‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 262 sur 280 · LE B A B O N · texte numérisé non relu

LE B A B O N

L'expression est neuve.

TINETTE

Et conforme à Paistoire.

Je l’ai vue arriver, et j’ai peine à la croire.

358 LE DISSIPATEUR

Quand vous en douteriez, vous m’étonneriez peu. Ma maîtresse attendoit que l’on se mît au jeu.

En entrant , Cidalise et Cléon l’ont brusquée ,

Et par cent traits malins l’ont vivement piquée.

Plus elle étoit tranquille, et plus on la railloit ;

Mais, sans rien répliquer, comme Cléon tailloit,

Elle s’en est vengée en tentant la fortune. L’inconstant, qui trouvoit sa présence importune.

Et vouloit s’en défaire eu la poussant à bout , L’excitoit à risquer, offrant de tenir tout.

« Eh bien ! a dit madame , il faut vous satisfaire.

« Ruinez-moi , monsieur , si cela peut vous plaire.

« Je mets mille louis sur ces trois cartes- là. »

Elle gagne d’abord. Très piqué de cela ,

Cléon , pour réparer une perte si dure ,

Lui fait autre défi ; toujours même aventure. Jusqu’au trente et le va leur fureur les conduit.

Plus Cléon risque et tient, plus le malheur le suit. D’un sang-froid merveilleux, ma prudente maîtresse, Pour le mettre au néant, épuise son adresse.

Enfin, elle a gagné tout ce qu elle a risqué ;

Et jusqu'à quatre fois eile l’a débanqué.

LE BARON

I a fortune aujourd’hui paroît bien équitable.

FINETTE

Cléon jure, il fulmine, il renverse la table;

Et, jetant sur Julie un regard furieux:

Barbare , lui dit-il , otez-vous de mes yeux.

Elle, sans s’cmouvoir, fait emporter sa proie.

Et la suit, sans marquer ni tristesse , ni joie.

À peine sommes-nous dans voire appartement Que l’on vient la prier , avec empressement.

Page 1