‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 71 sur 280 · ACTE IV, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IX

Afin que les rieurs se dépêchent ce rire ;

Et que, la noce faite, on n’ait pius rien h. dire.

Je ferai sur moi-même un couplet de chanson ,

Pour animer leur verve, et leur donner le ton.

A R I STE

Le projet est hardi , mais il est raisonnable.

N est-il pas vrai? Pour moi, je le tiens préférable Au parti que prendrait un homme tel que nous ,

De faire le plongeon pour éviter les coups.

Vous , par exemple , vous , 'dont la veine comique Aux dépens du beau sexe a paru si caustique ,

Ne conviendrez-vous pas , si , par quelque retour , Vous Vous avisiez.... la..,, de prendre femme un jour, Et que vous voulussiez cacher ce mariage ,

Que vous joueriez alors un fort sot personnage ?

ARISTE

Ah î très sot en effet. Mais enfin , dites-moi ,

Quel est l’objet qui va recevoir votre foi ?

LE MARQUIS

Une enfant de treize ans. Cela doit vous surprendre : Mais ce n’est encor rien ; et vous aliez apprendre Un fait qui causera votre admiration.

J’épouse cet enfant par procuration.

Mon onde, dont j'attends une fortune immense, Depuis long-temps sous main traite cette alliance ,

Et veut que, sans tarder, l’hymen soit contracté.

Il trouve seulement une difficulté.

Qui ne lui paraît rieu, cependant.

ARISTE

Quelle est-elle ?

T Ii .litre. Corn. en vers. J. g

LE MARQUIS

Eli ! maïs.... C'est que celui de qui dépend la belle. Refuse absolument de me la donner.

A R ISTE

Boni

On m’assure pour Lan t qu’il peut changer de ton ,

Et que son frère aîné , plus doux et plus docile ., Apprenant ce projet , le rendra plus facile ;

Voilà ce qu’on me vient de dire en ce moment.

tJe ne puis revenir de mon étonnement.

Ou je me trompe fort, ou mon oncle et mon père Sont assurément ceux sur qui roule l’affaire.

Il s’agit du parti qui m’étoit destiné.

LE MARQUIS

Ma foi , du piemier coup vous l’avez deviné.

IMous voilà donc rivaux? L’aventure est cruelle!

A R ISTE

Oh non 1 De tout mon cœur je vous cède la belle.

le marquis, en souriant.

J’admire cet excès de générosité I La fille est-elle aimable?

ARISTE

Oh ! c’est une beauté.

le marquis.

A-t-elle de l’esprit , dites-moi ?

ARISTE

Comme un ange.

Et vous la refusez?

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