‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 2 sur 280 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

AIUSTE, DAMON.

ARISTE

Me voilà justement. C’est la vive peinture D’un sage désarme' , domté par la nature.

C’est toi qui le premier, attaquant ma raison.

Sus me faire , à longs traits , avaler le poison ,

Cruel ami ; c’est toi dont la langue éloquente Me fit de cet objet une image charmante ;

Tu vantas sa douceur et sa docilité :

Ma confiance en toi fit ma crédulité'.

DAMON

Vous en repentez-vous?

Ariste, surpris en l’apercevant ,

Ciel! que viens-je d’entendre?

Est-ce vous ?

D ATM O N.

C’est moi-même.

An I STE.

A quoi bon me surprendre

DAMON

Je ne vous surprends point. Vous me parliez, et moi Je vous réponds.

ARISTF.

Fort bien. Je vous jure ma foi Que je me croyois seul,

DAMON

A mon tour, je vous juie Que je suis fort 6urpris d’une telle aventure.

Je vois qu’en votre esprit me voilà décrié.

Quel crime ai-je donc fait ?

An i ste, se levant brusquement .

Vous m’avez marié.

DAMON

Le mal est-il si grand ? *

ARISTE

11 ne devroit pas l’être ;

Je m’en flattois, du moins.

DAMON

N etes-vcus pas le maître Si quelque chose ici vous peut blesser l’esprit ,

D’y mettre ordre au plus tôt ?

ARISTE

Non ; car il est écrit

Qu’un mari doit toujours avoir lieu de se plaindre. Jusques à ce moment j’avois su me contraindre : ' Mais , puisque le hasard a trahi mon secret ,

Avec vous , désormais , je serai moins discret.

DAMON

Je ne vous comprends point.

ARISTE

Pourquoi ?

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