D AMOS
M A is e'coutez-moi.
ARISTE
Non. Vous rne parlez en vain.
Rien ne peut m’empêcher de suivre mon dessein.
DAM ON
Vous extra vaguez donc?
ARISTE
Soit folie ou sagesse ,
Je pars, et dans l’instaut.
DAMO N.
Quelle étrange foibîesse!
Que dira-t-on de vous ?
ARISTE
Tout ce que Ion voudra.
Pourvu que je sois loin , rien ne me touchera.
Quoi I cet esprit nourri de la sagesse antique,
Se perd quand il s’agit de la mettre en pratique?
ARISTE
Je vous l’ai dit souvent : les sages autrefois,
De la seule vertu reconnoissant les lois .
Loin de fuir la douleur comme un affreux supplice,
F en contents de la vaincte, en faisoient leur délice.
T es plus sanglants affronts, les plus cruels me'pris, Fe pouvoient un instant el>raiiler leurs esprits. Immobiles rochers , ils défioienî l’orage ;
T’admire leur exemple , et n’ai pas leur courage.
Et moi , je vous réponds que vous l'égalerez Dès le même moment que vous vous calmerez.
EL î comment me calmer au fort de ma disgrâce ?
Je voudrons qu’un instant vous fussiez à ma place, En butte h mille affronts pires que je trépas ;
Un front à triple airain ne les soutiendrait pas.
À peine quelques gens savent mon mariage ,
Qu'au même instant sur moi je vois fondre un orage Un déluge d écrits, tant en prose qu’en vers,
Qui vont à mes dépens réjouir l’univers.
Et que sera-ce donc, quand la cour et la ville?...
Pour parer tous ces traits , soyez ferme et tranquille ; C’est le meilleur parti.
AP.ISTE
Je le sens comme vous.
Mais pourriez- vous tenir contre de pareils coups : Lisez.
( II présente plusieurs papiers a Damon.) DAMOS.
Bon ! jeux d esprit et pures bagatelles !
Mcrbleu ! ce sont pour moi des blessures mortelles. L'équitable public me rend ce qu'il me doit.
On va me rire au nez et me montrer au doigt ;