AFFAIRE BRUCK
9to. — Déclarations de témoins contre la citoyenne Bruck, reçues par le citoyen Cherest, juge de paix de Tonnerre : 1° Le citoyen Pierre Laceret, fils de Pierre Laceret, voiturier, âgé de 18 ans, déclare qu'environ deux jours après qu'on a appris la mort de Marat, la citoyenne Bruck, l'ainée, demeurant au ci-devant chûteau, qui allait entrer chez le citoyen Ester, jardinier, a dit : « Il est mort, ce gueux'», que, lui ayant demandé « qui est-ce qui est mort», elle a répondu, ci c'est ce gueux de Marat, ceux qui l'ont assassiné ont bien fait, ils auront une récompense ;>. A quoi ledit Laceret a répliqué : << la récompense qu'ils auront, ce sera d'avoir la tête coupée », et la citoyenne Bruck a ajouté que Marat et la Convention étaient tous des gueux et la cause qu'il y avait une guerre en France; 2° La citoyenne Marie Lenoble, veuve de Pierre Laceret, voiturier, a entendu, chez le sieur Ester, la citoyenne Bruck dire, à propos de nouvelles, que « Marat est mort, ceux qui l'ont tué ont
bien fait, c'est lui qui est cause de la Constitution cl qu'il n'y a pas un Roi, si ce gueux de Marat fût mort il y a longtemps, nous en aurions mieux valu » ; 3° La citoyenne Madeleine Mantelet. femme de Pierre Guenin, manouvrier à Tonnerre, dit que, quelque temps après la mort do Marat, elle a entendu la citoyenne Bruck déclarer que » Marat était mort, que c'était un scélérat de moins, il y a dix ans qu'il aurait dû mourir, c'est lui qui est cause de la guerre ».
20 août 1793.
Copie conforme, A. N., W 410, n" 942 (pièce 97).
916. — Interrogatoire subi devant Mammès Mariet, juge de paix de Tonnerre, par Marie-Anne-Lonise Bruck, fille de feu Joseph Bruck, inspecteur des bois, chasse et pôclie du marquis de Courtanvaux, âgée de CG ans, demeurant à Tonnerre, au cidevant château, au sujet des propos contre-révolutionnaires par elle tenus, notamment sur le compte de Marat, traité par elle de gueux, et dont elle avait approuvé l'assassinat, ce qu'elle a nié, déclarant qu'elle n'avait jamais entendu parler de Marat, ni en bien, ni en mal, et n'en avoir point parlé elle-même.
16 pluviôse an H.
Original signé, A. N., W 410, n° 942
(pièce 98).
917. — Interrogatoire subidevantClaude- Emmanuel Dobsent, juge du Tribunal révolutionnaire , par Marie - Anne - Louise Bruck, âgée de 67 ans, demeurant à Tonnerre, au sujet des propos par elle tenus, notammerjt d'avoir dit que ceux qui avaient tué Marat avaient bien fait, ce qu'elle a déclaré faux.
6 prairial an II.
Original signé, A. N., W 410, n° 942 (pièce 104).
AFFAIRE RENYÉ
918. — Dénonciation faite au Comité de surveillance de la commune de Saint- Maur par le sieur Pierre Estèphe, bûcheron, travaillant au bois de Vincennes, contre le sieur Nicolas Renyé, garçon carrier, pour avoir tenu les propos les plus inci-
viques, avoir dit entre autres " qu'il se J... de Marat et de Le Pelelier, ainsi que de toutes les affaires que l'on faisait ».
12 germinal an II.
Original signé, A. N., W 425, n" 951 (pièce 27).
AFFAIRE SALLENEUVF.
919. — Déclaration faite au Coiniti'- de surveillance d'Aigueporso par : 1° Antoine Cliarles, charpentier audit lieu, contre le sieur Jean-Baptiste Salleneuve, agriculteur, pour avoir tenu des propos contrerévolutionnaires, l'ayant entendu dire dans la commune de Biissière, <i àuno fête delà superstition », au sieur Jeaii-Jacqiies Brécliard : « Tu es du parti de Murât, je connais Marat, c'était un gueux, je l'ai vu .à Paris, il n'avait pas le moyen de payer .sa tasse de café, je l'ai vu faire sauter par la fenêtre, faute par lui de payer son café " ; 2» Jean-Jacques Brécliard, officier municip.il d'Aigueporse, qui cnloiidit le citoyen Salleneuve parler dans un groupe contre la Convention et chercher à l'avilir, que ledit Bréchard s'élant approché, dit : «■N'écoulez pas cet homme, il vous trompe », que l'autre répli<]ua ;i son lour : <i N'écoutez pas Bréchard, c'est un Marat », et comme son opinion était que Marat était sanguinaire, il donnait à entendre qu'il y avait concordance entre l'opinion de Marat et celle du déclarant; 3» Jacques Degeorge, officier do santé à Aigucporso, ((ui entendit le citoyen Salleneuve désapprouver le parti Maratiste et blâmer les Parisiens au sujet de la journée du 31 mai, et répéter que les honnêtes gens en province en gémissaient.
9 nonïal an II.
(pièce 70).
920. — Interrogatoire subi devant le citoyen Etienne Masson, juge du Tribunal révolutionnaire, par Jeaii-Baptisle Salleneuve, ;\gé de 44 ans, agriculeur à Aigueperse, au sujet des propos injurieux contre Marat et autres patriotes, qu'il aurait tenus, de même contre la Convention, en déclarant qu'il fallait la délivrer de la tyrannie des Parisiens, propos qu'il a niés, en prolestant de son patriotisme et de
son énergie, «jui lui avaient fait beaucoup d'ennemis à Aigueperse.
13 prairial an II.
Original signé A. N., W 415, n" 951 (pièce 80).
rilOCÈS ET EXÉCUTION DE CHAUI.OTTE CORDAY
921. — Lettre de Barbaroux à Lauze De Perret, l'informant (|u'il lui a écrit par la voie de Rouen pour l'intéresser à une affaire cjui regarde l'une de leurs concitoyennes, à l'effet de retirer des pièces du ministère de l'intérieur, le prévenant que la citoyenne qui porte cette letlre, s'intéresse à cette même affaire, et déclarant qu'ils ne tarderont pas à être sous les
murs lie Paris.
7 juillet 1793.
Original non signé, paraplie par Chabot, A. N., Wrn, n» 82.
Ed. C. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlolte de Cordai/ devant le Tribunal révolutionnaire, p. 57 ; Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 720.
Jacques-Philibert Guillard, commissaire de police de la section du Théâtre-Français, au domicile du citoyen Marat, qui venait d'ôlre assassiné, rue des Cordeliers, n° 30, constatation de son décès et examen de son corps par Philippe-Jean Pelletan, chirurgien consultant des armées, interrogatoire de l'autour de l'attentat, Marie- Annc-Charlotte Corday, en présence des citoyensMarino et Louvet, administrateurs au Déparlement de Police, puis des citoyens Maure, Legendre, Chabot et Drouet, membres du Comité de sûreté générale, au bas duquel procès-verbal se trouve un arrêté, signé de Marino et Michonis, administrateurs au Département de Police, ordonnant de conduire ladite Corday à la prison de l'Abbaye, où elle sera gardée à vue par un gendarme.
13 juillet 1793. 7 lieuies trois quarts de relevée.
Kxpédition conforme, A. N.,W 277, n" 82.
Ed. CUKRON DE VlI.LIERS. Marie-Anne-C/iarlollc do Corday d'Armont, p. 202 ; 0. Vatel, Dossiers du procès criminel de Charlotle de Corday drvant le Tribunal révolulionnaire, p. 1 ; l'interrogatoire de Charlotte Corday, extrait de ce procès-verbal, est reproduit dans les Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 717.