‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 228 sur 280 · ACTE III, SCÈNE II. Si · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II. Si

Le fait est clair. Eh bien?

FINETTE

Le comte le menace

De le faire danser au milieu d’une place ,

Si de son brigandage il 11e fait pas raison.

G ripou, qui sent son cas digne de pendaison,

Vient de nous apporter , par les ordres du comte, Soixante mille ecus , dont ou lui tiendra compte Sur ce qu’il doit lâcher par restitution.

Sa taxe étant payée, ou portera Cléon ,

Par 1’appAt toujours sûr d’une modique somme,

À signer que Gripou est un très honnête homme.

Tel est le marché fait entre le comte et lui.

PASQUIN

Quel est le plus fripon de vous tous?

FINETTE

Aujourd’hui

Pareille question est un peu trop subtile:

On passe sur l'honnête; et l’on songe à l’utile.

PASQUIN

Ta maîtresse, h coup sur, s’occupe du dernier,

Et laisse aux sots le soin de songer au premier.

Ma maîtresse prétend que rien n’est plus honnête Que sa façon d’agir, et se fait une fêta *

De ruiner Cléon, afin de lui garder Ce quelle sauvera.

PASQUIN

Pour me persuader

Il me faut des effets. Us vont bientôt paioître,

L* dénouement approche.

Théâtre. Com. en reri. J. 2*7

tE DISSIPATEUR.

FINETTE

Il approche ?

PASQUIN

Oui, mon maître Sans s’en apercevoir, est ruihé tout net.

Il brille ; mais , ma foi î c’est en faisant binet.

On va, pour l’achever, jouer un jeu terrible.

Mon maître taillera : crois-tu qu’il soit possible Qu’il évite sa perte? Il joue étourdiment,

Tient tout et ne voit rien. Tu^uges aisément Que sa banque se fond en jouant de la sorte ,

Et que ce qu’il y met tout le monde l’emporte ?

Il faut que ma maîtresse en tire aussi sa part,

Car elle sait à fond tous les jeux de hasard :

Et son bonheur, au moins, égale son adresse.

PAS QU IN

Mais Cléon, m’a-t-on dit, rompt avec la maîtresse?

FINETTE

Cette rupture-là nous inquiète peu.

D’ailleurs, pour son argent, chacun se met au jeu;

C’est la règle.

PASQUIN

Courage ! achevez le pauvre homme ;

Les autres l’ont blessé , ta maîtresse l’assoimue.

Encor si son cher oncle a voit la charité De se laisser mourir î Cléon ressuscité Reprendrait son éclat; mais, morbleu! le vieux traître A déjà si souvent attrapé mon cher maître...

finette, /’ interrompant .

Les lois devraient défendre à ces vieux opulents ,

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