‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 27 sur 280 · ACTE II, SCÊSE IV. 3g · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÊSE IV. 3g

«ÉLITE

Comment ?

En faisant voir aisément , ce me semble , Qu’en tout point, vous et moi, nous différons ensemble. >1 ÉLITE.

Si votre caractère est différent du mien ,

Je crois que contre moi cela ne conclut rien.

CÉLI ANTE

Vous croyez imposer par votre orgueil modeste ;

Mais 3 malgré vos replis, on vous connoît de reste.

M ÉLITE

Plus je me fais connoître , et plus on est content ;

Bien d’autres que je sais , n’y gagneroient pas tant.

CÉLI ANTE

Vous vous targuez beaucoup d’avoir assez d’adresse Pour mener un mari dont on plaint la foiblesse.

MÉLITE

Je tâche de lui plaire ; il reconnoît ce soin :

C’est tout mon art. Le vôtre iroit uu peu plus loin.

CÉLI ANTE

Vous êtes , je l’avoue , une fine hypocrite.

Vous ne l’avez charmé que par un faux mérite.

MÉLITE

Le vôtre si solide, et par vous si vanté,

.A manqué sa conquête , et s’en étoit flatté.

Qui ? moi , je l’ai manquée ? Ab î quelle impertiuMtce !

Il n a tenu qu’à moi d’avoir la préférence MÉLITE.

Vous êtes mou aînée, et vous ne refîtes. pas.

4o LE PHILOSOPHE MARIÉ,

CÉLIAXTE.

Ç 'est que ce^te conquête eut pour moi peu d’appaa*

MÉ1ITE

Cependant mon bonheur vous rend un peu jalouse.

Vous m’aimiez comme sœur, vous haïssez l’épouse... CÉLl AS t e.

D’un sot.

ME LITE

De votre part rieii ne doit m’étonner -3 Maïs ce dernier trait-là ne se peut pardonner.

Vous sortirez d ici, si vous osez poursuivre.

(CÉLIANTE.

Volontiers. Avec vous je ne saurois plus vivre..

Vous m’outrez , m’excédez ; mais de tous vos mépris Je me ferai raison ^ eussiez-vous vingt maris.

. SCÈNE y.

APclSTEj un livre a la main , MflElTEr CÉ LIANTE.

reliante le [ire par te bras > et lui fait tomber soif, li vre.

Ah ! monsieur, vous voilà? Je m’en vais vous apprendiü Des choses qui devront sans doute vous surprendre,

( Elle crie bautr)

Votre femme....

Eh ! mon dieu , laissons cé litre-14.

Nous sommes si souvent convenus de cela.

CÊLIANTE.

Ah ! trêve, s’il vous plaît,- à la délicatesse.

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