AFF.\IRE LE NORMAND (IMPRESSION
DE l'Écrit intitulé : « vie privée...
DE LAFAYETTE », l8 .JUIN-20 .JUILLET I790-)
La procédure contre le sieur Le Normand n est représentée dans les archives du Chàtelet que par l'inventaire du greffier Denonvilliers (A. iV., Y 10569) :
Le procès encomnnencé co7ilre le sieur Le Normand, imprimeur j prévenu d^avoir imprimé en partie Vécrit intitulé : w Vie privée et impartiale, politique, militaire et domestique du marquis de ,Lafaijette (M. Juddo, rapporteur).
23 may 1790. — l'* pièce: Procès-verbal qui constate la perquisition faile chez les sieurs Le
Normand et Vézard, par les commissaires du district de Saint-Germaîn-de-rAuxerrois.
9 juin. — 2« : Arrêté de l'Assemblée des représentants de la Commune de Paris, portant que M. le procureur-syndic adjoint sera autorisé à dénoncer à M. le procureur du Roy du Chàtelet les libelles cy-dessus mentionnés,
18 juin 1790. — 3** : Réquisitoire de M. le procureur du Roy, portant plainte, ordonnance ôtant ensuitto portant qu'il en sera informé, etc.
Dud. jour. — 4« : Déclaration de M. le procureur du Roy, que son dénonciateur est M. Caliier de Gerville, procureur-syndic adjoint de la Commune de Paris.
'2i dudit. — 3* : Prooù<-verbîil de prestation <lo serment «lu greffier.
25 et 30 juin. — 6« : Information composée tle six témoins, contenant 12 paires, ensuite de laquelle sont des conclusions et décret do prise de corps contre le sieur Le Normand.
6 juillet. — 7« : Procès-verbal de lecture do pièces au sieur Le Normand.
7 dudit. — 8« : Interrogatoire du sieur Le Normand, conclusions et ordonnance qui règlo le procès à l'extraordinaire et ordonne fjue Tinformation sera continuée.
12 dudit. — 0* : Continuation de l'information, composée de cinq témoins, contenant dix pages, conclusion et ordonnance étant ensuitte. portant que (le) sieur Tisset sera pris au corps.
20 juillet — 10« et dernière : Requête du sieur Le Normand, conclusion et ordonnance étant ensuite, portant qu'il sera mis en liberté, a la charge de se représenter en état d'ajournement personnel.
A laquelle requête est jointe un jtlacet adressé à M. de Lafayette par led. Le Normand, et ensuite duquel est un consentement signé : Masson (\o Neuvdle, aide de camp du général, pour que le sieur Le Normand soit relaxé.
Deux lettres originales de M. Cahier de Gerville à M. le procureur du Roi du Chàtelet, en datte des 9 et H juin 1790.
Onze pièces servant à conviction, saisies chez le sieur Le Normand, suivant le procès-verbal des commissaires du district de Saint-Germainl'Auxerrois (1" pièce).
Et enfin un exemplaire broché de la Vie prirée, impartiale, politique, militaire et domestique de }f. le marquis de Lafayette, sur la première page duquel est un paraphe signé Le Normand et Judde, en datte du 7 juin 1790.
Le titre complet de ce libelle, d'après l'exemplaire do la Bibliothèque nationale, Lb*®, n° 2893, est le suivant :
Vie privée, impartiale, politique^ militaire et domestique du marquis de La Fayette, général des Bleuets, pour servir de supplément à la nécrologie des hommes célèbres du dix-huitième siècle et de clef aux révolut ons française et américaine. Dédiée aux soixante districts de Paris. Ornée de son portrait. A Paris, do rimprimeri»' particulière de M. de Bastide, président du district de Saint-Roch, 1790.
nHAPITRK h^ — JOURXÉKS HISTORIQUKS l)K LA RÉVOLITION
\'oici en quels termes le Journal général de \a Cour et de la Ville parle de ce pamphlet dans son numéro du 12 juin 1790 :
a Avant-hier, il fut beaucoup question, dans le café de Foy, d^une brochure infâme, intitulée : Vie privée de M. de Lafayctte. Quelqu'un ayant rapporté divers fragments de ce libelle, l'indignation qu'ils inspirèrent fut telle que l'auguste assemblée décréta qu'elle pendrait de ses mains, sans rémission, tout homme qui se présenterait pour lire publiquement ce coupable et scandaleux pamphlet. »
D'après le Courrier de Paris^ de Gorsas, à la date du 7 juin, on venait de saisir chez un sieur Le Normand, imprimeur, les épreuves d'un libelle contre Lafayette, qui aurait été intitulé : Vie de Blondinet, et devait avoir en tète un portrait du général, tenant dans sa main le poignard des brigands dont on le disait le chef; cette saisie ne produisit qu'un bien maigre résultat, le lendemain môme, le libelle était mis en vente. V. n" IV, p. 54, n*» V, p. 67.