‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 73 sur 280 · D AMOS · texte numérisé non relu

D AMOS

M A is e'coutez-moi.

ARISTE

Non. Vous rne parlez en vain.

Rien ne peut m’empêcher de suivre mon dessein.

DAM ON

Vous extra vaguez donc?

ARISTE

Soit folie ou sagesse ,

Je pars, et dans l’instaut.

DAMO N.

Quelle étrange foibîesse!

Que dira-t-on de vous ?

ARISTE

Tout ce que Ion voudra.

Pourvu que je sois loin , rien ne me touchera.

Quoi I cet esprit nourri de la sagesse antique,

Se perd quand il s’agit de la mettre en pratique?

ARISTE

Je vous l’ai dit souvent : les sages autrefois,

De la seule vertu reconnoissant les lois .

Loin de fuir la douleur comme un affreux supplice,

F en contents de la vaincte, en faisoient leur délice.

T es plus sanglants affronts, les plus cruels me'pris, Fe pouvoient un instant el>raiiler leurs esprits. Immobiles rochers , ils défioienî l’orage ;

T’admire leur exemple , et n’ai pas leur courage.

Et moi , je vous réponds que vous l'égalerez Dès le même moment que vous vous calmerez.

EL î comment me calmer au fort de ma disgrâce ?

Je voudrons qu’un instant vous fussiez à ma place, En butte h mille affronts pires que je trépas ;

Un front à triple airain ne les soutiendrait pas.

À peine quelques gens savent mon mariage ,

Qu'au même instant sur moi je vois fondre un orage Un déluge d écrits, tant en prose qu’en vers,

Qui vont à mes dépens réjouir l’univers.

Et que sera-ce donc, quand la cour et la ville?...

Pour parer tous ces traits , soyez ferme et tranquille ; C’est le meilleur parti.

AP.ISTE

Je le sens comme vous.

Mais pourriez- vous tenir contre de pareils coups : Lisez.

( II présente plusieurs papiers a Damon.) DAMOS.

Bon ! jeux d esprit et pures bagatelles !

Mcrbleu ! ce sont pour moi des blessures mortelles. L'équitable public me rend ce qu'il me doit.

On va me rire au nez et me montrer au doigt ;

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