‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 4)Chapitre 76 sur 97 · septembre · texte numérisé non relu

septembre

Original signé, A. N., F' 36883.

1230. — Extrait d'un rapport de l'observateur Rolin, faisant connaître que, suivant le témoignage d'un canonnierde la section du Panthéon-Français, envoyé à Melun pour protéger les subsistances, il existe à Melun et à Brie-Comte-Robert d'immenses magasins de blé et même de farines, et ce canonnier a mission de demander des sacs afin de faire parvenir à Paris ces farines.

7 septembre 1793.

E.\tralt, A. N.,V'' 3688'.

1237. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° décidant, après l'inlcrrogatoire du citoyen Comparet, inspecteur général des Postes, arrêté cette nuit, qu'il retournera libre ii ses fonctions, à charge par lui de faire parvenir de suite l'ordre du directoire, en vertu duquel il a agi ; 2° donnant acte au Comité révolutionnaire de la section du Contrat- Social, représenté par une députation, qui est venue se plaindre des recherches et visites domiciliaires du citoyen Chéry chez des suspects, et déclarant qu'il a agi arbitrairement, sans être autorisé par aucune délibération, quoiqu'il ait signé les procès-verbaux d'arrestation avec la qualification de secrétaire du Comité de surveillance et membre du Comité de salut public du Département de Paris; 3° d'après une dénonciation du procureur de la commune de la Courneuve contrôle sieur Louis Courtier, fermier et meunier à Morville, qui refusait de vendre aux habitants de la commune le supertlu de sa consommation, sous prétexte que ses grains étaient en réquisition par le district de Saint-Denis, et qui a laissé pourrir des foins entassés depuis 4 ou 5 ans plutôt que de les vendre, décidant qu'il sera conduit aux Madelonnettes et mis au secret jusqu'à nouvel ordre, et chargeant les citoyens Lécrivain

de

et Moissard de faire dans la ferme Morville une exacte perquisition.

7 septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. iV., BB' 81* (anc' BB^* 20), fol. 279-281.

1238. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant que les commissaires de la section du Luxembourg ont apporté, les premiers, à l'Etat-major général la liste des inscrits pour l'armée révolutionnaire, et invitant les autres sections à suivre cet exemple.

D'après le décret de la Convention nationale, nos jeunes frères d'armes, en réquisition, ne pourront s'enrôler dans l'armée révolutionnaire, mais ils n'en marcheront pas moins sur le même rang contre les ennemis de la République.

Les réserves ne seront que de 100 hommes, bien complètes, ainsi que la g;\rde des barrières et les patrouilles fréquentes.

Les rapports de la force armée signalent l'arrestation, à 1 heure du malin, par les Elèves de la Patrie, d'un individu qui portait dans un sac 2 pains de 4 livres, qu'il avait achetés chez le citoyen Roze, boulanger, vis-à-vis l'hôtel d'Uzès, les pains ont été retenus et les délinquants traduits devant le commissaire de police de la section du Mail. Un autre particulier a été conduit, par les Elèves de la Patrie, au Comité de la même section pour avoir in- ■ suite leur factionnaire et chanté qu'il s'était engagé pour le Roi.

- 8 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFiv 1470, BB'76.

1239. — Lettre de l'observateur Perrière à Paré, ministre de l'intérieur, annonçant qu'à défaut d'observations de détail, depuis quelques jours, il a consacré son temps à étudier les tableaux et les spectacles, ainsi que ceux qui les visitent. Quoiqu'au premier abord, un Salon de peinture soit un champ assez stérile pour le genre d'observations qui l'occupe, cependant, comme plusieurs des tableaux représentent des traits d'héroïsme et de liberté, il est bon d'observer l'effet qu'ils produisent sur les

spectateurs, ou d'exciter cet effet, quand il ne se produit pas.

Quant aux spectacles, leur étude lui fournit nombre d'observations qui peuvent concourir au bien public et dont l'objet est la connaissance des dispositions de ceux qui les fréquentent et du mérite révolutionnaire des pièces et des acteurs. Perrière a pu remarquer que les petits spectacles, fréquentés par la classe la moins aisée des citoyens, présentent dans les spectateurs et ceux qui les amusent un ensemble de patriotisme bien flatteur pour le vrai républicain, tandis que ceux, fréquentés surtout par les riches, ne reçoivent dans leur sein que les ennemis de la Liberté, ou ceux qu'elle trouve indifférents. Dans les grands spectacles il faut excepter celui de la République, qui mérite véritablement son nom. C'est là qu'accourent les plus ardents patriotes, là qu'ils relèvent avec transport l'allusion la plus éloignée, favorable au républicanisme, les acteurs et les auteurs sont dignes en tout de ceux qui les écoutent et semblent s'être formés depuis le despotisme. Perrière cite une pièce bien connue qu'on y représentait la veille, Robert, chef de brigaruls, à son sens, il n'en existe point dont l'esprit soit plus conforme à la situation politique actuelle, elle respire la verlu,mais une vertu vraiment révolutionnaire et digne des fondateurs de Home.

Perrière analyse longuement deux passages de cette pièce, dont l'un peut être saisi par les aristocrates et l'a été en effet par un ou deux qui se trouvaient mêlés à cet auditoire patriote, et l'autre a paru exciter les scrupules et balancer l'opinion des patriotes.

Si le Théâtre de la République forme une exception bien glorieuse à la règle générale, posée par Perrière pour les grands théâtres, celui de la rue Feydeau, qui n'eut pas dû perdre son nom de Monsieur, en est une confirmation bien amère. Perrière n'y était entouré que d'impudents ennemis, non seulement des dernières révolutions, mais de toute espèce de Révolution. Le ton léger et railleur des acteurs, toutes les fois qu'ils rasaient quelqu'idée révolutionnaire, ne donnait pas meilleure

opinion d'eux que des speclateurs; le titre glorieux et sacré de citoyenne leur servait qu'à renforcer le comique d'une situation, au lieu d'employer cette dénomination à élever l'âme des spectateurs, les acteurs ne clierciiaient qu'à l'avilir à leurs yeux.

Pour se résumer, Perrière déclare qu'il y a des théâtres utiles et d'autres nuisibles. Il faut traiter les uns à l'égal de l'aristocratie et encourager les autres, comme on encourage le patriotisme. Au resie, il est un reproche commun à tous les spectacles, c'est qu'il n'en est presque point où il ne se joue des pièces qui offrent la dégoûtante peinture de la corruption et de la légèreté enfantées par le despotisme ; ainsi Perrière proposerait que toute pièce, qui doit être présentée au peuple, fût soumise à la censure d'un certain nombre de patriotes purs, éclciirés et fermes surtout.

Perrière rapporte avoir entendu des aristocrates se réjouir beaucoup de la taxation du bois et du charbon. Cette mesure serait-elle en effet dangereuse ? ou l'aristocratie afTecle-t-elle de s'en réjouir, afin que le gouvernement, efirayé de leur joie, se presse de retirer le bien qu'il avait fait.

Perrière cite l'exclamation extraordinaire entendue dans la bouche d'un enfant de 4 à 5 ans, qui criait : « Vive les tyrans! on a du pain son content », et qui, interrogé de qui il avait appris cette parole, répondit que c'étaitd'un homme menéàlaguillotine.

Un effronté scélérat, que l'on conduisait la veille au supplice, resté contre-révolutionnaire jusqu'au bout, comme il passait devant un de ces rassemblements qu'une crainte mal fondée forme tous les jours, au milieu de l'abondance, à la porte des boulangers, «les lâches, dit-il, les imbéciles, ils veulent la République et ils n'ont pas de pain, mais, c'est moi qui vous le dis, avant six semaines, vous aurez un roi, et il vous le faut ». Le peuple, étonné un instant de son audace et de son insensibilité, ne lui a répondu que par les cris de « Vive la Nation ! Vive la République ! A bas le scélérat! » Perrière donne l'explication do ces paroles d'un furieux à ijui la rage aristocratique et une crainte mal dissimulée de la mort ont fait perdre la tête.

D'après une lettre d'un volontaire en garnison à Gravelines, cette place était bien armée, mais mal approvisionnée, Perrière s'écrie à ce propos : « Quoi! c'est toujours faute de pain que périront nos soldats! Quelle honte pour des approvisionneurs français et quelle coupable négligence de la Convention ! » Le même ajoute que deux officiers et un aide de camp ayant laissé leur camp de Cassel pour venir se divertir à Gravelines, furent renvoyés à leur poste par les canonniers de cette place. C'est de semblables désertions, observe Perrière, que sont venus les revers de nos armées dans les dernières affaires.

8 septembre 1793.

Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la lUvolulion française, t. II, p. 109; Dauban, La Démagogie à Paris en 1793, p. 379

1240. — Rapport de l'observateur La- Tour- La-Montagne au ministre de l'intérieur, déclarant qu'il a souvent dénoncé à SOI} prédécesseur, comme il lui dénonce, l'un des mille abus dont Paris est infesté, ce sont les jeux de hasard connus sous le nom de loto, établis dans la plupart des maisons publiques situées sur les boulevards, c'est là que les fripons lèvent chaque jour un impôt onéreux sur la classe la plus indigente du peuple, c'est dans ces afTreux repaires que se passent les scènes les plus affligeantes, que décrit La-Tour- La Montagne. La politique commande tout aussi impérieusement que l'humanité la fermeture de ces lieux, qui servent d'asile aux malveillants et aux contre-révolutionnaires, aussi bien qu'aux fripons. Les sections, les Sociétés populaires offrent aux citoyens des délassements plus utiles et en même temps plus honnêtes, ce sont là les jeux qui conviennent à de véritables

républicains.

8 seplembre 1793.

Original signé, A. N., V SfiSS».

Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 114; Dauiian, La Déma» gogie i Paria en 1793, p. 376.

1241. — Rapport de l'observateur Rous* seville, déclaiant qu'il n'y a presque plus d'attroupements ni de tumultes aux portée

des boulangers, et beaucoup plus de facilité à se procurer du pain, signalant la joie du peuple à la suite de l'arrestation de Pélion et de son envoi à l'Abbaye, l'arrestation, opérée de nuit par le Comité révolutionnaire de la section de l'Unité, de 24 suspects, dont 6 ci-devant nobles et 1 ecclésiastique, le reste banquiers, notaires et accapareurs , qui ont été enfermés dans l'ancien réfectoire des moines, et non dans la prison de l'Abbaye; au dire du citoyen Philippe, président de ce Comité, ils craignent beaucoup le renouvellement des journées de septembre.

Quoique le Tribunal révolutionnaire ne siégeât point, il y avait beaucoup de groupes animés de très bon esprit, surtout en ce qui concerne l'armée révolutionnaire.

Les groupes des Tuileries écoutaient le Père Duchêne avec attention et applaudissaient, quand il tonnait contre les muscadins et les nobles de la Marine.

Le Palais-Royal avait, ce matin, quelques douzaines de petits coquins vivant de jeux et d'escroqueries, mais on n'y voyait point de ces hommes occupés à vendre de l'argent et à décrier la République ; ce soir, il n'y a que des promeneui-s, et les cafés même sont vides, sans doute à cause de la fôte de Saint-Cloud.

Plusieurs sections, comme celles des Piques, des Arcis, des Sans-Culottes, du Panthéon-Français, ont déjà commencé le recensement des jeunes geps de 18 à 23 ans.

Rousseville donne" ensuite le compte rendu de la séance des Jacobins, dénonciation contre Kellermann, contre le Comité de sûreté générale, comme usé, contre le Comité des marchés; ofl're parPrudhomme de son ouvrage sur les crimes des empereurs d'Allemagne, renvoyé à l'auteur avec invitation d'imprimer les crimes des écrivains patriotes, ou prétendus patriotes, gagnés par l'or des empereurs et des ministres; compte rendu par Maure, en mission dans Seine-et-Marne et le Loiret, relativement aux subsistances de Paris et à l'esprit public à Coulommiers.

8 septembre 1793.

Original signé, A. iV., F' 3688'.

F.d. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution françahe, t. II, p. 114.

1242. — Rapport de l'observateur LeHarivel, déclarant que tout le quartier du Gros-Caillou a été fort tranquille. Tous les lieux publics étaient remplis de citoyens, qui jouaient, buvaient et chantaient des chansons patriotiques ainsi que des hymnes en l'honneur de la République, de la Liberté et de l'Egalité.

Le Palais de l'Egalité, les Tuileries et les Champs-Elysées ont été constamment dégagés, on n'y a vu taucuns groupes, aucuns rassemblements.

8 septembre 1793.

Original signé, A. N.,F'' 3688'.

Ed. Ad. ScHMmr, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 115.

1243. — Observations du citoyen Rolin, commissaire du pouvoir exécutif pour la ville et le département de Paris.

Quelques fermentations s'éUint produites au sujet des subsistances, la section de l'Observatoire avait pris un arrêté, par lequel elle déclarait en quelque sorte que le maire Pache avait perdu sa confiance, arrêté qui, ayant été colporté dans les sections, fut adopté par certaines d'entre elles, notamment celle du Panthéon, qui à l'instigation du citoyen Plaisant avait pris un arrêté analogue contre Pache et les administrateurs des Subsistances, lequel arrêté fut rapporté le lendemain et remplacé par un autre arrêté, proclamant que le citoyen Pache avait bien mérité de la Commune, et excluant Plaisant des Assemblées de la section jusqu'après la guerre. La même section du Panthéon eut à s'occuper d'un certain Juliaii de Carentan, dénoncé comme intrigant et comme ayant tenu des propos indécents contre les citoyens de la section, par lui traités de mâchoires, et attendu que ce particulier se donnait le titre de secrétaire général du Comité de salut public, l'Assemblée de la section du Panthéon le signala au Comité, comme ayant perdu sa confiance, et envoya 2 commissaires au Club des Cordeliers, désireux d'être renseigné sur le compte de Julian de Carentan.

L'observateur Rolin propose d'utiliser pour l'entretien des grands chemins les condamnés aux fers pour crimes, qui seraient logés dans la maison de force.

D'après Rolin, l'esprit public est excellent à Paris, la disette factice que l'on a éprouvé a fait fermenter quelques têtes, et des femmes se sont permis des imprécations contre les commissaires civils des sections, mais depuis l'arrêté sage de la Commune, qui défend de s'attrouper aux porles des boulangers avant 5 heures du matin, il paraît que tout rentre dans l'ordre.

Le Faubourg Saint-Germain semble assez tranquille, le café de la République (rue de Buci) et celui du Protecteur de la garde nationale (rue Taranne) ont paru à l'observateur Rolin assez bien composés, dans le second quelques jeunes gens parlaient du recrutement avec assez de circonspection.

Le même Rolin s'est approché, quai de la Mégisserie, d'un groupe où un volontaire parlait de Valenciennes et de Condé, et attribuait la reddition de ces deux places à la trahison des chefs des armées, il ajouta que celui de Valenciennes, actuellement à l'Abbaye, lui avait toujours paru un bon patriote, et, lors de la capitulation, n'avait rien fait sans consulter les soldats. Rolin a remarqué que tous les citoyens de ce groupe paraissaient de très bons patriotes. Au sermon de la paroisse Sainte- Geneviève, le prédicateur lui avait paru bon patriote.

L'Assemblée fraternelle de la section du Panthéon-Français commence à s'organiser, l'Assemblée générale de la même seclion va s'occuper sérieusement de la levée en masse des jeunes gens, mais ne recevra point ceux qui sont actuellement en réquisition. Le Comité révolutionnaire est en pleine activité et arrête des suspects avec célérité.

8 septembre 1793.

Minute, A N., F^ 3688».

Ed. Dauban, La démagogie en 1193 à Paris, p. 378.

1244. — Rapport d'un observateur anonyme, annonçant que, le 8 septembre, à H heures du matin, le peuple a découvert un magasin d'accaparement de sel, de sucre et autres denrées de première nécessité, sis rue Saint-Victor, presque en face la Pitié, les denrées ont été vendues

au peuple, par le Comité de la section, à un prix très bas, par exemple le sel à 1 sol la livre, le marchand a beaucoup réclamé, ayant fait, disait-il, sa déclaration.

Des arrivages de subsistances sont tout prêts, notamment dans lo. département de l'Eure, il ne manque que de l'eau.

Des citoyens, par malveillance, s'obstinaient à rester, rue Saint André-des-Arts, à la porte d'un boulanger, tandis qu'il y avait du pain exposé chez un boulanger voisin.

Le recrutement sera moins difficile et s'organise assez bien, la trahison des Toulonnais va le servir plus efficacement qu'on ne le pense.

Beaucoup de journaux ont été arrêtés à la Poste par le Comité de salut public du Département, mais, observe-t-on, il faut être très avare d'une pareille mesure, la suspension des journaux inquiète et peut occasionner des malheurs dans les départements. Il faudrait, par exemple, engager les journalistes, qui font précéder leurs feuilles de sommaires, de les supprimer, car les sommaires sont quelquefois très alarmants et ne répondent pas au récit des faits, tels qu'ils se trouvent dans le journal môme. Ces sommaires sont nuisibles, ils jettent la frayeur chez les citoyens,qui ne lisent que les sommaires ou qui les entendent seulement crier dans les rues.

L'observateur ajoute, au sujet des maisons de jeux: Ceci est bien immoral, mais il faut sauver la patrie par toutes sortes de moyens. Il serait peut-être très utile que le ministre confiât le soin à un vrai patriote d'établir une maison de jeux. L'observateur se charge d'indiquer un homme patriote, capable de monter cette maison, d'y attirer et d'y faire amener la haute aristocratie, de savoir leurs complots et d'en instruire le ministre ; cela ne coûterait qu'une avance, et l'argent employé rentrerait même promptement.

8 septembre 1793.

Minute non signée, A. N., F'' 3688».

1245. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant que le citoyen Gonchon sera gardé à vue par un gendarme, jusqu'à

ce que le Comité ait, obtenu sur son compte les renseignements dont il a

besoin.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 286.

1246. —Arrêté du Comité de sûreté générale, autorisant le Comité de salut public du Département de Paris à envoyer des commissaires dans les communes qui avoisinent Paris à 3 ou 4 lieues à la ronde, môme dans celles qui ne sont pas du Déparlement, pour y prendre des renseignements relatifs à une multitude de dénonciations qui lui sont adressées, et en prendre aussi relativement aux affaires politiques de ce pays.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'n 286.

1247. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que le citoyen Michonis, officier municipal, actuellement détenu à la Conciergerie, sera transféré sans délai h l'Abbaye, pour y être détenu jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 286.

1248. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur le compte qui lui a été rendu des raisons de la résidence acluelle d'Etienne Moutte, natif de Rome, dans la commune de Paris, déclarant qu'il est à sa connaissance que ce Moutte est né d'un Français qui s'était établi à Rome, qu'il a été en France, que, son éducation consommée, il y a fait encore plusieurs voyages, qu'il parait avoir toujours beaucoup aimé nos mœurs, nos usages, nos habitudes, et qu'à Rome il accueillait parfaitement tous les Français, que, ces derniers temps surtout, il s'est montré partisan fort zélé des principes qui nous régénèrent, ce qui l'a rendu suspect à son gouvernement, qu'enfin, Basseville, notre ambassadeur, qui logeait chez lui, ayant été assassiné, il a pris le parti de se soustraire à des persécutions inévilables, et B'est embtirqué avec la veuve Basseville qu'il

a accompagnée à Paris, et que, d'ailleurs, le Pape n'étant point en guerre avec la France, il en résulte que la loi sur les étrangers ainsi que celle sur les gens suspects ne lui sont pas applicables.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AP*n 286.

1249. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant qu'il sera envoyé au Comité révolutionnaire de la section de 1792 copie de deux dénonciations qui paraissent de la plus grande importance, et invitant ce Comité à faire sans délai, rue Vivienne, n° 20, la perquisition la plus exacte, saisir et arrêter tout ce qui lui paraîtra suspect, soit en dépôt ou accaparement, et tout ce qui tiendra à quelques trames contre le salut de la patrie, et à faire part au Comité du résultat de ses

opérations.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

lâiiO. — Arrêté du Comité de sûreté générale, chargeant les citoyens Azur et Perrier de lever les scellés apposés sur les papiers de François de Neufchâteau, d'apporter au Comité ceux qui pourront leur paraître suspects et de se transporter à son domicile, rue d'Enfer-Saint-Michel, n° 60, assistés du commissaire de police de la section Beaurepaire.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A N., AF*n 286.

public du Département de Paris : arrêtant, d'après la dénonciation au Comité de surveillance de la section de l'Arsenal, de l'existence, à Ecouen, d'un magasin considérable de grains, que copie en sera envoyée au Comité de sûreté générale de la Convention à l'effet d'obtenir un ordre pour prendre des mesures, vu qu'Ecouen n'est pas du Département, et chargeant de celte mission le citoyen Franchet.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de .surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81* (ano' 13B'* 20), fol. 282.

1252. — Arrêté du Comité de sûreté générale, liien informé des manœuvres qui se pratiquent dans les communes qui environnent la ville de Paris, pour en affamer les habitants par les entraves que l'on met à l'arrivage des denrées, et pour les agiter en sens contraire de la Révolution, chargeant le citoyen Philippe-Humbert Desvoyo, dont le patriotisme et les talents lui sont connus, de recueillir dans les districts de Saint-Denis et du Bourg-l'Egalité, ainsi que dans les départements de Seineet-Marne et de Seine-et-Oise, dans tous les environs de Paris et dans Paris même, tous les renseignements qu'il pourra sur les auteurs de ces machinations liberticides, lui donnant pouvoir de les faire arrêter, aussitôt qu'ils lui seront connus, de faire toutes perquisitions dans leurs meubles, papiers et effets, avec triage de tous ceux qui pourront lui paraître suspects, et d'agir en tout et sur les lieux comme officier de police de sûreté générale, en prenant toutes les mesures qu'il jugera convenables pour les contraindre, à charge d'en référer sans délai au Comité de sûreté générale.

8 septembre 1793.

Extrait (iu registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 286.

12S3. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite tous ses frères d'armes, lorsqu'ils sont de service, soit en patrouille, soit au corps de garde, à se conduire avec décence, comme des républicains doivent le faire. « Un citoyen de service, observe Hanriol, n'est plus à lui, il esta la chose publique, il est pour maintenir la sûreté des personnes et des propriétés, il est à la réquisition des magistrats du peuple, il est hors de chez lui pour surveiller tous les méchants qui voudraient troubler la société. Quant on est de service, il faut de l'accord, de la prudence, de l'union, de la fraternité, de l'amour pour le bon ordre et de l'attachement pour sa patrie. »

L'ordre dujour annonce le départ, le jour même, de deux convois d'artillerie, l'un pour Saumur et l'autre pour Strasbourg.

Toutes les réserves seront de 100 hommes par section et très complètes, le service des barrières à l'ordinaire, jeudi, exercice général des canonniers.

9 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF'V 1470, BD3 76.

1254. — Arrêté au Comité de sûreté générale, sur les réclamations sans nombre qui lui viennent de toutes parts pour obtenir lies permissions de voir dans les maisons d'arrêt les citoyens qui y sont renfermés comme suspects, voulant allier les principes d'une forte justice avec les lois de l'humanité, enjoignant aux concierges des différentes maisons de détention de Paris, de laisser entrer toute personne qui se présentera avec un permis du Comité, à la charge par lui et sous sa responsabilité de ne laisser entrer que 10 personnes à la fois et de leur permettre de ne rester qu'une demie heure au plus avec ceux que les citoyens ou citoyennes viennent visiter, et décidant d'envoyer une expédition du présent ordre à tous les concierges des maisons d'arrêt pour avoir à s'y conformer littéralement.

9 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 286.

1255. — Arrêté du Comité de sûreté générale, après avoir délibéré sur les renseignements qui lui ont été donnés par le général Ilanriot, commandant général de la force armée de Paris, décidant, comme mesure de sûreté générale, que le citoyen Monnin, aide de camp, est autorisé à se transporter sans délai àNogent-sur-Marne et dans les environs pour y arrêter le citoyen Duperreux, membre de l'état-major de Custine, ainsi que les particuliers qui sembleront lui être associés, à perquisitionner dans ses papiers et à apporter ceux qui lui paraîtront suspects.

9 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*1I 286..

1256. — Rapport de l'observateur Le Harivel, faisant connaître que depuis 2 jours

l'un a du pain assez facilement dans la Chaussée d'Anlin et dans plusieurs autres quartiers de Paiis ; qu'il y a toujours des marchands d'or et d'argent sur le perron du Palais de l'Egalité.

Dans les divers groupes des Tuileries et de quelques autres places publiques le peuple s'entretenait des voitures d'or et d'argent arrivées aujourd'hui au Trésor national, des événements de Toulon, de la submersion des environs de Dunkerque, et se plaignait assez vivement de la cherté de toutes les denrées de première nécessité.

Tout a été parfaitement tranquille au Gros-Caillou, les tabagies et autres lieux publics ont constamment retenti des cris de: Vive la Nation! Vive la République, une et indivisible !

9 septembre 1703.

Original signé, A. N., F^ 3ti88'.

1257. — Rapport de l'observateur Béraud, donnant les renseignements suivants :

1° Le rendez-vous des acheteurs d'argent est toujours sous les colonnes du jardin de l'Egalité devant le spectacle de la citoyenne Montansier.

2" Un certain Baron, ancien officier de la marine, du port de Rochefort, émigré vers la fin de 1791, se trouvait il y a quelque temps à Paris.

3° Ce matin, devant la Trésorerie nationale, des quidams bien vêtus, regardant les charrettes d'argent qui venaient d'arriver, disaient : « Bon, voici de quoi faire d'autres Sans-culottes, j'espère que nous en ferons comme les autres, que nous les escamoterons. )i Ces mômes parlaient des prisonniers transférés celte nuit de la Force à Bicêtre, et disaient assez haut : « Ils ne souffriront pas longtemps, le bon sens, la raison ordonnent qu'on les délivre. »

4'" Le pain, dans la section du Temple et aux environs, s'est distribué sans tumulte et chacun en a eu librement sa part.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N., V 3688'.

1258. — Rapport de l'observateur Roubaud, signalant les faits suivants :

J° Les limonadiers, boulangers et vendeurs de comestibles au détail reçoivent assez communément des gros sols en métal pour appoint et rendent en échange des bons en carton imprimé d'un ou plusieurs sols, ce qui leur permet d'accaparer toute la masse des gros sols métal, qui sont très rares, tant à Paris que dans les départements, sans compter que les fripons peuvent contrefaire ces bons.

2° Il est arrivé aujourd'hui cinq ou six voitures d'or et d'argent de Lille, provenant de l'argenterie des églises de Belgique, échappée au traître Dumouriez ; il conviendrait peut-être d'éclaii-er le peuple sur ce point.

3" Les agioteurs de la ci-devant Bourse sont atterrés et retirent leurs fonds, excepté ceux qui font valoir chez les préteurs à la petite semaine. La licence de cette usure est à un tel point, que le prêteur tire 200 0/0 d'intérêt, avec les mains nanties, la caisse des pauvres, le Mont-de-Piété doit en souffrir.

4» Les administrations des armées fourmillent d'employés jeunes ei ignorants, de prêtres réfractaires, d'émigrés et de nobles.

Ti" On se plaint de la disette des grains et farines, depuis que l'on est en révolution et que l'on a des administrateurs des Subsistances. Les boulangers et greneliers nous servaient avant avec abondance et gagnaient avec nous ce que MM. les administrateurs gagnent aujourd'hui ; les boulangers font bien de ne pas vouloir partager le gâteau avec ces Messieurs, qui n'ont que la peine de ramasser leurs profils.

C° Si le général do Kellermanii est vrai républicain, une partie de son état-major ne l'est pas, et encore moins son fils, à qui j'ai souvent entendu tenir des propos inciviques.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N.,F'' 3688^

1259. — Rapport de l'observateur Rolia donnant les indications suivantes :

1" Plusieurs sections ne s'acquittant pas envers les volontaires partis pour la Vendée de leurs promesses de haule paye et de

pensions à leurs mères, femmes et enfants, en reçoivent journellement des lettres où ils les menacent d'abandonner leurs drapeaux, et plusieurs sont revenus.

2" Des agitateurs se glissent dans les groupes et attendent les ouvriers revenant de leurs travaux pour les exciter à se porter vers la Commune, afin de la forcer, d'après le décret, de taxer le bois et le charbon; ils se mettront, disent-ils, à leur têle pour se porter en niasse à la Convention et l'obliger les armes à la main à taxer tous les comestibles. Le bois le plus commun se vend presque aussi cher que se vendait jadis le bois de première qualité, le charbon vaut 20 sols le boisseau, tandis que de tout temps il n'en a valu que 9.

3° Les bouchers vexent horriblement le peuple, ils mettent plusieurs prix à leur viande, vendent la première qualité 24 à 26 sols, la seconde 20 à 22 sols, encore vous injurient-ils, si vous leur faites quelques représentations, c'est à prendre ou à laisser.

4° Les savons, les huiles, la chandelle augmentent de jour en jour, le savon vaut 3 1. 10 s. chez les épiciers, l'huile 2 1.10 s., la chandelle 2 1. 4 s. Tous ces objets inquiètent, agitent le peuple.

8° Les traiteurs et restaurateurs accaparent,de nuit, le charbon, la veille àlOh. t/2, une vingtaine de femmes en ont arrêté une charrette devant le calé Goddet sur le boulevard du Temple, une émeute a eu lieu, car elles ne voulaient écouter personne, pas même la garde.

G" Les habitants de Suresnes viennent chercher leur pain à Paris, la municipalité, parait-il, garde ses subsistances pour l'hiver prochain, cependant, malgré cela, le pain abonde.

1" La proclamation de la loi réquisitoriale pour la levée de la première classe s'est fuite, la veille, dans toute la section du Temple, le peuple restait muet. Il y a de grandes mesures à prendre pour la formation des bataillons de la première classe, quantité de jeunes clercs d'avoués, commis, employés, disent qu'ils iront de l'autre côté, dès qu'ils trouveront jour, on fera bien de ne pas les faire camper.

8" Hier, vers les 9 heures du soir, un jeune homme, passant sur les boulevards, se plaignait à un autre d'avoir perdu sa carte de sûreté, celui-ci lui répondit : « Viens au Palais-ttoyal, je t'en ferai avoir une, la boutique est toujours ouverte. »

9 septembre 1793.

Original non signé, A. JV., F' 3688^

1260. — Tableau de la situation de Paris, par l'observateur Rousseville :

1° Durant la nuit, plusieurs visites et arrestations domiciliaires se sont faites sans bruit, ni résistance, à la grande joie de ceux du peuple qui revenaient des guinguettes, en voyant les nombreuses patrouilles qui faisaient ces petites expéditions patriotiques, le millionnaire Bidermanu est parmi les détenus. L'on a transporté également un grand nombre de prisonniers de la Force à Bicêtre, à l'aide de 130 fiacres.

2° Le pain était abondant ce mutin chez les boulangers, ce qui a fourni à Rousseville l'occasion de dire dans les groupes pendant la journée que l'on s'apercevait déjà que les aristocrates avaient peur.

3° Sur les midi, le Palais d'Egalité s'est, comme à l'ordinaire, rempli de quantité d'agioteurs, de marchands d'urgent et de petits freluquets à rosettes et à petits souliers; on se proposait de leur tomber dessus, mais des employés de la Police ayant dit qu'il ne fallait pas les inquiéler mal à propos, parce qu'on méditait contre eux une expédition générale sous peu de jours, l'affaire fut ajournée, ce qui n'empêcha pas une vingtaine de jeunes patriotes de gratifier plusieurs marchands d'argent de coups de bâton.

4° Les fédéralistes et autres ennemis du bien public travaillent fortement le Faubourg Saint-Antoine, et l'indisposent contre Léonard Bourdon, qu'ils accusent d'avoir mal parlé des Vainqueurs de la Bastille; ces agitateurs, non contents de verser leurs poisons dans les ateliers et maisons particulières, osent se montrer dans les sections.

B^Les sections contiiiuentle recensement de la première classe et poursuivent les

jeunes gens qui passent d'une section à une autre pour s'y soustraire.

6°Rousseville énumère les diverses motions et dénonciations faites aux Jacobins, notamment contre Lecointre,de Versailles, et la belle-mère de Pétion.

7» Le même observateur signale comme étant à surveiller le café au carrefour et dans le haut de la rue Saint-Benoît, à l'enseigne de Louis XV f, protecteur de la garde nationale parisienne, les habitués sont des marchands de sucre et d'autres d'aussi mauvais aloi, quand Rousseville y entre, il se fait un petit sifflement et un grand silence. Il regarde aussi comme suspecte la maison dite le Petit-Luxembourg, au bout des Champs-Elysées, qui est inhabitée et où entrent beaucoup de Messieurs, elle a un jardin qui serait aussi propre aux complots politiques qu'aux secrets de l'amour.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N., V 36883.

1261. — Rapport de l'observateur Soulel, signalant les faits suivants :

1° Il y a dans les environs de Paris, notamment à Saint-Denis et au Bourg-l'Egalité, des individus qui entravent l'arrivage des provisions.

2» Sur les 2 heures, il y avait, dans la Maison de l'Egalité, une infinité d'agioteurs, qui ont été chassés et frappés par des patriotes. Plusieurs suspects ont été arrêtés dans le jardin des Tuileries.

3° Le pain n'a pas manqué aujourd'hui, le peuple a paru assez tranquillisé sur les subsistances, et revient beaucoup sur la conduite du maire de Paris.

4° On prétend qu'il y a dans la maison des Filles-Sainl-Thonias des ballots remplis d'effets, destinés aux ennemis.

5° On dénonce le nommé D'Ardeville, père, rue Mercière, n° 10, qui sort de chez lui tous les malins, enlre 6 et 7 heures, avec un registre sous son bras, et va chez, un ancien évêque ou archevêque, rue Coquillière, il tient souvent des propos aristocratiques. Il y a des rassemblements d'aristocrales chez l'apothicaire du ci-devant Monsieur, place des Piques. Au-dessus du

café de Foy, Maison de l'Egalité, il y a un club d'aristocrates.

6° Le bruit court que dans le département du Gers se fomente un complot contrerévolutionnaire.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N., F' 3688^.

1262. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° sur la demande d'un individu, qui s'est dit se nommer Debar, ex capitaine aux gardesfrcnçaises, puis brigadier des armées du Roi, à l'effet d'être autorisé à voir, aux Madelonnettes, l'ex ministre La Tour-du- Pin, sa mise ayant paru affectée, dans la crainte qu'il ne soit très suspect, décidant son renvoi par devant le Comité révolutionnaire de la section de la Montagne, qui reste chargé de visiter ses papiers, d'en rendre compte au Comité, ainsi que de l'opinion qu'il a sur son compte, pour prendre ensuite des mesures ultérieures; 2° chargeant les citoyens Chéry et Dedouvres de se rendre au Directoire du Département, d'y présenter le compte de l'emploi de la somme de 14,851 livres 16 sols, donnée au Comité par le Département, le 17 juin précédent, et de demander la somme de i;i,000 livres pour les dépenses urgentes déjà faites et à venir; 3» décidant l'envoi à l'Assemblée générale de la section des Gravilliers du procès-verbal de la séance extraordinaire des Jacobins, réunis aux commissaires des 48 sections ; 4° chargeant le citoyen Marchand de rédiger une adresse à la Convention, tendant à demander que les cautions exigées de ceux qui obtiennent des places soient supprimées, en se basant sur ce que cette mesure tend à exclure des places les véritables Sans-culottes et qu'elles ne sont accessibles qu'aux riches, qui ont la faculté de caulionner pécuniairement.

9 septembre 1793, malin.

Extrait du rejjistre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BC3 81* (anc. BB" 20), fol. 283-285.

1263. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1° annonçant qu'une députation de la section Molière et La Fontaine est venue faire part

^H aux arrestations opérées depuis quelques ^B. jours, et a dit que l'adminislralion de Po- ^*^ lice renvoyait trop légèrement des individus, sans prendre le temps d'approfondir l'examen de leurs affaires, et a demandé l'avis du Comité, lequel a déclaré ne rien pouvoir statuer, et invité la section cl même tout citoyen, qui aurait une certitude de ces faits, de les dénoncer par écrit, et qu'ensuite il prendrait les mesures convenables; 2° à la suile de l'interrogatoire du citoyen Debar et de la citoyenne Fresque, femme du sieur Debar, capitaine de vaisseau, sa parente, d'après le rapport du Comité de surveillance de la section de la Montagne, qui dit que ce citoyen est noi toirement suspecté d'incivisme, qu'il en a imposé à la Commune, lorsqu'il a déclaré avoir perdu sa croix de Saint-Louis et ses ; titres, cette croix ayant été retrouvée chez lui, arrêtant que, vu les circonstances et l'opinion de sa section, il sera incarcéré aux Madelonnettes, considérant encore que toutes les réponses de la citoyenne Debar sont très spécieuses et contradictoires, qu'une femme aussi artificieuse ne peut avoir que des principes contre-révolutionnaires et doit conséquemrnent être mise au rang des gens très suspects, ar-

(rêtanl qu'elle sera conduite à Sainte-Pélagie ; 3° agréant l'hommage, par le citoyen Prudhomme, d'une brochure intitulée :

les Crimes des empereurs d'Allemagne, et chargeant le citoyen Harny d'en faire un rapport.

9 septembre 1793, soir.

Extrait du regi-<tre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., DB3 81A (anc' BC" 20), fol. 285-287.

1264. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ, ce jour, d'un convoi d'artillerie pour Arras, et que l'exercice général des canonniers n'aura lieu que dimanche prochain.

Le Commandant général invite l'officier de la garde des prisonniers du Luxembourg à ne pas laisser entrer de force armée auprès des prisonniers, sans s'assurer si leur mission est signée des autorités constituées. L'avant-veille, un brigadier

le da gendarmerie des tribunaux, avec 4 gendarmes, s'est permis d'entrer auprès des détenus, sans avoir exhibé son ordre à l'officier de garde ; cette manière de se comporter est très incivique, et le Commandant général est bien aise de rappeler aux militaires soldés, qui ne respectent pas la garde bourgeoise et non soldée, qu'elle a des droits sur eux comme sur tous les autres citoyens, lorsqu'ils manquent à la société, dont ils sont, pendant leur service, les soutiens et les défenseurs.

Les réserves toujours de 200 hommes, les patrouilles fréquentes et la môme surveillance aux barrières.

D'après les rapports de la force armée, une femme, blessée et sans connaissance, au coin des rues du Théâtre-Français et de Saint-André-des-Arts, a été conduite par la garde à l'Hôtel-Dieu, par ordre du commissaire de la section du Théâtre-Français. L'auteur du délit s'est sauvé.

Les mômes rapports signalent l'arrestation, à la Maison d'Egalité, d'un citoyen déguisé, ayant 2 cartes civiques et une perruque sur ses cheveux, qui a été conduit à la Force.

10 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF'V 1470, DB3 76.

1263. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que l'on a pourchassé les marchands d'or et d'argent du Palais ci-devant Royal, et qu'on leur a promis de les houspiller demain, s'ils y remontrent leur nez; que le pain s'est très facilement distribué dans le quartier de la Chausséed'Antin, et qu'on n'a môme entendu aucune réclamation ou plainte à cet égaid, dans d'autres quartiers; ajoutant que la tranquillité n'a point été altérée dans le Faubourg Saint-Denis, non plus que sur les boulevards, depuis la porte Saint-IIonoré jusqu'à leur extrémité, que les cafés et buvettes ont été également tranquilles.

10 septembre 1793.

Original signé, A. N., F' 3688^.

1266. — Observations du citoyen Rolin, dans lesquelles il signale la présence, à

Paris, du citoyen Demayer, ex lieutenant au 103" régiment, actuellement capitaine» qui passe son temps dans l'oisiveté, il dé" nonce un Anglais, pensionnaire à l'hospice de Saint- Maurice -Charenton (ci-de^ vant la Charité), en relations avec des individus de Paris, également un nommé Grobert, ci-devant de Grober, à la tête d'une manufacture de canons à Meulan !

il mentionne l'arrestation d'un accapareur de charbon, qu'il vendait 12 livres le sac, après l'avoir acheté à Choisy à b livres 15; ce charbon a été vendu'6 livres le sac par le Comité de la section Beaurepaire, au profit de ses membres, qui ont presque tout acheté.

D'après Rolin, plusieurs groupes se plaignaient de la cherté des denrées de première nécessité, les marchands sont accusés d'être pour la plupart des brigands, souvent ce qui vaut b sols à midi, se vend 10 sols à 2 heures, Rolia indique le prix de ces denrées : le veau se vend de 24 à 28 sols, le sucre 5 1. 10 s., le café 4 1. 10 s. et 5, les haricots secs 1 1. le litron, les lentilles 1 1.4 s., les œufs 21. 10 s. le quarteron, la chandelle 21. 10 s. la livre, l'huile (passable) 3 1. la livre, le tabac 48 s., 3 1. et 4 1. la livre, le cuir hors de prix, et souvent il se vend des prix fous chez les débitants.

10 septembre 1793.

Original non signé, A. N., V 3688^.

1267. — Rapport de l'observateur Soulet, faisant connaître les bruits en circulation, d'après lesquels on aurait été battu par les brigands de la Vendée; le bruit court également que l'armée révolutionnaire, aussitôt organisée, désarmera tous les citoyens indistinctement et se portera ensuite aux prisons pour juger et expédier les prisonniers. Ce prétendu désarmement fait murmurer une infinité de citoyens, qui disent que leurs armes leur appartiennent et qu'ils ne les remettront pas.

Entre une et 2 heures du matin, les agioteurs ont été surpris dans la Maison de l'Egalité, quelques-uns frappés et une vingtaine arrêtés.

Le commerce d'argent, principalement

avec les gens de la campagne, se fait secrètement par une femme, rue du Rempart, vis-à-vis le Théâtre de la République.

Le peuple murmurait au Tribunal révolutionnaire de ce que l'on ne jugeait pas Brissot et C'°, mais il est tranquille sur les subsistances.

Les patrouilles se succèdent, ce jour, dans Paris, notamment dans la Maison de l'Egalité et rue Saint-Martin.

Le café Lamiral, rue Neuve-des-Petits- Charaps, est rempli d'aristocrates; tous les soirs, on y lit l'infâme journal : l'Observateur de l'Europe, journal qui se vend publiquement sur les 8 heures du soir, au perron et dans la Maison de l'Egalité ; le bureau d'abonnement est rue des Boucheries-Saint-Honoré, n" 20.

L'observateur a aperçu, dans les Tuileries, plusieurs individus qui lui ont paru soudoyés par les ennemis publics, l'un d'eux, âgé d'environ 45 ans, vêtu d'un habit rouge, ayant la tournure d'un domestique; ces individus jouent un rôle suivant les circonstances.

10 septembre 1793.

Original signé, A. N.,F'' 3688».

1268. — Arrêté du Comité de sûreté générale, considérant qu'il existe, à Paris, une foule de gens suspects et d'émigrés, qui, après avoir porté les armes contre leur patrie, y sont rentrés pour exciter des troubles et dissensions, que ces hommes coupables ont pour complices de leurs attentats la classe des marchands d'argent, des agioteurs et des accapareurs, considérant qu'il est indispensable pour la sûreté publique de poursuivre et de saisir ces hommes criminels, ainsi que les officiers et déserteurs, qui ont lâchement abandonné leurs drapeaux, pour venir exciter des troubles dans l'intérieur de la République, autorisant le citoyen Boy à arrêter les émigrés, les agioteurs, les accapareurs, les marchands d'argent, ainsi que les officiers qui sont à Paris contre le vœu de la loi et sans congé du ministre de la guerre, et les déserteurs des différents régiments, et le chargeant expressément de se faire assister d'un commissaire de police ou d'un juge de paix,

lorsqu'il sera obligé d'entrer dans quelque maison pour procéder à quelque arrestation.

10 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A.N., AF*n 286.

1269. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° instruit que la supérieure ou générale de la maison de charité, située rue du Faubourg-Saint-Denis, en face de la mai.son de Saint-Lazare, est très aristocratique, qu'elle corrompt l'esprit des autres sœurs de ladite maison, décidant que le Comité de surveillance de la section du Faubourgdu-Nord examinera les papiers de cette supérieure, apposera les scellés, s'il y a lieu, la mettra en état d'arrestation, s'il le juge nécessaire, et, dans le cas contraire, en instruira le Comité avant de lui rendre la liberté ; ordonnant que le Comité de surveillance de ladite section fera la même perquisition chez les autres femmes qui sont à la tôle de ladite maison, et se conduira à leur égard, ainsi qu'il vient d'être dit, en ayant soin cependant dç se conduire de manière que le service des malades n'en souffre point ; 2» décidant que le Comité de surveillance de la section de Popincourt fera la perquisition la plus scrupuleuse dans les papiers du citoyen Dupolet, tenant une maison d'éducation, en statuant ce qu'il croira nécessaire, et, dans le cas où cette maison ne serait pas située dans la section de Popincourt, l'invitant à renvoyer le présent arrêté à la section dans l'arrondissement de laquelle se trouvera cette maison ; 3» arrêtant que la Commission inspectante des Postes sera, ce jour, totalement supprimée ; 4» recevant le rapport des citoyens Lécrivain et Moissard, chargés de faire une visite dans la maison du citoyen Courtier, laboureur et fermier de Morville, près la Courneuve, soupçonné de laisser gâter du foin et de refuser de vendre le superflu du grain qu'il a récolté; un autre rapport des mêmes commissaires sur la pétition du citoyen Pin, qui a établi une manufacture d'armes dans la commune de la Courneuve, à l'effet d'obtenir de la Commission des armes des ouvriers qui

sont à la caserne des Marseillais, et envoyant copie de cette pétition au Comité de salut public de la Convention, au ministre de la guerre et au citoyen Dupin, chef de ses bureaux ; 5° déclarant que, surchargé d'affaires et ne pouvant donner toute son attention à des arrestations, dont surtout les procès-verbaux ne sont pas motivés, et que, quoiqu'il soit bien convaincu que le citoyen Malaret, arrêté par le Comité de surveillance de la section de Bon-Conseil, ne l'a été que parce qu'il était réellement suspect, invitant ce Comité à interroger de nouveau le citoyen Malaret et à envoyer un procès-verbal d'interrogatoire mieux motivé que celui adressé au Comité ; 6» voulant conserver sa confiance au citoyen Chéry, l'un de ses membres, s'il l'a méritée, mais aussi voulant se convaincre qu'il est coupable, s'il y a des preuves, décidant que le Comité de surveillance et civil, le commissaire de police de la section du Contrat-Social se rendront, demain matin, au Comité, qu'ils n'ommeront entre eux, deux citoyens pour parler successivement contre et en faveur dudit Chéry, et après les avoir contradictoirement entendus, le Comité fixera son jugement sur ledit Chéry.

10 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BU3 81* (anc« BB'* 20), fol. 288-291.

1270. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite les sections à délivrer, d'après la loi, des certificats de civisme aux canonniers; il invite également ses concitoyens à conserver la même activité, et constate que le service général, celui des barrières et des patrouilles, s'est fait avec beaucoup d'exactitude. Le Commandant général prie aussi ses frères des Comités des sections de lui envoyer la liste des citoyens destinés à l'armée révolutionnaire.

Les réserves et patrouilles toujours les mêmes, et toujours la même surveillance.

1 1 septembre 1793.

Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), .4. N., AFïv 1470, BB» 76.

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