SCÈNE I
JULIE, FINETTE
F1SETTL
V oüs faussez compagnie?
JULIE
O ciel ! quelle cohue I
Je n’y puis plus tenir.
FINETTE
Vous voilà bien emue?
JULIE
Qui ne le seroit pas? C’est un tas de joueurs,
Le joueuses, de fous , de libertins. Mes pleurs Anroient fait remarquer la douleur qui m’accable;
Je me suis éclipsée.
F IN et te.
On n’est donc pas à table ?
JULIE
N or», Finette; ou attend six convives nouveau*.
FINETTE
Eh ! qui sont, s’il vous plaît, tous ces originaux? JULIE.
l e premier , c’est mon frère,
Oh ! le bon personnage
Je crois qu’il fait beau bruit ?
286 LE DI SS i PATE ÜJtL
> JULIE
U assomme 1 ru 1ETÆJS.
Que la vieille Àraminte est céans ?
JULIE
Je gage
Oui, vraiment.
Elle lorgne Carton , son insipide amant ,
Qui se croit adorable, et qui lorgne sa bourse.
Jl joue, et perd toujours, la vieille est sa ressource , Et scandaleusement se ruine pour lui.
FINETTE
A soixante ans passés 1
Pour augmenter l’ennui , Mon frère a fait venir l’orgueil leuse JBéiise,
La prude Arsînoé, la jeune Cidalise,
Coquette impertinente, et folle au par-dessus ,
Qui soutient que la mode est de ne rougir plus.
Elle agace Gléon. Lui, selon sa coutume,
Prend feu d’abord pour elle. On feroit un volume Des portraits singuliers de tous ceux qu’aujourd’hui Cléon se fait honneur de régaler chez lui ,
Surtout de Flornnon ,-tlont je hais la présence ,
Et qui ne. sait briller que par son impudence.
FINETTE
Ah ! Florimon , ce gros magistrat débauché ,
Qui porte en uu beau corps un esprit ébauché,
Du Cuisinier françois fait son uhique livre ,
Èt de vin de Langon dès le matin s’enivre,
Paraske effronté, menteur comme un laquais,