ACTE III, SCÈNE III
Vous pourrez y trouver quelque difficulté.
£ E COMTE
Moi , monsieur ?
VA LE RE
J’en ai peur.
LE COMTE
Aurez- vous la bonté
De me faire savoir qui peut la faire naître ?
Qui me traversera ?
VALÈRE
Mais... ma mère, peut-être.
LE COMTE
Votre mère î
VA LF. B E.
Oui, monsieur.
le comte, riant.
Cela seroit plaisant, Isabelle, bas , a Lisette.
fl prend avec mon frère un ton bien suffisant.
LE COMTE
Elle ne sait donc pas que j’adore Isabelle,
Et qu’un ami commun m’a proposé pour elle ?
VAL EUE
Pardonnez-moi , monsieur.
LE COMTE
Vous m etonnez.
VAL ÈRE
t Pourquoi ?
LE COMTE
C’est que j’avois compté qu’elle seroit pour moi.
Pavois imaginé que mon rang, ma naissance Méritaient des égards et de la déférence ;
Que bien d’autres raisons que je poun ois citer ^
Si j’étois assez vain pour oser me vanter,
Feroient pencher pour moi madame votre mère.
Mais je me suis trompé, je le vois bien. Qu’y faire? Peut-être en ma faveur suis- je trop prévenu.
Oui, j’ai quelque défaut qui ne m’est pas connu,*
Et loin que le mépris et m’offense et m’irrite ,
Je ne m’en prends jamais qu a mon peu de mérite.
VALÈRE
Qui , nous , vous mépriser ? En recherchant ma sœur , Certainement, monsieur, vous nous faites honneur.
le comte, avec un souris dédaigneux.
Ah i mon dieu ! point du tout.
VAL ÈRE
Mais , a parler sans feinte,
Depuis assez long-temps ma mère est pour Philinte ;
Elle a même avec lui quelques engagements ;
Et l’amitié , l’estime Tn sont les fondements.
le comte, d’un ton railleur .
Oh ! je le crois. Philinte est un lionnne admirable. val ère.
Pïon, mais, à dire vrai, c’est un homme estimable ; Quoiqu’il ne soit plus jeune , il peut se faire aimer.
Et riche sans orgueil. . .
LE COMTE
Vous allez m’alarmer
Par le portrait brillant que vous en voulez faire.
Je commence à sentir que je suis téméraire D’entrer en concurrence a vec un tel rival ,
Quoiqu’il soit, m’a-t-on dit, un franc original.