ACTE, I, SCÈNE IX. i5i
Et pour fuir un éclat, monsieur, je vous conjure De me tirer dfici dès demain , dès ce soir ,
Pour que Yalère et moi nous cessions de nous voir. LïCÀHDBE.
D’un sort moins rigoureux ô fille vraiment digne !
Ce que vous, exigez est une preuve insigne Et de votre prudence , et de votre vertu.
Il faut vous révéler ce que je vous ai tu.
V ous pouvez aspirer à la main de Y alère ,
Et même l'épouser de l’aveu de son père.
LISETTE
Moi, monsieur?
iycandbe.
Je dis plus ; ils sc tiendront heureux , Dès qu’ils vous connoîtront, de former ces beaux nœuds: Et respectant en vous une haute naissance,
Ils brigueront l honneur d’une telle alliance.
Vous vous moquez de moi. Pourquoi, jusqu’à sa mbit, Ma mère a-t-clie eu soin de me cacher mon sort ?
Mon père est-il vivant?
Il respire , il vous aime , '
Et viendra de ce lieu vous retirer lui-même.
LISETTE
Et pourquoi si long-temps m’abandonner ainsi?
LYCANDBE.
Vous saurez ses raisons. Mais demeurez ici Jusqu’à ce qu’il se montre, ei gardez le silence j C’est un point capital.
LE GLORIEUX
LISETTE
Moi, d’illustre naissance!
Àh I je ne vous crois point, si vous u éclaircissez Tout ce mystère h fond.
LïCANDIÎE.
Non, j eu ai dit assez.
Pour savoir tout le reste , attendez votre père. Adieu.. Mais dites-moi, le comte de Tufière Demeure-t-il céans ?
LISETTE
Oui , depuis quelques mois.
tYC ANDRE, fl faut que je lui parle.
LISETTE
Ah î monsieur , je prévois Qu’il vous recevra mal en ce triste équipage ;
Car on me l’a dépeint d’un orgueil si sauvage...
LYCANDRE.
Je saurai l’abaisser.
LISETTE
Il vous insultera.
LYC ANDR E
JTimagine un moyen qui le corrigera.
Jusqu’au revoir. Songez qu’une naissance illustre, Des sentiments du cœur reçoit son plus beau lustre Pour les faire éclater il est de sûrs moyens;
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens ,
D’un plus rare trésoT enviant le partage ,
Soyez riche en vertus : c*est là votre apanage*