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Répertoire général du théâtre français

(Le théâtre représente un cabinet de livres. Ariste es* assis vis-à-vis une table, sur laquelle il y a une écritoire et des plumes , des livres , des instruments de mathématiques , et une sphère. )

ARISTE, seul j en robe de chambre.

On , tout m’attache ici ; j’y goûte avec plaisir Les charmes peu connus d’un innocent loisir;

J’y vis tranquille, heureux, à l’abri de lenvie :

La folle ambition n’y trouble point ma vie :

Content d’une fortune égale à mes souhaits.

J’y sens tous mes désirs pleinement satisfaits .

Je suis seul en ce lieu, sans être solitaire,

Et toujours, occupé , sans avoir rien à faire.

D’un travail sérieux veux-je me délasser.

Les muses aussitôt viennent m’y caresser.

Je ne contracte point , grâce à leur badinage ,

D’un savant orgueilleux l’air farouche et sauvage.

J'ai mille courtisans rangés autour de moi :

Ma retraite est mon Louvre, et j’y commande en roi. Mais je nuse qu’ici de mon pouvoir suprême.

Hors de mon cabinet je ne suis plus le même.

Dans l’autre appartement , toujours contrarié :

Ici je suis garçon : là je suis marié...

Marié. . . C’est en vain que l’on se fortifie ,

Par le grave secours de la philosophie ,

Contre un sexe charmant que l’on voudroit braver :

Au sein de la sagesse il sait nous captiver.

J’en ai fait , malgré moi , l’épreuve malheureuse.

Mais ma femme , après tout , est sage et vertueuse ;

Plus amant que mari , je possède son cœur j Elle fait son plaisir de faire mon bonheur.

Pourquoi contre l’hymen est-ce que je déclame ?

Ma femme est toute aimable ; oui, mais elle est ma femma^ JEn elle j’aperçois des défauts chaque jour,

Qu’elle avoit, avec art, cachés à mon amour.

Sexe aimable et trompeur J c’est avec cette adresse Que vous savez des cœurs surprendre la tendresse. Insensé que j’étois ! Ai-je dû présumer Que le ciel pour moi seul eût pris soin de former Ce qu’on ne vit jamais , une femme accomplie ?

Je Fai cru cependant , et j’ai fait la folie.

C’est à moi , si je puis , d’éviter tous débats ; pe prendre patience et d’enrager bien bas.

( Il se met à lire , le coude appuyé sur la table , en sort* que Damon entre sans être aperçu , et s’appuie sur le fauteuil d’Ariste. Ensuite Ariste dit par réflexion , et toujours sans le voir : )

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