédure déjà
commencée.
14 juillet 1793.
Original signé, A. N., W 277, n° 82.
Ed. Chéron de Villiehs, Afarie-Anne-C/iarlotte de Corday d'Armont, p. 269 ; C. Vatkl, Dossiers duprucès oiminel deCharlottedeCorday devant le Tribunal révolutionnaire, p. 15.