‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 258 sur 280 · CLÉ OIS · texte numérisé non relu

CLÉ OIS

P An un ton si nouveau je suis déconcerté.

JULIE

Eh quoi ! vous fâchez-vous de votre liberté?

CLÉ ON

Cette liberté— là me paroît bien suspecte.

JULIE

Vous voyez qu’à la fin votre oncle vous respecte.

Êtes-vous de concert pour vous moquer degnoi?

Non, Cléon, je vous parle ici de bonne foi.

V otre oncle vous blâmoit ; il reconnoît sa faute :

Vous aviez un tyran, et c’est moi qui vous l’ôte.

J’ai corrigé son ton. Sans aigreur, sans courroux, Votre oncle va vous voir vous livrer à vos goûts.

Je l’en ai tant prié qu’à la fin il m’a crue.

Moi-même, qui sur vous voulois être absolue,

Je suivrai son exemple; et mon cœur désormais Veut se montrer par-là sensible à vos bienfaits.

Je vous ai rebuté par mon humeur austère ;

Quand vous vous en vengez, c’est à moi de m<* taire. De votre volonté je me fais une loi,

Et vous ne recevrez nul reproche de moi.

clé on , embarrassé*

(Jet excès de bonté...

Lfî DISSIPATEUR.

julie, l’interrompant.

L'inconstance est permise Lorsqu’elle est bien fondée. Après tout, Cidaliss Vous convient mieux que moi ; je le dois avouer,

Et d’un choix si prudent chacun va vous louer.

I CLÉON

Vous êtes bien pique'e, et de mon inconstance, . .

julie, l’interrompant.

Je la vois, je vous jure, avec indifférence.

CLÉON

Mais, au fond, vous m’aimiez?

JULIE

/ Eli ! mais, oui, je le croi.

CLÉON

Et vous aviez de même un ascendant sur moi ,

Que je vaincrai bientôt.

julie, en soupirant.

Vous aimez Cidalisc.

CLÉON

Ma résolution n’étoit pas trop bien prise. . .

Mais vous la confirmez, et cela me suffit.

Au défaut de l’amour, je suivrai le dépit.

JULIE

Et l’amour le suivra?

CLÉON

C’est ce que je souhaite.

JULIE

Je le souhaite aussi.

CLÉON

Vous serez satisfaite.

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