ACTE I, SCÈNE YL
AIIISTE..
Le marquis ! Pouvez-vous me tenir ce langage ? C’est l’homme à qui je veux me cacher davantage. Quoiqu’il soit courtisan, et qu’il ne sache rien,
C’est un sage , caché sous un joyeux maintien ,
Et qui ne connoît pas de plus grande foiblesse Que de prendre une femme , et même une maîtresse Soutenant qu’il n’est point d’autre félicité,
Que. d’être, à tous égards, en pleine liberté.
Faut il vous dire plus? Cent fois , en sa présence, J’ai défendu sa thèse avec tant d’imprudence,
Que , s’il sait une fois que je suis marié ,
Par ses traits , en tous lieux , je serai décrié.
MÉLITE
Quoi donc I doit-on rougir des nœuds du mariage ?
AR ISTE
On doit rougir du moins de changer de langage,
De principes , d'humeur , ou soutenir l’affront D’être tympauisé: je n’en ai pas le front.
MÉLITE
Cependant il faut bien vaincre cette foiblesse,
Et tout dire au marquis.
An ISTE.
Et quei motif vous press*
De lui déclarer tout ?
MÉLITE
Un jour vous le saurez ;
Et ce sera pour lors que vous 1’approuverçz.
vn ISTE.
Sachons donc ce motif.
MÉLITE
11 est très raisonnable ,
Et : pour ne rien celer , il est indispensable.