‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 106 sur 269 · ACTE QÜAfRJËME · texte numérisé non relu

ACTE QÜAfRJËME

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DORANTE, C LIT ON

*€LITOPK - • * ' **

ItJ aïs , Monsieur, pcnscz-ŸQuS cm’il ^ÿijour chez Lucrèce ?

Pour s or ti rsiana lin elle a trop.de paresse'.

. * C'BOElNTB. T f

On trouve bien souvent'plus qu'on ne çroit trouver; Et cé lieu pour ma flamme estplus propre à rêver: J’en puis voir sa fenêtre , et «Je sa clière idée ,, ' MtJta ame à cet aspect sera mieux possédée.

• . S £ il TON.

A propos de rêver, n’avéî-vpus rien.tro*tv.é Four servir de/emède au désordre arrivé?

DORANTE

Je me suis souvenu d’un secret que tor-même Me donnois hier pour grand-, pour rare, pour suprême : Un atnant obtient tout quand il, est libéral.

» ‘ - •»' en ton*. »'.l »

Eé secret' est fort beau, mais vous l’appliquez mal :

Il ne fait réussir qu’auprqs d^ane coquette.

-, DORAh’TÉ: .J-

sa is ce* qu’est Lucrèce, elle est sage et discrète;

A lui faire un présent mes efforts seroiènt vains; Ellenle cœur trop bojt: mais ses gens out,dcs mains •

LE MENTEUR, AC^E IV, SCENE I. lG3 - Et, quoique sur ce point elle les désavoue,

Avec un tel secret leur langue se dénoue^ .

Ils parlent; et souvent on les daigne écouter.

A te] prix que ce soit, il m’en faut acheter.

Si celle-ci venoit qui ma rendu sa lettre,

Après ce qu’elle a lait j’ose fout me promettre :

Et ce sera hasard ai sans beaucoup d’effort Je ne trouve moyen de Jui payer le port. ,•

#f LITOÎ ’-

Certes , vous dites vrai, j’en juge par moi-^éruE : Ce n’est point mon humeur de refuser qui nv aimé ; Et comme c’est m’aimer que me faire présent,

Je suis toujours alors d’un esprit complaisant*-

* DORANTp. - - "

Il est beaucoup d’humeurs pareilles à la tienne.

' '( CLITON

Mais, Monsieur, attendant que Sabine survienne, Et que sur son esprit vos dons fassent v"erüü ,

Il court quelque bruit sourd rju’Alcippc s’est battu.

DORANTE. '

Contre qui? # v .

* CLITON. ‘

L’on ne sait i mais ce confus murmure D*un air pareil au vôtre à peu près le figure;

Et, si de tout le jour je vou9'aVbis quitté-, * .

Je vous soupçonnerois de cètte nouveauté.

D O R A N TE

Tu ne me quittas point pour entrer chez Lucrèce?

ÇLITON.

Ah ! Monsieur, m’aurici-vous joué ce tour d’adresse?

• 164 ■ U.MtKTtVR'.' 1 .

, ; DORANTE. ’ g.*

Nous non? bâtîmes hier, et j’avois fait serment De ne parler jamais de cet événement;

Mais à*toi, de mon cœur l’ unique .seçtétaire,

A toi, dé mes secrets le grand dépositaire,

Je ne cèlerai rien , puisque je l’af promis. # *

Depuis cinq op six mois nous étions ennemis.:

Il passa par Poitiers , où nous prîmes querellep Et comme oh nous lit lors uue paix toile quelle , Nous sûmes l’un à l’autre en secret protester Qu’à Ta première vue il en faudroit tâter.

Hier nous nousrencontrons^cette ardeur se réveille, Fait de notre embrassade un appel à l’oreille; Je-me défais de toi, j’y cours, je le rejoins,

Nous Vidons sur. le pré|foifaif e sans témoins;

Et , le perçant à jour dé deux coups d’estocade,

Je le mets hors d’état d’être jamais malade Tl tombe - dans spn sang.

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