CHAPITRE I
Egalité, mais ces papiers furent enlevés, lorsqu'on cernaune première fois le jardin. Au môme jardin, du n° 1 au n° 9 ou 10, il y a un club d'arislocrates, et l'on y joue à des jeux prohibés.
22 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688'.
1385. — Observations du citoyen Rolin, suivant lesquelles il reproche aux prêtres de n'être constitulionnels que de nom, et déclare que, sur les 32 curés de Paris, il en dénonce au moins 30 à l'opinion publique; aucun d'eux n'a voulu recevoir un jeune prêtre qui se présentait en qualité de vicaire, quoiqu'ils en eussent cependant un pressant besoin, le curé do Sainte-Geneviève l'a même chassé ignominieusement, lui imputant comme principal grief d'avoir reçu les ordres d'un évêque, qui allait se marier et l'était peut-être déjà. Rolin dénonce un certain La Bastide, ancien secrétaire du comte du Breuil, vivant àSartrouville et venant quelquefois àParis, où il loge rue Saint-Dominique, à l'hôtel de la comtesse du Breuil.
22 septembre 1793.
Original non signé, A. A'., F' 3li88^
1386. — Rapport de l'observateur Panotier, qui déclare être entré dans plusieurs temples remplis de monde, fort tranquille, et où il n'a entendu que la louange de Dieu, à la Halle, où le peuple, également calme, élait très satisfait du décret relatif aux cocardes, dans six spectacles, très fréquentés, où dans les eiitr'aclcs se chantaient des chansons patriotiques, notamment dans le Spectacle Moiitansier, où il a remarqué un ballet patriotique, qui a fait grand plaisir aux spectateurs et a été très applaudi.
22 septembre 1793.
Original signé, A. A'., F' 3688^.
1387. — Rapport de l'observateur Roubaud, dénonçant : 1° le nommé Helasisa, juif, de Bordeaux, chassé des Jacobins depuis deux aus pour son incivisme, affectant puliliiiuemcnt et très haut des opiaions républicaines et jouant un rôle suspect, fréquentant le Café de Chartres, au Palais
Egalité, où il fait assez de dépenses; 1° le sieur Spoline, très suspect, détenu depuis peu, qui faisait un commerce de femmes et d'argent avec le banquier Grenus, très lié avec les capitalistes hollandais; 3° le marquis d'Aoust, capitaine de vaisseau, très aristocrate, possédant bO,000 livres de rente, lequel, pour .se mettre à l'abri, s'est fait secrétaire du député Rovère, dont il passe pour être le cousin.
22 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 36883.
1388. — Rapport de l'observateur Rousseville, déclarant que : 1° le pain n'a pas plus manqué que les jours précédents, et cependant que la foule était plus grande, sans doute parce que chacun voulait en avoir du matin, afin de se promener plus tranquille le reste de la journée, le temps ne paraissant pas devoir être aussi mauvais; 2° les motions des Tuileries étaient pour la taxe de toutes les denrées, surtout du vin et du cuir, qui augmentent tous les jours; 3° les malveillants ont encore cherché à occasionner quelque bruit, place de la Révolution, au sujet des cocardes portées par les femmes, mais les patriotes les ont déjoués; 4° l'esprit des cafés, qui étaient pleins à cause du mauvais ten>ps, était en général assez bon ; le Café Français, au coin de la rue Poissonnière, ne lui a point paru dans d'aussi bonnes dispositions, il était, comme les autres jours, rempli déjeunes gens et de quelques vieux aristocrates, qui parlaient avec satisfaction du retour de la section de.s Gravilliers; 5° des femmes révolutionnaires de la Société, séante au Charnier des Innocents, sont venues, la veille, en députation à la section de la Croix-Rouge, se plaignant de ce qu'on voulait les arrêter, et demandant la responsabilité des minisires, l'organisation des 4 tribunaux révolutionnaires, le jugement des aristocrates dans les 24 heures, le supplice d'Antoinette, de Brissol, etc. dans la semaine, la taxe de toutes les denrées à l'usage du peuple, et la nomination d'un Comité ccnlral, compose de dcpiilcs de toutes les sections. Quelques p;irliculicrs ont aussi demandé qu'on fit une pétition à la Convention, afin d'obtenir que
les sections puissent se réunir à volonté, mais cette motion a été rejetée comme dangereuse et aristocrate.
Roussevilie dénonce les propos inciviques tenus par un nommé Cousin, au Blancmesnil, près du Bourget, qui a dit no plus vouloir de l'appellation surannée de citoyen, et qu'avant peu reviendraient les princes.
22 septembre 1793.
Original signé, A. N., i'^ 3688^.
1389. — Arrêté du Comité de sûreté générale, considérant qu'un chirurgienaccoucheur est un homme utile, et qu'un cheval est absolument nécessaire pour l'exercice de sa profession, surtout lorsque le chirurgien est d'un certain âge, décidant que le citoyen Viguier, chirurgien-accoucheur, âgé de 60 ans, section du Faubourg-duNord, est en droit d'avoir un cheval, et que celui qui a été saisi par la Commission des chevaux, établie au Palais Bourbon, lui sera rendu.
22 septembre 1793.
Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'il 28G.
1390. — Arrêté du Comité de sûreté générale, invitant les administraleurs du Département de Police à s'informer si, pour la surveillance de la citoyenne Larive, une garde aussi nombreuse que celle que sa section a mise auprès d'elle est nécessaire, et à vouUiir bien veiller à ce que les citoyens composant celte garde se comportent avec les égards d'honnêteté qui doivent être employés vig-à-vis des personnes qui se soumettent à la loi.
22 septembre 1793.
Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'il 28G.
1391. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1» d'après une lettre du citoyen Lulier, procureur général syndic du Département de Paris, chargeant les citoyens Guigucs et Lécrivain de lever les scellés apposés au domicile du sieur Guillaume, rue de Buci, et d'en distraire les papiers appartenant aux clients, de même les citoyens Franchet et Lécrivain de lever les scellés apposés à
Montrouge; 2» décidant la nomination d'une Commission inspectante de la Poste aux lettres pour l'examen des journaux seulement, à raison de 6 livres par jour pour les honoraires de chacun de ses membres, qui sont les sieurs Payen-Deslauriers, Molière et Lebrun; 3» donnant mandat au citoyen Fournerot, à l'eflet de se transporter chez le citoyen Dorival, ex-hermite, actuellement fabricant de toiles, cloître Saint-Benoit, dénoncé comme très suspect par le Comité de surveillance de la section do l'Observatoire, pour faire inspection de ses papiers, apporter ceux qui paraîtront suspects et l'amener au Comité; 4° transmettant au Comité do salut public du département d'Eure-et-Loir une dénonciation contre un ex-président des Comptes, le citoyen de Meslay, propriétaire d'une terre de ce nom, à deux heures de Chartres, où se rassemblent des aristocrates, au nombre desquels se trouve un ex-chanoine de l'église de Chartres, qu'on dit non assermenté, afin de prendre toutes les mesures qu'exige le salut public,
22 septembre 1793, matin et soir.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, ^. JV., BB3 81-^ (anc' BB'* 20), fol. 331-333.
1392. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, portant que, d'après un arrêté de la Commune, les patrouilles de nuit vérifieront, îi partir de 11 heures 1/2 du soir, les cartes des citoyens et arrêteront tous ceux qui en seront dépourvus; que tous les citoyens qui se sont enrôlés dans les canonniers, postérieurement au décret de la réquisition, ne pourront faire partie des compagnies actuelles; les capitaines et sergent.s-majors des canonniers, après la censure des Assemblées générales des sections, prendront, de chaque citoyen enrôlé, le nom, l'âge, la demeure, la section ou le département, et le lieu de naissance, signaleront la durée de leur service et leur dévouement à la chose publique, et signeront au bas de l'enrôlement. Le capitaine et les officiers commenceront à donner l'exemple.
Dans cet ordre, le Commandant général déclare que, tous les jours, il reçoit avec
douleur des plaintes de ses frères d'armes de garde aux barrières, à raison de leur malaise et de leur peu de commodité pour y faire le service, ajoutant qu'il a écrit plusieurs fois à l'administration des Travaux publics à ce sujet, que si, celte semaine, toutes les petites réparations ne sont pas faites, il se joindra à ses frères d'armes, qui ont un peu de connaissances en maçonnerie, qu'il mettra lui-même la main à l'ouvrage, qu'on ramassera les pierres, on fera venir quelques sacs de plâtre, on bouchera les ouvertures des petits édifices, ne laissant que ce qui sera nécessaire pour le service et recevoir la lumière.
Le service s'est très bien fait cette nuit, fréquentes patrouilles, mêmes réserves et même surveillance.
D'après les rapports de la force armée, la section du Mail se trouvait, le 22, en armes sur la place des Victoires nationales, pour la réception des nouveaux offlciers, le fusil d'un des citoyens, s'amusant à faire l'exercice, est parti; par suite de l'explosion, plusieurs chevaux des charrois des armées, sur cette place, se sont emballés, ont blessé grièvement un canonnier et brisé plusieurs chariots.
23 septembre 1793.
Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Elat-maior général (2 pièces), A. N., AFiv 1470, BU3 76.
1393. — Rapport de l'observateur La Tour-La Montagne, rendant compte des faits suivants :
i" Le calme le plus profond règne dans Paris, et l'esprit excellent qui anime le peuple a déconcerté un peu les malveillants, ils cherchent à faire agir de nouveaux ressorts, ils laissent le pain et la cocarde pour ne s'occuper que des muscadins, ils veulent les rendre suspects aux Sans-culoltes, et, partageant les citoyens en deux classes, ils se llattent de les armer les uns contre les autres.
2° L'Observateur Sans-culotte, à qui cette manœuvre perfide n'a pas échappé, l'a combattue avec son éloquence ordinaire; sa feuille devient de jour en jour plus intéressante, sa lecture en famille, au dire d'un Sans-culotte, serait plus utile que
celle de l'Ancien Testament et le serait encore davantage, si chacun pouvait l'emporter chez soi, la saison ne permettant plus de lire au coin des rues.
3° Des canonniers en réquisition de divers quartiers, en vertu de la loi qui les autorise à entrer dans tous les bataillons, se sont concertés et se sont enrôlés dans la section des Gravilliers, au nombre d'environ 76. Ils ont formé leur élat-major et se sont déjà casernes à Courbevoie. Ce sont presque tous des fils de ci-devant nobles ou de riches bourgeois, le peu de Sans-culoltes qu'ils n'ont pu s'empêcher d'admettre a été écarté des places. Ces jeunes gens tiennent des propos très inciviques, ils font du bruit et commettent des dégâts à Courbevoie.
4° Un abus que dénonce l'observateur La Tour-La Monlagne, abus qui peut avoir les suites les plus funestes, c'est la facilité avec laquelle on pénètre dans les prisons, surtout à la Force, celui peut-être de tous les lieux de détention qui mérite le plus d'être surveillé. L'on obtient aisément des permissions pour y entrer, et, en outre, les guichetiers et les gendarmes n'ont pas, à ce que l'on prétend, toute la sévérité, ni mêjne l'intégrité qu'exige leur rigoureux ministère.
5° L'on exécute fort mal la loi qui ordonne que les noms des citoyens seront inscrits sur les portes des maisons qu'ils occupent. La plupart de ces écriteaux sont, ou enlevés, ou placés à une hauteur qui ne permet pas de les lire ; il serait cependant fort utile que cette loi reçût son entière exécution, on découvrirait par ce moyen ceux qui changent de quartier pour se soustraire aux recherches. Ces listes peuvent, d'ailleurs, fournir d'utiles renseignements, et il serait à souhaiter que chaque commissaire les lût avec soin dans son arrondissement.
23 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 3688^
1394. — Rapport de l'observateur Monic, donnant les renseignements suivants :
1° Michonis, l'officier municipal, qui facilita l'entrée à l'aristocrate, porteur d'un œillet, avec un billet pour la femme Capet,
est visité continuellement par les aristocrates dans sa prison et par un prêtre réfraclaire.
2» Le décret, ordonnant à la Municipalité de taxer le bois et le charbon, a fait grand plaisir au public, qui voudrait que l'on taxât également la chandelle.
3° Dans le Jardin Egalité, au n» 145, il y a un jeu prohibé, fréquenté par les contre-révolutionnaires.
4° On assure que les communications entre Perpignan et Narbonne sont interceptées.
Original signé, A. JV., F^ 3688^.
1335.— Rapport de l'observateur Panetier : l" dénonçant un ancien domestique de MM. de Galonné et de Saiiit-Fargeau congédié, marchand d'argent et espion des ci-devant; 2° coiislatant, d'après une visite dans plusieurs marchés, que tout est extraordinairement cher, et que les gens de la campagne vendent leurs denrées hors de prix; 3° racontant qu'ayant assisté à l'exercice du canon, au Palais Egalité, il a vu un citoyen jeter son équipement par terre et abandonner son poste en présence de beaucoup de inonde; 4° annonçant qu'il a assisté à la représentation d'une nouvelle pièce, au Théâtre du Vaudeville, pièce d'amourettes, insignifiante; 5° déclarant qu'il y a toujours de grands rassemblements chez les boulangers, (]uoiqu'il y ait beaucoup de grains à la Halle
au Blé.
23 septembre 1793.
Original signé, A. JV., F' 3688^.
1396. — Observations du citoyen Rolin, au sujet d'une discussion provoquée au Café du Protecteur de la garde nationale, rue Taranne, par deux citoyens qui affectaient beaucoup de chagrin du départ des jeunes gens de la première réquisition, envoyés au feu sans avoir jamais manié un fusil, également au sujet de vifs débals à l'Assemblée de la section du Panthéon-Français, convoquée le lundi 23, pour se rendre en masse aux Jacobins et y fraterniser, débats causés avant le départ, par la demande de passeports par divers citoyens, que certains voulaient
refuser, au point que le président fut insulté.
D'après Rolin, les jeunes gens de la réquisition, comme de vrais républicains, paraissent tous disposés à partir.
23 septembre 1793.
Original non signé, A. N., F' 3688'.
1397. — Rapport de l'observateur Rousseville, déclarant que : 1» la difficulté d'avoir du pain n'empêche pas le peuple d'être tranquille, d'augurer bien de la guerre et de voir, sans murmurer, l'approche du départ de la première réquisition; 2° la fête de l'inauguration du buste de Marat a été célébrée avec ensemble, joie et patriotisme sur la place du Louvre; 3° les sections armées, malgré le mauvais temps, s'exercent aux Tuileries et au Luxembourg ; 4» des groupes aux Tuileries, devant le Palais révolutionnaire et la Maison commune, clairsemés en raison du mauvais temps, font des motions pour la taxe des denrées et le port du bonnet rou?:e par les hommes, la cocarde étant portée uniformément, sans aucune opposition, par les femmes; S" au Palais-Egalité, la veille au soir, se voyaient beaucoup de vendeurs d'argent, d'embaucheurs de jeux et seulement une vingtaine de muscadins; 6° chez le libraire Desenne, toujours de nombreuses réunions, où l'on parlait de Darapierre comme d'un héros sans pareil, et l'on s'étonnait qu'il y eût tant de fêtes pour Marat et aucune pour ce général, en somme l'air du bureau y est au moins Feuillantin, sinon tout à fait aristocrate ; 7» l'opinion devient de plus en plus favorable au ministre de l'intérieur; 8° On se plaint, dans le département de l'Orne, surtout ù Laigle et à Mortagne, du grand nombre des arrestations, d'après le témoignage de Desgrouas, député montagnard, et de Camus, chef de légion à Laigle, et pourtant Rousseville, qui est de ce pays, affirme que plusieurs des détenus sont contre-révolutionnaires, plus ou moins dangereux, et peut-être que parmi eux il n'y a pas un patriote.
23 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 3088'.
1398. — Rapport de l'observateur Qéraud, faisant connaître : 1» qu'au Spectacle Loiivois, l'on a Joué une pièce patriotique, et que l'on a accueilli avec enthousiasme tous les passages analogues au bien de la République, qu'il y a entendu dire que dans les maisons aristocrates et dans les jeux publics, on se servait de jeux de cartes, où les Custine, les Dumouriez figurent à la place des Rois, les Corday i la place des Reines; 2° que la première réquisilion de La Rochelle refuse de partir, sous prétexte que cette ville est une place frontière, qu'il faut bien se délier de cette ville, o(i le commerce a toujours été empoisonné d'aristocratie et arme en course; 3° d'après le récit de paysans de plusieurs villages, à 10 ou IS lieues de Paris, des courriers y auraient passé, en annonçant l'arrivée des ennemis aux portes de Paris, la fin de la Convention, et les denrées au même prix que sous l'ancien régime.
^3 septembre 1793.
Original signé, A. N., V^ 36883.
1399. — Arrêté du Comité de sûreté générale, après avoir pris communication des pièces à la charge du citoyen Etienne Carnault, prévenu d'avoir tenu des propos de nature à préjudicier aux opérations des représentants du peuple dans les départements d'Eure-et-Loir et de Seineet- Oise, et, après avoir entendu les citoyens Ronneval et Roux, représentants du peuple, sur les faits imputés audit Carnault, décidant qu'il sera mis en liberté, sous la surveillance du Comité révolutionnaire de
sa section.
23 septemlji-c 1793.
Extrait du rcgistie de.s arrêté.? généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 280.
1400. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° portant que la citoyenne Adeline, ci-dcvanl actrice du Théâtre-Italien, connu actuellement sous le litre de Théâtre d'opéracomique, suspectée d'avoir des correspondances avec l'étranger, s'est présentée au Comité, et a expliqué qu'elle ne s'est pas trouvée chez, elle, parce qu'elle était à sa maison d'Ecouen, lors de l'apposition des
scellés, .^ son domicile, le 18 septembre; son interrogatoire n'ayant rien révélé de suspect, les scellés seront levés et examen sera fait de ses papiers, ceux suspects seront apportés au Comité; 2" recevant la déclaration de la citoyenne propriétaire du Café des Rains chinois, boulevard de la Comédie-Italienne, qui a entendu deux inconnus, dans son café, discourir et dire que la Polignac était à Paris depuis deux mois, avec le prince de Guiche, que l'un d'eux a affirme avoir dîné avec elle, qu'elle pouvait être chez son procureur, chargé de ses intérêts relativement à une terre qu'elle possède du côté de Hordeaux ; 3° donnant mandat au citoyen Chéry d'amener, au Comité, le sieur Lerouge, rédacteur du journal, intitulé le Courrier de la Convention et de la guerre, pour répondre aux interpellations qui lui seront faites sur un article du &3 septembre 1793; 4° constatant l'entrée ^ n fonctions des citoyens Payen-Deslauriers, Molière et Lebrun, comme membres de la Commission des postes, pour l'examen des journaux; Ji" recevant le rapport de Franchct et Lécrivain, chargés de l'examen des papiers de la citoyenne Adeline, et qui n'ont rien trouvé do suspect.
23 septembre 1793, malin et soir.
Kxlrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris^ A. N., BB3 81^ (anc' BU" 20), fol. 333, 334.
1401. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel le Commandant général invite tous ses concitoyens à prendre des leçons d'exercice, alin de se familiariser avec les armes, la Patrie ayant le droit d'exiger ce léger sacrifice de tout honnête homme qui s'honore d'être républicain; il déclare que ses frères, les canonniers, doivent redoubler de zèle et d'activité, qu'il a reçu des nouvelles de l'armée des Alpes, << elles sont assez bonnes, les trois camps devant Lyon sont en très bon état, s'il n'y a pas de trahison, avec le courage de tous nos braves républicains, ce siège ne durera pas longtemps. Coulhon , br.ivo député montagnard, a fait rassembler, près de Lyon, 25,000 hommes, avec les 27,000 au-
très deg trois camps, on entourera cette ville rebello, on la mcltra, s'il le faut, en cendres, et ce serait une très grande impolitique de ne pas le l'aire, puisque, au rapport des déserteurs, on y a égorgé et fusillé les patriotes. »
Les patrouilles fréquentes, les réserves de 100 hommes et toujours la m<^me surveillance aux barrières et autour des établissem'3i)ls publics.
24 septembre 1793.
Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Elat-niajor général (2 pièces), A. N., Al'iv 1470, BB' 76.
1402. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :
1° Dans la rue du Bac, à la porte d'un boulanger, l'on a vu dans la foule do ceux qui attendaient à la porte, des individus qui poussaient.
2° On ignore la résidence actuelle de M. d'Ormesson, qui demeurait rue Pan- Iberaont, et dont la sœur habite rue des Rosiers.
3° Vers 4 heures 1/2, au Palais Egalité, se trouvèrent au moins 200 jeunes gens de la réquisition, ayant l'air de se connaître presque tous, mais, sur les 6 heures, ils se dispersèrent.
4° Dans le Marché Saint-Eustacho et autres adjacents, la tranquillité était parfaite, la plupart des femmes, sauf de rares exceptions, portaient la cocarde.
5° Dans la section des Lombards, une foule immense suivait les garçons boulangers sans ouvrage, un maître boulanger, étant venu à passer dans la rue de la Vieille-Monnaie, fut insulté, mais on ne lui fit point de mal ; rue Saint Honoré, la foule accompagnait la belle-mère de Petion à la guillotine, et le peuple avait l'air content de voir périr une royaliste do plus.
C" -Vux Tuileries, sur les 8 heures, se formèrent dans l'obscuiité, qui était épaisse, deux bandes de jeunes polissons, qui battirent tout le bois j)our en chasser les femmes débauchées, en poussant des hurlements ridicules. Rousseville, dans la crainte de scènes meurtrières qui pourraient se produire au cours de soirées obscures, conseille l'organisation de deux pa-
trouilles pour empêcher tout rassemblement et môme toute débauche, si c'était possible.
7° L'on travaille, dans les sections, organisées en sociétés populaires, à la nomination et épuration de ceux qui doivent former l'armée révolutionnaire.
8» Les préposés de la Bibliothèque nationale, rue de Richelieu, ont mis de côté tous les livres appartenant à la ci-devant Reine, sans doute pour s'en faire un mérite, en lui en faisant hommage dans le cas d'une contre-révolution, qu'apparemment ils espèrent.
24 septembre 1793.
Original signé, A. K., F' 3G883.
1403. — Rapport de l'observateur Roubaud, déclarant que : 1» la foule recommence à aflluer à la porte des boulangers, et plusieurs de la rue Montmartre n'ont pas fait de fournée faute de farine ; 2° toutes les denrées augmentent progressivement de jour à autre, le bois de gravier revient, rendu au logis, à 36 livres, le charbon au port à 10 livres, plus 3 livres pour le transport, et les charbonniers du port ne veulent pas permettre qu'on l'enlève; 3° l'on est surpris de voir le ministre de la guerre faire inspecter les hôpitaux des armées par des membres du Comité de santé, intéressés au maintien des abus qui existent à la honte de l'humanité ; 4° un certain Noël, chirurgien-major de l'armée des Alpes, destitué par les représentants Albitte et Dubois de Crancé, non sans preuves de son incivisme, puisqu'il blasphémait sans cesse contre les Montagnards, et pérorait aux Assemblées populaires dans le sens Rolandin, a osé réclamer contre les prétendues calomnies dont il se disait victime, et a fait solliciter par le représentant Amar et un autre la place de chirurgien consultant de l'armée du Nord, sa destitution, comme il le proclamait, devant constituer un titre à une meilleure place.
24 scptembie 1793.
Original signé, A. AT., FI 3C88«. .
1404. — Rapport de l'observateur Béraud:
1° annonçant l'arrivée continuelle, à Paris, de soldats de ligne, envoyés, paraît-il, par
leurs régiments sous prétexte de maladie ou toute autre cause, pour voir ce qui se passe à la Convenliou et sonder le peuple ; ils se plaignent qu'on ne parle jamais d'eux et de ce que toutes les victoires sont attribuées aux volontaires, ce qui est méprisant pour eux; 2" faisant connaître le projet des jeunes gens en réquisition de demandera la Convention l'autorisation de former un corps particulier, sous la dénomination d'dniî'-roj/a/is/es; 3° indiquant un moyen sûr de purger le Palais-Royal de toute ses impuretés, savoir, de l'entourer un soir vers 8 heures, avec certitude d'y trouver des escrocs, des espions, des souteneurs, porteurs de faux assignats ou faux papiers, qui dorment le jour ou méditent, et le soir entrent en fonctions.
24 septemlire 1793.
Original signé, A. N.,F'' 36883.
1405. — Rapport de l'observateur Dugas:
!• déclarant qu'il y a toujours des rassemblements devant la porte des boulangers, que Paris est toujours tranquille et qu'il n'y a plus de rixes au sujet de la cocarde des femmes depuis le décret qui leur enjoint de la porter; 2° rappelant l'accident survenu, le 22, à la place des Victoires-Nationales, par la maladresse d'un citoyen, qui a imprudemment lâché un coup de fusil, à la suite duquel les chevaux des charrois militaires ont pris le mors aux dents, se sont abattus à la grille des Petits-Pères et ont grièvement blessé un canoiinier; 3» mentionnant une pétition disculée la veille aux Jacobins, à l'effet d'améliorer le sort des soldats invalides, en leur donnant la môme nourriture, le même vêtement et le même couchage qu'à leurs officiers; 4» signalant également dans l'Obsenateur Sans-culollc, placardé ce jour, une sortie virulente contre les auteurs des trahisons qui, depuis 4 ans, entravent la marche de la Révolution, notamment contre un certain Michaut, qui a perdu la tête, en se voyant deux épaulettes, et qui serait le comédien du Théâtre de la République; 5» constatant que la jeunesse de la première réquisition montre la plus grande ardeur pour marcher à l'ennemi, et qu'il serait bon de ne pas la laisser long-
temps dans les casernes préparées à son intention.
24 septembre 1793.
Original signé, A. iV., F' 3688'.
1406. — Rapport de l'observateur Le Harivel, renseignant sur les faits suivants :
1° Les jeunes gens de la première réquisition, casernes à l'Ecole militaire, tiennent, paraît-il, des propos très inciviques et se proposent de passer à l'ennemi.
2» Dans le quartier de la Chaussée-d'Antin, il n'y a eu que les rassemblements habituels àtia porte des boulangers. Rien de contraire au bon ordre dans le jardin du F>alais de l'Egalité, dans tous les cafés et lieux publics, de même à la Salle des tableaux, à la Halle neuve, el sur le boulevard, du côté de la Chaussée-d'Anlin.
3» Dans les divers rassemblements causés par l'exécution qui s'est faite à 6 heures, on n'a montré que des sentiments analogues à la Révolution, soumission aux lois et aux autorités constituées.
4» Au Palais de l'Egalité, de 6 à 9 heures, des malveillants ont cherché à former des groupes, mais sans y parvenir. On s'entretenait seulement dans les cafés de la contre-révolution de Bordeaux et des moyens de réduire cette ville perfide. Les dispositions pour la taxation projetée des comestibles paraissent faire grand plaisir aux citoyens qui se plaisaient à propager cette nouvelle.
24 septembre 1793.
Original signé, A. JV., F^ 3688'.
1407. — Rapport de l'observateur Monic, dénonçant un certain Boulli, capitaine, rue de Richelieu, qui devait être arrêté comme complice de Saint-Cermain, et signalant, au Jardin Egalité, maison n° 177, un club où l'on joue et où afflue l'aristocratie, el une autre maison de jeu, même Jardin, n° 89.
24 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 3688'.
4408. — Rapport de l'observateur Mathieu Panetier, rendant compte de ce qu'il a vu la veille, d'abord le matin, dans le Faubourg Saint-Antoine, où il est entré dans une quarantaine de cafés et mar-
L'ESPRIT PUBLIC A PAttlS DE JUILLET A SEPTEMBRE 1793
chands de vins, où il a constaté tout le palriotisrae possible et mêmes rassemblements qu'ailleurs pour le pain ; dans les Champs-Elysées, l'après-midi, à la recherche d'un ancien garde d'Artois ; le soir, les Jacobins étant fermés, dans un bal où tout était tranquille. En passant au Palais de l'Egalité, à H heures du soir, il a vu une fille que l'on avait jetée par la fenêtre du 4", du côté du Café de Foy, et plusieurs marchands d'argent faisant leur commerce sous les voûtes, l'un d'eux avait plus de cent louis d'or. D'après des nouvelles apportées de Bordeaux par un courrier, l'un des amis do l'observateur, il y avait dans cette ville deux partis, qu'on pourrait ramener au calme en arrêtant beaucoup de gros négociants, mais il faudrait y envoyer des vivres, les négociants ayant accaparé toutes les denrées.
L'observateur dénonce plusieurs suspects, le citoyen Orelly, ancien directeur de l'Opéra à Londres, le libraire Boule, quai des Augustins, qui imprime et débite des ouvrages incendiaires, un certain Lange, ancien cuisinier du duc d'York, fréquentant souvent le Café du Caveau.
24 seplembre 1793.
Minutes signées (2 pièces), A. iV., F' 3688^-
1409. — Observations du citoyen Rolin, portant sur les points suivants :
1» La veille, à 6 heures et demie, un individu, se trouvant dans la foule rassemblée, quai de la Mégisserie ou de la Ferraille, pour voir passer la belle-mère de Pétion, voulut jeter un mauvais vernis sur les gendarmes des Tribunaux qui escortaientcette femme; de braves républicains, auxquels Rolin signala ce particulier, l'obligèrent à les suivre au Comité révolutionnaire de Saint-Jacques-la-Boucherie.
2° Certain Degrobert, dont Rolin avait parlé il y dix ou douze jours, actuellement directeur de la manufacture de canons de Meulan sous le nom de Grobert, est de nouveau signalé, avec l'indication de ses faits et gestes depuis 1790, séparé de sa femme, dans la misère, et vivant avec une Italienne, qui, après un voyage à Marseille, au moment de la rébellion des Marseillais, en est revenue bien fournie d'assignats,
alors qu'elle ne pouvait même payer la pension de son fils, dont Grobert se disait le parrain. Rolin dénonce un ex religieux Picpus, nommé Roisin, prêtre insermenté, vivant chez Lami, traiteur à la porte du parc de Saint-Mandé.
Original non signé, A. iV., F' 3688'.
public du Déparlement de Paris : 1° donnant l'ordre à la Commission inspectante des journaux aux Postes de remettre au directeur de la feuille dite le Moniteur, celle du 6 septembre qui avait été arrêtée; 2° invitant les administrateurs des Postes à faire remplacer par un patriote le nommé Lafond, chef des bureaux des rebuts, comme ancien gentilhomme du ci-devant comte d'Artois et suspect en cette qualité ; 3° après visite de la maison du citoyen Ringard, ex-curé de Saint-Germain-I'Auxerrois, dénoncé comme émigré, et l'interrogatoire de la citoyenne Monnin, sa cuisinière, chez laquelle ont été trouvées des lettres dudit Ringard, chargeant le citoyen Franchet de mettre les scellés sur la porte du grenier de l'appartement de ce Ringard, après en avoir fait extraire l'argenterie qui y est déposée, et qui sera transportée dans une des pièces de l'appartement, avec la batterie de cuisine ; 4° envoyant à la Force la citoyenne Lorrain, dénoncée comme faisant un commerce de chemises suspect; 5° constatant le remplacement du citoyen Harny, trésorier du Comité, chargé d'une mission par le ministre de la guerre, par le citoyen Delespine, et la remise à celui-ci des 1,600 livres se trouvant dans l'armoire du trésorier ; 6° après interrogatoire du citoyen Dorival' ex hermite, dénoncé par la section de l'Observatoire comme ayant fait passer de l'argent à des prêtres réfraclaires, décidant son envoi aux Madelonnettes comme très suspect; 7° instruit par un article du journal la Correspondance politique, de ce jour, qu'il avait été dénoncé, au Club des Cordeliers, comme un corps usé qui penche vers l'aristocratie, envoyant le citoyen Franchet à la Société des Cordeliers, à l'eflet de relever les deux faits tronqués dont le Co-
mité est accusé, relativement à Gramagiiac et à la femme Lorrain, et de l'infonner de l'arrêté pris, le 26 août, au sujet du premier et do l'arrestation de la seconde.
24 septembre 1793, matin et soir.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. A'., BB' 81*^(anc' BB" 20), fol. 334-337.
14U. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, portant que, d'après une lettre du Maire, relativement aux cartes des députés de la Convention nationale, les citoyens en patrouille et autres, composant la force armée, laisseront passer librement tous les députés porteurs de celte carte, dont les modèles ont été envoyés aux six chefs de légion et aux 48 commissaires pour servir de comparaison.
Le Commandant général recommande toujours la plus grande surveillance aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines, ainsi qu'autour des établissements publics.
Les réserves de 100 hommes, les patrouilles fréquentes et le service à l'ordinaire.
25 septembre 1793.
Copies conformes, sifçnées de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF'v 1470, BB» 76.
raud, déclarant : 1° avoir parcouru la rue et le Faubourg Saint-Denis, ainsi que les boulevards, depuis la rue Saint-Antoine jusqu'aux Tuileries, et n'avoir vu que 4 ou 5 affiches de l'Observateur Sans-culoUe ; avoir remarqué au Jardin Egalité, où il y avait moins de monde qu'à l'ordinaire, un particulier en habit bleu, avec collet rouge, bottes luisantes, chapeau de travers avec un plumet, traînant après lui grand sabre, qui insultait et cherchait dispute à toul le monde; avoir vu sur le boulevard cinq individus, à l'accent gascon, qui parlaient de Bordeaux et se communiquaient une lettre qui les mettait en joie; une visite domiciliaire chez ceux qui, depuis peu, sont sortis de cette ville, révélerait sans doute des choses importantes; 2'' ajoutant que les nouvelles des armées ont absorbé les esprits, dans plusieurs groupes, des
discoureurs qu'on a fait taire, qui gonllaient les événements pour endormir le peuple dans la crainte; que l'on a difficilement du pain dans différents quartiers, le peuple y crie beaucoup et témoigne ses inquiétudes sur l'avenir; 3° nombre de personnes se plaignent de ce qu'on trompe sur l'aunage des indiennes vendues à l'encan au Jardin Egalité.
25 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 3688'.
1413. — I. Premier rapport de l'observateur La Tour-La-Montagne, consignant les faits suivants :
1° Les portes des boulangers sont toujours assiégées, mais la tranquillité et le bon ordre régnent dans ces rassemblements, une femme, ayant osé tenir des propos inciviques, fut souffletée par les autres et chassée des rangs.
2° Les malveillants reviennent encore à la cocarde, ce signe sacré de noire liberté; des individus, stipendiés sans doute pour exciter des troubles dans Paris, inquiétaient les femmes sur la manière déporter la cocarde, et celle question frivole, qui a déjà occasionné des rixes violentes, n'est pas encore décidée.
3° L'on demande toujours à grands cris la clôture des maisons de jeu, principalement de celles où l'on joue le loto, qui fournissent chaque jour à la classe indigente les moyens de se ruiner, et aux malveillants ceux de calomnier le peuple et la Révolution. L'on ne saurait trop tôt fermer ces repaires de filous, de colporteurs, de marchands d'argent et de contrerévolutionnaires de toutes les couleurs.
Paris étant le but contre lequel se réunissent tous les efforts des malveillants, devrait être considéré comme une ville de guerre.
4° La Correspondance politique, journal très connu des aristocrates, continue à répandre son poison, elle tournait en ridicule les représentants Baudot et Ysabeau.