‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 4)Chapitre 75 sur 97 · tout · texte numérisé non relu

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Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., W'il 280.

1205. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° sur la réclamation du Comité de surveillance de la section des Gardes-Françaises relativement aux indemnités accordées aux Sansculottes qui ont porté les armes les 31 mai, {'"■ et 2 juin, renvoyant au Corps municipal, qui est chargé de payer celle indemnité; 2° adressant au ministre de la guerre le rapport fait par le citoyen Guignes sur la distribution des ouvrages par les sections, et un exemplaire au Comité des marchés ; 3° arrêtant que chacun des membres du Comité s'occupera, en tant qu'il sera en lui, de surveiller les voilures publiques parlant de Paris; 4° décidant d'écrire au Comité de salut public de la commune de Saint-Cloud que le ciloyen d'Aiguillac est arrêté, et que le Comité l'engage à surveiller avec zèle les malveillants qui abondent à Saint-Cloud ; 5° constatant la venue de la Commission d'inspeclion des postes, qui dépose son procès-verbal sur le bureau et fait part au Comité de la manière qui lui a paru la plus propre à remplir les vues du Comité

et les siennes à la suite de la cessation de ses travaux.

31 août 1793.

Extrait (lu registre des délibérations du Comité do surveillance du Département de Paris, A.N., BB3 81* (anc' BB" 20), fol. 25tJ-259.

1206. — Extrait dn l'ordre du jour de la force armée de Paris, portant que les réserves seront toujours de '60 hommes et les patrouilles fréquentes, surtout aux barrières, pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

D'après les rapports de la force armée, un batelier étant venu au poste de la Conférence avertir que l'on venait de jeter 200 livres de porc dans l'eau, la garde a couru sur-le-champ pour pouvoir arrêter les particuliers, mais il était trop tard.

1" septembre 1793.

Extrait, signé de Clément, secrétaire de l'Etatmajor général, A. N., AF'V 14 70.

1207. — Rapport de l'observateur Rousseville, déclarant que le pain a été beaucoup plus abondant chez les boulangers du Faubourg Saint-Germain que les jours précédents, qu'au Palais-Egalité, où il a passé cinq fois, les muscadins et vendeurs d'argent lui ont paru fondus, qu'à la place de la Maison commune, les groupes étaient peu nombreux et leurs propos dénués d'intérêt, et au Jardin national, dans de nombreux groupes, on continuait, comme la veille, à s'entretenir des subsistances, de la punition des traîtres et de l'état des armées, et on se plaignait beaucoup d'avoir été induit en erreur au sujet de Petion, qu'on disait à tort incarcéré, de la Vendée, où il ne restait plus que 6,000 ennemis, de Lyon, qu'on disait à moitié brûlé, des approvisionnements de Paris, toujours peu ab(mdants, malgré les promesses faites.

Le jugement par lequel les jurés du Tribunal révolutionnaire ont renvoyé absous un marchand de charbon accapareur, malgré les réclamations du peuple présent, a produit un mauvais elfet, parce qu'il augmente l'espoir do ceux qui ont intérêt à frauder la taxe et fait craindre au peuple qu'elle ne soit pas assez bien exécutée. I^e même Triliunal juge en ce moment cinq

recruteurs pour l'armée de la Vendée, qui ont rendu, moyennant finance, à des parents riches leurs enfants enrôlés.

public du Département de Paris : 1° déclarant, après avoir pris connaissance du contenu au journal intitulé: Veuille de Paris, n" 75. n'ayant rien trouvé que de très conforme aux principes, qu'il pourra être mis en circulation ; 2° ordonnant la mise en liberté du sieur Varlet, fils, commis.saire national près le tribunal du district d'Amiens, compromis dans l'affaire Saint- Laurent etdétenu à Sainle-Pélagie.'n'ayant rien vu qui pût l'inculper et n'ayant aucune pièce contre lui ; S" faisant réponse à une députation de colons, qui est venue dénoncer le n° 36 du journal, dit le Créole patriote, rédigé parMilcent, créole, en date du 29 août 1703, qu'il prendrait soin de l'examiner ; 4° décidant, sur le rapport de Lécrivain, d'envoyer à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire les pièces contre Berton, détenu à l'Abbaye comme prévenu de propos contre-révolutionnaires; 5° convoquant le citoyen Hanriot, ce soir, au Comité, pour se concerter avec lui sur la manière de faire arrêter les militaires qiii n'ont point leurs certificats en règle et de faire entourer le Palais de l'Egalité ; 6° annonçant qu'il a été répondu sur le champ au Comité de sûreté générale de Sèvres, qui demande au Comité de l'éclairer sur ses fonctions et de lui donner des avis révolutionnaires; 7° chargeant le citoyen Marchand d'examiner les interrogatoires et pièces des détenus à Sainte-Pélagie dans l'affaire Saint-Laurent et d'en faire son rapport au Comité ; 8° chargeant le citoyen Génois de se concerter avec un graveur ou dessinateur pour lui présenter un modèle de carte devant servir à faire connaître le caractère des membres du Comité; 9° annonçant que le citoyen Hanriot, commandant de la garde de Paris, convoqué ce malin pour se concerter sur les mesures à prendre, afni d'entourer le Palais de l'Egalité, s'est rendu à l'invitation, et il a été arrêté que toutes les mesures

seraient prises secrètement et qu'avant d'ordonner celte expédition, il serait fait des démarches tendant à prendre de plus amples éclaircissements; 10° arrêtant, après avoir entendu le rapport du citoyen Marchand sur Tatlaire Saint-Laurent, qu'on demandera au Comité de sûreté générale l'approbation de l'élargissement des citoyens Husson, Varlet et Bertrand, celui de la citoyenne Saint-Laurent, victime innocente de cette affaire, la confirmation de l'arrestation de la citoyenne Lamyre etde son fils, avec ordre exprès de faire arrêter l'abbé Tournier, et information préalable sur le compte de l'abbé Josset avant son élargissement; H° invitant le ministère de la guerre à répondre aux ditférenles lettres qui lui ont été écrites, et le priant de donner ordre que l'on réponde exactement aux lettres du Comité ; 12° chargeant les citoyens Guignes et Fournerot de porter au Comité de sûreté générale de la Convention le rapport du citoyen Marchand dans l'affaire Saint-Laurent.

1er septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB^ 81* (anc' BB^* 20), fol. 259-262.

nus par leurs mœurs et par leur civisme, et munis d'attestations.

LeCommandant général engage aussi les commandants de sections à presser l'exécution de l'arrêté de la Commune et du décret de la Convention nationale rclalifs aux jeunes citoyens en état de réquisition; ceux qui, par hasard, seraient en détachement pour l'approvisionnoment de la Ville, rentreront sur-le-champ dans le chef-lieu de leur canton, sitôt après leur remplacement par des citoyens hors de la réquisition.

Les patrouilles seront fréquentes, les postes bien complets, les réserves seront toujours de 50 hommes et la plus grande surveillance sera exercée aux barrières.

D'après les rapports de la force armée, une patrouille du Panthéon-Français a arrêté deux chevaux marqués sur l'épaule et la cuisse gauche des lettres W. B. A., que l'on disait conduire à Bercy, et les a fait mener de postes en postes au dépôt des chevaux pour l'artillerie nationale.

2 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. A'. AF'v 1470, BB3 70.

1209. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, enregistrant un arrêté du Corps municipal du 29 août, qui enjoint aux administrateurs des Travaux publics de prendre, dans les 24 heures, un parti sur les moyens de pourvoir les corps de garde des barrières des objets nécessaires, à charge par les commandants de ces postes de justifier, tous les jours, à ceux qui les relèveront, de l'existence de ces effets, dont l'état sera affiché dans chaque corps de garde ; annonçant le départ d'un convoi d'artillerie, en canons et en caissons, pour Arras.

Le Commandant général invite tous ses concitoyens à prendre des leçons d'escrime militaire, afin de se mettre à môme de résister ti l'oppression. Il indiquera, demain ou après demain, à l'ordre, le lieu où se fera l'examen des adjudants et instructeurs des canonniers. Il renouvelle aussi aux canonniers l'ordre de ne recevoir parmi eux que des citoyens bien con-

1210. — Rapport de l'observateur Holiii, dénonçant la ci-devant communauté des Frères tailleurs, rue Jean-Lanlier, au coin de celle des Orfèvres, où, depuis sa suppression, il est resté sept ou huit des plus fanatiques, dangereux par leur aristocratie, qu'on soupçonne véhémentement d'entretenir une correspondance avec les cidevunt, tant dans la robe que dans la noblesse, pour lesquels ils travaillaient, une perquisition domiciliaire serait à coup sûr très fructueuse. D'autre part, le citoyen llû, juge de paix de la section du Panthéon-Français, a été dénoncé, dans une assemblée fraternelle, par le citoyen Carnicr, son greffier, qui était son ami intime, comme un intrigant et un homme dangereux.

Dans un autre rapport, le même observateur signale l'existence, à Choisy, de plusieurs magasins de charbons, deux, notamment, contenant à peu près 2,000 sacs, appartenant au citoyen Ferret, marchand

L'ESPRIT PUm.lC A PARIS DF JUILLET A SEPTEMBRE I70:)

de bois ; au bout Je la grande avenue, à Vilry, existent également divers magasins de charbotjs.

A Paris, les citoyens s'attroupent de nouveau aux portes des boulangers. L'un d'eux a déclaré que, ne pouvant plus s'approvisionner hors Paris, lorsqu'ils n'auraient plus elle/, eux de farine réquisitionnée à la campagne, ils seraient obligés de retrancher des fournées de pain, vu le peu de farine que la Ville leur accorde.

2 septembre 179.3.

Minutes (2 pièces), A. N., F' 3688'.

1211. — Délibération du Comité de salut public du département de Paris : 1° convoquant le sieur Leroux, cultivateur à Bondy, dénoncé comme enlevant des grains, sans lettre de voiture, ainsi que le maire et un officier municipal de cette commune comme favorisant le dit Leroux; 2° notant qu'il a été écrit au Comité de salut public de la commune de Saint-Cloud que l'on n'a pu arrêter Jusqu'à présent le citoyen Devaux, ancien colonel, à raison de son absence de Paris, avec invitation de le faire surveiller bien exactement, de l'arrêter et d'en aviser le Comité ; 3° autorisant le citoyen Chéry à se rendre chez le citoyen Aubert Petithouart, frère de l'ancien gouverneur de Saumur, demeurant rue Tirechappe, à compulser ses papiers et, s'il le trouve nécessaire, à y apposer les scellés.

2 septembre 1793.

Elirait du registre (les délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. A'., BB' 81* (anc' BU'* 20), fol. 263, 204.

1212. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, déclarant que des méchants font tous leurs efforts pour assurer le peuple qu'il manque de subsistances, tandis que les magistrats qu'il a choisis emploient tout leur temps à lui en procurer. Oui ! mes camarades, ajoute Ilanriot, ayez confiance en eux, ils sont incapables de vous tromper, et si les eaux eussent été moins basses, vous auriez vu l'abondance arriver dans nos murs et les calomniateurs réduits au silence.

Le Commandant général prescrit les patrouilles à l'ordinaire, ainsi que les ré-

serves, toujours la môme activité aux barrières pour empêcher la sortie du paiu et des farines de Paris.

3 septembre 1793.

Eitrails conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-niajor général (2 pièce»), A. N., AF'v 1470, BB^ 7(i.

1213. — Arrêté du Comité de sûreté gétiérale, requérant les citoyens Ulrich et Lanusse, aides de camp du général Hanriot, de se transporter sans délai, à Puteaux, au domicile du citoyen 'Parent, ancien curé de la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs, assistés de l'un des administrateur^ de la Police, à l'effet de procéder ù une exacte perquisition dans tous les papiers et effets dudit Parent et au triage de tous ceux qui pourraient paraître suspects.

3 septembre 1793.

Extrait du registre' des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF* Il 286.

1214. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° après comparution du maire, d'un officier municipal de Bbndy et du citoyen Leroux, cultivateur, pour rendre compte de la conduite par eux tenue à l'égard d'une voilure saisie, sortant de chez ledit Leroux sans laisser-passer, renvoyant cette affaire à la municipalité de Bondy pour en prendre une plus ample connaissance et en décider conformément à la loi; 2° arrêtant qu'il sera écrit à deux sociétaires du Théâtre -Français de se rendre au Comité avec la pièce de Pitméla, jouée la veille, et qui a occasionné du bruit, relativement à trois vers, qui sont contraires aux principes et qui ont été dénoncés hautement par un oflicier, au moment où ils étaient déclamés, ce qui a fait traduire cet officier devant de prétendus juges, qui l'ont interrogé ; 3° constatant la venue d'une dépulationde la section de l'Homme-Armé, qui a fait fart au Comité de ses inquiétudes sur les farines, attendu qu'une infinité de citoyens se sont retirés de chez les boulangers sans avoir pu avoir de pain, le Comité lui a répondu qu'il allait écrire à ce sujet au citoyen Pache pour l'inviter i remédier à cette pénurie, ce qui a été fait

à l'instant par le citoyen Delespine ; 4» après interrogatoire de la veuve Fournier, relativement à l'affaire de Saint-Laurent, décidant que cette citoyenne sera renvoyée chez elle sous la surveillance très exacte de son gardien, qui, sous aucun prétexte, ne la laissera communiquer avec personne, et ne la laissera point sortir, que ce gardien sera payé à raison de 2 livres par jour et sera nourri aux frais de la veuve Fournier ; après examen des pièces du citoyen Itichard, invitant la municipalité de Créteil à prendre, relalivement aux subsistances sur lesquelles elle a apposé les scellés, toutes les mesures de prudence qu'elle croira nécessair(a, l'invitant, en outre, à sévir contre ceux qui se sont portés à des menaces et à des gestes violents contre la garde, et à faire en sorte qu'une pareille infraction à la loi ne se renouvelle plus ; 6° après réception d'une députation d'ouvriers du fer de la section de Bonne-Nouvelle qui est venue faire part au Comité de leur projet d'établir surle-champ des forges, et a demandé qu'on leur accorde l'emplacement de la Gourdes Miracles ou le Marché aux Veaux comme étant convenable, chargeant le citoyen Nicolas de porter leur pétition au ministre de la guerre et de solliciter la prompte expédition de ses ordres, à cet égard; ~° enregistrant la réponse des comédiens du Théâtre-Français, invités à se rendre au Comilé pour répondre sur l'incident arrivé la veille, à leur théâtre, à la représentation de la pièce de Paméla, réponse remise au Comité par le gendarme porteur de l'invitation, regrettant de ne pouvoir s'y rendre, parce qu'ils sont détenus à Sainte-Pélagie et aux Madclonnettes; 8° déclarant avoir écrit au Comité de salut public de la Convention pour l'informer des ordres que le Comité a donnés, ce matin, aux direcleurs du spectacle en question de se transporter dans son sein pour rendre compte de ce qui s'était passé la veille à la représentation de Puméla, et pour lui faire part d"» mesures que le Comilé se proposait de prendre; 9° déléguant les citoyens Fourncrot, Delespine et Cuigues, en qualité de commissaires, pour lever les scellés apposés sur

les effets du citoyen Saint-Laurent, en faire l'inventaire, déposer tous ces effets dans des caisses spéciales, avec l'adjonction du juge de paix de la section de Popincourl; 10° sur la notilicalion, par le citoyen Marchand, d'un arrêté pris, le 31 août, par la section du Mont-Blanc, qui déclare que Pache, malgré ses calonmiateurs, a su mériter la confiance de ses concitoyens, arrêtant à l'unanimité que cet arrêté sera imprimé, affiché au nombre de 500 exemplaires et envoyé aux 47 autres sections, avec invitation d'y adhérer; 11° décidant que le citoyen Nicolas fera exécuter le plan d'une carte qui doit servir aux membres du Comité pour faire connaître leur caractère civil; 12° annonçant avoir écrit au citoyen Antoine, officier de marine, rue de l'Echelle, hôtel Gaillarbois, pour l'inviter à se rendre au Comité, afin de lui demander pourquoi il n'est pas à son poste; 13° notant avoir écrit au citoyen Nicolas Lulier, place de l'Ecole, de se rendre au Comilé, pour répondre à la dénonciation verbale faite contre lui, sur ce qu'il tient des propos inciviques dans les cafés.

3 septembre 1793.

E.\tralt du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. iV., BL3 81*^ (anc' BB" 10], fol. 265-269.

121S. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ d'un convoi d'artillerie pour Arras,et reproduisant la teneur d'une proclamation du Commandant général à ses concitoyens, conçue en ces termes :

« Mes camarades, les méchants voudraient nous égarer. L'or des puissances étrangères circule dans nos murs, et des républicains infidèles sont assez lâches pour le recevoir. Mes amis, étendez de nouveau votre surveillance, aidez-moi à démasquer les conspirateurs et la patrie sera encore une fois sauvée. Des êtres méprisables ont voulu calomnier les intentions du plus pur des magistrats, tandis qu'il passait les nuits à adoucir-lc sort de ses concitoyens, sous peu vous connaîtrez vos vrais amis et vous saurez auquel des deux partis appartient justice.

L'ESPRIT PUBLIC A PARIS ItE JUILLET A SEPTEMBRE 1793

<' Les canonnicrs de la section Popincourt ont très bien faille serviceà l'Arsenal, ils ont niuintenu entre eux cette bonne discipline, si nécessaire à des républicains de leur trempe ; leur poste a loujours été garni, et la consigne a été remplie avec beaucoup de sévérité. Je suis charmé de cette exactitude, j'en remnercie mes frères, les canonniers, et les invite à continuer.

« J'annonce à mes conciloyens qu'une carie d'entrée à. l'Arsenal ne peut servir pour deux, et quiconque s'immiscera à l'avenir de vouloir entrer semblablement, les citoyens de service sont autorisés à le traduire devant la Commune de Paris et les autres autorités qui en doivent connaître. Quelques fonctionnaires veulent s'arroger le droit d'entrer dans certains lieux publics, sans montrer leur carte, ils se trompent, la loi est pour tous, elle no connaît point d'exception. Que les fonctionnaires publics prennent pour exemple nos députés de la Convention, ils montrent leur carte pour y entrer, et nos magistrats de la Commune en font de même pour entrer au Conseil. Tous les fonctionnaires publics, ceux qui aimenl et qui sont les dépositaires des lois, en doivent être les premiers esclaves. »

La Commune de Paris et le Commandant général invitent leurs conciloyens à tenir les corps de garde loujours complets, ainsi que le service des barrières.

Les réserves et patrouilles à l'ordinaire, ;y et toujours la plus grande surveillance aux barrières.

D'après les rapports de la force armée, à 'S heures du matin, dans la section du Théâtre-Français, l'on a posé une garde à la porte des boulangers pour y maintenir la tranquillité publique, un garçon boulanger ayant voulu la troubler, a été arrêté et conduit a la .Mairie.

Les réverbères étaient éteints avant 3 heures du malin dans les rues des Fossés, des Poulies, Bailleul, du Roule, des Mauvaises-Paroles et de Seine.

A 1 heure t/4 une patrouille a arrêté un citoyen, qui a déclaré que le nommé Bourdonnais, boulanger, venait de l'éveiller pour lui délivrer du pain, la gurde s'est portée chez ce boulanger et y a trouvé une

douzaine de personnes à qui il en vendait, le commandant lui ayant fait des représentations sur sa conduite, il n'y a répondu que par les invectives les plus grossières.

A i heure du matin, une patrouille de la section du Temple a arrêté deux hommes, qui en la voyant paraître ont crié : Sauvons-nous, \oilù des brigands qui rnarchentsur nous; amenés au corps de garde, l'un d'eux a dit se nommer Delaune, marchand de vin, il avait une carte civique, l'autre, qui paraissait être son garçon de cuisine, n'en avait point et n'a Jamais voulu dire son nom. Renfermés au violon, ils ont voulu briser la porte, ont lenu les propos les plus inciviques et traité les citoyens de garde de lâches, de polissons, de scélérats. Le garçon surtout a paru très suspect. On a encore arrêté, une demiheure après, un autre citoyen sans carte, lequel a tenu la même conduite que les précédents.

La garde de l'Ile-Louviers a arrêté un particulier portant un sac dans lequel il y avait 127 louis en or et en écu de 6 livres, i! a été conduit à la Mairie et de là ramené au Comité de la section de l'Arsenal, où il n'y avait personne.

4 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrét.Tire de l'ICtat-major général (2 pièces), A. N., AI''v H70, BB^ 76.

1216. — Arrêtés du Comité de sûreté générale : 1" ordonnant la mise en liberté du citoyen lielmont, atlaclié au Théâtre de la Nation, dont les bons sentiments dans la Révolution sont bien connus ; 2° ordonnant la mise en liberté du citoyen Mole, attaché au Théillre de la Nation, détenu aux Madelonnetles, qui s'est montré, dès les principes de la Hévolution, l'un des plus zélés partisans de la Liberté et de l'Egalité, dont le patriotisme est notoire, et qui ne saurait être confondu avec les artistes nialinlentionnés, qui ont voulu faire servir le siieclacle à la dégra<lation de l'esprit public; 3° sur le compte rendu, au Comité, de la situation de la citoyenne Comtat cadette, dont la grossesse est très avancée, et qui a besoin de secours qu'il lui CvSt impossible de se procurer dans le

lieu où elle se trouve actuellement détenue, décidant qu'elle sera conduite dciiis rappartement occupé par sa sœur, dont les soins lui sont nécessaires, et où elles seront gardées l'une et l'autre, aux termes du dernier arrêté qui les concerne.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés géndriiux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1217. — Arrêté du Comité de sûreté générale, désireux de rétablir l'ordre dans les ateliers de fabrication d'assignats appartenant à la République, ordonnant l'arrestation des citoyens Duno, Megrin, Roger, Léonard, Debray et Amable.

4 septembre 1793.

Extrait du registre de» arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'li 286.

1218. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que les citoyens Desaunays, Barthélémy neveu et Chamfort (de la Bibliothèque nationale), actuellement aux Madelonnettes, seront reconduits dans leurs domiciles, où ils resteront, chacun sous la garde d'un gendarme, jusqu'à nouvel ordre.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*Ii 286.

Arrêté du Comité de sûreté gé-

nérale, justement indigné de la manière indécente avec laquelle le nommé Boi.s s'est présenté et des propos insultants qu'il s'est permisenvers ses membres, décidant qu'il sera conduit à la prison de l'.Xbbayc pour y être détenu jusqu'à nouvel ordre.

Extrait du registre des arrété.s généraux du Comité de sûreté générale, iV. JV., AF'li 286.

1220. — Arrêté du Comité de sûreté générale, informé que, dans une assemblée des députés des différentes sections réunis aux Jacobins, on vient de découvrir deux particuliers suspects, chargeant le brigadier de la gendarmerie nationale au poste du Comité de se transporter, avec deux gendarmes, à l'Assemblée des commissaires des sections, de s'assurer des deux particuliers, qui lui seront indiqués

par le président au nom de l'Assemblée, et de les conduire au lieu qui sera déterminé par les commissaires des sections.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'li 286.

1221. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° décidant que la Commission d'inspection des postes laissera partir librement les n" 378 et 379 de la Feuille de Paris, en ayant soin de spécifier les motifs qui la détermine à arrêter une feuille et les articles qui lui paraissent suspects; 2° portant que le citoyen Antoine, officier de marine, mandé au Comité pour indiquer les motifs qui le retiennent à Paris dans un moment où il devrait être à son poste, s'est présenté et a fait part au Comité que son départ devait avoir lieu, le lendemain, pour Toulon, son poste, le Comité l'a engagé, après avoir vu ses papiers, à ne rien négliger pour se rendre où le devoir l'appelle ; 3° revenant sur son arrêté de la veille, qui déclarait que Pache, maire de Paris, avait su mériter la confiance de ses concitoyens, et ordonnait d'imprimer à 500 exemplaires une adhésion à l'arrêté de la section du Mont-Blanc du 31 août, et décidant qu'il sera écrit au citoyen Nicolas de suspendre l'impression de l'adhésion; 4° annonçant qu'il a été écrit au Comité de salut public de la Convention, afin de le prier de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser la disette factice des subsistances et les rassemblements aux portes des boulangers.

4 septembre 1793, matin et soir.

Extrait du regisire des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A.N., lîB' 81-^ (anc' BD'* 20), fol. 270-273.

1222. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, en vertu duquel le Commandant général invite ses concitoyens à faire de fréquentes jiatrouilles, à la porte des boulangers, pour y empêcher les attroupements. D'après un arrêté de la Commune, il est défendu à tout bon citoyen de se rendre aux portes desdils boulangers, avant 6 heures du malin, les sections enverront, chacune, dans leur ar-

L'ËSMilT l'UBLiC A ^ARIS l)!: JUILLET A SEPTEMBRE n93

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rondissement, une force imposante à la porte de chaque boulanger, pour y maintenir le bon ordre et faciliter la distribulion aux bons républicains, qui aiment les lois, leurs magistrats et leur pays.

« Courage, braves républicains, s'écrie Hanriot, courage et persévérance dans la crise présente qui nous aftlige. Hier, j'ai vu avec douleur des citoyens demander, en riant, du pain à la Commune, rit-on quand on a faim? rit-on quand on manque des premiers aliments de la vie? ceux-là seuls me semblent receyoir l'or et l'argent des puissances étrangères. Braves camarades! lorsque vous êtes de service, soit en patrouilles, soit au corps de garde, ces êtres semblent insulter à nos malheurs.

Eh bien! qu'ils sacheat que nous savons être grands dans de lelles circonstances, que nous savons être justes et que nous voulons que la loi, qui protège l'innocent, punisse aussi le coupable. »

Les réserves, à dater d'aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, seront de cent hommes dans chaque seclion; les patrouilles à l'ordinaire et toujours la même surveillance aux barrières.

Les rapports de la force armée signalent l'arrestation, à 3 heures du matin, dans la section des Gardes-Ftançaises, d'une voiture de charbon, que l'on a conduite au corps de garde et vendue à diflérenls citoyens.

5 septembre 1793.

Eitraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFiv 1470, BB3 76.

Ed. DaUB.^N, La Démagogie en 1793 à Paris, p. 373.

1223. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1° arrêtant que les communes seront invitées à apporter, jeudi prochain, une note écrite de leur état, particulièrement en ce qui concerne les hommes suspects ; 2° décidant que la Commission inspectante des postes fera la visite des lettres du bureau des rebuts, que celles adressées au citoyen Westermann seront apportées au Comité, et qu'aucune lettre de ce bureau ne pourra être délivrée à qui que ce soit, avant que la Commission ait terminé son inspection; 3' portant qu'il a été écrit au citoyen Ma-

rine, administrateur de Police, pour l'inviter à lever, le lendemain, les scellés chez le citoyen La Tour-du-Pin, et dans le cas où il ne pourrait pas, lui assigner un autre jour ; 4° enregistrant le rapport par les citoyens Chéry et Nicolas, de l'examen des comptes du citoyen Harny, trésorier du Comité, d'après lequel la recette est de 14, Soi livres 16 sols et la dépense de 14,857 livres 8 sols 6 deniers, d'où il résulte qu'il est dû au trésorier 5 livres 12 sols 6 deniers, qu'il portera en dépense au premier compte, lesdits comptes approuvés par les membres du Comité, Franchet, Chéry, Marchand et Génois, qui les ont signés.

5 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81^ (anc» DB" 20), fol. 273, 274.

1224. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, déclarant que, d'après le décret de l'armée révolutionnaire, tous les bons citoyens, animés du plus pur" patriotisme, iront se faire inscrire au Comité de leur seclion. Les commissaires des sections sont invités à en dresser, tous les jours, deux listes, et à les envoyer à la Mairie et au Commandant général, pour passer à la censure de ceux de la Commune et du Département ; il faut choisir les hommes honnêtes et capables de ramener la paix et l'abondance dans Paris.

Les canonniers seront payés comme l'armée révolutionnaire et n'admettront parmi eux que des hommes dignes de la Liberté, le Commandant général prévient ses frères de l'armée révolutionnaire qu'ils seront armés, équipés, habillés, et qu'ils auront tout le nécessaire.

L'ordre du jour annonce le départ, le jour même, de trois convois d'artillerie, l'un pour Metz, le second pour Laon et le troisième pour Arras.

Aux termes d'une lettre adressée au Commandant général par les administrateurs de Molun, ils se félicitent beaucoup du détachement qui leur a été envoyé de Paris et en font le plus grand éloge.

Les réserves seront de 200 hommes et indemnisées, les patrouilles fréquentes et la même surveillance aux barrières.

Suivant les rapports de la force armée, l'adjuilanlde ronde de la 2Més'ion fait observer qu'il est presque impossible de mettre à exécution l'ordre du Commandant général d'empêcher, avant 6 heures du malin, les rassemblements aux portes des boulang'ers, sans s'exposer beaucoup, même à des insurrections. Un administrateur de Police et un officier de paix, accompagnés d'une patrouille, ont failli en être les victimes.

6 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etal-major général (î pièces), A. N., AF'V 1*70, BB3 76.

I22S. — Rapport de l'observateur Béraud, touchant les subsistances, annonçant que les inquiétudes à ce sujet gagnent beaucoup de citoyens, surtout dans le Faubourg Saint- Antoine, que dans divers groupes devant les portes Saint-Martin et Saint-Denis, plusieurs individus, revêtus de l'honorable coslume de Sans-culotte, faisaient l'effrayant (ableau d'une prétendue pénurie de subsistances et excitaient le peuple à se porter de nouveau à la Convention et surtout à la Mairie, attaquant vivement le citoyen Pache. Des femmes mêlées parmi eux blasphémaient contre la majorité des représentants du peuple, mais ont été bientôt expulsées par de bons citoyens. En général, leP'aubourg Saint-Antoine était calme, mais n'est pas disposé à se dessaisir de ses armes pour les jeunes républicains en réquisition, dans la crainte qu'une fois désarmé, une horde d'ilotes jusqu'à présent ignorée, ne l'asservisse et ne se porte vers la Convention.

En ce qui concerne les accaparements, on prétend que certains marchands de vins ont des marchandises en quantité dans les caves du ci-devant Roi, à Sèvres, et dans les carrières du Grand-Montrouge. Il serait également instant do faire une visite scrupuleuse dans difTérenls magasins se trouvant dans un passage qui donne sur la rue du Petit-Carreau, n» 6 ; ils renfermeraient, paralt-il, quantité de denrées coloniales, le peuple aurait voulu s'y porter, mais on avait trouvé le moyen de l'en détourner.

G septembre 1793.

Original signé, il. JV., F' 3688»,

1226, — Rapport de l'observateur Rousseville, annonçant qu'il se tient dans le jardin et la maison de la ci-devant Bourbon, donnant sur les Champs-Elysées, un club ou rassemblement de prêtres contrerévolutionnaires, assermentés et même insermentés, parmi lesquels figurent beaucoup d'évôques, ils seront dénoncés dans le Journal républicain.

Deux représentants du peuple devaient arriver à Rennes, Carrier, qui s'y trouve depuis vendredi, avait écrit au Comité de salut public pour demander un troisième représentant; plusieurs auxquels l'on en a parlé ont refusé cette mission; si l'on substitue à l'adjoint représentant du peuple un commissaire du pouvoir exécutif, l'observateur Rousseville s'offre, avec la certitude d'èlre bien vu des patriotes de Rennes, d'être utile aux représentants qui y sont et de servir la République avec succès.

6 septembre 1793.

Original signé, A. N., V 3688'.

1227. — Arrêté du Comité de sûreté générale, après avoir entendu plusieurs rapports au sujet du citoyen Gonchon, d'après lesquels ce citoyen se transporterait dans divers endroits du Faubourg Saint-Antoine pour y exciter des rassemblements, qui ne peuvent avoir que des intentions criminelles, décidant que le citoyen Gonchon, ainsi que ses gens, seront mis en état d'arrestation par mesure de sûreté générale.

6 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF* II 286.

1228. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur les renseignements qui lui ont été fournis au sujet des agiotages et monopoles qu'exerce le citoyen Grenus, banquier, boulevard Montmartre, vis-à-vis la maison Montmorency, tendant à faire baisser le change et à discrédiler les assignats en jetant dans la circulation des papiers factices qu'il négocie jusqu'à 3 0/0 par mois, et, à la faveur de cet intérêt monstrueux, paralysant les papiers monnaie de la République, ou les resserrant dans SCS coffres pour faire baisser le»

changes à son gré, dûciJantque les scellés seront sur-le-cliainp apposés sur tous les papiers et bureaux du citoyen Grenus, qui demeurera en état d'airestation cliez lui, sous la surveillance de deux gendarmes, sans pouvoir sortir de son domicile, ni communiquer avec personne, si ce n'est avec sa famille.

6 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*h 286.

1229. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° ordonnant d'amener de la prison des Madclonnettes au Comité, pour être interrogés, Nicolas Olivier, François Wollî, Jean- Pierre Texier et Melcliior Laroche, domestiques altachés a la maison La Tourdu-Pin; 2° après avoir pris connaissance du procès-Verbal de la séance extraordinaire de la Société des Jacobins, réunie aux commissaires des 48 sections; considérant que Jacques Houx, amené au Comité par le Comité révolutionnaire de la section desGravilliers, déjà suspect dans l'opinion publique, est très suspect auprès de tous ceux qui ont suivi ses manœuvres, et que le jugement unanime de la Société des Jacobins, sur son compte, est une preuve irrésistible contre lui, décidant que Jacques Roux sera conduit provisoirement à Sainte- Pélagie, conformément à la lui sur les hommes suspects et par mesure de sûreté générale, de plus que le présent arrêté sera envoyé à la Société des Jacobins, avec invitation de faire passer au Comité les dilîérentes inculpations qu'elle aurait à produire contre lui, pour prendre, d'après ces renseignements, des mesures ultérieures; 3° donnant ordre au concierge des Madelonnettes de faire amener au Comité les personnes de Gouvernet-La Tùur-du-Pin et du Petit- La-Tour-du-Pin, pour être interrogées; 4° envoyant aux Madelonnettes Jean Denizot, déporté de la Martinique, accusé d'avoir chanté on plein café des chansons royalistes et tenu les propos les plus inciviques, avec ordre de le mettre au secret; [>" donnant pouvoir aux citoyens Génois et Lécrivain d'arrêter le citoyen Comparet, inspecteur général

des Postes, dénoncé comme recevant parmi ses employés des volontaires de la garnison de Valenciennes.

6 septembre 1793, malin et soir.

Extrait du registre des déliliéralions du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB^ 81A (anc' BB^* 20), fol. 275-277.

1230. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, d'après lequel, en conséquence d'un arrêté municipal du 6 de ce mois, les commandants de patrouilles et postes aux barrières n'auront aucun égard aux cartes pour laisser sortir du pain de la Ville, de quelques personnes qu'elles viennent.

Le Commandant général renouvelle l'invitation de n'admettre dans l'armée révolutionnaire que des citoyens d'un civisme épuré, et aux commandants de sections de s'entendre avec les membres des Comités, pour lui faire passer, ainsi qu'à la Mairie, tous les jours, la liste des inscrits, afin de la soumettre à la censure.

Tous les eanonniers de Paris font partie de l'armée révolutionnaire et seront payés comme la gendarmerie, ils se tiendront toujours prêts à marcher à la première réquisition des autorités constituées.

Les réserves seront encore les mêmes, les patrouilles fréquentes, les barrières garnies avec beaucoup d'exactitude pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris, enfin une surveillance générale sera exi;rcée sur les ennemis de la chose publique.

7 se[itembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat. major général (2 pièces), A, N., M'iv l/,70, BB^ 76.

1231. — Rapport de l'observateur Béraud rendant compte d'une pièce jouée sur le Théâtre du Boulevard, parle citoyen Nazareth, pièce en 1 acte et en vaudevilles, intitulée La noblesse au village, qui est un tissu d'aristocratie, caché sous un léger voile de patriotisme, on y laisse entendre que tous les deniers provenant des impositions sont dissipés par nos sages législateurs.

Le Faubourg Saint-Antoine est calme, les jeunes citoyens requis veulent partir, mais

ceux qui ne le sont pas, balancent encore pour savoir s'ils donneront leurs armes, ce faubourg est travaillé en sens contraires.

Tout le quartier de la Courlillo, dès H heures du soir, était plein de femmes de Belleville, qui attendaient du pain à la porte des boulangers, sur 300, c'est à peine s'il y avait 20 citoyennes de Paris, elles ont assuré que Belleville avait des farines, mais que les boulangers ne cuisaient pas, ce qui est faux, si elles viennent chercher du pain à Paris, c'est qu'il est plus beau que celui de leur municipalité.

7 septembre 1703.

Original signé, A. N., F' 3088^.

1232. — Rapport de l'observaleurBéraud, concernant spécialement les subsistances, faisant connaître que le pain, dans toute la section du Temple, le quartier Saint- Antoine, la Courtille, s'est distribué sans difficulté, et qu'il en restait encore, ce soir, chez les boulangers.

Dans les guinguettes et cabarets, certains volontaires, qui sont à Paris par congé, ou après avoir déserté leurs bataillons, répandent le bruit que, dans toutes les armées, l'on meurt de faim, que le dénuement y est complet.

1,'armée révolutionnaire fatigue furieusement l'imagination des aristocrates, qui cherchent à s'opposer à sa formation, sous prétexte qu'elle ne sera composée que de brigands, qui égorgeront les patriotes.

Les fédéralistes ont un point de ralliement, ils se reconnaissent à leurs rubans de souliers, si on les approche avec des boucles, ils vous rient au nez et s'échappent.

1233. — Rapport de l'observateur Rousseville, annonçant l'arrivée à Paris du maire, du procureur syndic du district, des procureur et substitut du procureur de la commune de Brest, fédéralistes décidés, qui se proposent de se présenter à la barre de la Convention, où un décret les appelle depuis longtemps; Rousseville a l'intention de les accuser, le lendemain, à la So-

ciété des Jacobins, comme s'étant, avec incivisme et une insigne mauvaise foi, insurgés contre laConvention, comme s'étant opposés à toutes les instructions qu'on a voulu donner à leurs administrés sur le 31 mai, comme ayant fait imprimer en français et en breton le discours conlrerévolulionnaire de Salle, comme ayant refusé d'accepter la Constitution et ayant empêché les citoyens et l'armée de Brest de l'accepter, enfin comme royalistes avérés et ayant projeté de livrer leur ville et leur port aux Anglais.

En conséquence d'un arrêté de la Commune du 6, le peuple ne s'est trouvé aux portes des boulangers qu'entre 4 heures et 4 heures et demie du malin, et le tumulte a été moins grand que de coutume.

Le Palais-Royal continue à être le repaire des agioteurs de la Bourse et des vendeurs d'argent du perron, les motions y étaient, ce soir, en faveur du guillotiné de ce malin. Rousseville dit les avoir attaqués de front en exposant la vie, les mœurs et le caractère de folie du condamné, aidé en cela par son défenseur officieux; les martyrs, ajoute Rousseville, font les fanatii[ues, et il ne faut pas qu'on croie que la monarchie a des martyrs sous la République.

La section de la Bulte-des-Moulins a nommé, ce soir, des commissaires pour aller demander à la Convention l'expulsion des nobles de leurs emplois civils et militaires.

L'arrestation d'un certain Damiens qu'explique l'observateur Rousseville, est due à la présence, dans ses papiers, de trente certificats de civisme, alors qu'il n'en fallait qu'un, c'est ce qui l'a fait considérer comme suspect.

Les plaoards qui attirent le plus l'attention sont : 1° l'adresse du peuple de Paris à la Convention, prononcée par Chaumetle; 2° la proclamation du Déparlement de Paris; 3° l'adresse de Dunouy sur les principes de la culture et de la propriété des terres; enfin celle des administrateurs des Subsistances au peuple.

7 septembre 1793.

Original signé, A. N., V 3088'.

1234.— Rapport de l'observateur Soulet, d'après lequel : 1° le peuple témoigne toujours des inquiétudes au sujet du pain ; plusieurs fermiers ou propriétaires des environs de Paris n'ont pas encore commencé de battre leurs grains.

2° La Maison de l'Egalité est toujours remplie de contre-révolutionnaires ou d'agitateurs soudoyés, qui, tout en paraissant aimer la République, lAchenl de suggérer au peuple de Paris des sentiments contraires à cette même République, en s'appuyant toujours sur la disette des subsistances et sur la force des ennemis, tant intérieurs qu'extérieurs.

3° Le décret de ce jour, qui confisque au profit de la Nation les biens des étrangers, nés dans les pays avec lesquels on est en guerre, fait beaucoup de plaisir au peuple, et la proposition de mettre en état d'arrestation les banquiers est aussi assez de son goût.

7 septembre 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. JV., F'

1235. — Déclaration du citoyen Pontard, éVêque de la République au département de la Dordogne, logé dans la maison de la citoyenne Bourbon, Faubourg Saint-Honoré, n° 66, par laquelle, instruit, d'après un article du journal intitulé le Républicain, qu'il se serait tenu une assemblée de prêtres dans cette maison, il atteste n'en avoir eu aucune connaissance, que s'il y a lieu de rechercher l'origine d'un pareil bruit, c'est qu'il projette de se marier avec la fille du citoyen Caminade, excellent patriote, capitaine de la 4« compagnie de la section des Champs-Elysées, à moins que ce no soit l'ordination d'un prêtre à la Sans culotte qu'il fit la veille dans la chapelle, ou encore la visite d'un de ses curés, actuellement à Paris, qui est venu le prier de seconder son mariage. Du resie, Pontard déclare être un patriote si franc du collier qu'il ne demande qu'à être instruit de la vérité pour embrasser sans aucune considération la voie révolutionnaire, il signe sa déclaration et promet de la soutenir en tout temps par ses écrits et par sa conduite, et offre deux numéros de son T. IX.

journal, qu'il vient de faire imprimer à Paris, pour qu'on y voie ses principes.

A la suite de cette déclaration se trouve le programme de la séance des Jacobins, du 6 septembre, donné par Rousseville.

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