ARISTE, LE MARQUIS
À RI STE
Marquis, vous m’excusez, je croi, Si mon oncle indiscret....
LE MARQUIS
Vous moquez-vous de moi?
Je n’ai que trop senti votre embarras extrême : j’entrois dans votre peine aussi bien. que vous-même.
ARISTE
Me venir relancer jusqu’en mon cabinet !
Crier î nous interrompre ! et vous brusquer tout net ! je ne puis y penser sans en mourir de honte.
LE M \ RQUIS.
Avez-vous conclu ?
ARISTE
Hon ; nous sommes loin de compte.
Avec sa belle-fille il prétend me lier.
Vous n êtes pas si sot que de vous marier.
Que la philsophie est un grand avantage !
Personne, mieux que vous, n’en a su faire usage. ARISTE, à part.
Il me raille ; auroit-il découvert mon secret ?
(Au marquis.)
Il est vrai que souvent , d’un ton fort indiscret ,
Sur les pauvres maris j’ai lancé la satire.
LE MARQUIS
Comment ! En leur faveur voulez-vous vous dédire ?
AR ISTE
Oui ; leur état commence à me faire pitié.
LE MARQUIS
Ah ! mon pauvre garçon , seriez- vous marié ?
Il court de certains bruits.... Mais je ne puis les croire^ Et j’ai querellé ceux qui forgeoient cette histoire. ARISTE.
Et vous avez bien fait ; je vous suis obligé .«
LE MARQUIS
Je ne saurois souffrir de vous voir outragé.
ARISTE
Outragé , dites-vous ? Quelle est votre pensée?
Ma réputation seroit-elle blessée ,
Si je....
LE MA RQUIS.
Votre sagesse a fait un tel éclat.