‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 108 sur 269 · ACTE IX, SCÈNE Ijl · texte numérisé non relu

ACTE IX, SCÈNE Ijl

Et je n’ai point appris qu’elle eut tant d’efficace, Qu’un homme que pour mort on laisse sur la place, Qu’on a de deux grands coups percé de part en part, Soit dès le lendemain si frais et si gaillard.

DORAN'TE,

La poudre que tu dis n’est que de là commune;

Ou n’en fait plus de cas : mais, Cliton, j’en sais une Qûi rappelle si tôt des portes du trépas,

Qu’en moins d’une heure ou deux on ne s’en souyient pas; Quiconque la sait faire a de grands' avantages. r 1 » ■*>

CLITON

Donncz-m’cn le secret, et je vous sers sans.gagçs.

DORANTE

Je te le donnerois, et tu scrois heureux;.

Mais le secret consiste en quelques mots hébreux ; Qui tous à prononcer sont si fort difficiles,

Que ce seroit pour foi des trésors inutile^.

CLtTON.

Vous savez donc l’hébreu? /

DORANTE. ' ' * ,

L’hébreu? parfaitement.

J aî dix langues, Cliton, à mon commandement.

~ * CLITON

\ ous auriez bienbesoin de dix des mieux nourries,

I our louimr tour a tour a tant de nientenesi Vous les hachez menu comme chair à pâtés.

Vou6 avez tout le corps bien plein de vérités;

II n’en sort jamais une.

DORANTE

^ *'■ "Ah! cervelle ignorante J

Mais mon père -survient. .• - y

iG 8 j.E men’teur. •

• •• . SSCÈ'HE IX,

G ÉRONTÊ.’, D OR AN TE , C Lit O N.

. " Y ' ; 4 G ERONTE.

•' Je vous chérchois j Dorante.

dorante, a part *

Je ne vous cher chois pas, moi. Que mal à propos Son abord importun vient troubler mon refiosl Et qn’un père incommode un hommeÜe mon âge ! •

IpTRONTE. , . , ( . . '■

V vi l’étroite union que fait le/nariage,

J’estime qu’en effet c’est n’y consentir point,

Que laisser désunis ceux que le ciel a joint. . ù raison le défend, et je sens dans mon ame .

Un violent désir de voir ici ta femme.

J’écris donc à sou père; éCris-Lui commë moi :

Je lui mande qu’après ce que j’ai su de toi L ,

Je me tiens trop heureux qu une si belle ftlle ,

Si sage,' et si bien née, entre dans ma famille. ' J’ajoute îi <e discours, que je brille de voir Celle qui de mes ans devient l’unique espoir ;

Que pour me l’amenèr tu t’en vâ^en personne.- Car enfiü il le faut, et le devoir l’ardoùne ; . N’envoyer qu’un yalet septirôit son méjfris.,

a , DORANTE. * , r

De vos civilités il sera bien surpris : .

Et pour moi je suiAprêt : mais jerperdêai ma pciue: il ne souffrira pas euCQr qu’oarvous l’amène;

Elle est grosse. *. ; > • . • <■■■'

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