SCÈNE I
LISETTE, seule.
Dois-je me réjouir? dois-je m’inquiéter?
Ce que m’a dit Lycandre est bien prompt à flatter Mon petit amour-propre; et pourtant plus j’y pense, Et moins à son discours je trouve d’apparence.
Le bon-homme, h coup sûr, s’est diverti de moi.
Mais non, il m’aime trop pour me railler. Je croi Démêler sa finesse. Il veut me rendre fière,
Afin que je me croie au-dessus de Valère ;
Et le vieillard adroit, usant de ce détour,
Arme la vanité pour combattre l’amour.
Oui , oui , tout bien pesé ? m’eq voilà convaincue.
De toutes mes grandeurs je suis bientôt déchue :
Je redeviens Lisette, et le sort conjuré...
Pauvre Lisette ! Hélas ! ton règne a peu duré.
Je me suis endormie, et j’ai fait un beau songe,
Mais dans mon triste état le réveil me replonge.
' LE GLORIEUX