ACTE III, SCÈNE II
Totts ave* si souvent loué le célibat,
Vous avez tant raillé, déploré la folie De tout homme d’esprit qui pour jamais se lié,
Vous avez en public si hautement fait vœu De vivre philosophe , et garçon , que , pour peu Qu’il vous soupçonne enfin d’avoir fait le contraire., Avec tout ce public vous aurez une affaire : ’
Filles, femmes, maris, toutes sortes de gens,
A la ville, à la cour, vont rire à vos dépens.
ARISTE
( A part. )
Ils auroient bien raison. Je suis mort, s’il découvre Que je suis marié.
le marquis.
Vous voyez que je m’ouvre Librement avec vous.
ARISTE
Oui , je le vois fort bien.
LE MARQUIS
ftlélite est votre amie , et rien de plus ?
Non , rien.
LE MARQUIS
Je l’ai toujours bien dit; et je soutiens encore Qu’on peut vous avouer qu’on l’aime, qu’on l’adore. ARISTE, d’un air embarrassé.
( A part. ) »
Ëh ! mais... Comme on voudra. Quel horrible tourment! LE MARQUIS.
Je vais donc vous parler tout naturellement.
Je l’aime.
4 ARISTE
Vous riez ?
LE MARQUIS
Je l’adore.
ARISTE
Quel conte !
LE MARQUIS
Je dis vrai.
• ARISTE
Mais tant pis; et pour vous j’en ai honte. Nous sommes , vous et moi , dans un cas tout pareil. Fuyez Mélite.
Non; d’un si sage conseil,
Clier ami , je ne puis désormais faire usage.
J aime, jusqu’à vouloir.... brusquer le mariage.
AR I STE
On se rira de vous , et moi tout le premier,